Un super Souwer lors de la finale du K-1 World Max.
Par Monty DiPietro le vendredi 22 juillet 2005
Le Hollandais de 22 ans Andy Souwer a battu trois combattants, dont le champion en titre Buakaw Por Pramuk (Thaïlande) en finale, pour remporter la finale du K-1 World Max 05 à la Yokohama Arena devant plus de 17,000 personnes. Grâce à cette victoire, Souwer empoche 75 000 €. Andy SOUWER est le deuxième Hollandais à porter la couronne du World Max, après Albert KRAUS qui remporta l’édition inaugurale en 2002.
Le premier combat de la soirée oppose le rapide et technique Japonais MASATO (vainqueur en 2003) au puissant Grec Mike ZAMBIDIS.Masato démarre comme à son habitude, frappant en Tei Khaa (low kicks) pendant que Zambidis répond de manière surprenante avec plusieurs Tei Khaa lui aussi. Zambidis porte un coup au corps avec son bras gauche puis exécute un coup de genou sauté pour finir un premier round disputé. Dans le deuxième round, Zambidis se montre agressif, avançant tout en se montrant confiant dans son bagage de coups et forçant son adversaire à être fréquemment sur la défensive.
Mais Masato obtient se dont il avait besoin dans le troisième round : il inflige un compte à Zambidis suite à un direct du droit à la mâchoire, qui fait se lever la foule. Zambidis est visiblement déçu de son erreur défensive et il remet la pression durant le reste du combat. Mais Masato est capable de tenir et remporte la combat par décision unanime.
Le combat fût excitant avec une solide performance de Zambidis, dont le travail avec les jambes a beaucoup progressé. A sa descente du ring, Masato grimaçait de douleur et devait se faire aider par ses hommes de coin. Clairement le Japonais était touché et le temps nous dirait à quel point.
Le deuxième affrontement met au prise le kickboxer japonais Takayuki KOHIRUIMAKI et le Shootboxer hollandais Andy Souwer. Les deux hommes se jaugent en début de combat, envoyant des Tip (front kick) pour contrôler la distance et évitant de se « rentrer dedans » jusqu’à ce que Souwer frappe avec ses poings. Le combat va fréquemment au corps à corps, les deux adversaires frappant avec leurs genoux pour de faibles résultat. Le deuxième round est sensiblement le même, Souwer frappant avec ses poings et Kohiruimaki cherchant le corps à corps. Souwer prend le contrôle du combat en fin de round : brutalisant son adversaire avec des directs et des crochets. Au coup de gong, le Japonais regagne son coin en s’accrochant au cordes.
Le dernier round est totalement pour Souwer qui enchaîne les directs au visage et au corps, et qui lance un ou deux Tei Khan Kro (high kick) pour varier. De son côté, tout ce que peut faire Kohiruimaki est cherché le corps à corps.
Le public démontre son incompréhension lorsqu’un juge donne match nul, mais heureusement les deux autres sont plus perspicaces et donnent Souwer largement vainqueur. Il gagne ainsi son ticket pour les demi-finales.
Albert Kraus (Hollande) fait face à John WAYNE PARR (Australie) dans le troisième combat. Kraus est un bon puncheur et ancien vainqueur du tournoi, mais le Nak Muay Parr est un bon combattant également. L’Australien arrive sur le ring avec la rage de vaincre dans le regard, frappant avec ses poings et touchant avec un puissant crochet gauche. Mais Kraus possède une bonne garde, cherchant la distance avec son gauche avant de suivre avec sa droite et de porter des coups au corps. Et de son côté Parr est incapable de travailler avec ses jambes.
Dans le deuxième round, Parr tente de placer des Tei Khan Kro (high kick) mais ils n’atteignent pas Kraus, qui bouge sans cesse et réduit la distance pour travailler au corps.
Les deux combattants se touchent, mais aucun n’est capable d’infliger de sérieux dommage.
Le troisième round est rapide et dur, Kraus porte des coups au corps et fait reculer son adversaire avec un uppercut du droit. Parr monte ses jambes ce qui déstabilise Kraus et envoie des série de coups de poings qui lui permette de ne pas se faire distancer. Mais Kraus est un petit peu plus rapide, plus mobile, utilisant toujours l’attaque adéquate et montrant une meilleure technique d’esquive.
