Youssef CHALLOUKI, le piranha
Par Caroline Bertrand le samedi 18 mars 2017
Youssef CHALLOUKI est parmi les combattants belges au palmarès le plus remarquable, il a fait le tour de ses compatriotes et se prépare désormais pour de nouveaux horizons en signant avec l'ENFUSION. L’occasion de faire le portrait de ce boxeur dont on devrait entendre de plus en plus parler.
Youssef a 22 ans, étudiant en gestion de communication, il mène en parallèle sa carrière professionnelle en K1 depuis 2 ans.
Les deux frères ainés de Youssef, Mohamed et Soulimane, pratiquent aussi la boxe. Au départ, rien ne disposait le petit frère à s’engager dans cette voie. Youssef avait 10 ans et pesait 85 kg lorsqu’un jour Soulimane l’emmena dans sa salle et détermina son avenir. Je suis tombé amoureux de ce sport, j’aime le ring, j’aime me battre et prouver que je suis le plus fort.
Mais les parents de Youssef ne voulaient pas qu’il fasse de combats, ni lui, ni ses frères. Ils pouvaient s’entrainer mais pas monter sur le ring. Il a donc attendu d'être majeur pour leur révéler sa participation aux compétitions, il était alors en classe B et très stressé de leur avouer la vérité. Sa mère a finalement accepté ce choix, qu'elle n'aime pas pour autant, et son père est devenu un grand fan, très fier de lui et de ses combats.
Youssef a commencé dans l’ancienne salle d’Aziz ZOUBIR, le Muangsurin. Tout de suite, Aziz perçoit que Youssef a du potentiel : sa manière de bouger était vraiment celle d’un boxeur, c’était un talent naturel, il a très vite compris la base de la boxe thai, un mouvement que les autres mettaient plusieurs entrainements à faire, il le maitrisait en une heure. J’ai vite compris que s’il continuait comme ça, il pouvait être parmi les meilleurs en Belgique et peut-être au monde.
Au bout de 3 ans, Aziz doit fermer la salle, il est para-commando et ses absences pour le travail ne lui laisse pas la possibilité de continuer. Dans l’intervalle, Youssef est alors parti s’entrainer à l'Universal Gym, puis au Saïd Gym. Mais ses frères reviennent à la charge auprès d’Aziz, ils lui proposent de reprendre la salle, ensemble. Depuis 3 ans, Youssef a donc retrouvé sa première team, rebaptisée Team’t Rooi, dans laquelle ses frères entrainent désormais, Soulimane est d’ailleurs très impliqué dans la préparation de Youssef.
Aziz est très fier de lui, non seulement il a persévéré et réussi dans la boxe mais en plus, il continue ses études avec sérieux. Il a beaucoup de discipline, il est déterminé, il se donne les moyens de réussir, il fait ce qu’il faut à la salle mais aussi dans sa vie de tous les jours, il a une bonne hygiène de vie, c’est un exemple chez nous pour les jeunes, nous dit-il.
Quand Youssef parle de son club, il en parle avec tendresse, le sourire aux lèvres : Aziz, Omar (SALHI) et mes frères consacrent beaucoup de temps et d’efforts à ma carrière, j’adore cette salle parce qu’on s’y entraine comme des bêtes mais qu’on y rigole aussi beaucoup, jusqu’à en avoir mal à l’estomac, il y a une bonne énergie, une envie commune de progresser et de tout mettre en œuvre pour y arriver, c’est très stimulant.
Youssef est impliqué dans la réussite de ses partenaires, alors que nous l’interrogeons sur lui, ses combats, ses victoires, il ramène la conversation sur les combattants de la team afin d’en faire la promotion : Leurs résultats sont incroyables, la plupart d’entre eux ont 10 combats et sont invaincus ! Mais surtout il y a Ali Rafi, un boxeur talentueux qui va bientôt faire son premier classe B, croyez-moi, il deviendra un grand nom en Belgique. Et puis bien sûr il y a mon frère Soulimane en B, je l’ai toujours admiré.
Youssef est également plein d’admiration pour Nordin BEN MOH, avec lequel il s’est entrainé à l'Universal Gym, et Marat GRIGORIAN. Je les regardais comme un enfant, je voulais devenir comme eux. Il apprécie aussi le style et la technique de Mohamed KHAMAL, son combattant préféré en dehors de la Belgique.
Et maintenant c’est à son tour d’être admirable. Youssef est fort de 12 combats B, 12 victoires, 13 combats pro, 11 victoires (6 avec KO, 1 nul, contre Arman HAMBARYAN et 1 défaite face à Engin KUTUK, son pire souvenir). Tout ce qui précède la classe B, cela ne compte pas, c’est juste bon pour l’expérience nous dit Youssef. Notons quand même que ses débuts en compétition sont tout aussi bons que la suite.
Et pour en arriver là, Youssef n’a pas vraiment de secret, si ce n’est qu’il applique à la lettre ce qui fait la réussite d’un boxeur et qu'il est fait pour ça : je cours beaucoup, je m’entraine tous les jours, j’essaie de manger sainement, j’aime ce sport passionnément et dans ma tête, je suis toujours prêt à gagner.
Et de fait, celui que l'on surnomme le piranha n’a plus besoin de faire ses preuves en Belgique. Il a battu Mohamed HENDOUF avant leurs passages chez les pro, ensuite Cedric DE KEIRSMAEKER, Dino KACAR, Ali MAKHI…
Il également sorti victorieux de son combat contre Soufiane AIT OUCCIME pour son premier et surement dernier combat pro en muaythai qu’il déteste pratiquer ! Il trouve le clinch vraiment trop fatiguant et pas très intéressant pour les gens qui regardent. Il aime pourtant lui-même regarder les combats en muaythai, particulierement ceux de Youssef BOUGHANEM.
Youssef CHALLOUKI avait le sentiment d’avoir fait le tour en Belgique, il voulait plus de combats, s’épanouir en K1 et c’est alors qu’un contrat ENFUSION s’est présenté, à point nommé : Je commence le 1er avril. C'est une organisation énorme avec les plus grands talents. Je suis très heureux de la chance que j'ai de pouvoir combattre avec les meilleurs et surtout l'opportunité que j’ai de pouvoir les battre !

























