Super résultats pour les Français à l'IFMA Royal World Cup
Les championnats du monde IFMA se sont déroulés du 13 au 24 août à Bangkok, l'équipe de France s'en est admirablement bien tirée, glanant un nombre considérable de médailles. Un grand coup de chapeau à Hamza NGOTO qui est reparti avec l'or chez les classe A, ce qui n'était pas arrivé depuis plu de 10 ans, et Katia SEMAIL qui a fait de même chez les femmes.
La France a eu la particularité d'avoir deux équipes durant ces championnats. Larbi BENNATIA, sélectionneur de l'équipe FMDA, nous donne son avis et ses explications :
"Les deux équipes étaient celle de la fédération officielle depuis 20 ans, la FMDA, et celle de la fédération invitée grâce à des appuis politiques, la FFKMDA. L'IFMA n'acceptant que des fédérations unisports, elle ne pouvait accepter la FFKMDA, en tant qu'invité. Pour éviter cet imbroglio à la française, les deux fédérations se sont rencontrées durant le mois de juin, sur le plan politique et technique, pour faire une équipe commune cohérente et compétitive s'appelant FRANCE. La FMDA ayant sa liste de sélectionnés depuis fin mai avait donc laissé libre les catégories vacantes pour la FFKMDA. Mais l'invité surprise, voulant imposer sa liste de sélectionnés d'après le championnat de France Amateur, a demandé un délai jusqu'à fin juin pour fournir sa liste en ne prenant pas en compte la liste des sélectionnés FMDA. Ce désaccord n'ayant pas pu être résolu, la FFKMDA a voulu passer en force et s'est appuyée sur son allié à l'IFMA, Monsieur Olivier MULLER, le promoteur suisse, organisateur annuel de la Fight Night de St Tropez. Entre la liste de la FMDA de 18 boxeurs et celle de la FFKMDA de 13 boxeurs, seule Katia Sémail faisait parti des deux listes. 6 autres boxeurs étaient en concurrence sur des catégories communes. La FFKMDA, ne voulant rien savoir, a tout fait pour que la FMDA enlève les 6 boxeurs en concurrence, et pas des moindre car il c'était Hamza Ngoto, Numa Decagny, Brayan Matias, Mathieu Guevara, Dany Njiba et Zakaria Id Baha qui étaient en danger. En face, c'était plutôt une liste de sélectionnés Kick/K1 de niveau B qui était fournie. La FMDA n'a rien lâché et ce sont deux équipes qui se sont présentées à Bangkok : la FMDA avec 17 boxeurs et la FFKMDA avec 13 boxeurs dont Katia Sémail.
Comme il était impossible d'avoir deux compétiteurs du même pays dans une même catégorie, dans les 6 catégories en concurrence, la FFKMDA a représenté le Luxembourg pour ces 6 boxeurs. L'ironie de l'histoire et que le président du Luxembourg, n'est d'autre que Denis Marie Cintura, le créateur de la FFKMDA depuis banni par cette fédération.
Voilà comment la France a commencé ces championnats du monde avec deux entités bien distinctes. Et le premier combat des deux équipes a vu se rencontrer un France vs Luxembourg : Numa Decagny, le Français, sortant le Luxembourgeois Mathieu Tavarés sans surprise.
Cette histoire rocambolesque n'a fait que souder la fédération unisport, la FMDA, dont le devoir était de défendre un muaythaï de puristes."
Mise à jour - Denis-Marie CINTURA nous a contactés pour clarifier un point : "Le Luxembourg n'a jamais participé à la mascarade des équipes de France et va s'appliquer à dénoncer de telles pratiques auprès du Comité Olympique Français et du Ministère des Sports Français. Larbi sait très bien que j'ai protesté sur place et que j'ai vu le Président de la FMDA pour lui dire la même chose. Monsieur ELKAIM n'étant présent que pour la photo je pense qu'il n'a pas saisit qu'on ne peut pas "emprunter " une Fédération au gré de besoins momentanés."
Voici le parcours des 17 français de l'équipe FMDA :
En classe A masculine, il y avait 3 boxeurs inscrits
Wahid DAMACHE en -63.5 s'est fait sortir en 1/8 de finale par l'Ouzbek Bobu TAGAYEV dans un combat âpre et serré. C'est l'Ukrainien Igor LIUBCHENKO qui décrochera la médaille d'or, s'imposant en finale contre l'sraelien Itay GUYER (celui qu'Anthony DEFRETIN avait battu lors du dernier BEST OF SIAM).
