Une équipe de France "Royale"
Par Thibaut Machu le vendredi 28 août 2009
Le 11 août dernier, l'équipe de France FFSCDA composée de cinq athlètes : M. LALLEMAND, A. ZITOUNI, C. FRANÇOIS, D. ALAMOS et Y. BOUGHANEM ont été convié aux festivités rendant hommage à la reine de Thaïlande pour son 77 ème anniversaire (voir l'article). De retour en France, nous les avons contactés pour recueillir leurs impressions après cette expérience qui reste hors du commun pour tous boxeurs de Muay.
Arrivé quatre jours avant "le jour J", le vendredi 7 août 2009, les français n'ont pas perdu de temps et se sont entraînés dès l'après midi dans leur camp habituel le « Phi Sin Chai » de Bangkok. L'ensemble de ces séances d'entraînement sont plutôt un « décrassage » qui a pris fin le lundi matin pour laisser place à la pesée et la conférence de presse programmée l’après midi à 15 heure.
Pour ce déplacement l'équipe nationale a eu le privilège de séjourner à l'hôtel Royal, Place Sanam Luang, situé à deux pas de l'évènement où avait lieu les combats.
Charles FRANÇOIS :
« J'ai l'impression que le Muay
se relance en France. »
« Il y avait vraiment beaucoup de monde, tellement de monde que nous n'arrivions pas à quantifier le nombre de personnes qu'il y avait. C'était vraiment une belle fête, les thaïlandais ont vraiment rendu un bel hommage à leur reine. Les thaïlandais ne sont pas tous fans de Muay, mais il y avait beaucoup de monde pour encourager les boxeurs, et pour eux, peu importe la nationalité des athlètes. » Nous explique Charles FRANÇOIS premier boxeur hexagonal à monter sur le ring le mardi soir à 1 heure du matin.
Mais ce qui l'a vraiment marqué et amusé durant cette soirée ce sont les conditions dans lesquelles il fallait se préparer : « Cela n'a rien à voir de ce qu'on peut voir en Europe, c'est très mouvementé, il n'y a pas de vestiaire, c'est assez vétuste. En Europe, on a notre coin, notre vestiaire, combattant par combattant, ou club par club. On ne se mélange pas, on se voit juste sur le ring. Là on s'échauffe, juste à côté de notre adversaire, ce n'est pas du tout la même optique. »
Concernant, le combat, Charles nous raconte qu'il a déjà boxé trois thaïlandais au cours de sa carrière. Mais Bird KHAM, son adversaire du soir est cambodgien, il avait pris auparavant le soin d'analyser son style à l'aide de vidéos visionnées sur le net. « J'ai vu que c'était un gaucher, fort en corps à corps, et adepte des projections.
Mon combat s’est déroulé de la façon suivante : premier round, observation, j'ai essayé de garder la distance, car je sais qu'il est fort à mi distance, et il est plus petit que moi. Comme il aime surtout les projections, j'ai essayé d'éviter cela dès la première reprise.
Au deuxième et troisième round, il arrivait à rentrer en corps à corps, et à me projeter ensuite. À ce moment du combat, j'ai conscience que j'ai du retard au niveau des points, surtout en Thaïlande !
Alors au troisième round, j'ai essayé de rentrer en combinaisons de poings et de coudes. Surtout avec ma droite vu que c'est un gaucher, mais Bird KHAM me contrait lui aussi régulièrement avec son bras arrière. Forcément le comptage de points s'annulait à chaque coup. Il continuait de prendre l'avantage...
En pieds poings, nous étions du même niveau, mais en corps à corps j'étais vraiment dépassé, il me projetait à chaque fois.
C'est alors qu’au début de la cinquième, dans mon coin, Alexandre ROMAIN, me conseille de faire « un marcher - genoux » et de lui rentrer dedans en genoux.
C'est ce que j'ai fait, et je l'ai touché au foie. Il a simulé un coup à la coquille, mais l'arbitre ne s'est pas laissé avoir. Je pense qu'il a simulé pour récupérer son souffle. »
Effectivement l'arbitre ne s'est pas laissé berner, et a continué à compter. Bird KHAM, très bon boxeur, mais manquant de fair-play pour ce coup là, n'a pas voulu reprendre le combat, compté jusqu'à « huit », la rencontre a été stoppée au cinquième round.
