Omar BENAMAR, un pionner à Bobigny
Par Thibaut Machu le mercredi 22 juillet 2009
Omar BEN AMAR a commencé la boxe thaïlandaise en 1977, issu du Karaté et de la boxe anglaise, il débute notre discipline en 77 avec Roger PASCHY, à l’époque ils constituaient tout un groupe d'amis avec Christian BAFIR, Mohamed JAMI, Kouider ABDELMOUMENI, Jean Luc LEGOUEZ, Gilles TIROLIEN. Ils étaient les premiers boxeurs français (de boxe thaïlandaise) à boxer à l'étranger.
Il crée ensuite le club Nemrod, c'était à l’époque une salle mythique, très populaire basée à Stains (Seine-Saint-Denis, France). De grands champions y on vu le jour comme Dany BILL la référence hexagonal de notre sport, Farid KENNICHE, Jean Philippe LAGRAND, Farouk BOUDAR et bien d’autres…Même Farid VILLAUME est passé par le Nemrod...
Mais malheureusement suite à quelques complications personnelles « dues aux aléas de la vie » comme il nous explique, il est contraint de fermer son gym.
C’est alors qu’un de ses anciens élèves Djafar HAMOUM ouvre une session muay thaï à Bobigny (Seine-Saint-Denis, France). Ce dernier fait appel à OMAR, lui présente ses élèves, lui demande de rester, et Omar accepte naturellement de transmettre tout son savoir aux jeunes de Bobigny.
La combinaison des deux entraîneurs Djafar et Omar commence à porter ses fruits car le 14 juin à la Halle Carpentier de Paris, Bagdad KHARBOUCHI (- de 71 kg) et Laetitia BAKISSY (- de 70 kg) ont été sacré champion de France Junior.
« C'est vrai que j'ai été un peu blasé avec tous les aléas de la vie, avec tous les problèmes que l'on peut rencontrer, il y a un moment où j'en avais assez. Et là, cela m'a « re-titiller » de retrouver cette ambiance de gala et d'entraînements. J'ai aujourd'hui l'intention de rester encore un bon moment. » Nous a confié Omar.
Son élève Djafar est lui âgé de 39 ans et pratique le muaythaï depuis ses 16 ans. Il est professeur diplômé fédéral avec un petit parcours de compétiteur. Son cours à Bobigny a commencé en 1999, à la base il s'agissait d'un atelier avec un unique créneau horaire par semaine. En seulement trois ans, ils sont parvenus à passer d'un créneau hebdomadaire à cinq.
Compte tenu du succès qu'à rencontré récemment le muay thaï dans leur ville, nous pensions alors que Djafar avait la mairie de Bobigny « dans sa poche »... Mais ce dernier nous explique le contraire :
« On a eu beaucoup de difficultés, on en rencontre encore... Vu que Bobigny est « une terre » de boxes pieds-poings notamment de boxe française mais pas de muaythaï. Nous n'enlevons rien à la qualité de cette discipline, mais en France il y a des rivalités entre les disciplines, ce qui est triste c'est que certains clubs en subissent les conséquences, nous en faisons partie, mais nous nous en sortons tout de même bien... »
La vision du Muay de Djafar n'est pas uniquement axé que sur la compétition : « La compétition ce n'est pas une fin en soi. L'enseignement est avant tout ludique. Ensuite avec la passion, si il y a des gens attirés par la compétition, nous leur donnons tous les moyens pour pouvoir s'épanouir. Je crois qu'avant tout, le muaythaï c'est une école de vie, et c'est comme cela qu'il faut l'enseigner. Le rôle des enseignants est très important, car c'est en fonction de ce qui est enseigné, que le muay est répercuté. »
Ici à L'AAE Bobigny, il y a de tout, 80 licenciés de tout âges, filles et garçons. Le licenciés le plus âgé a plus de 50 ans. Les cours sont mélangés, débutants et compétiteurs de haut niveau s'entraînent ensemble. C'est une volonté de la part de Djafar de mélanger tout le monde : « Il ne faut pas qu'il y ait de hiérarchie, il ne faut pas qu'une « élite » prenne le dessus sur les débutants, car nous avons tous été débutants. Les compétiteurs, ça les remet en question de pratiquer avec des débutants. Les débutants ça leur donne une vision de la pratique à haut niveau. C'est un bon mélange. »
Le club fait parti d'une association de quartier, à l'origine, ce n'était pas un club de sport. La pratique du muay thaï, c'est une activité dans une association. Ce qui permet d'intégrer le muay à d'autres actions, et selon Djafar : « Cela empêche les gens de dire que le muay est une discipline isolée par rapport au reste de la société »
D'autres activités sont également proposés aux jeunes : « Nous faisons des activités citoyennes qui sont liées à la vie quotidienne. Des activités de jeux de sociétés. Une autre activité sportive de notre association : le voyage à vélo. Chaque année nous organisons des voyages à vélo avec des boxeurs et des non boxeurs, ça nous est déjà arrivé de traverser plusieurs pays. »
Quand nous interrogeons Djafar et Omar sur leurs impressions concernant le fait qu'un ancien prof et un ancien élève se retrouvent à enseigner dans la même salle.
