Villaume confirme, Akhnikh vainqueur avec la manière
Championnat du Monde et d’Europe à Aubagne.
avenue 21 août 1944
13400 Aubagne
France
Le samedi 28 mai, l’Association socio-sportive Aubagnaise, a organisé en plein air , le championnat d’Europe EMF et le championnat du Monde WMC. Au programme des Nak Muay français, d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique latine. A noter également, la présence dans le public de Jean-Marc Mormeck (champion du monde des lourds légers), des Neg’ Marrons et de Pascal Gentil.
Après un défilé, une prestation de danse et des combats d’ouvertures en classe D et C, le championnat d’Europe peut débuter à 21h.
Le premier combat oppose deux nouveaux venus dans ce championnat Arnold GOND (France) et Miroslav SAFRA (République Tchèque).
Les deux hommes exécutent un joli Ram Muay qui ravit le public.
Le combat débute lentement. Les Nak Muay se jaugent frappant en Tei Khaa (low kicks), Tip (front kicks) sans vraiment de puissance. Puis le Tchèque ouvre les hostilités, appuyant ses Tei Khaa. Le Français réagit en frappant avec sa droite et en Tei Khaa. En corps à corps, le Tchèque touche beaucoup plus avec ses genoux.
Lors du deuxième round, Arnold envoie un Tei Lam Toa (middle) qui est saisit par son adversaire avant que ce dernier ne lui place un Tei Khaa qui fait chuter Gond. Le Tchèque effectue un bon travail avec ses poings touchant en crochet droit et en uppercut.
Arnold place une belle liaison Tei Lam Toa-crochet. Le round se finit par des échanges de coups de poings où les deux adversaires sont touchés. Lors du round suivant, Arnold prend le dessus touchant avec ses poings et en Tei Khaa et en Tei Lam Toa. Il est d’ailleurs beaucoup plus actif avec ses jambes que son adversaire.
Dans le quatrième round, Safra reçoit une pénalité pour une accumulation de balayage. Il continue de travailler avec ses poings (principalement en crochets et en uppercuts) alors que Gond exécute des liaisons pieds-poings.
Lors du dernier round, c’est au Français de recevoir une pénalité pour coin non silencieux. La tactique des deux hommes reste la même pour ce round.
A l’issue du combat, Miroslav Safra est déclaré vainqueur à la majorité des juges.
Lors de l’interview d’après combat, Arnold nous confie : « Je ne suis pas assez vite rentré dans le combat. J’ai manqué de lucidité. J’étais meilleur que lui techniquement mais il avait plus faim que moi ce soir. »
Du côté Tchèque, Miroslav nous déclare : « Je suis satisfait mais pas content. J’ai été malade toute la semaine et je voulais maintenir un pressing sur mon adversaire, ce que je n’ai pas pu faire. J’espère être meilleur lors de mon prochain combat. »
Le deuxième combat du championnat d’Europe oppose Georgi ILIEV (Bulgarie) face à José BARADAS (Portugal).
Dès le « chok » de l’arbitre, Iliev sautille et frappe en Tei Khaa (low kick) et Tei Lam Toa (middle) alors que Baradas est plus posé sur ses appuis et tente de placer un Tei Khan Kro (high kick). Le Bulgare, légèrement plus petit, avance frappant en ligne basse, alors que le Portugais attend d’être à bonne distance pour frapper avec ses poings ou en Tei Lam Toa.
Dès l’entame du deuxième round, le Bulgare continue de travailler en ligne basse. Le Portugais répond en Tei Khaa, avec sa gauche et réussit à placer un coup de pied retourné au corps. Iliev sort les poings cherchant à toucher au visage et au corps mais les poings de Baradas touchent plus souvent.
Dès le coup de gong du troisième round, Iliev fonce sur son adversaire le frappant en crochets au corps et au visage. Puis il continue de frapper en Tei Khaa, alors que Baradas veut cadrer avec ses poings et touche d’une droite plongeante en contre. Au corps à corps, le Portugais est beaucoup plus efficace que son adversaire. Le round se finit par des échanges de Tei Lam Toa, dont un qui fait chuter Georgi.