Suite à ce match, les retombées ne se sont pas fait attendre pour Charles FRANÇOIS. Un responsable français du Khun Khmer aurait proposé à Charles de boxer régulièrement au Cambodge la saison prochaine.
« C'est intéressant, car le Kun Khmer c'est à peu prés les mêmes règles que le Muay, ce n'est pas comme si je boxais en Kick Boxing où là ça change totalement. Et puis, cela me permettra de découvrir un nouveau pays. »
Le boxeur originaire de Metz est entièrement satisfait de sa saison, il aura boxé dix fois en huit mois. Au programme pour la saison qui arrive, deux ceintures européennes dans des fédérations différentes lui seront proposées : « Au mois de Novembre, j'affronterai un hollandais, et en Avril, ça sera un espagnol. C'est les deux grands rendez vous de la saison pour moi. Peut être au mois de Mars, je rencontrerai un thaïlandais à Strasbourg lors de l'organisation de Steeve VALENTE, peut être Kaponglek mais rien n'est sûre...J'ai l'impression que le Muay se relance en France, c'est bien. »
C'est ensuite au tour de Mickael LALLEMAND de franchir les cordes du ring. Son adversaire est classé numéro 7 au Lumpini, et actuel numéro 9 de la TV7 : Kongjak S.TOUNTHONG détenteur tu titre mondial WPMF en moins de 69 kg, vainqueur de John Wayne PARR l'an dernier.
« Au départ, je n'étais pas prévu pour ce voyage avec l'équipe de France. Mais comme j'ai été champion de France depuis un petit moment, et que je n'ai jamais fait un combat lors de l'anniversaire de la reine ou du roi de Thaïlande, que cela soit pour une ceinture ou un combat d'encadrement. Alors pour une telle proposition, je suis partant sans hésitation! On m'a suggéré de disputer une ceinture mondiale. Le thaïlandais, était plus grand, plus lourd, et plus costaud que moi mais j'ai tout de suite accepté. »
Les deux premiers rounds sont serrés, la troisième reprise est pour le français, il fonce sur son adversaire, rentre en anglaise, et touche le thaïlandais sur un uppercut.
Durant le quatrième round, difficile de départager les boxeurs, mais il y a une certitude, le thaï fait la différence au corps à corps.
Enfin, dès le début de la dernière reprise, Mickael se prend un coup de coude : « Il me feinte avec un direct du gauche, et réussit à me rentrer un coup de coude dans la tête.
Il m'a bien touché, j'étais un peu sonné, il a beaucoup avancé, et moi j'ai essayé de gérer cette reprise là. C'est cette reprise qui m'a fait perdre. Il y aurait pu avoir match nul, s'il n'y avait pas eu de ceinture. Mais lorsque l’on rencontre un thaïlandais en Thaïlande, il faut savoir faire nettement la différence, ou soit le mettre KO pour qu’on te déclare vainqueur. »
Très déçu de n'avoir pu ramener cette ceinture mondiale à Moussa KONATE son entraîneur, Mickael n'a pas tout perdu, car le promoteur Chun KIATPECH (voir l'article) lui a garanti un nouveau combat, une nouvelle chance de ceinture mondiale lors de la plus grande fête thaïlandaise dédiée chaque année à l'anniversaire du roi en décembre.
« J'étais vraiment heureux de cette nouvelle, faire l'anniversaire de la reine, puis l'anniversaire du roi c'est vraiment le top, maintenant que j'arrive à un certain âge.
J'ai 27 ans, je suis arrivé à maturité sur le ring, j'ai assez d'expérience pour gérer des combats comme ça. J’aurais eu cette proposition avant, cela aurait été un peu trop tôt, après, cela aurait été trop tard...Cela est arrivé « pile-poil » ! »
Prochainement, sur l'Ile de la Réunion d'où il est originaire, Mickael remettra son titre européen en jeu contre Expedito VALIN le 9 octobre.