Numa DECAGNY en -71 médaillé de bronze, a sorti le "Luxembourgeois" Mathieu TAVARES en 1/8 puis le Polonais en ¼ dans une rencontre tendue avant de perdre logiquement mais tout en résistant avec brio face à Andrei KULEBIN en demi. KULEBIN ne parviendra cette année à décrocher l'or une fois de plus. Il sera battu en finale par le Thaïlandais Muansang SUPACHAI.
Hamza NGOTO en -75 est devenu le premier Français champion du monde en A depuis Mounir BOUTI et Thomas DUPUY en Décembre 2004. Un exploit construit étape par étape. Dés les 1/8, Hamza a pris la bonne voie en sortant le Turc par TKO à la 3ème reprise, puis le Kazakh aux points avant de faire un festival de genoux face au Thaï en demi en le mettant KO en coude à la 2ème reprise. Pour la finale, il a assuré l'essentiel aux points face au Russe Islam MURTAZAEV.
En A, les médailles ont été décrochés par le Russe Magomed ZAYNUKOV en -67kg, Dmitry VALENT en -81kg, Artem VAKHITOV en -91kg (il avait battu Dzianis HANCHARONAK en 1/4 de finale), Andrei HERASIMCHUK en +91kg,
En classe A féminine, il y avait 3 boxeuses inscrites :
Hailey KALLIO en -54, s'est faite sortir en ¼ de finale par les Philippines, l'expérience à manquer à notre jeune tricolore.
Nora CORNOLLE en -63.5, s'est faite sortir également en ¼ face à l'Australienne future championne du monde. Que le combat fut serré ! nora dominant totalement la 1ère reprise avec des combinaisons crochets, genoux. L'Australienne, rendant 15 cm de plus, s'est aidée de son allonge pour faire son retard et c'est le manque de fraîcheur physique qui a eu raison de notre Française, malade depuis quelques jours mais qui est allée jusqu'au bout de ses forces.
Myriame DJEDIDI en -51, aurait dû être championne du monde mais l'arbitre en a voulu autrement. Avant sa finale, la Française avait sorti sans difficulté l'Allemande en 1/8, la Philippine en ¼ et la Suédoise en demi. Mais la Thaï Padpho PARITA était d'un tout autre niveau et elle rentra mieux dans le combat en remportant la 1ère reprise grâce à un meilleure travail de genoux. Mais le changement tactique à la pause renversa le combat, Myriame plus offensive, toucha à plusieurs reprises aux poings et en jambes son adversaire et fit jeu égal en genoux. A l'appel de la 3ème reprise, les deux boxeuses étaient au coude à coude 19/19, Myriame continua sur sa lancée est elle domina la dernière reprise avant que l'arbitre, à une minute de la fin, lui mette un avertissement très sévère pour un maintien de corde imaginaire. Myriame continua sa pression jusqu'au verdict final : 29/29. Les juges choisirent Padpho PARITA car il faut un vainqueur, merci l'arbitre d'avoir offert la médaille d'or à la Thaï !
En classe B masculine, il y avait 5 boxeurs inscrits :
Mathieu GUEVARA en -63.5, a commencé le tournoi en sortant le Turc en 1/8, dans un combat où son adversaire était dangereux et imprévisible. Mathieu l'a mis ko sur un coude retourné à la 2ème reprise. Mais en ¼, il chuta face à un Ouzbek dur au mal où chacun se donnait coup pour coup .L'Ouzbek sortit logiquement vainqueur car plus précis.
Tomas MENDEZ en -75 n'avait pas la tâche facile en 1/8 car il tomba sur le finaliste péruvien de l'an passé. Sa taille et son travail de corps à corps ont eu raison de son adversaire, il se qualifia d'un poil. Mais le lendemain, en ¼ face à l'Américain futur vainqueur, il a été trop juste dans tous les compartiments du jeu.
Brayan MATIAS, un habitué du format car c'est sa 4ème participation, eu un tableau compliqué car il rentra en 1/16ème de finale. Le Mongole fut une formalité pour lui : out class. Puis en 1/8 c'était autour du finaliste péruvien de l'an passé de se faire sortir par Brayan avec la manière. Le Français plus précis gagna sa place en ¼ où il tomba dans le piège turc. Alors qu'il domina son adversaire, il se fit surprendre par un crochet droit à la fin de la 1ère. Il revint fort dans la 2ème mais pas aux yeux des juges qui donnèrent 3-2 au Turc. Pas le choix, c'est le ko qui fut cherché dans la dernière, Brayan donna tout et domina largement la fin de combat mais pas suffisant, une décision sévère des juges.
