Championnat du monde WAKO
La France remporte 8 médailles !
Par Thibaut Machu le jeudi 29 octobre 2009
Semaine du 19 au 25 octobre 2009, Villach, Autriche, l'équipe de France a réalisé une première dans son histoire en remportant 8 médailles lors des championnats du monde WAKO de Kick Boxing et K-1. 8 décorations sur 15 athlètes engagés dont 3 récompenses féminines du jamais vu en Kick ! Nous sommes allés à la rencontre du D.T.N Jean Michel REYMOND pour nous faire un retour sur cette performance.
"Le reste de l'équipe s'est comporté remarquablement sur le plan sportif et a fait forte impression sur les autres délégations aussi bien sur le ring que par l'esprit de solidarité et d'équipe durant ces championnats du monde. Trois compétiteurs sont désormais qualifiés pour Pékin du 27 août au 4 septembre 2009 pour les jeux mondiaux de sports de combats, il s'agit de Karim GAHJII, Abdellah EZBIRI et Bakari TOUNKARA. Le staff technique est très satisfait du résultat et tire les leçons de cette compétition afin d'être encore plus performante pour la saison prochaine au Championnat d'Europe organisé en Azerbaïdjan. Notons également la bonne prestation des compétiteurs du K-1, tous nouveaux dans cette compétition, les 4 combattants ont réussi jusqu'au 1/4 de finale. Merci à tous et félicitations aux coaches-managers et notre kiné qui a œuvré durant toute la semaine."
Jean Michel REYMOND – Directeur Technique National de la FFSCDA
Muaythaitv.com : Bonjour Jean-Michel REYMOND, pouvait vous nous faire un retour sur le déroulement de ce championnat du monde amateur de Kick Boxing et de K-1 ?
Jean-Michel REYMOND : C'était une compétition très bien organisée. Nous avons eu une très bonne ambiance durant le séjour. Nous avions eu quand même avec toute l'équipe trois regroupements auparavant à Vichy (Allier, France). Donc psychologiquement, les athlètes étaient prêts.
Nous avions débuté la compétition le jeudi 24 octobre. Mon objectif sur les 15 athlètes sélectionnés, était de ramener 4 à 5 médailles, par rapport à l'an dernier où nous n'avions ramené que deux médailles d'argent. J'ai beaucoup insisté sur le côté de la solidarité, de l'esprit de groupe etc...Cela s'est beaucoup ressenti au sein l'équipe, mais aussi vis à vis des autres pays car j'ai un peu fait le tour des autres délégations, notamment les russes, les croates et les serbes qui m'ont dit qu'on sentait que cette année chez les français il y avait une bonne ambiance de groupe, qu' il y avait du travail de fait, que nos gars boxent bien, et que c'était loin d'être facile avec nous... L'image de la France a vraiment changé par rapport à ce qui avait été fait auparavant.
Ensuite quant aux résultats, on a procédé par étapes, le but ce n'était pas de penser directement d'aller en finale. C'est que chaque étape était importante. Il y a eu des athlètes qui n'ont pas fait de seizième de finale, d'autres on démarré en huitième, et d'autres en quart.
Chacun avait un parcours différent. Tous les soirs, nous faisions une réunion d'une heure pour que le staff technique donne ses impressions sur le groupe, sur le travail qui a été fait.
Le capitaine de l'équipe Karim GAHJII était l'intermédiaire qui nous faisait le retour sur les sensations du groupe, et faisait la synthèse de ce qui avait été dit en réunion pour les boxeurs.
Sur chaque déplacement, à chaque fois que nous partions le matin, nous donnions des consignes, et une ligne de conduite à respecter.
Grâce à une organisation qui était « hyper carrée », nous savions à quelle heure les boxeurs combattaient, quels adversaires et quel ring.
Chaque fois qu'un boxeur était sur le ring, tout le monde était autour pour l'encourager. Le soir c'était l'heure du bilan, de l'analyse, chacun donnait son avis. J'ai fait vraiment participer tout le groupe.
Muaythaitv : Combien de pays participaient à ce rassemblement ?
Il y avait 60 pays représentés, 620 athlètes avec comme à son habitude une grosse dominante des russes, de l' Italie, de la Croatie, de la Serbie, de la Biélorussie, de la Pologne, les principaux pays de l' Est et la Turquie. Mais proportionnellement et par rapport aux résultats obtenus, nous sommes bien classés. Je dirais, que nous sommes au moins dans les cinq premiers.
Muaythaitv : Justement, que manque t-il à cette équipe de France pour être encore plus performante et être sur le podium des meilleures nations ?