Dans le round suivant, le Bulgare continue à avancer cherchant à toucher alors que Baradas accentue la puissance de ses coups (qui claquaient déjà). Il place un beau crochet du droit en contre. Puis il réussit à toucher d’un uppercut suivit d’un crochet gauche.
Dans le dernier round, Baradas touche de nouveau en contre avec sa gauche avant de placer un Tei Khan Kro. Les deux Nak Muay donnent leur maximum dans cette reprise et c’est le portugais qui prend le dessus : il saisit la jambe de son adversaire avant de lui placer un coup de coude qui amène le compte du Bulgare. Baradas gère la distance avec des Tip (front kick, dont 1 qu’il placera au visage) avant de lancer des Tei Lam Toa ou ses poings. Même si Iliev continue d’avancer, il ne porte plus beaucoup de coups…On le sent éprouvé en cette fin de combat.
A la fin du combat, José Baradas est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.
Le Portugais nous déclare à la fin du combat : « J’ai observé mon adversaire durant les deux premiers rounds. Puis j’ai commencé à vraiment boxer dans le troisième après avoir planifié ma tactique. Et malgré la force de mon adversaire, ma stratégie ma permis de remporter la victoire. »
Du côté du vaincu la déception est grande : « Je pense avoir remporté les 4 premiers rounds, j’ai bien combattu. Je ne mérite pas mon compte, j’ai été touché par plusieurs coups de poings mais je n’étais pas sonné. De plus c’est la première fois que je suis compté donc cela m’a fait bizarre. Je pense avoir gagné mais bon si les juges m’ont vu perdant je n’y peux rien, c’est comme ça. »
"Heureux d'avoir remporté ce titre"
Le combat pour obtenir la place de challenger lors de la prochaine étape oppose le Belge Mohamed RAHHAOUI au Français Rachid KABBOURI. Ce dernier n’a plus boxé depuis son combat face à Selim Mahdi à la Réunion en novembre dernier.
Dès l’entame de combat, Mohamed frappe avec de rapides Tei Khaa. Il les double parfois avant d’enchaîner sa gauche et sa droite. En corps à corps, le Belge est plus actif avec ses genoux que le Français. Rahhaoui tourne plaçant des Tei Khaa (low kicks). Rachid posé sur ses appuis tente de cadrer et réussit à placer un enchaînement gauche-droite-uppercut.
Le Belge repart aussi vite dans la deuxième reprise qu’il l’avait fait dans la première, frappant en ligne basse. Mais Rachid réplique avec des enchaînements de poings qui touchent plus ou moins efficacement. Rahhaoui commence à lier ses poings après avoir frapper en Tei Khaa. Les liaisons, gauche-droite-Tei Khaa, des deux Nak muay passent. En fin de round, Mohamed place un Tei Khan Kro (high kick) et un Tip au visage.
Comme lors des précédents rounds, Rahhaoui débute le troisième sur un rythme élevé doublant ses Tei Khaa ou enchaînant Tei Khaa-Tei Khan Kro. Mais Rachid suit ce rythme frappant avec ses poings, avançant sur son adversaire enchaînant gauche-droite-Tei Khaa ou coup de genou. Il place de puissant Tei Lam Toa qu’il suit avec ses poings. Contrairement au début du combat, Rachid a l’avantage en corps à corps.
Dans le quatrième round, Rachid cadre plus son adversaire et réussit à toucher avec son enchaînement uppercut-droite. Il sort les coudes aussi de manière directe ou en corps à corps. De son côté, Mohamed frappe toujours en ligne basse.
Le dernier round sera totalement à l’avantage de Rachid, même si en début de round le corps à corps est équilibré. Le Belge touche en crochets, mais le Français est plus actif et il touche avec son crochet droit et son uppercut. Rahhaoui est touché par les coups de Rachid mais il ne plie pas.
A l’issue de ce combat très serré, Rachid Kabbouri est déclaré vainqueur à la majorité des juges.
