Krim HAMITECHE
Interview
Par Michel Themates le vendredi 13 juin 2003
Nom : HAMITECHEPrenom : Krim
Sexe : Masculin
Age : 31 ans
Poids : 60 kg
Classe : A
Club : Haute Tension
Ville : VITRY SUR SEINE
Krim est une figure emblématique des sports pieds / poings depuis déjà quelques années.
Avant de le voir évoluer à Aubagne dans un France / Thaïlande qui s'annonce "de feu", nous avons voulu faire un petit tour de ses objectifs, de son avenir,...
Interwiew
Bonjour Krim, pourrais tu te présenter aux internautes ? Voilà, j’ai 31 ans, je m’entraîne au club Haute Tension de Vitry, j’ai débuté le Muaythaï en 1993 et auparavant j’avais fait 10 ans de Boxe Française et 3 ans de Kick (voir sa fiche boxeur).
En ce qui concerne mon palmarès et mon parcours sportif je suis :
- Champion de France de kick boxing 1992, 1998 et 2003.
- Champion du Monde de kick boxing (WKA).
- Champion de France de Muaythaï 1999.
Ton actualité, on la connaît, tu vas boxer à Aubagne le 28 juin (voir la présentation de l’évènement) on y revient de suite, mais avant parles nous de ton dernier combat ?
Il s’est déroulé contre un Thaïlandais du nom de PETNAM. Ce garçon était donné pour être N°4 du Radjadamnoem et j’ai perdu aux points. Je ne conteste pas la décision, il a fait la différence sur les deux dernières reprises avec le corps à corps.
Et le 28 Juin à Aubagne ?
Je boxe Jaipet SUKAJON (voir sa fiche boxeur). Je ne connais pas grand-chose de lui. Christophe LEVEQUE m’a juste dit qu’il avait eu l’occasion de s’entraîner avec lui et qu’il était classé N° 1 du « Radja » en 1996.
Quelle sera ta stratégie pour ce combat ?
En fait je vais commencer par un style « fimeu » (ndlr : styliste en Thaïlandais) et lorsque j’aurais trouvé des ouvertures je commencerai à organiser ma boxe autour d’un travail de liaison pieds/poings en augmentant la vitesse de distribution.
Pour moi, la pression se transforme en vigilance
Que représente ce combat pour toi ?Un combat comme celui-ci, avec un adversaire de ce calibre représente un aboutissement de carrière. En fait on peut dire que ce combat vient valoriser tous les autres que j’ai pu faire auparavant.
Mis à part PETNAM, tu n’avais peut être pas boxé d’autres Thaï auparavant ?
Si, si ! C’est même le 4ème Thaï que je boxe, mais JAIPET est celui qui représente le plus haut niveau dans le circuit.
Et alors, ça fait quoi ?
Cela met un peu plus de pression que d’habitude.
De la pression ? Avec une cinquantaine de combats à ton actif ? Comment cela se traduit pour toi ?
En fait au début de ma carrière, la pression que je ressentais alimentait le doute et cela entamait ma confiance en moi. Aujourd’hui, avec l’expérience que j’ai pu acquérir cette pression se transforme en vigilance et en lucidité qui sont des ressources qui m’aide durant le combat.
Sur ce point, quel conseil donnerais tu aux boxeurs qui éprouvent un stress excessif ?
Le seul conseil que je donnerais est de combattre. Le fait de combattre souvent permet de relativiser le combat et de l’approcher de plus en plus sereinement en ayant une disponibilité mentale plus importante pour l’analyse du combat et de la situation. Il faut réussir à transformer le stress négatif (peur, angoisse) qui est un frein pour l’action, en un stress positif (motivation, assurance, sérénité) qui permet de contrôler la situation.
Avec le recul, si tu avais des choses à changer ou des regrets sur ta carrière, quels seraient-ils ?En fait je regrette de ne pas avoir commencé le Muaythaï plus tôt.
Moi qui ai fait de la Boxe Française et du Kick en compétition, je trouve que le Muaythaï est le sport de ring le plus aboutit de tous en terme de qualité de prestation pugilistique. Il est plus précis, beaucoup plus technique et plus efficace que les autres disciplines.
