Le Muaythaï au féminin
Par Vincent Dao le vendredi 28 mai 2004
Le Muaythaï change d’image, pour preuve le nombre grandissant de femmes pratiquant cette discipline. Mais ne nous méprenons pas, la parité n’est pas encore d’actualité. Leur nombre est plus ou moins important selon les clubs mais leur implication est au moins aussi grande que celle des garçons.Voici quelques exemples des motivations qui amènent les femmes (dont Virginie, Sophie et Halima du Mée sur Seine ; ci-contre de gauche à droite en photo) au Muaythaï.
Halte aux idées reçues. Le Muaythaï n’est pas qu’un sport d’hommes voire de "racailles". Et ce n’est pas le côté physique de cette discipline qui fait peur aux filles, bien au contraire. Elles pratiquent le Muaythaï en grande partie pour cet aspect de l’entraînement : « je recherchais quelque chose de très physique et j’ai trouvé ce qui me convenait » déclare Sophie Geoffroy (22 ans) qui pratique le Muay depuis janvier au club du Mée sur Seine (lire la présentation de ce club). Propos renchéri par sa partenaire de club, Halima Meghit (34 ans et secrétaire de l’association) : « cette discipline me plait car elle est physique, intensive. » « C’est l’entraînement qui m’a plu : le physique, les pompes, apprendre à boxer, c’est un tout » selon Valérie Hugonet, 30 ans du Mée également.
Ce qui semble attirer le plusles filles, et les hommes, dans ce sport c’est sa complétude : le fait de travailler les pieds et les poings, le corps à corps, le cœur…C’est ainsi que Sihame (28 ans, intérimaire en comptabilité, en photo) du club Phénix, est passée depuis 3 mois du Taekwondo au Muaythaï : « j’ai pratiqué le Tae kwon do pendant un an et demi et il me fallait quelque chose de plus complet, avec des poings. Car le Taekwondo c’est 70% des jambes. » Le cas de Sabrina Betton (21 ans, élève en école d’ingénieur, Phénix) est un peu similaire. Elle a fait 6 ans de ju-jitsu brésilien (avec deux titres de championne d’Europe) et s’est mise au Muaythaï depuis un peu moins de 2 mois. « Je pratique le Muaythaï car je voulais faire un sport de frappe et il me paraissait être le plus efficace. De plus avant je faisais du ju-jitsu brésilien donc comme ces deux sports sont opposés, ils se complètent bien. Le ju-jitsu c’est du travail au sol, de lutte alors que le Muaythaï c’est des frappes debout » déclare-t-elle.
Unanimement les filles que nous avons rencontrées nous disent que ce sport est un bon moyen de se défouler et d’évacuer le stress de la journée. Virginie Auvertin (30 ans dont 8 de pratique du Muay, journaliste, en photo) licenciée au Châtillon boxing club (lire la présentation du club) note en souriant que « c’est un sport qui me permet de tout travailler, de me détendre et de me défouler. Ici je peux taper. » Inès P., 16 ans du Phénix, pense : « être plus calme à la maison depuis qu’elle fait du Muaythaï. »Le respect, maître mot des arts martiaux
Au début, les familles et amis de nos pratiquantes n’ont pas forcément vu d’un bon œil le fait de voir leur fille ou amie commencer cette discipline. « Au début ma famille et mes amis ont été un peu impressionnés que j’en fasse. Surtout ma mère et les femmes, elles pensaient que c’était vraiment très violent mais maintenant elles s’inquiètent moins. Surtout qu’elles voient que je m’épanouis dans ce sport », déclare Marion Belleudy (19 ans, élève en école d’infirmière, Phénix) qui pratique ce sport depuis 3 ans. Sihame souligne : « on s’est un peu moqué quand j’ai dit que je faisais du Muay. On se moquait du fait qu’une fille en fasse. La plupart des gens ont une mauvaise image de la discipline en pensant qu’il n’y a que de la "racaille" qui en fait, que c’est violent. Or il y a d’autres personnes qui en font. Puis c’est bien pour les filles car ça leur permet de savoir se défendre. » En effet, ce n’est pas non plus innocemment si elles ont choisis le Muaythaï. C’est également un sport qui leur permet de se défendre. Sofia, 13 ans du Châtillon boxing-club, nous a dit « vouloir faire un sport qui me permette de garder la forme et de me défendre au besoin. » Le cas de Sabrina (en photo) est un peu différent : « mes amis ont été étonné que je fasse du Muaythaï. Mais ma famille est habituée. Et je dirais que le Muaythaï est moins dangereux que le ju-jitsu vu qu’il n’y a pas de clés qui sont mauvaises pour les articulations. »
Quant au fait d’être dans un univers surtout masculin, cela ne dérange pas trop les filles car cela leur permet de « se lâcher, de pouvoir taper car les mecs sont plus résistants » dixit Virginie et Sabrina. Pour ceux qui l’ignoreraient, le Muaythaï est un art martial et possède l’état d’esprit qui les caractérise. C’est ainsi que Sihame note qu’aussi bien dans le Taekwondo que dans le Muaythaï il y a : « le respect du lieu où l’on s’entraîne, des gens avec qui on s’entraîne. » Marion (en photo) rajoute que le Muaythaï « n’est pas que du sport c’est un esprit : c’est le respect de l’autre, le courage, la loyauté. »
Nicolas Subileau, Aurélien Duarté et Alassane Gaye (respectivement entraîneur du Mée Sport Muaythaï, du Châtillon boxing club et du Phénix) ont tous déclaré que les filles « se donnaient à fond » durant les entraînements tout en se fondant bien dans le groupe avec les garçons.
Des filles que nous avons rencontrés, seules celles du Phénix semblent attirées par la compétition et elles devraient commencer les assauts à la rentrée.
Pour finir cette déclaration de Marion semble résumer l’état d’esprit des filles que nous avons rencontrés : « J’ai commencé le Muay par curiosité et c’est devenu une passion. »
Vincent Dao





