Dans la même soirée, le réunionnais Bruno BIGO tentera de dérober la ceinture mondiale de Moussa KONATE. Massinissa HAMAILI récent champion d'Europe (voir l'article) se mesura face à Emmanuel PAYET avec à la clé le trophée. Bakari TOUNKARA effectuera un superfight en Kick Boxing, bref un superbe gala en perspective.
Le combat suivant a été très bref, le jeune ALAMOS a abrégé en en une poignée de secondes son affrontement face au Coréen Kim SUNG YONG.
« Ça a été très vite, aux alentours de 1 min 30 dans la première reprise, mon adversaire assez technique faisait face et m'envoyait ses jambes. J'ai tout bloqué, et je remisais en low kick au début, et puis j'ai vu l'ouverture et j'ai placé une droite en ligne qui l'a pris en plein menton, il est tombé KO...Ce n’est pas la première fois que je boxe en Thaïlande mais en plein air comme ça et pour l'occasion de l'anniversaire de la reine, c'est une première. C'est très différent des stadiums, l'ambiance n'est pas la même, on s'échauffe dehors, c'est un peu le désordre parce qu'il y avait beaucoup de combattants. Dans la soirée, il y a eu 15 ou 16 combats.
Tout s'enchainait, les shorts et les gants qui tournaient, c'était la pagaille.
A vrai dire, je me suis préparé un peu tout seul car j’étais le troisième français à boxer. Tout le team était sur le ring pour supporter les autres boxeurs, pour les préparer etc...Il y avait quelques thaïlandais qui m'ont aidé à faire les bandages. Ils m'ont aidé à mettre les gants, sinon, j'étais tout seul, mon oncle Rodriguo n'ayant pu faire le déplacement. Cela m'a fait un peu bizarre, car c'était la première fois que je combattais sans lui. Mais bon ça s'est bien passé dans l'ensemble, c'était plutôt une bonne expérience, j'ai vraiment des bons souvenirs. »
« À 19 ans, avoir une maturité comme ça, c'est hallucinant ! » soulignait Mickael LALLEMAND en parlant de Damien. Malgré son jeune âge, ALAMOS paraît avoir la tête sur les épaules, et fait partie de cette nouvelle génération de nakmuays prometteurs qui impressionnent déjà par leurs capacités techniques. Il nous confiera d'ailleurs : « Au niveau des thaïlandais, j'ai vraiment fait bonne impression aux promoteurs, ils sont venus me féliciter après le combat. Et m'en ont proposé d'autres.»
Il est certains que Damien a effectué une saison décisive, il a beaucoup combattu et a réalisé de nombreuses rencontres à l'étranger. Ses cinq premiers combats de la saison ont été remportés par KO : « Ensuite j'ai boxé au Lumpini, ça a été le déclic de la saison, j'ai combattu le numéro 8 du Lumpini, j'ai fait un gros combat, c'était dur, ça m'a sur motivé pour « prendre » des pointures et pour des nouveaux challenges. En mai, à Toulouse, on m'a proposé de boxer contre Houcine BENNOUI, ce fut un combat très dur, intensif, ça m'a qu'en même assez fatigué, trois rounds intenses. J'aurai bien aimé en faire cinq, car je sentais que je reprenais le dessus.
Ce combat m'a ouvert des portes, Sami KEBCHY m'a proposé de combattre par la suite à Levallois-Perret lors d'une soirée Canal Plus. Les portes du circuit se sont ouvertes, ça va beaucoup mieux, beaucoup de promoteurs m'appellent. Beaucoup de combats se présentent à moi.
L'année dernière j'ai combattu, mais c'était dans des organisations plus modestes, il n'y avait pas assez de médias présents sur place pour me faire connaître. »
Le 14 novembre, Damien remet son titre de champion de France en jeu à « la nuit des champions » à Marseille contre Thomas ADAMANDOPOULOS.
Et pour le mois de décembre, c’est donc tout naturellement que Damien est reconvoqué à l'anniversaire du roi, et pense même rester quelques mois en Thaïlande pour boxer là bas.