A l’issue de ce combat disputé, Mohamed souligne : « alors d’après moi et selon le public apparemment : je gagne les deux premiers rounds d’office puisque j’ai tout de suite commencé alors qu’il voulait observer. Je mettrais égalité pour le troisième, je gagne le suivant et perd le cinquième sans souci. D’après moi je ne perds pas le combat. Je commence toujours aussi vite mes combats. C’est d’autant plus vrai à l’étranger où il est plus dur de gagner donc il faut tout de suite gagner ses points, mettre la pression. Depuis tout petit je travaille mes jambes et à partir du troisième round il a boxé en gaucher donc je sais que je l’ai touché. »
Lors de l’interview d’après combat Rachid nous confie « il m’aurait fallu un combat de préparation avant celui-là. Mon adversaire m’a « vachement » surpris par son entame de combat. C’est un adversaire fort qui n’a pas lâché l’affaire. Je n’ai pas lâché non plus et je pense que j’ai fait la différence par ma rage qui était supérieure à la sienne. » Pour expliquer son début de combat hésitant, il souligne : « je démarre comme un diesel. Je me lance durant les deux premiers et au troisième c’est la guerre de la boxe thaïe. J’ai repensé à mon dur entraînement pour repartir et finir par l’emporter. Mon coin a était très important car il m’a aidé à trouver la tactique face à un adversaire très actif et plus grand que moi. »
La ceinture de champion d’Europe se joue lors du combat opposant Youssef AKHNIKH (Hollande) et Martin KARAIVANOV (République Tchèque). Ces deux hommes ont le droit de disputer le titre car ils sont les deux seuls Nak Muay a avoir été présent lors du dernier championnat d’Europe (avec Rachid Kabbouri) et ont fini respectivement deuxième et quatrième.
Le combat débute lentement avec des échanges de coups de pieds. Puis Youssef accélère frappant en crochet, ce à quoi répond Martin par des Tei Khaa (Tei Khaa). Le Tchèque fait de bonnes approches, à une bonne garde mais ne se montre pas dangereux. Le Hollandais cherche à cadrer en avançant et il enchaîne bien des poings : crochets au corps doublé, direct.
Dans la deuxième reprise, le corps à corps est à l’avantage de Youssef qui place mieux ses genoux. Martin avance en frappant en Tei Khaa, mais c’est Youssef qui touche principalement avec un enchaînement gauche-droite-Tei Khaa. Et même si les poings sont parfois bloqués par le Tchèque, les coups en ligne basse ne le sont pas et il sapera la jambe avant de Martin avec ses Tei Khaa.
Dans la reprise suivante, Akhnikh continue son travail aux poings en accentuant la puissance de ses coups. Il alterne frappes au corps et au visage (en directs, crochets et uppercuts) et finit par des Tei Lam Toa. C’est Karaivanov qui avance mais c’est également lui qui prend les coups malgré une bonne garde. Puis voyant l’ouverture Youssef porte un coup de genou sauté qui met KO Karaivanov (voir photo).
Youssef AKHNIKH remporte donc le titre de champion d’Europe par KO.
Rayonnant, Youssef nous déclare : « Je suis très heureux d’avoir ce titre européen. C’est un grand jour pour moi. Ce combat fût difficile, comme contre Farid l’année dernière. Farid avait été le meilleur. C’est année c’est mon tour, c’est mon premier titre européen. J’ai débuté le combat de manière agressive et je commençais à être fatigué donc le KO a été le bien venu pour moi. » Lorsqu’on lui demande comment lui est venu l’idée du coup de genou sauté, il répond : « Je n’y ai pas pensé c’est venu tout seul. Il avançait sur moi, j’avais beau lui donner des coups de poings, il continuait d’avancer et j’ai lancé le coup de genou qui a directement frappé son nez. »
Chok Dee dans la plus pure tradition thaïe
Après le championnat d’Europe, c’est au tour du championnat du Monde de commencer.
Le premier combat oppose le Thaïlandais CHOK DEE Por Pramuk (champion en titre du Lumpinne) face au Brésilien Marco RODRIGUES.
