Coupe de France FFKMDA, un pari réussi
Ce week-end du 4 et 5 novembre 2017, la fédération FFKMDA a organisé la Coupe de France de Muaythaï à la Halle Carpentier à Paris. Des clubs des quatre coins du pays y ont participé, des cadets, des juniors, des séniors, sans oublier les enfants. On pouvait lire sur les visages de chaque nak muay autant d'appréhension que d'enthousiasme, une réelle envie de compétition.
Il a été clair de constater que le niveau ne cesse de progresser d'année en année et que l’identité du Muaythai commence à reprendre sa place, pour illustrer cela une constatation toute simple : beaucoup d’enfants portaient un monkong en entrant sur la surface de combat, par ailleurs, pour beaucoup d’entre eux le style « Muay » se dessine très clairement.
Ce week-end avait commencé dès le vendredi soir avec la pesée de plus de 500 nak muay, puis les combats et les assauts ont eu lieu samedi et dimanche dès 9h30 du matin sur trois rings et trois tatamis, ce qui a mobilisé près de 40 arbitres en plus de l’habituel personnel fédéral. Nous notons comme un point très positif que les premiers combats ont débuté à l'heure prévue, le matériel fourni par la fédé comme les plastrons, les gants, les casques étaient bien présents sur chaque coins, que les listes d'ordre de passage étaient claires et bien affichées. Tout cela a permis de rendre les enchainements assez fluides. Cependant, un plus qui serait le bienvenu : la présence d'écrans qui annoncent les résultats au fur et à mesure des combats et les ordres de passage. Ensuite, les clubs étaient bien orientés, avec une écoute juste et attentive des organisateurs. Léger bémol : une meilleure communication serait appréciée après la pesée pour connaître le jour de passage du nak muay, cela a été le cas parfois, mais pas tout le temps.
En ce qui concerne l'arbitrage, sur les rings les boxeurs ont pu s'exprimer, dans l'ensemble nous n'avons remarqué aucune décision véritablement litigieuse pour les combats. Un arbitrage de qualité donc. Ce bénéfice est peut-être à porter au crédit des deux sessions de formations de juge et arbitres IFMA qui ont eu lieu depuis quelques mois.
Même si pour certains assauts l’appréciation de l’intensité reste encore trop inégale selon les arbitres on note une vraie prise de conscience des dirigeants et des responsables sur ce point. On est bien loin de ce qui se passait il y a encore quelques années où l'on voyait des gamins traverser le gymnase sur des brancards, psychologiquement choqués après un assaut qui s'était transformé en combat. A présent les enfants sont cadrés, on sent une bienveillance chez les arbitres à ce qu'aucun ne se blesse, pour que tous reviennent aux règles de l'assaut lorsqu'ils s'en éloignent dans une attitude trop violente lorsqu'ils s'emportent, mais tirent un réel profit, qu'ils gagnent ou qu'ils perdent, de leur instant purement « muay » qu'ils viennent de vivre, beaucoup pour leur première fois. Néanmoins, ce week-end n'a pas été exsangue de quelques « bobos » ou de quelques jeunes un peu secoués après un assaut. En effet, plus encore que pour un combat, les assauts sont un moment d'échange, d'éducation, vis à vis de jeunes auxquels, toute fédération sportive dans le fond est redevable.
Nous avons été « très » étonnés du nombre très important de jeunes âgés d'à peine 10 ans qui démontraient une réelle attitude « muay » de part leur posture, et très au fait de l'actualité, mais aussi des règles de notre sport. Déjà, ces petits mangent et dorment muay thaï, ils s'endorment bien souvent sur des combats de rêve, on le lit dans leur yeux (à qui veut bien le voir).
Il s'agissait d’un moment privilégié entre une fédération et des jeunes en cours de construction physique, physiologique et psychologique.
Particulièrement pour les assauts techniques, n’oublions pas qu’il s’agit bien là d’enfants et qu’ils viennent avant tout prendre du plaisir. Des expériences négatives, des traumatismes physiques et/ou psychologiques les éloigneraient à tout jamais du Muaythai.
Beaucoup d’éducateurs en ont déjà pris conscience cela se note par la qualité de leur discours.
Le discours guerrier du professeur qui harangue un enfant de dix ans comme si il s’agissait d’un « 5x3 made in Lumpinee » tend à disparaître.
D’ailleurs on le sait bien : c’est parce qu’il vit une expérience positive et valorisante humainement car même s’il perd il sortira du tatami avec quelque chose en plus que le jeune voudra y revenir.
Et c’est parce qu’il reviendra a la compétition qu’il développera de l’assurance et de la confiance en lui. Ce n’est que comme cela qu’un jour il deviendra un Nak Muay « 5x3 made in Lumpinee ».
La vitesse de croisière entre tous les tatamis n'a pas encore été trouvée pleinement en ce qui concerne l'arbitrage et le jugement des assauts, mais la FFKMDA semble poursuivre, comme elle s'y attelle depuis plusieurs années, ses efforts pour que les oppositions se déroulent et se terminent sereinement. Ils y arriveront très bientôt, parce qu'ils montrent leur volonté d'y parvenir, de part leur souci évident d'équité, en effet, aucun jeune n'a été lésé par une décision d'arbitrage durant ce week-end.
Un grand bravo à tous les clubs qui ont réalisé le déplacement, venant parfois de loin, et surtout à tous les nak muay, filles et garçons, hommes et femmes, sans leur passion, rien ne serait possible. La FFKMDA a donc su organiser avec professionnalisme un événement sportif national d'ampleur sur un week-end entier, où la quasi totalité des nak muay, des clubs, sont repartis avec satisfaction. C'est un gage de progression évident pour notre sport, le muay thaï.




























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