Djaffar nous confie : « C'est très enrichissant. C'est honorifique, Omar est une personnalité du muay au niveau Européen. Il a beaucoup donné au muay thaï français en temps que compétiteur. En tant qu'enseignant, c'est plus compliqué (rire), car Omar a de grosses compétences, et comme nous sommes deux, j'ai encore pas mal de choses à apprendre.
Et en même temps, je suis issu d'une école d'entraîneurs, lui est issu de la base, les personnes issues de la base et ayant l'expérience, c'est très important.
Ce qui manque dans le muay thaï français actuellement c'est qu'il n'y a pas de complémentarité entre les pionniers du muay et ceux de notre génération. Il y a une eu une rupture, une coupure entre les génération de mon âge qui enseignent, et celle des anciens. Cette rupture là, il faut commencer à la combler, on ne peux pas ignorer les trente ans d'existence du muay en France, et croire que le muay thaï est né il y a seulement dix ans. Ce n'est pas possible. »
Au tour d'Omar de s'exprimer : « Je suis très content de son parcours, d'ailleurs à l'époque, où il était élève, je lui ai demandé de tenir les paos et il m'a répondu qu'il ne savait pas le faire. Je lui ai dit, mais peut être qu'un jour tu ouvriras une salle à ton tour. Aujourd'hui, il a lancé la section boxe thaïlandaise à Bobigny, je suis fier de son parcours, car je sais qu'il fait cela par amour et par passion, il aime notre sport, et c'est pour ça que je suis heureux d'être là.
Pour moi, c'est un plaisir d'être à ses côtés. Il m'a donné l'occasion de me relancer, et c'est grâce à lui que je suis parmi vous encore. Et ça, je lui en suis très reconnaissant ! De plus ici, je retrouve le même travail que j'ai fourni avec mes anciens élèves de l'époque. C'est exactement la continuité de ce que je lui ai enseigné. »
Issu de deux générations différentes, Omar et Djaffar semblent fusionner dans l'art de transmettre notre discipline. Omar a un œil expérimenté, Djafar est dans l'affectif par rapport à ses élèves, car il n'y a pas si longtemps que ça il boxait encore : « Avoir Omar BEN AMAR à ses côtés c'est largement un plus, je voudrais ajouter qu'il y a aussi Christian BAFIR présent aujourd'hui à la salle, JAMI et Mohamed BOURKHIS. BAFIR a été un de mes entraîneurs pendant plusieurs années, je suis très fier qu'il soit là aujourd'hui. C'est quelqu'un qui a rencontré Rob KAMAN, Fred ROYERS. Aujourd'hui, si l'on veut qu'une discipline se développe, on ne peut pas ignorer ce qu'il s'est passé. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien eu avant nous. Personnellement, avec tout le respect que j'ai pour les compétiteurs actuels, je trouve que les grandes générations de pionniers ont été les meilleures. »
Il crée ensuite le club Nemrod, c'était à l’époque une salle mythique, très populaire basée à Stains (Seine-Saint-Denis, France). De grands champions y on vu le jour comme Dany BILL la référence hexagonal de notre sport, Farid KENNICHE, Jean Philippe LAGRAND, Farouk BOUDAR et bien d’autres…Même Farid VILLAUME est passé par le Nemrod...Mais malheureusement suite à quelques complications personnelles « dues aux aléas de la vie » comme il nous explique, il est contraint de fermer son gym.
