Vatsana SEDONE
Par Michel Lecorre le mercredi 28 mai 2008
Samedi 31 mai 2008, Tomy VATSANA SEDONE répondra présent à l'anniversaire des 10 ans de son club : Le Phénix Muaythaï de Paris. C'est à la fois une finale du championnat national et un combat revanche qui l'attend contre le courageux réunionnais Jean Luc TARISTAS. Voici quelques lignes retraçant le parcours de ce jeune nakmuay.
Tomy VATSANA SEDONE a débuté le muay thaï avec Guillaume KERNER au Kajin Club en 1998. Dès le départ, ce nak muay était un « électron libre » silencieux, totalement réservé, à l’écart. Remarquons qu’à l’arrivée de KERNER, le Kajin Club n’était pas une « famille », mais un lieu où chacun venait « faire de la boxe thaï » pour se défouler, voire cogner. Tomy semblait être un garçon constamment à fleur de peau, prêt à bondir et sur le qui-vive.
Néanmoins il était très respectueux et sans agressivité gratuite. À ses débuts, il tapait un peu trop durement lors des entraînements, mais de lui-même, en à peine deux mois, il a su « écouter et sentir » le nak muay qui se trouvait face à lui. Il a maîtrisé sa frappe, construit ses échanges avec ses partenaires de ring à la salle, et a pris le muay comme un jeu.
Immédiatement, ses qualités sont apparues aux yeux de KERNER. Tomy est explosif, ne lâche rien, donnant une boxe esthétique au style Fimeu.
Cela lui permis de l’emporter au décompte des juges. À noter que les deux jeunes gens s’étaient rencontrés précédemment en 2001 au cours d’un tournoi. Tomy qui partait largement gagnant sur le papier avait été surpris par la ténacité du jeune MERTENS.
En novembre 2002, en demi-finale du championnat d’Europe à Lille, VATSANA s’était imposé sans contestation face à son homologue Finlandais Jesse PALANTO.
Ce dernier, double champion de son pays et vice champion du monde à Bangkok à l’été 2002, était considéré comme l’épouvantail de sa catégorie.
Pourtant l’excellent travail d’esquives et de remises de Tomy va lui permettre de palier à l’handicap d’une blessure au genou contracté durant le match précédent, il remporta ainsi une superbe victoire.
En final, il affronta le Russe EROCHEVSKIJ Andrej ce ne fut pas un adversaire facile pour le jeune junior (- 60 Kg) qu’il était. Pour ce championnat, il fut coaché au coin par les entraîneurs de l’équipe de France de l’époque, Hassan GAYE et Farid VILLAUME.
Quelques mois plus tard, c’est une troisième rencontre à Marseille face à Christophe MERTENS. Les hommes de coins de ce dernier étaient Hassan GAYE et Brice HOARAU, ce fut une défaite pour SEDONE dont la boxe avait été bien analysée.
Epuisé et blessé, il se retrouva seul aux urgences de la Timone, c’est la rupture avec Guillaume KERNER.
Mais Tomy va de l’avant et entre au club le Phénix Paris.
Un an après, à Bruay sur l’Escaut, VATSANA affronta le boxeur local Christophe GRARD, Tomy appliquera la tactique demandée pour le premier round : ne pas mettre beaucoup de coups mais les mettre forts surtout avec la jambe avant.
Il écouta ce qu’on lui demanda de faire et l' a mis en application. Voici d’ailleurs ce que déclarait un entraîneur du Phénix, Frédérique CHAUSSON à l'époque : « J’ai appris à connaître VATSANA en tant qu’ adversaire lorsqu’il a affronté Christophe MERTENS, à trois reprises en 2 ans. Tomy est proche du style Muay. C’est un garçon plein de fougue qui ne sait pas encore aujourd’hui tout a fait bien canaliser son engouement. »
Pourtant, une fois le « chok » de l’arbitre donné, le combat contre GRARD commença fort avec un Tei lam toa de VATSANA, et au troisième round un coup de genou au foie. C’est une victoire par KO corps pour Tomy. Cependant : « Les victoires trop courtes, ne préparent pas aux combats longs ». Echaudé, SEDONE n’oublie pas cette phrase, continue à varier ses entraînements, et continue à ne rien laisser au hasard.