Les athlètes français qui ont réussi à se hisser au plus haut niveau, sont ceux qui ont fait le championnat d' Europe l'année dernière. L'an dernier, nous avions déjà instauré des bases, ces athlètes là en ont bénéficié en Autriche.
L'an dernier, nous avions fait le bilan des manques, nous avons rectifié le tir cette année, en faisant trois regroupements spécifiques en convoquant uniquement les athlètes participants à la compétition. Ajouté à cela un programme et un suivi qui a été bénéfique, surtout au niveau psychologique. Ce qui avait déjà participé l'année dernière sont Karim GAHJJI, Bakari TOUNKARA, Cédric CUSTOS et Abdellah EZBIRI. La nouveauté, c'est que cette saison, nous avons quand même trois filles qui sont médaillées !
Muaythaitv : Lors de ces championnats, même si tout le monde a été très méritant, y a t-il cependant des athlètes de cette sélection française qui se sont démarqués ?
Il y a des français qui sont à féliciter plus que d'autres, car il y en a qui ont eu des parcours plus durs.
Je pense notamment à Abdellah EZBIRI qui a du exécuter 4 combats pour arriver à sa médaille de bronze. À chaque combat, il s'est vraiment arraché, cela a crée une émulation dans le groupe. Il a eu des adversaires très durs, mais il est allé jusqu'au bout. On l'a pris en exemple. S'il voulait être finaliste, il fallait qu'il fasse 5 combats. Donc chaque combat était pour lui une étape, c'était quand même très dur.. Il avait des adversaires de très haut niveau : des turcs, des boxeurs de l'Azerbaïdjan et des russes.
Les autres avaient aussi des parcours aussi difficiles mais moins d'étapes. Abdellah a été notre exemple pour motiver les autres.
Surtout que l'année dernière Abdellah s'était fait sortir au premier tour. Il avait déjà eu cette expérience avant celle de l'Autriche cette année et nous avons tous senti qu'il voulait vraiment aller jusqu'au bout.
Muaythaitv : Justement, quelle est la motivation pour ces sportifs qui boxent en pro de faire ce championnat du monde amateur ?
Ce qui les motive, c'est l'esprit de groupe, mais aussi le vrai haut niveau amateur. Vis à vis de la fédération je leur dit toujours, c'est vous la vitrine de la discipline au niveau amateur. Le pro c'est bien, mais le développement fédéral ne passe pas par les professionnels, il passe d'abord par l'amateurisme. Ensuite de là, on peut sortir des bons combattants professionnels. Ils ont pu se mesurer au vrai niveau, et c'est surtout ça qui est important.
Muaythaitv : Quelle va être la continuité de l' équipe de France ?
Dans l'organisation que j'ai mise en place, on projette des regroupements suivis d' une compétition contre une délégation d'un autre pays.
Des pays avec lesquels nous avons passé des accords. J'ai pris beaucoup de contacts avec la Russie, la Biélorussie, l'Azerbaïdjan, le Canada, l' Espagne et l' Italie.
Au niveau de la sélection, à la fin de chaque saison sportive, nous prendrons les deux premiers "Espoir" (Classe B) et les deux premiers " Elite" (Classe A) de chaque catégorie. C'est à dire le champion et vice champion de la même catégorie de poids.
Nous ferons ensuite un tournoi de 4 boxeurs, où nous les ferons se rencontrer en « 3x 2 » avec le "scoring machine".
Là tout le monde verra les résultats, les juges seront vraiment obligés de s'appliquer pour noter les gars. La transparence du jugement, va beaucoup nous aider.
Ensuite, on va classer les athlètes de ce tournoi numérotés1,2,3,4 . Nous obtiendrons donc un réservoir de 4 athlètes pour programmer une série de compétitions d'entrainement pour préparer les championnats d'Europe l'année prochaine, et les championnats du monde dans deux ans.
En fonction des échéances, des titres, de l'état de forme la sélection sera faite. Ce n'est pas forcément le champion de France qui ira aux compétitions internationales. Cela peut aussi être un espoir qui réalise de bonne performance lors de sa saison. On va jouer sur la concurrence. Il faut toujours qu'il y ait cette esprit de concurrence, mais aussi de partenaires d'entrainement. Par catégorie de poids, il seront donc 4 partenaires pour élever le niveau de l'équipe de France.