« Je m'entraînerai au camp de SOMLUCK KHAMSING (voir l'article). Il connaît tout le monde, tous les promoteurs, le camp est pas mal, il y a de bons boxeurs, on s'occupe bien de moi. J'ai fait beaucoup de camps en Thaïlande et c'est le camp où on s'occupe le mieux de moi. »
Amine ZITOUNI a remplacé à la dernière minute Gaylord MONTIER. Cela faisait un mois qu'il ne s'entraînait plus, puisqu'il exerçait son activité professionnelle. Les cadres de l’équipe de France l'on contacté deux jours avant. « Je ne pouvais pas refuser de boxer à l'anniversaire de la reine. Je suis partie comme ça, je suis arrivé, je me suis entraîné qu'un seul jour. Durant tout le combat, j'ai géré mon souffle. J'ai fait les cinq rounds, ce qui m'a mis en difficulté c'était mon manque de condition physique. Le premier round, je le touche sur un crochet gauche. Je me suis laissé emporter par ce coup, j'ai accéléré, ce qui m'a fatigué. Les quatre derniers rounds, j'ai serré les dents. Je pense que mon adversaire thaïlandais n'aurait pas terminé le combat, si j'avais eu le temps de bien me préparer. »
Et lorsque nous avons questionné Amine sur ses impressions du séjour, il nous a répondu ceci. :
« Cela m'a beaucoup plu, c'était la première fois que j'allais en Thaïlande. Ce que je retiens de là bas, c'est les conditions d'échauffement, on s'échauffe à côté de son adversaire, il y a du monde autour. Ce n'est pas comme en France, où on stress avant le combat. Là bas c'est comme si tu te préparais à faire un sparring. C'est vraiment, comme si nous allions à l'entraînement. »
Pour sa première année en Classe A, Amine comptabilise 6 combats, 4 victoires, 2 défaites, et une ceinture de champion de France. Il gagne contre son premier thaï à Épinal (voir l'article), et à participé à l'anniversaire de la reine pour son premier combat en Thaïlande ! Ce séjour était comme un rêve pour lui, il retentera l'expérience en décembre à l'occasion de l'anniversaire du roi.
Enfin, le dernier membre de l'équipe de France à monter sur le ring, Youssef BOUGHANEM installé en Thaïlande depuis peu est celui qui a le plus marqué les esprits :
« Il n'a que 19 ans, vu comment il boxe là, c'est parti pour être un second Farid VILLAUME » - Mickael LALLEMAND.
« J'ai regardé le combat de Youssef BOUGHANEM, je connaissais pas du tout, mais j'ai été impressionné à cent pour cent. Il m'a carrément étonné, « c'est un tueur », il n'y a rien à dire, il est super fort. Franchement, c'est l'avenir quand on voit boxer un jeune comme ça, il a le même âge que moi 19 ans. Il tape fort, il a l'œil, il est hyper technique. Il est plus lourd que moi, (68 kg), je pense qu'il peut faire face sans problème aux meilleurs de sa catégorie. » - Damien ALAMOS.
« Damien et Youcef m'ont impressionné, ils sont super forts, c'est magnifique ce qu'ils font sur le ring. J'aime leur façon de boxer, ils ont la rage et la détermination. J'aime leur mentalité. » - Amine ZITOUNI.
Youssef a gagné son combat sur un coup de genou au plexus, au second round sans avoir été inquiété par son adversaire philippin…Youssef est un boxeur qui a apparemment fait son chemin depuis la dernière interview de Muaythaitv.com (voir l'article), et qui commence aujourd’hui à faire l’unanimité parmi les connaisseurs.
Cette sélection française a vraisemblablement su honorer l’immense privilège qu'est de boxer lors de l’anniversaire de la reine. Le bilan est positif avec trois victoires dont deux par KO, et deux défaites aux points. De plus ces cinq nakmuays auront une nouvelle chance de s’exprimer sur le ring dans un évènement tout aussi prestigieux lors de l’anniversaire du roi de Thaïlande le 4 décembre 2009. Souhaitons leur bonne continuation.
photos : Jérôme GUILLAS
Arrivé quatre jours avant "le jour J", le vendredi 7 août 2009, les français n'ont pas perdu de temps et se sont entraînés dès l'après midi dans leur camp habituel le « Phi Sin Chai » de Bangkok. L'ensemble de ces séances d'entraînement sont plutôt un « décrassage » qui a pris fin le lundi matin pour laisser place à la pesée et la conférence de presse programmée l’après midi à 15 heure.