En mai 2005, à la finale des championnats de France contre Albert CHEY, il s’était présenté avec un kilo de trop à la pesée et ne pouvait donc pas concourir dans sa catégorie.
Néanmoins, l’opposition eut lieu, une très belle opposition au corps à corps ce qui est rare en France. Les deux Nak Muay frappent avec les genoux, les coudes et effectuent des projections. C’est Albert qui projette le plus souvent son adversaire. Les frappes en Tei Khaa et Tei Lam Toa sont également au rendez-vous.
Albert CHEY remporte le combat à la majorité des juges.
Fin 2006 fut opposé au Thaïlandais Sutthichai WINDY. Avant le début du premier round, un juge apostropha l’arbitre pour le mettre en garde. « Attention, c’est VATSANA, soit vigilant les coups forts vont partir de suite… ». Effectivement, il ne s’était pas trompé, le Thaï fut de suite surpris, seulement ce dernier se défendait bien et remisait avec efficacité avec ses jambes.
Puis, VATSANA s’est décidé à faire entièrement confiance à ses coachs, en cassant la distance, attrapant son adversaire au corps à corps à de nombreuses reprises. Cette stratégie fut payante. Tomy avait les yeux grand ouvert, il ne laissait pas une seconde de répit à l’autre boxeur, il montrait qu’il n’avait pas peur, il était dans l’action, plus rien ne semblait exister pour lui, en dehors de l’affrontement.
Quand SEDONE est en phase avec les voix qui le conseil depuis son coin du ring, il est tout simplement formidable, sa boxe est esthétique et dévastatrice. Pas une seule lueur de doute ne le traverse, il semble invincible, et tout le public vibre avec lui.
En mars 2007, pour les demi-finales des championnats de France, il est opposé au réunionnais TARISTAS, un combat abordé avec beaucoup de maturité, toujours dans un style Fimeu, mais dans une boxe changeante alliant observation, coups « chirurgicaux » et emballements. Durant ce combat, SEDONE se casse le pouce, suite à l’un de ses crochets, il ne participera donc pas à la finale cette année là. Notons que Tomy était allé au bout de ce combat qu’il a remporté à la majorité des juges. Par la suite TARISTAS rencontra BOUTI pour la finale classe A 2007.
Pour les 10 ans du Phénix le 31 mai prochain, c’est la revanche SEDONE VS TARISTAS. Tomy est très heureux de rencontrer à nouveau le réunionnais et s’attend à un long combat qu’il prépare depuis plusieurs mois. Pour lui TARISTAS est un excellent nakmuay qu’il respecte, s‘attendant à un combat plein de rebondissements, sans un pouce qui handicape, à un vrai bon moment de muay. Tomy veut gagner, tout comme son adversaire.
Pour conclure ce reportage, VATSANA est un guerrier et à la fois un garçon qui a besoin de se protéger. Peut-être qu’un Nak Muay est un homme plus sensible que les autres. Son apparence ressemble à un ouvrage recouvert d’une solide couverture de cuir dégageant un parfum musqué, comme le baume du tigre. Au-delà de cette reliure, chaque mouvement, chaque frisson, la moindre fréquence d’un son intérieur est exprimé ; loin du pavé de papier, c’est un papyrus irrégulier et fragile qui se livre sur le ring, une association de milliers de fibres musculaires tressaillant à la douleur, frémissant aux contacts. Tomy Vatsana SEDONE est visiblement ainsi.
