St Fons et le Phénix à l'honneur
Championnat de France 2005
Par Vincent Dao le vendredi 01 avril 2005
Lors des demi-finales du 26 mars à Japy, trois combats nous ont semblé se détacher des autres par leur qualité et leur intensité. Nous avons donc choisi de vous les détailler dans l’article qui suit.
Le combat en moins de 60 kg entre deux champions du monde amateur est sans nul doute l’affiche de la soirée. Mounir BOUTI est champion en titre puisqu’il a gagné son titre en 2004 à Bangkok alors que Pascal BENMATI a remporté l’édition 2000. Malgré son jeune âge (20 ans), Mounir dispose d’un bagage technique quasi-complet et Pascal est un Nak Muay chevronné qui a déjà remporté à deux reprises le titre de champion de France. Le matin, Mounir nous déclarait « Je veux remporter ce titre. Mais je me méfie de Pascal qui est bien plus expérimenté que moi à ce niveau. »
Lors de la montée des deux combattants sur le ring, les supporters des deux Parisiens donnent de la voix.
Le premier round est explosif, ne laissant aucun moment pour l’observation. C’est Mounir qui se montre le plus entreprenant et efficace : il projette Pascal à plusieurs reprises après des corps à corps et alterne bien le travaille en poings et en jambes. Pascal avance mais Mounir tourne et touche. Ce dernier ne se fait toucher qu’en contre mais sans réel danger pour le moment.
Le deuxième round redémarre avec un rythme légèrement moins soutenu. Sur un direct de Mounir, Pascal esquive et contre par un crochet gauche (voir photo) qui envoie son adversaire au tapis. Le protégé de Guillaume Kerner se relève mais est encore sonné. Alors qu'il repart à l’attaque, Pascal le retouche avec son crochet gauche. C’est la fin du combat puisque 2 comptes dans la même reprise amène l’arrêt du Nak Muay.
A l’issue de ce beau combat Pascal nous déclare : « On m’avait prévenu qu’il commencerait fort donc j’y étais préparé. Il a imposé un gros rythme durant la première reprise et comme il bougeait beaucoup j’ai eu du mal à me poser et à le cadrer. Il a dominé le premier round, mais j’ai vu que je pouvais le contrer sur ses middle et je me suis dit que je les passerais plus puissamment au deuxième round. C’est la première fois que je mets un KO comme ça donc je suis content. Je félicite Mounir car c’est à deux qu’on réalise un beau combat. Il n’y a eu que 2 rounds mais ils ont été intenses. »
De son côté, Mounir est loin de se laisser abattre : « C’est la première fois que j’étais sonné donc je ne savais pas bien comment réagir. Maintenant je saurai. Cette défaite me motive encore plus et je vais travailler sur mes défauts. J’espère avoir une revanche contre Pascal et vous me reverrez l’année prochaine au championnat de France. »
Ce combat était attendu et il a répondu aux attentes, nous retrouverons Pascal Benmati contre Jacob Vanmeenen en finale. Et nous espérons rapidement revoir Mounir sur un ring.
L’autre affiche de la soirée oppose Fabio PINCA (médaille de bronze au championnat du monde amateur 2004, champion de France classe B 2004 en moins 60 kg) à Mamadou DIABIRA (médaille de bronze au championnat d’Europe 2002, champion de France classe B 2004 en moins de 63,5 kg).
Champion en classe B, les deux Nak Muay veulent confirmer en classe A et s’emparer du titre. Lors de la pesée, il nous confiait tout les deux cette volonté et ils étaient prêts a tout donner face à un adversaire qu’il savait dangereux.
Lors du premier round, les deux Nak Muay restent campés sur leur appuis et s’échangent les coups : Tei Khaa (low kick) et Tei Lam Toa (middle) pour Mamadou et crochets et Tei Khaa pour Fabio.
Le deuxième round est tout aussi équilibré que le premier. Fabio enchaîne crochet gauche et Tei Lam Toa. En corps à corps, les débats sont équilibrés aussi. Mamadou suit souvent ses directs de coups de genoux.
La troisième reprise commence par un enchaînement Tei Lam Toa-Tei Kan Kro de Mamadou. Le pensionnaire de St Fons répond et touche par un crochet gauche et un crochet droit avant d’essayer de placer ses coudes. Au début du round il ébranle son adversaire avec un direct du droit (voir photo). Il continue de frapper et lie ses poings avec des coups de genoux au corps. Mamadou est touché, il souffre mais ne plie pas même s’il est au bord du KO.
La reprise suivante débute par des échanges de Tei Khaa. Le pensionnaire du Phénix se reprend bien après avoir souffert lors du round précédent : il « shoote » en Tei Lam Toa et en Thei Khaa.
Malgré leur fatigue, les deux Nak Muay vont jeter leurs dernières forces dans l’ultime reprise afin de s’adjuger la victoire. Fabio continue d’enchaîner aux poings et les suit de Tei Khaa alors que Mamadou frappe principalement avec ses jambes.