Pour ce déplacement l'équipe nationale a eu le privilège de séjourner à l'hôtel Royal, Place Sanam Luang, situé à deux pas de l'évènement où avait lieu les combats.
Charles FRANÇOIS :
« J'ai l'impression que le Muay
se relance en France. »
« Il y avait vraiment beaucoup de monde, tellement de monde que nous n'arrivions pas à quantifier le nombre de personnes qu'il y avait. C'était vraiment une belle fête, les thaïlandais ont vraiment rendu un bel hommage à leur reine. Les thaïlandais ne sont pas tous fans de Muay, mais il y avait beaucoup de monde pour encourager les boxeurs, et pour eux, peu importe la nationalité des athlètes. » Nous explique Charles FRANÇOIS premier boxeur hexagonal à monter sur le ring le mardi soir à 1 heure du matin.
Mais ce qui l'a vraiment marqué et amusé durant cette soirée ce sont les conditions dans lesquelles il fallait se préparer : « Cela n'a rien à voir de ce qu'on peut voir en Europe, c'est très mouvementé, il n'y a pas de vestiaire, c'est assez vétuste. En Europe, on a notre coin, notre vestiaire, combattant par combattant, ou club par club. On ne se mélange pas, on se voit juste sur le ring. Là on s'échauffe, juste à côté de notre adversaire, ce n'est pas du tout la même optique. »
Séance de massage
Concernant, le combat, Charles nous raconte qu'il a déjà boxé trois thaïlandais au cours de sa carrière. Mais Bird KHAM, son adversaire du soir est cambodgien, il avait pris auparavant le soin d'analyser son style à l'aide de vidéos visionnées sur le net. « J'ai vu que c'était un gaucher, fort en corps à corps, et adepte des projections.
Mon combat s’est déroulé de la façon suivante : premier round, observation, j'ai essayé de garder la distance, car je sais qu'il est fort à mi distance, et il est plus petit que moi. Comme il aime surtout les projections, j'ai essayé d'éviter cela dès la première reprise.
Au deuxième et troisième round, il arrivait à rentrer en corps à corps, et à me projeter ensuite. À ce moment du combat, j'ai conscience que j'ai du retard au niveau des points, surtout en Thaïlande !
Alors au troisième round, j'ai essayé de rentrer en combinaisons de poings et de coudes. Surtout avec ma droite vu que c'est un gaucher, mais Bird KHAM me contrait lui aussi régulièrement avec son bras arrière. Forcément le comptage de points s'annulait à chaque coup. Il continuait de prendre l'avantage...
En pieds poings, nous étions du même niveau, mais en corps à corps j'étais vraiment dépassé, il me projetait à chaque fois.
C'est alors qu’au début de la cinquième, dans mon coin, Alexandre ROMAIN, me conseille de faire « un marcher - genoux » et de lui rentrer dedans en genoux.
C'est ce que j'ai fait, et je l'ai touché au foie. Il a simulé un coup à la coquille, mais l'arbitre ne s'est pas laissé avoir. Je pense qu'il a simulé pour récupérer son souffle. »
Travail au sac de Charles au camp "Phi Sin Chai"
Effectivement l'arbitre ne s'est pas laissé berner, et a continué à compter. Bird KHAM, très bon boxeur, mais manquant de fair-play pour ce coup là, n'a pas voulu reprendre le combat, compté jusqu'à « huit », la rencontre a été stoppée au cinquième round.
Suite à ce match, les retombées ne se sont pas fait attendre pour Charles FRANÇOIS. Un responsable français du Khun Khmer aurait proposé à Charles de boxer régulièrement au Cambodge la saison prochaine.