Retransmis en direct live sur Muaythaitv.com
Tomy VATSANA SEDONE a débuté le muay thaï avec Guillaume KERNER au Kajin Club en 1998. Dès le départ, ce nak muay était un « électron libre » silencieux, totalement réservé, à l’écart. Remarquons qu’à l’arrivée de KERNER, le Kajin Club n’était pas une « famille », mais un lieu où chacun venait « faire de la boxe thaï » pour se défouler, voire cogner. Tomy semblait être un garçon constamment à fleur de peau, prêt à bondir et sur le qui-vive.
le muay comme un jeu
Néanmoins il était très respectueux et sans agressivité gratuite. À ses débuts, il tapait un peu trop durement lors des entraînements, mais de lui-même, en à peine deux mois, il a su « écouter et sentir » le nak muay qui se trouvait face à lui. Il a maîtrisé sa frappe, construit ses échanges avec ses partenaires de ring à la salle, et a pris le muay comme un jeu.
Immédiatement, ses qualités sont apparues aux yeux de KERNER. Tomy est explosif, ne lâche rien, donnant une boxe esthétique au style Fimeu.
un air " d’heure de vérité "
En Mai 2002, sa deuxième opposition face à Christophe MERTENS fut intéressante pour plusieurs raisons. VATSANA devenait un « pur produit du Muaythaï » doté d’un style et d’un charisme typiquement Thaïlandais. D’autre part Christophe MERTENS orientait sa boxe vers le style Thaï « 100% ». Cette rencontre prenait alors un air " d’heure de vérité ". L’acharnement de MERTENS aux poings et aux genoux dans les deux premiers rounds était évident, mais durant les trois dernières reprises, SEDONE place des actions de jambes significatives et quelques beaux « Front Kick » en contre.Cela lui permis de l’emporter au décompte des juges. À noter que les deux jeunes gens s’étaient rencontrés précédemment en 2001 au cours d’un tournoi. Tomy qui partait largement gagnant sur le papier avait été surpris par la ténacité du jeune MERTENS.
En novembre 2002, en demi-finale du championnat d’Europe à Lille, VATSANA s’était imposé sans contestation face à son homologue Finlandais Jesse PALANTO.
Ce dernier, double champion de son pays et vice champion du monde à Bangkok à l’été 2002, était considéré comme l’épouvantail de sa catégorie.
Pourtant l’excellent travail d’esquives et de remises de Tomy va lui permettre de palier à l’handicap d’une blessure au genou contracté durant le match précédent, il remporta ainsi une superbe victoire.
En final, il affronta le Russe EROCHEVSKIJ Andrej ce ne fut pas un adversaire facile pour le jeune junior (- 60 Kg) qu’il était. Pour ce championnat, il fut coaché au coin par les entraîneurs de l’équipe de France de l’époque, Hassan GAYE et Farid VILLAUME.
la rupture avec Guillaume KERNER
Quelques mois plus tard, c’est une troisième rencontre à Marseille face à Christophe MERTENS. Les hommes de coins de ce dernier étaient Hassan GAYE et Brice HOARAU, ce fut une défaite pour SEDONE dont la boxe avait été bien analysée. Epuisé et blessé, il se retrouva seul aux urgences de la Timone, c’est la rupture avec Guillaume KERNER.
Mais Tomy va de l’avant et entre au club le Phénix Paris.
Un an après, à Bruay sur l’Escaut, VATSANA affronta le boxeur local Christophe GRARD, Tomy appliquera la tactique demandée pour le premier round : ne pas mettre beaucoup de coups mais les mettre forts surtout avec la jambe avant.
