Tony JAA, la nouvelle star du cinéma asiatique
Cinéma Ong-bak
Par Brice Hoarau le vendredi 26 mars 2004
Notre série sur Ong-Bak se poursuit aujourd’hui avec l’interview de Tony JAA qui, interprète de Ting le personnage principal du film. Présenté comme le nouveau dragon d’Asie, il nous parle de son apprentissage du Muaythaï et de ses aspirations.
Depuis quand pratiquez-vous le Muaythaï, et qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans le cinéma ? Avant d’en arriver au Muaythaï, j’ai étudié une multitude d’autres types d’arts martiaux. Dans un premier temps, c’est le cinéma qui m’a permis de découvrir ces techniques de combat. J’ai en effet visionné des centaines de films dans lesquels étaient pratiqués le Karaté (art martial japonais), le Kung Fu (art martial d’origine chinoise), le Krabi Krabang (art martial thaï à partir duquel fut crée le Muaythaï), le Kendo (art martial du maniement du sabre japonais).
C’étaient pour la plupart des productions asiatiques. J’ai assimilé toutes ces techniques de combats en observant attentivement et en m’entrainant sans relâche. J’ai ensuite rejoint une école d’arts martiaux, où l’on étudiait surtout le Muaythaï. Mais c’est ma rencontre avec Panna Rithikrai, mon maître, qui a été déterminante. C’est avec lui que j’ai commencé à pratiquer de façon plus sérieuse, grâce à un entraînement sur mesure. Et c’est précisément pour mon rôle dans Ong-bak que je me suis mis à 100% au Muaythaï.
L’art du Muaythaï a déjà été présenté au cinéma, mais de façon moins spectaculaire que dans Ong-bak. Aviez-vous vu auparavant des films où était pratiqué le Muaythaï ? Si oui, qu’avez-vous apporté de plus ?
En fait j’ai surtout regardé des films d’arts martiaux, principalement des films de Kung Fu, interprétés par mes idoles, Bruce Lee, Jet Li et Jackie Chan. En montrant le Muaythaï à l’écran, je désirais apporter quelque chose de différent et de nouveau dans le domaine du film et de nouveau dans le film d’action en Thaïlande. Sur les conseils avisés de Panna Rithikrai, nous avons recherché un style spécifique de Muaythaï pour ce film.
Dans Ong-bak, les séquences techniques classiques de Muaythaï sont accompagnées de cascades à la fois folles et spectaculaires, qui dépassent le cadre des arts martiaux. Quelles sont les autres activités sportives que vous avez pratiquées pour arriver à ce niveau d’efficacité ?
J’ai d’abord étudié, étape par étape, le « style » ancien du Muaythaï (le Muay boran), dont l’apprentissage est très éprouvant. Il faut savoir tomber, se relever, utiliser ses genoux, ramper, glisser, rouler, savoir enchaîner tous ces mouvements par cœur et pouvoir les appliquer ensuite.
Le Muaythaï fait appel à toutes sortes de figures acrobatiques. Mon maître utilisait un bâton pour que je mette en application cet apprentissage : il m’a appris à bloquer les coups, à réveiller mes réflexes, être dynamique, souple, savoir éviter les coups. Et j’ai combiné tout cela avec de la gymnastique.
Ong-bak montre les différentes techniques de Muaythaï. Certaines n’ont jamais été vues auparavant car il s’agit d’une forme de Muaythaï traditionnelle, encore très peu connue du public. Cet art m’a demandé cinq années de recherche et de pratique. La plupart des coups spéciaux que j’utilise dans Ong-bak ne sont pas employés dans les matchs car trop dangereux. Il reste encore beaucoup à découvrir sur cet art si riche et si complexe.
Pour mon prochain film, « Tom Yum Goong », je veux utiliser des techniques de Muaythaï encore plus difficiles et dangereuses que celles vues dans Ong-bak, et qui seront plus spectaculaires.
La star du film reste le Muaythaï
Il est évident que vous allez bientôt avoir des propositions de tournage en Occident. Comment réagirez-vous ?Je serai très heureux de pouvoir tourner à l’étranger. Les films d’action asiatiques sont bons, mais ceux tournés aux Etats-Unis sont intéressants également : ils ont simplement plus de moyens. Je n’avais jamais imaginé que « Ong-Bak » rencontrerait autant de succès et sortirait un peu partout dans le monde.
A Hollywood, des stars comme Jackie Chan sont contraintes d’utiliser des câbles ou des doublures pour des raisons de sécurité. Si vous étiez obligé d’employer ce genre d’artifices, que feriez-vous ?
L’originalité de « Ong-Bak » repose justement essentiellement dans le fait que j’utilise ni câbles, ni doublures. C’est le réalisme de l’action qui a fait le succès du film. Face au risque, à l’exploit, les gens se passionnent. Il y a soudain un enjeu que les trucages retirent. L’authenticité de l’action est une qualité à laquelle le public est universellement sensible. Je sais que ce genre d’artifice, s’il m’était imposé, m’empêcherait de donner le meilleur de moi-même.
Comment s’est déroulée votre collaboration avec le réalisateur ?
Très bien. Le réalisateur, Pracha Pinkaew, mon maître et moi-même avons beaucoup discuté sur la façon dont les scènes d’art martiaux de « Ong-Bak » devaient être tournées d’un point de vue cinématographique et d’un point de vue technique. L’objectif principal était que la star du film reste le MuayThaï. Nous voulions un spectacle fort, qui repousse les limites de ce qui a déjà été présenté. C’est pour cela que nous avons tous autant travaillé !
Tiré du dossier de presse.
(voir l’article de présentaion du film)
(voir la critique du film)
(lire l'interview du réalisateur)
(voir la bande annonce du film)





