« C'est intéressant, car le Kun Khmer c'est à peu prés les mêmes règles que le Muay, ce n'est pas comme si je boxais en Kick Boxing où là ça change totalement. Et puis, cela me permettra de découvrir un nouveau pays. »
Le boxeur originaire de Metz est entièrement satisfait de sa saison, il aura boxé dix fois en huit mois. Au programme pour la saison qui arrive, deux ceintures européennes dans des fédérations différentes lui seront proposées : « Au mois de Novembre, j'affronterai un hollandais, et en Avril, ça sera un espagnol. C'est les deux grands rendez vous de la saison pour moi. Peut être au mois de Mars, je rencontrerai un thaïlandais à Strasbourg lors de l'organisation de Steeve VALENTE, peut être Kaponglek mais rien n'est sûre...J'ai l'impression que le Muay se relance en France, c'est bien. »
Mickael LALEMAND :
« Je suis arrivé à maturité sur le ring. »
« Je suis arrivé à maturité sur le ring. »
C'est ensuite au tour de Mickael LALLEMAND de franchir les cordes du ring. Son adversaire est classé numéro 7 au Lumpini, et actuel numéro 9 de la TV7 : Kongjak S.TOUNTHONG détenteur tu titre mondial WPMF en moins de 69 kg, vainqueur de John Wayne PARR l'an dernier.
« Au départ, je n'étais pas prévu pour ce voyage avec l'équipe de France. Mais comme j'ai été champion de France depuis un petit moment, et que je n'ai jamais fait un combat lors de l'anniversaire de la reine ou du roi de Thaïlande, que cela soit pour une ceinture ou un combat d'encadrement. Alors pour une telle proposition, je suis partant sans hésitation! On m'a suggéré de disputer une ceinture mondiale. Le thaïlandais, était plus grand, plus lourd, et plus costaud que moi mais j'ai tout de suite accepté. »
Une ceinture mondiale en jeu pour Mickael
Les deux premiers rounds sont serrés, la troisième reprise est pour le français, il fonce sur son adversaire, rentre en anglaise, et touche le thaïlandais sur un uppercut.
Durant le quatrième round, difficile de départager les boxeurs, mais il y a une certitude, le thaï fait la différence au corps à corps.
Enfin, dès le début de la dernière reprise, Mickael se prend un coup de coude : « Il me feinte avec un direct du gauche, et réussit à me rentrer un coup de coude dans la tête.
Il m'a bien touché, j'étais un peu sonné, il a beaucoup avancé, et moi j'ai essayé de gérer cette reprise là. C'est cette reprise qui m'a fait perdre. Il y aurait pu avoir match nul, s'il n'y avait pas eu de ceinture. Mais lorsque l’on rencontre un thaïlandais en Thaïlande, il faut savoir faire nettement la différence, ou soit le mettre KO pour qu’on te déclare vainqueur. »
Très déçu de n'avoir pu ramener cette ceinture mondiale à Moussa KONATE son entraîneur, Mickael n'a pas tout perdu, car le promoteur Chun KIATPECH (voir l'article) lui a garanti un nouveau combat, une nouvelle chance de ceinture mondiale lors de la plus grande fête thaïlandaise dédiée chaque année à l'anniversaire du roi en décembre.
« J'étais vraiment heureux de cette nouvelle, faire l'anniversaire de la reine, puis l'anniversaire du roi c'est vraiment le top, maintenant que j'arrive à un certain âge.
J'ai 27 ans, je suis arrivé à maturité sur le ring, j'ai assez d'expérience pour gérer des combats comme ça. J’aurais eu cette proposition avant, cela aurait été un peu trop tôt, après, cela aurait été trop tard...Cela est arrivé « pile-poil » ! »
Prochainement, sur l'Ile de la Réunion d'où il est originaire, Mickael remettra son titre européen en jeu contre Expedito VALIN le 9 octobre.
Dans la même soirée, le réunionnais Bruno BIGO tentera de dérober la ceinture mondiale de Moussa KONATE. Massinissa HAMAILI récent champion d'Europe (voir l'article) se mesura face à Emmanuel PAYET avec à la clé le trophée. Bakari TOUNKARA effectuera un superfight en Kick Boxing, bref un superbe gala en perspective.
Damien ALAMOS :
« Un combat qui m'a ouvert des portes »
« Un combat qui m'a ouvert des portes »
Le combat suivant a été très bref, le jeune ALAMOS a abrégé en en une poignée de secondes son affrontement face au Coréen Kim SUNG YONG.