Lors de la conférence de presse de la veille, Parr avait confié la route qui le mènerait vers la victoire dans ce tournoi. Se projeter après ce premier combat a peut-être desservi l’Australien, dans tout les cas il n’avait pas la concentration pour aller jusqu’au bout.
Un combat rondement mené et une décision unanime pour Kraus qui accède à la demi-finale.
Le dernier quart de finale oppose le champion en titre BUAKAW Por Pramuk (Thaïlande) au Mongole Jadamba NARANTUNGALAG.
Narantungalag porte de puissant enchaînement de coups de poings et coups de pieds, mais Buakaw ne plie pas, gardant son calme et cherchant les ouvertures. Peu de coups touchent dans les 2 premiers rounds et c’est le Mongole qui porte le premier bon coup de pied. Les deux hommes effectuent des enchaînements mais le combat est loin d’être technique.
Dans le troisième round, il y a beaucoup de corps à corps. Buakaw porte le meilleur coup avec un crochet court du gauche mais il ne peut porter le coup décisif. Le combattant Thaï porte de puissants Tei Lam Toa (middle), et même s’il n’est pas au meilleur de sa forme, il est assez dominateur pour remporter le combat par décision partagé (un juge donnant match nul).
A la fin des quarts de finale, tous les fans de Masato se posent la question de la gravité de sa blessure. Malheureusement, leur pire crainte est confirmée lorsque Nabuaki Kakuda (Responsable du règlement du K-1) monte sur le ring pour annoncer qu’une fracture à la cheville gauche rend Masato inapte à continuer la compétition. Une terrible nouvelle pour l’ancien champion qui boite jusqu’au ring pour s’excuser auprès de ses fans.
Plus tôt dans la soirée, lors d’un étrange combat réserve Kazuya YASUHIRO reçu 3 coups bas de la part de Darius SKLIAUDYS (Lituanie) ce qui vallut à ce dernier un carton rouge. Puis le Japonais fût ouvert au dessus de son œil gauche dans le deuxième round ce qui força le médecin à stopper le combat. Yasuhiro remportait le combat avec 1 point d’avance pour chaque juge.
De ce fait, le combattant de Seidokaikan se voyait donc offrir une chance inespérée de prendre la place de Masato pour affronter Andy Souwer lors de la première demi-finale. Yasuhiro monte sur le ring remonté comme une pendule, portant de nombreux coups de poings sur Souwer avant de reculer et de lancer des coups de pieds au dessus de son adversaire. Même si les coups ratent leur cible, ils ont le mérite de garder Souwer sur la défensive. Petit à petit, Souwer trouve sa carburation et porte un direct du gauche qui ouvre de nouveau la coupure au dessus de l’œil de Yasuhiro. Après un nouveau contrôle du docteur, le Japonais est autorisé à continuer. Mais peu après il devient clair pour tous que la coupure ne se refermera pas et le combat est stoppé. Cela permet à Souwer d’accéder à la finale.
"Cet argent sera dépensé pour ma famille"
Albert Kraus est le seul combattant a avoir battu Buakaw au K-1 (c’était aux points en février dernier), et le Batave cherche forcément à refaire le même coup lors de la seconde demi-finale. Mais apparemment, Buakaw pense à se venger, se montrant rapide et concentré dès le début en portant trois puissants Tei Khaa (low kicks) pour débuter le round. Avec des directs et des Tip (fronts kicks), Buakaw contrôle la distance et Kraus ne peut faire grand-chose dans cette reprise. Buakaw prend le contrôle dans le deuxième round, même si Kraus enchaîne quelques coups de poings, en étant meilleur grâce à des Tei Khan Kro (high kicks), des coups de genoux et démontrant de surprenantes aptitudes avec ses poings à la moitié du round lorsque les deux hommes sont proches l’un de l’autre.
Le troisième round voit un Kraus de plus en plus fatigué, alors que Buakaw continue d’avancer frappant avec ses jambes et ses poings. Sachant qu’il est en retard au niveau des points à mesure que le combat avance, Kraus essaye désespérément de toucher avec son crochet droit (voir photo) pour faire compter son adversaire, espérant ainsi forcer un extra round. Mais ses tentatives sont annihilées par une bonne garde. Le résultat logique est une large victoire à l’unanimité pour Buakaw qui rencontrera Souwer en finale.
Souwer arrive plus frais dans cette finale à la suite de son rapide combat contre Yasuhiro alors que Buakaw a combattu plus longtemps lors de cette soirée. Mais le Thaï est connu pour son endurance.