Il écouta ce qu’on lui demanda de faire et l' a mis en application. Voici d’ailleurs ce que déclarait un entraîneur du Phénix, Frédérique CHAUSSON à l'époque : « J’ai appris à connaître VATSANA en tant qu’ adversaire lorsqu’il a affronté Christophe MERTENS, à trois reprises en 2 ans. Tomy est proche du style Muay. C’est un garçon plein de fougue qui ne sait pas encore aujourd’hui tout a fait bien canaliser son engouement. »
Pourtant, une fois le « chok » de l’arbitre donné, le combat contre GRARD commença fort avec un Tei lam toa de VATSANA, et au troisième round un coup de genou au foie. C’est une victoire par KO corps pour Tomy. Cependant : « Les victoires trop courtes, ne préparent pas aux combats longs ». Echaudé, SEDONE n’oublie pas cette phrase, continue à varier ses entraînements, et continue à ne rien laisser au hasard.
faire entièrement confiance à ses coachs
En mai 2005, à la finale des championnats de France contre Albert CHEY, il s’était présenté avec un kilo de trop à la pesée et ne pouvait donc pas concourir dans sa catégorie.
Néanmoins, l’opposition eut lieu, une très belle opposition au corps à corps ce qui est rare en France. Les deux Nak Muay frappent avec les genoux, les coudes et effectuent des projections. C’est Albert qui projette le plus souvent son adversaire. Les frappes en Tei Khaa et Tei Lam Toa sont également au rendez-vous.
Albert CHEY remporte le combat à la majorité des juges.
Fin 2006 fut opposé au Thaïlandais Sutthichai WINDY. Avant le début du premier round, un juge apostropha l’arbitre pour le mettre en garde. « Attention, c’est VATSANA, soit vigilant les coups forts vont partir de suite… ». Effectivement, il ne s’était pas trompé, le Thaï fut de suite surpris, seulement ce dernier se défendait bien et remisait avec efficacité avec ses jambes. Puis, VATSANA s’est décidé à faire entièrement confiance à ses coachs, en cassant la distance, attrapant son adversaire au corps à corps à de nombreuses reprises. Cette stratégie fut payante. Tomy avait les yeux grand ouvert, il ne laissait pas une seconde de répit à l’autre boxeur, il montrait qu’il n’avait pas peur, il était dans l’action, plus rien ne semblait exister pour lui, en dehors de l’affrontement.
Quand SEDONE est en phase avec les voix qui le conseil depuis son coin du ring, il est tout simplement formidable, sa boxe est esthétique et dévastatrice. Pas une seule lueur de doute ne le traverse, il semble invincible, et tout le public vibre avec lui.
En mars 2007, pour les demi-finales des championnats de France, il est opposé au réunionnais TARISTAS, un combat abordé avec beaucoup de maturité, toujours dans un style Fimeu, mais dans une boxe changeante alliant observation, coups « chirurgicaux » et emballements. Durant ce combat, SEDONE se casse le pouce, suite à l’un de ses crochets, il ne participera donc pas à la finale cette année là. Notons que Tomy était allé au bout de ce combat qu’il a remporté à la majorité des juges. Par la suite TARISTAS rencontra BOUTI pour la finale classe A 2007.
un combat plein de rebondissements
Pour les 10 ans du Phénix le 31 mai prochain, c’est la revanche SEDONE VS TARISTAS. Tomy est très heureux de rencontrer à nouveau le réunionnais et s’attend à un long combat qu’il prépare depuis plusieurs mois. Pour lui TARISTAS est un excellent nakmuay qu’il respecte, s‘attendant à un combat plein de rebondissements, sans un pouce qui handicape, à un vrai bon moment de muay. Tomy veut gagner, tout comme son adversaire. Pour conclure ce reportage, VATSANA est un guerrier et à la fois un garçon qui a besoin de se protéger. Peut-être qu’un Nak Muay est un homme plus sensible que les autres. Son apparence ressemble à un ouvrage recouvert d’une solide couverture de cuir dégageant un parfum musqué, comme le baume du tigre. Au-delà de cette reliure, chaque mouvement, chaque frisson, la moindre fréquence d’un son intérieur est exprimé ; loin du pavé de papier, c’est un papyrus irrégulier et fragile qui se livre sur le ring, une association de milliers de fibres musculaires tressaillant à la douleur, frémissant aux contacts. Tomy Vatsana SEDONE est visiblement ainsi.


