Je pense que le Muaythaï est un sport très dur où l’on ne peut pas tricher avec soi même, et c’est en cela qu’il est valorisant et permet à l’individu de grandir.
Egalement, j’aurais aimé être d’avantage médiatisé.
Et sinon, quels sont les « challenges » qui continue de te faire courir sur les rings aujourd’hui ?
Rencontrer des Thaïlandais ! Ces combats font partie des derniers de ma carrière, et il est donc normal de finir en beauté.
Tu accordes beaucoup d’importance aux « noms » des boxeurs que tu rencontres ?
Par rapport à ma période oui ! Car jusqu’à aujourd’hui il n’y avait pas de véritable classement ni de championnats officiellement reconnus. Donc le nom d’un boxeur représente un niveau en fonction des autres noms qu’il a pu rencontrés. Aujourd’hui, il semble que d’autres systèmes plus crédibles se mettent en place (voir le fonctionnement du Championnat d’Europe) et c’est bien pour les jeunes, mais en ce qui me concerne, je continue « à l’ancienne ».
Justement, que penses-tu de ce Championnat d’Europe EMF ?
Le système mis en place est le bon. Il est équitable pour tous, et surtout il est représentatif du niveau des boxeurs. Si je suis bon, je monte dans le classement, si je ne suis pas bon, je descends.
Le seul reproche que je ferais est que justement comme c’est un bon système, il faudrait qu’il soit généralisé à toutes les catégories, et qu’il ne s’arrête pas à la catégorie des moins de 71 Kg.
Les choses progressent lentement et cela est un peu dommage pour tous les champions de France qui attendent aux portes de l’Europe…
Mon Nak Muay N°1 ? Villaume
En ce qui te concerne, que voudrais tu faire dans la boxe après les combats ?Je souhaiterais devenir entraîneur. Pour cela je passerais mon DIF et le Brevet Professionnel de Muaythaï.
Sinon, on a pu te voir dans une série de télévision récemment. Est ce une piste que tu vas suivre ?
Oui, si j’en ai l’opportunité. Cette expérience a pu se faire grâce au concours de Patrick MEDIONI qui est cascadeur au cinéma. Pour ces aspects, il s’occupe de moi mais aussi de mon ami Pascal LAFLEUR.
Pour finir, peux tu nous donner ton classement des meilleurs boxeurs en activité actuellement ?
Bien sûr c’est très simple, mais avant j’aimerais dire qu’il est difficile de citer tel ou tel autre Thaïlandais dans ce classement car il y a un tel « réservoir » de boxeurs et une telle rotation, qu’ils faudrait en citer beaucoup trop.
Et en plus, je ne serais pas sûr d’être dans le vrai car il y a également beaucoup de bons boxeurs qui ne sont pas connus.
Aussi je vais me cantonner aux nations actives en Muaythaï dans le Monde, c'est-à-dire l’Europe, le Japon, et les USA.
Pour établir ce classement, je prends en compte le critère technique, l’efficacité et le style.
En numéro 1 je donne sans hésiter Farid VILLAUME pour sa prestance et sa générosité sur le ring.
En numéro 2 je donne Jean Charles SKARBOWSKY car c’est un boxeur qui ose relever de gros défis.
En numéro 3 je donne ex-aequo Aurélien DUARTE et Karim SAADA. Malheureusement Karim a été blessé, et il a perdu deux saisons de suite, mais je ne m’inquiète pas pour son avenir. Il est issu de la même école que Farid, ce n’est pas un hasard !
Malheureusement, je n’en cite que trois !
Et chez les jeunes, qui vois tu ?
Pas grand monde ! Ou si peut être Franck NADJE, il est très technique et dur. Il a l’avenir devant lui pour se construire.
Merci Krim de nous avoir accordé cette interview. Voudrais tu en profiter pour saluer ou rendre hommage à quelqu’un ?
Oui, j’aimerais rendre hommage à mon professeur Jean Marie MERCHET.





