Dès le coup de gong, Souwer envoie des directs et enchaîne des poings alors que Buakaw porte des Tei Khaa (low kicks) et des Tei Lam Toa (middle) et touche partiellement avec un Tei Khan Kro (high kick). Souwer est plus agressif au début du deuxième round, mais lorsque la distance se rapproche, les deux hommes se retrouve souvent au corps à corps tournant comme lors d’un match de catch.
Souwer se montre efficace avec son bras droit et à la moitié du deuxième round touche du gauche, mais Buakaw est également efficace avec ses jambes. Ce round se termine par une belle volée de coups de poings de la part de Souwer mais aucun d’eux ne touchent nettement sa cible. Dans le troisième round, Buakaw envoit plus de coups de poings alors que Souwer continue de bien travailler avec sa droite, incorporant parfois sa gauche ou des coups de pieds. Une fois de plus, aucun des combattants n’est capable de dominer à cause de l’excès de corps à corps et de projections. Au coup de gong, les deux combattants lèvent leur bras en signe de victoire. Les juges voient un match nul ce qui amène un extra round. Et là encore, Buakaw frape avec ses jambes alors que Souwer avance avec des combinaisons de 2 coups de poings. Lorsque les deux hommes se retrouvent proches, le corps à corps prime encore avec peu de frappes soutenues. Souwer adapte son style, résigné à faire du corps à corps. Après les séparations de l’arbitre, il repart avec de rapides coups de poings voulant être plus rapide que les coups de pieds de Buakaw et marquant plus de points que ce dernier. Le Hollandais touche d’un direct du droit, mais comme personne ne touche nettement, les juges décident de prolonger le combat d’un cinquième et dernier round.
Et là encore, après les « breaks » de l’arbitre, Souwer est plus rapide avec ses poings et au milieu du round, il touche partiellement avec un uppercut du gauche. Le Batave se plaint à multiples reprises des accrochages du Thaï, ce qui à la fin a pu faire pencher la balance de son côté puisque les juges lui donne la victoire sur la plus petite des marges possible : une décision partagée après 2 extra rounds.
« Je veux remercier mon équipe, ma famille et mes fans », déclarait un Souwer en larme. « Je n’ai jamais rêvé que je réussirais, aucun des combats ne s’est déroulé comme je l’imaginais, ce fût une soirée étrange. »
Plus tard, il souligne : « A la fin, j’étais frustré par les accrochages de Buakaw. Je pense qu’il avait peur de mes poings. Mais j’avais une bonne condition physique donc j’aurai pu continuer pour quelques rounds encore. »
Lorsqu’on lui demande ce qu’il compte faire de l’argent qu’il venait de gagner, il répond : « Ma compagne et moi avons un garçon de 7 mois, je vais dépenser cet argent pour ma famille. »
Dans le spécial Superfight en - de 75 kg, Ramon DEKKER (Hollande) affronte Duane LUDWIG (Etats-Unis). Dekker a 35 ans et Ludwig presque 10 ans de moins, ce qui nous propose l’opposition classique entre l’expérience et la jeunesse.
Dans le premier round, Dekker ne cesse d’avancer et touche d’un puissant direct du gauche à la mâchoire qui envoie l’Américain au tapis pour un premier compte. Dans le deuxième round, Dekker reste concentré et combat intelligemment. Ludwig n’est pas sans répondant et place de bons Tei Khaa (low kicks) et quelques enchaînements mais Dekker est meilleur et il fait de nouveau compter son adversaire grâce à un crochet gauche.
Dans le troisième round, Dekker fait une démonstration : il touche d’un Tei Khan Kro (high kick) avant de placer un crochet gauche qui amène un nouveau compte de Ludwig. Dans un bon esprit, Ludwig sourit alors qu’il est assis sur les cordes, un sourire signifiant il n’y a pas de honte à être battu par une personne qui maîtrise autant cette discipline.
Les deux hommes se congratulent à la fin du combat où Dekker est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.
Dans l’autre Superfight, Virgil KALAKODA (Afrique du Sud) a battu à l’unanimité des juges Yoshiro SATO (Japon).
En combat d’ouverture, le Japonais Akeomi NITTA a battu par décision unanime son compatriote Koutetsu BOKU.

Monty Di Pietro/ Vincent Dao
Crédit Photos : K-1





