A l’issue de 5 très beaux rounds, la victoire est donnée à la majorité à Fabio Pinca.
Lors de l’interview d’après combat, Mamadou nous confie sa déception : « J’ai tout donné et j’ai malheureusement perdu. Je suis déçu car je visais la ceinture. Mais comme c’était mon premier combat de l’année, j’ai manqué de repaires sur le ring. Je l’ai laissé travailler avec ses poings. »
De son côté, Fabio souligne la rudesse du combat : « C’était un combat dur face à un combattant dur. On a donné notre maximum, on voulait la victoire et on était bien préparé. Franchement, je ne m’attendais pas à la victoire mais cela ne veut pas dire que je ne la mérite pas. C’était serré et il est dur de juger de l'intérieur. Je pense que cela c’est joué sur la fin car je mettais toujours la pression. »
Ce combat a sûrement été le plus beau de la soirée vu la technique et la débauche d’énergie des deux Nak Muay. L’ovation donnée aux deux hommes par le public était bien méritée. En finale, Fabio aura fort à faire face à Olivier Tchétché.
Le dernier combat de la soirée oppose Mickael EDOUARD (Viry Châtillon) à Yohan LIDON (St Fons) en moins de 75 kg.
Soucieux de rebondir d’un championnat 2004 où il avait été sorti au stade des ¼ de finales, Yohan est prêt à livrer un match appliqué.
Durant la première reprise, Yohan campé sur ses appuis est le maître du centre du ring. Calmement, il cherche à cadrer Mickael qui semble avoir opté pour une tactique en contre. Yohan saisit la jambe de son adversaire et le fait chuter suite à un Tei Khaa. Il enchaîne un crochet gauche-droite-Tei Khaa mais son adversaire lui remet les mêmes coups juste après. Yohan réussit à bloquer son adversaire dans le coin : après avoir frappé au corps, il touche d’un crochet droit au menton (voir photo). Compté, son adversaire est arrêté par l’arbitre qui estime qu’il n’a pas suffisamment récupéré.
Après le combat, Yohan nous déclare : « Après ma déception de l’année passée, je reviens bien. Je voulais prouver que l’année dernière était un accident, je n’avais pas bien boxé au premier tour. Cette année, je suis arrivé relâché prêt à effectuer 5 rounds. J’ai lâché mes coups et le KO est venu. Je suis content de mon combat. »
Nous retrouverons donc Yohan Lidon ainsi que tous les autres qualifiés le 14 mai pour les finales.
Vincent Dao
Le combat en moins de 60 kg entre deux champions du monde amateur est sans nul doute l’affiche de la soirée. Mounir BOUTI est champion en titre puisqu’il a gagné son titre en 2004 à Bangkok alors que Pascal BENMATI a remporté l’édition 2000. Malgré son jeune âge (20 ans), Mounir dispose d’un bagage technique quasi-complet et Pascal est un Nak Muay chevronné qui a déjà remporté à deux reprises le titre de champion de France. Le matin, Mounir nous déclarait « Je veux remporter ce titre. Mais je me méfie de Pascal qui est bien plus expérimenté que moi à ce niveau. »Lors de la montée des deux combattants sur le ring, les supporters des deux Parisiens donnent de la voix.
Le premier round est explosif, ne laissant aucun moment pour l’observation. C’est Mounir qui se montre le plus entreprenant et efficace : il projette Pascal à plusieurs reprises après des corps à corps et alterne bien le travaille en poings et en jambes. Pascal avance mais Mounir tourne et touche. Ce dernier ne se fait toucher qu’en contre mais sans réel danger pour le moment.
Le deuxième round redémarre avec un rythme légèrement moins soutenu. Sur un direct de Mounir, Pascal esquive et contre par un crochet gauche (voir photo) qui envoie son adversaire au tapis. Le protégé de Guillaume Kerner se relève mais est encore sonné. Alors qu'il repart à l’attaque, Pascal le retouche avec son crochet gauche. C’est la fin du combat puisque 2 comptes dans la même reprise amène l’arrêt du Nak Muay.
A l’issue de ce beau combat Pascal nous déclare : « On m’avait prévenu qu’il commencerait fort donc j’y étais préparé. Il a imposé un gros rythme durant la première reprise et comme il bougeait beaucoup j’ai eu du mal à me poser et à le cadrer. Il a dominé le premier round, mais j’ai vu que je pouvais le contrer sur ses middle et je me suis dit que je les passerais plus puissamment au deuxième round. C’est la première fois que je mets un KO comme ça donc je suis content. Je félicite Mounir car c’est à deux qu’on réalise un beau combat. Il n’y a eu que 2 rounds mais ils ont été intenses. »
De son côté, Mounir est loin de se laisser abattre : « C’est la première fois que j’étais sonné donc je ne savais pas bien comment réagir. Maintenant je saurai. Cette défaite me motive encore plus et je vais travailler sur mes défauts. J’espère avoir une revanche contre Pascal et vous me reverrez l’année prochaine au championnat de France. »
Ce combat était attendu et il a répondu aux attentes, nous retrouverons Pascal Benmati contre Jacob Vanmeenen en finale. Et nous espérons rapidement revoir Mounir sur un ring.