« Ça a été très vite, aux alentours de 1 min 30 dans la première reprise, mon adversaire assez technique faisait face et m'envoyait ses jambes. J'ai tout bloqué, et je remisais en low kick au début, et puis j'ai vu l'ouverture et j'ai placé une droite en ligne qui l'a pris en plein menton, il est tombé KO...Ce n’est pas la première fois que je boxe en Thaïlande mais en plein air comme ça et pour l'occasion de l'anniversaire de la reine, c'est une première. C'est très différent des stadiums, l'ambiance n'est pas la même, on s'échauffe dehors, c'est un peu le désordre parce qu'il y avait beaucoup de combattants. Dans la soirée, il y a eu 15 ou 16 combats.
Tout s'enchainait, les shorts et les gants qui tournaient, c'était la pagaille.
A vrai dire, je me suis préparé un peu tout seul car j’étais le troisième français à boxer. Tout le team était sur le ring pour supporter les autres boxeurs, pour les préparer etc...Il y avait quelques thaïlandais qui m'ont aidé à faire les bandages. Ils m'ont aidé à mettre les gants, sinon, j'étais tout seul, mon oncle Rodriguo n'ayant pu faire le déplacement. Cela m'a fait un peu bizarre, car c'était la première fois que je combattais sans lui. Mais bon ça s'est bien passé dans l'ensemble, c'était plutôt une bonne expérience, j'ai vraiment des bons souvenirs. »
Amine, Youssef, Damien, Mickael et Charles
sous l'oeil vigilant de Kouider
sous l'oeil vigilant de Kouider
« À 19 ans, avoir une maturité comme ça, c'est hallucinant ! » soulignait Mickael LALLEMAND en parlant de Damien. Malgré son jeune âge, ALAMOS paraît avoir la tête sur les épaules, et fait partie de cette nouvelle génération de nakmuays prometteurs qui impressionnent déjà par leurs capacités techniques. Il nous confiera d'ailleurs : « Au niveau des thaïlandais, j'ai vraiment fait bonne impression aux promoteurs, ils sont venus me féliciter après le combat. Et m'en ont proposé d'autres.»
Il est certains que Damien a effectué une saison décisive, il a beaucoup combattu et a réalisé de nombreuses rencontres à l'étranger. Ses cinq premiers combats de la saison ont été remportés par KO : « Ensuite j'ai boxé au Lumpini, ça a été le déclic de la saison, j'ai combattu le numéro 8 du Lumpini, j'ai fait un gros combat, c'était dur, ça m'a sur motivé pour « prendre » des pointures et pour des nouveaux challenges. En mai, à Toulouse, on m'a proposé de boxer contre Houcine BENNOUI, ce fut un combat très dur, intensif, ça m'a qu'en même assez fatigué, trois rounds intenses. J'aurai bien aimé en faire cinq, car je sentais que je reprenais le dessus.
Ce combat m'a ouvert des portes, Sami KEBCHY m'a proposé de combattre par la suite à Levallois-Perret lors d'une soirée Canal Plus. Les portes du circuit se sont ouvertes, ça va beaucoup mieux, beaucoup de promoteurs m'appellent. Beaucoup de combats se présentent à moi.
L'année dernière j'ai combattu, mais c'était dans des organisations plus modestes, il n'y avait pas assez de médias présents sur place pour me faire connaître. »
Le 14 novembre, Damien remet son titre de champion de France en jeu à « la nuit des champions » à Marseille contre Thomas ADAMANDOPOULOS.
Et pour le mois de décembre, c’est donc tout naturellement que Damien est reconvoqué à l'anniversaire du roi, et pense même rester quelques mois en Thaïlande pour boxer là bas.