Quentin EL HAMDOU, la surprise de la team France, inconnu avant ces championnat, il pris le titre avec la manière. En 1/8, il sortit le Turkmène facilement. Puis en ¼ face au Marocain supérieur à distance, il suivit à la lettre les recommandations du coin et c'est au corps à corps qu'il finit par l'épuiser pour gagner la reprise fatale. Face au Suédois, c'était la finale avant l'heure, le même style de boxe, les deux protagonistes se firent la guerre jusqu'à la dernière seconde et c'est 3 juges à 2 que Quentin se vit offrir sa place en finale où le rude Afghan ne lâchera qu'à la dernière reprise sachant qu'il ne pouvait plus revenir. C'est avec des genoux dévastateurs que Quentin aura eu raison de ses 4 adversaires, il peut savourer son titre bien mérité. Bravo champion pour ton mental.
Dany NJIBA devait confirmer sa superbe saison, il était un des favoris de la catégorie mais a failli tombé dans le piège américain : son adversaire, rude au mal, ne reculera ni devant la puissance des coups ni devant la ténacité de Dany. Bien au contraire, il continua à être dangereux et c'est une partie de ping pong en coudes qui fera la différence à la dernière reprise, l'Américain ouvert à l'arcade sera obligé d'arrêter sur blessure. En ¼, Dany confirma facilement devant un Argentin puis en demi, il dut se déployer pour sortir le Péruvien qui lui avait pris la 1ère reprise. En finale, il assura sa victoire face au Suédois qui n'a jamais fait illusion. Un titre avec la manière pour Dany.

En junior, il y avait 6 boxeurs inscrits :
Nassim BEN BOUAZZA en -63.5 junior 14/15 n'a pas démérité face au futur vainqueur australien en ¼ de finale. Il commença bien le combat en rendant coup pour coup mais la supériorité de l'adversaire s'est vite fait sentir. Beaucoup plus expérimenté, il dépassa régulièrement Nassim et sagement l'arbitre arrêta le combat à la 3ème reprise.
Albert VALENTIN en -60 junior 14/15 arriva directement en finale où il rencontra le Biélorusse. Plus technique qu'Albert, l'adversaire a pu faire la différence mais physiquement, Albert a toujours été présent tout au long du combat. C'est sur les rotules que le Biélorusse a pris le titre.
Yussuf SHARIF en -45 junior 16/17 a fait l'exploit de sortir le Thaï en ¼. Perdant la 1ère reprise, il continua à faire la guerre et fut récompensé par une victoire sur le fil. En demi, il élimina l'Indonésien par forfait puis s'inclina contre le Biélorusse en finale, beaucoup plus puissant que lui. A souligner que Yussuf fait à peine 43kg mais qu'il n'existe pas de catégorie en -42 en junior 16/17 donc il a dû boxé des adversaires plus costauds.
Angel MELINARD en -57 junior 12/13 était directement en finale contre un Russe. Il domina de la tête et des épaules cette finale, beaucoup plus longiligne, il travailla toute la panoplie du muay pour prendre l'or.
Yasser ADOUNIS en -67 junior 14/15, est passé par les demis pour sortir le Russe, le 1er round fut équilibré mais ensuite le Français ne laissa aucune chance à l'adversaire d'espérer. En finale face au Tchèque, il ne lui laissa aucune chance, avec un travail technique et physique exemplaire qui lui apporta son deuxième titre ifma après celui obtenu à Istanbul il y a 2 ans.
Zakaria DI BAHA en -67 junior 16/17 a conquit tout le public avec sa détermination. Une poule très difficile où en ¼, il élimina le Russe dans une guerre acharnée 2 reprises à 1. En demi, c'est l'Ouzbek qui subira la loi de Zak et qui se fera compter à la 3ème. Puis en finale, le Kazakh n'a jamais pu croire à la victoire. Bravo à Zakaria, champion du monde de la plus belle des manières.
La FMDA a donc marqué l'histoire du muaythaï français en remportant 6 médailles d'Or, 3 médailles d'Argent et une médaille de Bronze lors de cette campagne thaïlandaise, conclue Larbi BENATTIA. La combativité, la solidarité et le style muaythaï ainsi que le fair-play ont été leur marque de fabrique. Tous les pays ont reconnu la qualité de l'équipe de France FMDA. Les grands pays de l'Est sont venus saluer la Team pour le niveau lors des championnats. Hamza Ngoto et Myriame Djedidi ont été les porte-drapeaux du renouveau français. Qu'on se le dise, la France est attendue pour confirmer lors des prochaines échéances internationales."