"Le reste de l'équipe s'est comporté remarquablement sur le plan sportif et a fait forte impression sur les autres délégations aussi bien sur le ring que par l'esprit de solidarité et d'équipe durant ces championnats du monde. Trois compétiteurs sont désormais qualifiés pour Pékin du 27 août au 4 septembre 2009 pour les jeux mondiaux de sports de combats, il s'agit de Karim GAHJII, Abdellah EZBIRI et Bakari TOUNKARA. Le staff technique est très satisfait du résultat et tire les leçons de cette compétition afin d'être encore plus performante pour la saison prochaine au Championnat d'Europe organisé en Azerbaïdjan. Notons également la bonne prestation des compétiteurs du K-1, tous nouveaux dans cette compétition, les 4 combattants ont réussi jusqu'au 1/4 de finale. Merci à tous et félicitations aux coaches-managers et notre kiné qui a œuvré durant toute la semaine."
Jean Michel REYMOND – Directeur Technique National de la FFSCDA
5 médailles de bronze et 3 médailles d'argent
- Saida ATMANI, catégorie - 70 kg : médaille de Bronze
- Ielö PAGE, catégorie - 65 kg : médaille de Bronze
- Nathalie MAUREL, catégorie - 48 kg : médaille d'Argent
- Noël CADET, catégorie + 91 kg : médaille de Bronze
- Bakari TOUNKARA, catégorie - 81 kg : médaille d' Argent
- Karim GAHJII, catégorie - 75 kg : médaille d'Argent
- Abdellah EZBIRI, catégorie - 67 kg : médaille de Bronze
- Cédric CUSTOS, catégorie - 54 kg : médaille de Bronze
L'image de la France a vraiment changé
Muaythaitv.com : Bonjour Jean-Michel REYMOND, pouvait vous nous faire un retour sur le déroulement de ce championnat du monde amateur de Kick Boxing et de K-1 ?Jean-Michel REYMOND : C'était une compétition très bien organisée. Nous avons eu une très bonne ambiance durant le séjour. Nous avions eu quand même avec toute l'équipe trois regroupements auparavant à Vichy (Allier, France). Donc psychologiquement, les athlètes étaient prêts.
Nous avions débuté la compétition le jeudi 24 octobre. Mon objectif sur les 15 athlètes sélectionnés, était de ramener 4 à 5 médailles, par rapport à l'an dernier où nous n'avions ramené que deux médailles d'argent. J'ai beaucoup insisté sur le côté de la solidarité, de l'esprit de groupe etc...Cela s'est beaucoup ressenti au sein l'équipe, mais aussi vis à vis des autres pays car j'ai un peu fait le tour des autres délégations, notamment les russes, les croates et les serbes qui m'ont dit qu'on sentait que cette année chez les français il y avait une bonne ambiance de groupe, qu' il y avait du travail de fait, que nos gars boxent bien, et que c'était loin d'être facile avec nous... L'image de la France a vraiment changé par rapport à ce qui avait été fait auparavant.
Ensuite quant aux résultats, on a procédé par étapes, le but ce n'était pas de penser directement d'aller en finale. C'est que chaque étape était importante. Il y a eu des athlètes qui n'ont pas fait de seizième de finale, d'autres on démarré en huitième, et d'autres en quart.
Chacun avait un parcours différent. Tous les soirs, nous faisions une réunion d'une heure pour que le staff technique donne ses impressions sur le groupe, sur le travail qui a été fait.
Le capitaine de l'équipe Karim GAHJII était l'intermédiaire qui nous faisait le retour sur les sensations du groupe, et faisait la synthèse de ce qui avait été dit en réunion pour les boxeurs.
Sur chaque déplacement, à chaque fois que nous partions le matin, nous donnions des consignes, et une ligne de conduite à respecter.
Grâce à une organisation qui était « hyper carrée », nous savions à quelle heure les boxeurs combattaient, quels adversaires et quel ring.
Chaque fois qu'un boxeur était sur le ring, tout le monde était autour pour l'encourager. Le soir c'était l'heure du bilan, de l'analyse, chacun donnait son avis. J'ai fait vraiment participer tout le groupe.
Muaythaitv : Combien de pays participaient à ce rassemblement ?
Il y avait 60 pays représentés, 620 athlètes avec comme à son habitude une grosse dominante des russes, de l' Italie, de la Croatie, de la Serbie, de la Biélorussie, de la Pologne, les principaux pays de l' Est et la Turquie. Mais proportionnellement et par rapport aux résultats obtenus, nous sommes bien classés. Je dirais, que nous sommes au moins dans les cinq premiers.
Muaythaitv : Justement, que manque t-il à cette équipe de France pour être encore plus performante et être sur le podium des meilleures nations ?