C’est alors qu’un de ses anciens élèves Djafar HAMOUM ouvre une session muay thaï à Bobigny (Seine-Saint-Denis, France). Ce dernier fait appel à OMAR, lui présente ses élèves, lui demande de rester, et Omar accepte naturellement de transmettre tout son savoir aux jeunes de Bobigny.
La combinaison des deux entraîneurs Djafar et Omar commence à porter ses fruits car le 14 juin à la Halle Carpentier de Paris, Bagdad KHARBOUCHI (- de 71 kg) et Laetitia BAKISSY (- de 70 kg) ont été sacré champion de France Junior.
« C'est vrai que j'ai été un peu blasé avec tous les aléas de la vie, avec tous les problèmes que l'on peut rencontrer, il y a un moment où j'en avais assez. Et là, cela m'a « re-titiller » de retrouver cette ambiance de gala et d'entraînements. J'ai aujourd'hui l'intention de rester encore un bon moment. » Nous a confié Omar.
Omar et ses fils
Son élève Djafar est lui âgé de 39 ans et pratique le muaythaï depuis ses 16 ans. Il est professeur diplômé fédéral avec un petit parcours de compétiteur. Son cours à Bobigny a commencé en 1999, à la base il s'agissait d'un atelier avec un unique créneau horaire par semaine. En seulement trois ans, ils sont parvenus à passer d'un créneau hebdomadaire à cinq.
Bobigny est « une terre » de boxes pieds-poings
Compte tenu du succès qu'à rencontré récemment le muay thaï dans leur ville, nous pensions alors que Djafar avait la mairie de Bobigny « dans sa poche »... Mais ce dernier nous explique le contraire :
« On a eu beaucoup de difficultés, on en rencontre encore... Vu que Bobigny est « une terre » de boxes pieds-poings notamment de boxe française mais pas de muaythaï. Nous n'enlevons rien à la qualité de cette discipline, mais en France il y a des rivalités entre les disciplines, ce qui est triste c'est que certains clubs en subissent les conséquences, nous en faisons partie, mais nous nous en sortons tout de même bien... »
La vision du Muay de Djafar n'est pas uniquement axé que sur la compétition : « La compétition ce n'est pas une fin en soi. L'enseignement est avant tout ludique. Ensuite avec la passion, si il y a des gens attirés par la compétition, nous leur donnons tous les moyens pour pouvoir s'épanouir. Je crois qu'avant tout, le muaythaï c'est une école de vie, et c'est comme cela qu'il faut l'enseigner. Le rôle des enseignants est très important, car c'est en fonction de ce qui est enseigné, que le muay est répercuté. »
Laetitia BAKISSY, Assia et Steve ZAIDI
Ici à L'AAE Bobigny, il y a de tout, 80 licenciés de tout âges, filles et garçons. Le licenciés le plus âgé a plus de 50 ans. Les cours sont mélangés, débutants et compétiteurs de haut niveau s'entraînent ensemble. C'est une volonté de la part de Djafar de mélanger tout le monde : « Il ne faut pas qu'il y ait de hiérarchie, il ne faut pas qu'une « élite » prenne le dessus sur les débutants, car nous avons tous été débutants. Les compétiteurs, ça les remet en question de pratiquer avec des débutants. Les débutants ça leur donne une vision de la pratique à haut niveau. C'est un bon mélange. »
Le club fait parti d'une association de quartier, à l'origine, ce n'était pas un club de sport. La pratique du muay thaï, c'est une activité dans une association. Ce qui permet d'intégrer le muay à d'autres actions, et selon Djafar : « Cela empêche les gens de dire que le muay est une discipline isolée par rapport au reste de la société »
nous organisons des voyages à vélo
avec des boxeurs et des non boxeurs
avec des boxeurs et des non boxeurs
D'autres activités sont également proposés aux jeunes : « Nous faisons des activités citoyennes qui sont liées à la vie quotidienne. Des activités de jeux de sociétés. Une autre activité sportive de notre association : le voyage à vélo. Chaque année nous organisons des voyages à vélo avec des boxeurs et des non boxeurs, ça nous est déjà arrivé de traverser plusieurs pays. »
Quand nous interrogeons Djafar et Omar sur leurs impressions concernant le fait qu'un ancien prof et un ancien élève se retrouvent à enseigner dans la même salle.