Pour l'équipe emmenée par la FFKMDA, Katia SEMAIL a décroché une médialle d'or en classe A -57kg. En demi, elle était opposée à la Hollandaise Yolanda SCHMIDT qui avait réalisé l'exploit d'éliminer la star thaïlandaise CHOMMANEE Sor Taehiran. Katia s'est imposée et a décroché ensuite la médaille d'or en s'imposant face à la Suédoise Evelina WIKNER.
"Pour les 1/8 j'apprends que je rencontre l'Ukrainienne Anastasiia, adversaire que j'avais rencontré lors des finales IFMA à Cracovie en septembre. J'avais perdu ma finale d'un point. J'étais malade lors de celle-ci. Là je me dis, pas moyen de perdre au 1er tour, pas moyen de perdre ma revanche. Et je me dis elle va voir Katia pas malade ! J'étais en pleine forme. Des le 1er training, je me sens bien par rapport au climat. Tout se présentait bien pour ce fight. Lors de ma préparation, j'étais remontée comme une pendule. Il fallait que je gagne. Je la connaissais. Je savais ce qui pouvait passer et ce qui ne fallait pas faire. Dès la 1ère reprise je domine, et cela s'enchaîne lors des 2 autres. Beaucoup de corps à corps et de bonnes combinaisons pieds poings. Je gagne donc ma place en 1/4, après un combat très engagé.
Pour les 1/4, j'apprends au moment de me rapprocher du ring que mon adversaire Russe déclare forfait. Je suis donc restée sur ma faim.. J'ai néanmoins pu observer l'Australienne que je devais rencontrer en 1/2. Yolanda.
Pour la 1/2, je me dis qu'il va falloir être prudente et changer de tactique. Elle avance beaucoup de façon un peu imprévisible. J'étais un peu agacée de ne pas avoir boxé en 1/4. Du coup un peu rageuse en 1/2. Et là une pluie de coudes est tombée. Yolanda a été touchée à plusieurs reprises. Elle a été comptée 1 fois pendant le round 1, 2 fois au 2eme. Ils passaient tous. Sur le round 3, je décide de rester prudente. Les coudes passent encore, mais je reste plus distante. Je remporte là encore logiquement mes 3 reprises.
Enfin la finale ! Je l'attendais celle-ci... Contre Evelina la Suédoise. Je l'avais vu boxer au tour précédent. Et la je me dis, je vais encore changer ma boxe. Avec Evelina, j'ai surtout joué sur le pied poing. Un peu de changement de garde. Un peu de corps à corps quand même. J'étais déterminée. Là aussi je prends les 3 reprises. Et ça y est le graal : l'or IFMA monde à Bkk en plus! J'étais sur mon nuage.
A partir du 1/4, Wahid DAMACHE, boxeur de mon club aussi participant à la compétition, me filmait par FB, ce qui a permis à mon coach Fred de vivre les combats en direct. A chaque fin de combat, je voyais mon coach à l'écran. Ça c'était génial ! Il communiquait en direct les résultats aux gars de ma salle.
C'était encore une aventure humaine d'exception pour moi. L'IFMA c'est une chance de pouvoir y participer. J'ai encore pu partager des moments forts avec les Français présents. J'étais contente d'encourager aussi les autres. Je suis complètement accro. Rdv en mai pour les prochains championnats du Monde en Suède."
En -67kg, Angélique PITIOT avait brillamment passé les 1/8 de finale avant de s'incliner en 1/4 par la Néo-Zélandaise Melody DOWNS qui a fait une démonstration en genoux.
Fanny RAMOS en -48kg s'est elle faite élmininée au premier tour par arrêt de l'arbitre : out class. Elle a là aussi beaucoup subi en genoux.
Guillaume LORENZO est reparti avec une médaille d'argent en 60kg classe B, perdant contre un nak muay chinois en finale.
Stéphane NEMI a décroché une médaille le bronze en -86kg classe B. Victoire sur un Ivoirien en 1/4 puis défaite face au Turc en demi.
La quatrieme médaille, en bronze, a été ramenée par Daren en junior -51kg, battu en 1/2 finale par le boxeur thaïlandais.






























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