Maastricht
Après l’Euro, le Muay
Par Vincent Dao le vendredi 17 mai 2002
Hasard ou préméditation, c’est MAASTRICHT la ville qui symbolise le mieux l’Europe que les représentants Hollandais de l’European Muay Thaï Federation (E.M.F) ont choisi pour organiser le premier évènement Muay Thaï de l’année 2002, quelques jours seulement après le lancement de l’Euro.La rencontre phare de la soirée est la rentrée de Sidi KONE, Champion de France des 76,4 kg (lire article) opposé au Hollandais Murat KUMAS du club Super Pro (notre photo).
Mais avant de passer au « Main event » comme on dit au Lumpinee, Christian TULIS et Fiddi MULLER nous avaient concocté un beau rendez-vous entre trois pays : la Hollande bien sûr, la Belgique et la France.
D’une manière générale, on retiendra une typologie de combat assez fidèle à la réputation de chaque pays :
- Les hollandais boxent d’une manière plutôt dure et rugueuse en basant beaucoup leur jeu sur les poings
- Les français possèdent un bagage technique beaucoup plus large, qui leur permet de faire face à beaucoup de situations.
- Les belges, du fait de leur situation géographique très certainement, ils ont hérité tantôt du style de l’un et tantôt du style de l’autre.
En première partie, on retiendra particulièrement la prestation du jeune Jérémy THERY (Phénix - Paris) qui possède déjà un style très «Thaïlandais » et une boxe particulièrement fluide.Egalement notons la prestation de Majid ALLAOUCHE de Bailleul (France). Il était opposé à Swen COSU (Sportlife - Hollande) un adversaire très rude aux poings. Dans ce match, Majid arrive à dominer les premières reprises grâce à un gauche / droite très « en ligne » qui empêche son adversaire d’avancer.
Dans la dernière reprise, Swen grâce à ses poings, réussit à déborder Majid qui malgré le fait d’être très longiligne, ne se servira pas de ses genoux ni de ses jambes pour contrer son opposant.
En seconde partie, nous soulignerons la victoire éclair de Christophe MERTENS qui gagne encore sur un enchaînement de coups de genoux au corps (voir son dernier match en Belgique) ; la prestation de Tarik OUERDANI et la défaite malheureuse de Kamel HACHMI (Belgique).
Malgré un très beau début de prestation, Kamel se fait surprendre dans la seconde reprise par un enchaînement aux poings de Gino BOURNE (Dipanegara Hollande) qui l’emporte ainsi par KO.
En fin de soirée le moment tant attendu arrive : Sidy KONE, Champion de France en titre fait son entrée face à Murat KUMAS.Au bout des trente premières secondes, une chose apparaît clairement pour tous les spectateurs présents.
Murat sera dangereux jusqu’à la dernière seconde du match car il détient dans ses poings de quoi faire basculer le combat à tout moment.
Malgré une blessure qui le fait souffrir sur sa jambe avant gauche, le Champion français n’a pas d’autre alternative que de l’utiliser. Faisant abstraction de sa douleur, il contre systématiquement avec sa jambe avant au départ des poings de son adversaire. Murat encaisse des « middle kick » mais refuse de reculer.
Au deuxième round Murat se fait encore plus menaçant, il cherche à mettre KO Sidy KONE.
En faisant cela, il tend un piège à Sidy : il pense que le français acceptera, par fierté, « la bagarre » de manière à amener le match sur un terrain où il est plus à l’aise.
Mais Sidy fait preuve de beaucoup de sang froid et d’intelligence. Il refuse de rentrer dans le piège, il continue son travaille de sape avec sa jambe avant et enchaîne au corps à corps dès que Murat se rapproche.
Au passage il encaisse d’ailleurs quelques « droites » mais tout de suite il reprend le contrôle avec une excellente technique en corps à corps, où il place de superbes coups de genoux.
A un moment on pense que Murat va tomber qu’il est KO mais rien n’y fait. Il résiste avec force et courage.
Il est toujours là aussi vif !
Murat est donc toujours dangereux mais Sidy maîtrise techniquement le combat lors de cette quatrième reprise. Il va même contrer Murat avec ses directs du droit, le déborder en crochet gauche et coincer Murat à deux reprises dans le coin du ring pour enchaîner des crochets et des uppercuts au corps et à la face.
Le scénario va se dérouler ainsi jusqu’à la fin du combat et à son issue, sans aucune réelle surprise, Sidy KONE est déclaré vainqueur à la majorité des juges.





