Après un très beau Ram Muay du Thaï, le premier round se déroule dans la plus pure tradition thaïlandaise : c’est un round d’observation, les deux hommes sont quasiment statiques l’un en face de l’autre.
Dans le round suivant, le Thaïlandais commence à travailler en corps à corps touchant avec les genoux et projetant son adversaire. Même debout Chok Dee commence à lâcher les coups de genoux qui piquent les flancs de son adversaire. Un coup de genou gauche envoie Marco au tapis pour un compte. Dès qu’il se relève, Chok Dee refrappe en genoux.
Dans le troisième round, Chok Dee continue d’avancer et de frapper avec ses genoux et pique encore une fois son adversaire tout en suivant son coup de genou (voir photo) d’un coup de coude. Cela en est trop pour Marco qui s’effondre et le camp brésilien jette l’éponge à la vue de la douleur du Nak Muay.
Chok Dee Por Pramuk remporte donc ce combat par hors combat au troisième round.
Satisfait de sa victoire, il se projette déjà sur son combat pour le titre mondial : « Je savais que j’allais gagner et connaissant Farid et Goto qui est venu s’entraîner dans mon camp, je savais que Farid allait gagner. Je devrai avoir une bonne garde lors de notre combat. »
Le combat pour le titre oppose Farid VILLAUME (France) à Ryuji GOTO (Japon). Ce dernier combat souvent au K-1 et a perdu contre Masato aux points.
Dès le début du combat, on peut voir une opposition dans la style des Nak Muay : le Japonais est sautillant alors que le Français est campé sur ses appuis. Farid envoie un puissant Tei Lam Toa (middle kick) pour commencer. Puis il frappe avec son crochet gauche. De son côté le Japonais exécute des enchaînements gauche-droite-Tei Khaa qui sont bloqués.
Dans le round suivant, les deux Nak Muay montrent qu’ils possèdent une bonne garde car la plupart des coups de poings envoyés sont bloqués. Le Japonais avance sans arrêt obligeant Farid à reculer. Ce dernier cherche à toucher frappant en ligne basse avant de lancer de puissants Tei Lam Toa ou de sortir son crochet gauche.
Le rythme du troisième round est plus enlevé. Le Français enchaîne les Tei Khaa et les Tei Lam Toa alors que Goto frappe surtout avec ses poings qui semblent être sa seule véritable arme. Même s’il recule, c’est Farid qui porte les coups : uppercut, coup de genou direct, Tei Lam Toa. Un crochet droit de Villaume touche et il avance sur Goto le frappant en direct au visage et au corps. Cherchant à en finir, Farid frappe en directs, crochets et uppercuts mais Ryuji encaisse bien et tient jusqu’à la fin du round.
Dans le quatrième round, Goto avance toujours mais ne frappant qu’avec ses poings (les jambes ne lui servent qu’à remiser en Tei Khaa) au visage ne trouve pas l’ouverture. Son adversaire lui enchaîne bien les poings et les pieds : Tei Khaa puis gauche-droite ou inversement. Puis il lance un coup de genou direct qu’il suit d’un crochet.
Dans la dernière reprise, les quelques corps à corps sont à l’avantage de Farid qui frappe avec ses genoux. Le Français alterne bien les frappes en haut et en ligne basse : avec ses poings, ses jambes et ses genoux.
A l’issue du combat, Farid Villaume est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.
Heureux d’avoir conservé son titre, il nous déclare : « Il avait une frappe assez lourde avec les poings et frappait surtout en ligne basse avec ses pieds. Il bougeait beaucoup donc il était difficile à cadrer. J’ai accéléré à un moment et il a vacillé. Mais il est quand même dur au mal. Il n’a jamais été mis KO et il encaisse bien sans cesser d’aller à la guerre. Donc j’ai travaillé en sortant mes jambes et les poings. »
C‘est ainsi que se termine les championnats d’Europe et du Monde. Lors de la prochaine étape de ces championnats, Villaume et Chok Dee s’affronteront pour la ceinture mondiale alors qu’Akhnikh défendra son titre face à Kabbouri.
Vincent Dao





