Les athlètes français qui ont réussi à se hisser au plus haut niveau, sont ceux qui ont fait le championnat d' Europe l'année dernière. L'an dernier, nous avions déjà instauré des bases, ces athlètes là en ont bénéficié en Autriche.
L'an dernier, nous avions fait le bilan des manques, nous avons rectifié le tir cette année, en faisant trois regroupements spécifiques en convoquant uniquement les athlètes participants à la compétition. Ajouté à cela un programme et un suivi qui a été bénéfique, surtout au niveau psychologique. Ce qui avait déjà participé l'année dernière sont Karim GAHJJI, Bakari TOUNKARA, Cédric CUSTOS et Abdellah EZBIRI. La nouveauté, c'est que cette saison, nous avons quand même trois filles qui sont médaillées !
Ielö PAGE, catégorie - 65 kg : médaille de Bronze
Abdellah EZBIRI a été notre exemple
pour motiver les autres
pour motiver les autres
Muaythaitv : Lors de ces championnats, même si tout le monde a été très méritant, y a t-il cependant des athlètes de cette sélection française qui se sont démarqués ?
Il y a des français qui sont à féliciter plus que d'autres, car il y en a qui ont eu des parcours plus durs.
Je pense notamment à Abdellah EZBIRI qui a du exécuter 4 combats pour arriver à sa médaille de bronze. À chaque combat, il s'est vraiment arraché, cela a crée une émulation dans le groupe. Il a eu des adversaires très durs, mais il est allé jusqu'au bout. On l'a pris en exemple. S'il voulait être finaliste, il fallait qu'il fasse 5 combats. Donc chaque combat était pour lui une étape, c'était quand même très dur.. Il avait des adversaires de très haut niveau : des turcs, des boxeurs de l'Azerbaïdjan et des russes.
Les autres avaient aussi des parcours aussi difficiles mais moins d'étapes. Abdellah a été notre exemple pour motiver les autres.
Surtout que l'année dernière Abdellah s'était fait sortir au premier tour. Il avait déjà eu cette expérience avant celle de l'Autriche cette année et nous avons tous senti qu'il voulait vraiment aller jusqu'au bout.
Muaythaitv : Justement, quelle est la motivation pour ces sportifs qui boxent en pro de faire ce championnat du monde amateur ?
Ce qui les motive, c'est l'esprit de groupe, mais aussi le vrai haut niveau amateur. Vis à vis de la fédération je leur dit toujours, c'est vous la vitrine de la discipline au niveau amateur. Le pro c'est bien, mais le développement fédéral ne passe pas par les professionnels, il passe d'abord par l'amateurisme. Ensuite de là, on peut sortir des bons combattants professionnels. Ils ont pu se mesurer au vrai niveau, et c'est surtout ça qui est important.
Pas forcément le champion de France
qui ira aux compétitions internationales.
qui ira aux compétitions internationales.
Muaythaitv : Quelle va être la continuité de l' équipe de France ?
Dans l'organisation que j'ai mise en place, on projette des regroupements suivis d' une compétition contre une délégation d'un autre pays.
Des pays avec lesquels nous avons passé des accords. J'ai pris beaucoup de contacts avec la Russie, la Biélorussie, l'Azerbaïdjan, le Canada, l' Espagne et l' Italie.
Au niveau de la sélection, à la fin de chaque saison sportive, nous prendrons les deux premiers "Espoir" (Classe B) et les deux premiers " Elite" (Classe A) de chaque catégorie. C'est à dire le champion et vice champion de la même catégorie de poids.
Nous ferons ensuite un tournoi de 4 boxeurs, où nous les ferons se rencontrer en « 3x 2 » avec le "scoring machine".
Là tout le monde verra les résultats, les juges seront vraiment obligés de s'appliquer pour noter les gars. La transparence du jugement, va beaucoup nous aider.
Ensuite, on va classer les athlètes de ce tournoi numérotés1,2,3,4 . Nous obtiendrons donc un réservoir de 4 athlètes pour programmer une série de compétitions d'entrainement pour préparer les championnats d'Europe l'année prochaine, et les championnats du monde dans deux ans.
En fonction des échéances, des titres, de l'état de forme la sélection sera faite. Ce n'est pas forcément le champion de France qui ira aux compétitions internationales. Cela peut aussi être un espoir qui réalise de bonne performance lors de sa saison. On va jouer sur la concurrence. Il faut toujours qu'il y ait cette esprit de concurrence, mais aussi de partenaires d'entrainement. Par catégorie de poids, il seront donc 4 partenaires pour élever le niveau de l'équipe de France.




