Djaffar nous confie : « C'est très enrichissant. C'est honorifique, Omar est une personnalité du muay au niveau Européen. Il a beaucoup donné au muay thaï français en temps que compétiteur. En tant qu'enseignant, c'est plus compliqué (rire), car Omar a de grosses compétences, et comme nous sommes deux, j'ai encore pas mal de choses à apprendre.
Et en même temps, je suis issu d'une école d'entraîneurs, lui est issu de la base, les personnes issues de la base et ayant l'expérience, c'est très important.
Ce qui manque dans le muay thaï français actuellement c'est qu'il n'y a pas de complémentarité entre les pionniers du muay et ceux de notre génération. Il y a une eu une rupture, une coupure entre les génération de mon âge qui enseignent, et celle des anciens. Cette rupture là, il faut commencer à la combler, on ne peux pas ignorer les trente ans d'existence du muay en France, et croire que le muay thaï est né il y a seulement dix ans. Ce n'est pas possible. »
Au tour d'Omar de s'exprimer : « Je suis très content de son parcours, d'ailleurs à l'époque, où il était élève, je lui ai demandé de tenir les paos et il m'a répondu qu'il ne savait pas le faire. Je lui ai dit, mais peut être qu'un jour tu ouvriras une salle à ton tour. Aujourd'hui, il a lancé la section boxe thaïlandaise à Bobigny, je suis fier de son parcours, car je sais qu'il fait cela par amour et par passion, il aime notre sport, et c'est pour ça que je suis heureux d'être là.
Pour moi, c'est un plaisir d'être à ses côtés. Il m'a donné l'occasion de me relancer, et c'est grâce à lui que je suis parmi vous encore. Et ça, je lui en suis très reconnaissant ! De plus ici, je retrouve le même travail que j'ai fourni avec mes anciens élèves de l'époque. C'est exactement la continuité de ce que je lui ai enseigné. »
les grandes générations de pionniers
ont été les meilleures
ont été les meilleures
Issu de deux générations différentes, Omar et Djaffar semblent fusionner dans l'art de transmettre notre discipline. Omar a un œil expérimenté, Djafar est dans l'affectif par rapport à ses élèves, car il n'y a pas si longtemps que ça il boxait encore : « Avoir Omar BEN AMAR à ses côtés c'est largement un plus, je voudrais ajouter qu'il y a aussi Christian BAFIR présent aujourd'hui à la salle, JAMI et Mohamed BOURKHIS. BAFIR a été un de mes entraîneurs pendant plusieurs années, je suis très fier qu'il soit là aujourd'hui. C'est quelqu'un qui a rencontré Rob KAMAN, Fred ROYERS. Aujourd'hui, si l'on veut qu'une discipline se développe, on ne peut pas ignorer ce qu'il s'est passé. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien eu avant nous. Personnellement, avec tout le respect que j'ai pour les compétiteurs actuels, je trouve que les grandes générations de pionniers ont été les meilleures. »
Omar, Christian BAFIR, Mohamed JAMI et Djafar

