« Je m'entraînerai au camp de SOMLUCK KHAMSING (voir l'article). Il connaît tout le monde, tous les promoteurs, le camp est pas mal, il y a de bons boxeurs, on s'occupe bien de moi. J'ai fait beaucoup de camps en Thaïlande et c'est le camp où on s'occupe le mieux de moi. »
Amine ZITOUNI
« Mon premier voyage en Thaïlande »
« Mon premier voyage en Thaïlande »
Amine ZITOUNI a remplacé à la dernière minute Gaylord MONTIER. Cela faisait un mois qu'il ne s'entraînait plus, puisqu'il exerçait son activité professionnelle. Les cadres de l’équipe de France l'on contacté deux jours avant. « Je ne pouvais pas refuser de boxer à l'anniversaire de la reine. Je suis partie comme ça, je suis arrivé, je me suis entraîné qu'un seul jour. Durant tout le combat, j'ai géré mon souffle. J'ai fait les cinq rounds, ce qui m'a mis en difficulté c'était mon manque de condition physique. Le premier round, je le touche sur un crochet gauche. Je me suis laissé emporter par ce coup, j'ai accéléré, ce qui m'a fatigué. Les quatre derniers rounds, j'ai serré les dents. Je pense que mon adversaire thaïlandais n'aurait pas terminé le combat, si j'avais eu le temps de bien me préparer. »
Et lorsque nous avons questionné Amine sur ses impressions du séjour, il nous a répondu ceci. :
« Cela m'a beaucoup plu, c'était la première fois que j'allais en Thaïlande. Ce que je retiens de là bas, c'est les conditions d'échauffement, on s'échauffe à côté de son adversaire, il y a du monde autour. Ce n'est pas comme en France, où on stress avant le combat. Là bas c'est comme si tu te préparais à faire un sparring. C'est vraiment, comme si nous allions à l'entraînement. »
Hadj, Amine ZITOUNI et Denis Marie CINTURA
Pour sa première année en Classe A, Amine comptabilise 6 combats, 4 victoires, 2 défaites, et une ceinture de champion de France. Il gagne contre son premier thaï à Épinal (voir l'article), et à participé à l'anniversaire de la reine pour son premier combat en Thaïlande ! Ce séjour était comme un rêve pour lui, il retentera l'expérience en décembre à l'occasion de l'anniversaire du roi.
Youssef BOUGHANEM, un second Farid VILLAUME
Enfin, le dernier membre de l'équipe de France à monter sur le ring, Youssef BOUGHANEM installé en Thaïlande depuis peu est celui qui a le plus marqué les esprits :
« Il n'a que 19 ans, vu comment il boxe là, c'est parti pour être un second Farid VILLAUME » - Mickael LALLEMAND.
« J'ai regardé le combat de Youssef BOUGHANEM, je connaissais pas du tout, mais j'ai été impressionné à cent pour cent. Il m'a carrément étonné, « c'est un tueur », il n'y a rien à dire, il est super fort. Franchement, c'est l'avenir quand on voit boxer un jeune comme ça, il a le même âge que moi 19 ans. Il tape fort, il a l'œil, il est hyper technique. Il est plus lourd que moi, (68 kg), je pense qu'il peut faire face sans problème aux meilleurs de sa catégorie. » - Damien ALAMOS.
« Damien et Youcef m'ont impressionné, ils sont super forts, c'est magnifique ce qu'ils font sur le ring. J'aime leur façon de boxer, ils ont la rage et la détermination. J'aime leur mentalité. » - Amine ZITOUNI.
Youssef BOUGHANEM et son adversaire
Youssef a gagné son combat sur un coup de genou au plexus, au second round sans avoir été inquiété par son adversaire philippin…Youssef est un boxeur qui a apparemment fait son chemin depuis la dernière interview de Muaythaitv.com (voir l'article), et qui commence aujourd’hui à faire l’unanimité parmi les connaisseurs.
Cette sélection française a vraisemblablement su honorer l’immense privilège qu'est de boxer lors de l’anniversaire de la reine. Le bilan est positif avec trois victoires dont deux par KO, et deux défaites aux points. De plus ces cinq nakmuays auront une nouvelle chance de s’exprimer sur le ring dans un évènement tout aussi prestigieux lors de l’anniversaire du roi de Thaïlande le 4 décembre 2009. Souhaitons leur bonne continuation.
photos : Jérôme GUILLAS





