L’autre affiche de la soirée oppose Fabio PINCA (médaille de bronze au championnat du monde amateur 2004, champion de France classe B 2004 en moins 60 kg) à Mamadou DIABIRA (médaille de bronze au championnat d’Europe 2002, champion de France classe B 2004 en moins de 63,5 kg).
Champion en classe B, les deux Nak Muay veulent confirmer en classe A et s’emparer du titre. Lors de la pesée, il nous confiait tout les deux cette volonté et ils étaient prêts a tout donner face à un adversaire qu’il savait dangereux.
Lors du premier round, les deux Nak Muay restent campés sur leur appuis et s’échangent les coups : Tei Khaa (low kick) et Tei Lam Toa (middle) pour Mamadou et crochets et Tei Khaa pour Fabio.
Le deuxième round est tout aussi équilibré que le premier. Fabio enchaîne crochet gauche et Tei Lam Toa. En corps à corps, les débats sont équilibrés aussi. Mamadou suit souvent ses directs de coups de genoux. La troisième reprise commence par un enchaînement Tei Lam Toa-Tei Kan Kro de Mamadou. Le pensionnaire de St Fons répond et touche par un crochet gauche et un crochet droit avant d’essayer de placer ses coudes. Au début du round il ébranle son adversaire avec un direct du droit (voir photo). Il continue de frapper et lie ses poings avec des coups de genoux au corps. Mamadou est touché, il souffre mais ne plie pas même s’il est au bord du KO.
La reprise suivante débute par des échanges de Tei Khaa. Le pensionnaire du Phénix se reprend bien après avoir souffert lors du round précédent : il « shoote » en Tei Lam Toa et en Thei Khaa.
Malgré leur fatigue, les deux Nak Muay vont jeter leurs dernières forces dans l’ultime reprise afin de s’adjuger la victoire. Fabio continue d’enchaîner aux poings et les suit de Tei Khaa alors que Mamadou frappe principalement avec ses jambes.
A l’issue de 5 très beaux rounds, la victoire est donnée à la majorité à Fabio Pinca.
Lors de l’interview d’après combat, Mamadou nous confie sa déception : « J’ai tout donné et j’ai malheureusement perdu. Je suis déçu car je visais la ceinture. Mais comme c’était mon premier combat de l’année, j’ai manqué de repaires sur le ring. Je l’ai laissé travailler avec ses poings. »
De son côté, Fabio souligne la rudesse du combat : « C’était un combat dur face à un combattant dur. On a donné notre maximum, on voulait la victoire et on était bien préparé. Franchement, je ne m’attendais pas à la victoire mais cela ne veut pas dire que je ne la mérite pas. C’était serré et il est dur de juger de l'intérieur. Je pense que cela c’est joué sur la fin car je mettais toujours la pression. »
Ce combat a sûrement été le plus beau de la soirée vu la technique et la débauche d’énergie des deux Nak Muay. L’ovation donnée aux deux hommes par le public était bien méritée. En finale, Fabio aura fort à faire face à Olivier Tchétché.
Le dernier combat de la soirée oppose Mickael EDOUARD (Viry Châtillon) à Yohan LIDON (St Fons) en moins de 75 kg. Soucieux de rebondir d’un championnat 2004 où il avait été sorti au stade des ¼ de finales, Yohan est prêt à livrer un match appliqué.
Durant la première reprise, Yohan campé sur ses appuis est le maître du centre du ring. Calmement, il cherche à cadrer Mickael qui semble avoir opté pour une tactique en contre. Yohan saisit la jambe de son adversaire et le fait chuter suite à un Tei Khaa. Il enchaîne un crochet gauche-droite-Tei Khaa mais son adversaire lui remet les mêmes coups juste après. Yohan réussit à bloquer son adversaire dans le coin : après avoir frappé au corps, il touche d’un crochet droit au menton (voir photo). Compté, son adversaire est arrêté par l’arbitre qui estime qu’il n’a pas suffisamment récupéré.
Après le combat, Yohan nous déclare : « Après ma déception de l’année passée, je reviens bien. Je voulais prouver que l’année dernière était un accident, je n’avais pas bien boxé au premier tour. Cette année, je suis arrivé relâché prêt à effectuer 5 rounds. J’ai lâché mes coups et le KO est venu. Je suis content de mon combat. »
Nous retrouverons donc Yohan Lidon ainsi que tous les autres qualifiés le 14 mai pour les finales.
Vincent Dao

























