Sidi KONE bientôt sur le ring
Par Brice Hoarau le vendredi 06 février 2004
Sidi KONE (voir sa fiche) triple champion de France de 2001 à 2003 n'a plus boxé depuis le milieu de l'année 2003. Son retour s'effectuera le 6 mars en match d'encadrement du championnat d'Europe. Samouraitv en a profité pour recueillir ses impressions sur le Muaythaï aujourd'hui et sur ses aspirations personnelles.Samouraitv : Depuis quand pratiques-tu le Muaythaï ?
Sidi KONE : Je le pratique depuis que je suis adolescent, en fait j’ai commencé par le karaté puis je me suis orienté vers le Muaythaï. J’ai débuté vers 16-17 ans.
Qu’est-ce qui t’as amené à ce sport ?
En fait j’ai pu voir que c’était un sport très complet du fait qu’on se sert des poings et des pieds. Toutes les parties du corps servent. En plus quand j’étais gamin j’étais physique, comme beaucoup j’aimais la bagarre et cela m’a plu car j’ai pu canaliser mon énergie.
Y-a-t-il un Nak Muay qui t’as particulièrement impressionné ?
C’est surtout les Nak Muay thaïs qui m’ont marqués. Cela à cause de leur technique, de leur élégance : quand ils montaient sur un ring, tu sentais une certaine force, une certaine envie c’est ça qui m’a motivé en voyant des combats thaïlandais. Leur approche du sport est différente, c’est très fort chez eux. Sans oublier le style qui va avec, quand tu regardes des Thaïs boxer, tu vois le style. C’est une boxe propre, élégante. Pour résumer ils sont Fimeu (boxeur alliant l'élégance à l'efficacité).
Et si tu devais en citer qu’un ?
Un que j’ai connu c’est Nongmoon. Je le cite car lors de mon premier voyage en Thaïlande, c’est dans son camp que je suis allé. C’est là que j’ai vraiment vu la différence entre les européens et les asiatiques. Dans son camp j’ai pu apprécier le mode de vie thaïlandais. Depuis cette année-là en 1995, j’y suis retourné chaque année sauf l’année dernière. En allant là-bas j’ai vraiment eu l’envie de me perfectionner. Et à chaque voyage j’ai appris. Au début j’allais chez Nangmoom puis il a fermé son camp donc j’en ai fait d’autres. Mais c’était toujours des camps à Bangkok sauf l’année dernière où j’étais à Phuket. En fait chaque camp est spécialisé : certains dans le corps à corps, d’autres dans le Muay Tae (les techniques de jambes), d’autre dans le Muay Mat (les techniques de poings). Ce qui fait que j’ai fait plusieurs camps pour bien connaître les différentes techniques.
Que penses-tu du Muaythaï aujourd’hui et de la structuration de la fédération ?
La FFMDA (Fédération Française de Muaythaï et Disciplines Assosciées) a fait de gros efforts depuis quelques années au niveau de la structuration et de la reconnaissance. Aujourd’hui nous sommes délégataires (c'est-à-dire agréé par le ministère des sports, voir l’article) . Concrètement, avant on ne pouvait pas dire champion de France et à partir de cette année le vainqueur du Championnat de France portera officiellement le titre de champion de France. Avant on va dire que c’était officieux. C’est mieux au niveau de la compétition mais aussi au niveau des stages, des éducateurs. Auparavant c’étaient des instructeurs maintenant se sont des éducateurs, des personnes qui peuvent vivre de leur passion si elles le veulent. La fédération a fait un grand pas et ce n’est pas finit. Ils ont ouvert la porte au changement.
De part ces changements, comment vois-tu la discipline évoluer ?
Comme tout les sports, il doit devenir un moyen d’insertion pour les gens des quartiers difficiles mais aussi un sport à part entière. Qu’on ne dise plus le Muaythaï c’est un sport de délinquants. Le Muaythaï est un art martial et ne doit plus être mis en marge des autres. J’espère qu’avec la nouvelle politique de la fédération il y aura de plus en plus de licenciés.
Sidi KONE : Je le pratique depuis que je suis adolescent, en fait j’ai commencé par le karaté puis je me suis orienté vers le Muaythaï. J’ai débuté vers 16-17 ans.
Qu’est-ce qui t’as amené à ce sport ?
En fait j’ai pu voir que c’était un sport très complet du fait qu’on se sert des poings et des pieds. Toutes les parties du corps servent. En plus quand j’étais gamin j’étais physique, comme beaucoup j’aimais la bagarre et cela m’a plu car j’ai pu canaliser mon énergie.
Y-a-t-il un Nak Muay qui t’as particulièrement impressionné ?
C’est surtout les Nak Muay thaïs qui m’ont marqués. Cela à cause de leur technique, de leur élégance : quand ils montaient sur un ring, tu sentais une certaine force, une certaine envie c’est ça qui m’a motivé en voyant des combats thaïlandais. Leur approche du sport est différente, c’est très fort chez eux. Sans oublier le style qui va avec, quand tu regardes des Thaïs boxer, tu vois le style. C’est une boxe propre, élégante. Pour résumer ils sont Fimeu (boxeur alliant l'élégance à l'efficacité).
Et si tu devais en citer qu’un ?
Un que j’ai connu c’est Nongmoon. Je le cite car lors de mon premier voyage en Thaïlande, c’est dans son camp que je suis allé. C’est là que j’ai vraiment vu la différence entre les européens et les asiatiques. Dans son camp j’ai pu apprécier le mode de vie thaïlandais. Depuis cette année-là en 1995, j’y suis retourné chaque année sauf l’année dernière. En allant là-bas j’ai vraiment eu l’envie de me perfectionner. Et à chaque voyage j’ai appris. Au début j’allais chez Nangmoom puis il a fermé son camp donc j’en ai fait d’autres. Mais c’était toujours des camps à Bangkok sauf l’année dernière où j’étais à Phuket. En fait chaque camp est spécialisé : certains dans le corps à corps, d’autres dans le Muay Tae (les techniques de jambes), d’autre dans le Muay Mat (les techniques de poings). Ce qui fait que j’ai fait plusieurs camps pour bien connaître les différentes techniques.
Que penses-tu du Muaythaï aujourd’hui et de la structuration de la fédération ?
La FFMDA (Fédération Française de Muaythaï et Disciplines Assosciées) a fait de gros efforts depuis quelques années au niveau de la structuration et de la reconnaissance. Aujourd’hui nous sommes délégataires (c'est-à-dire agréé par le ministère des sports, voir l’article) . Concrètement, avant on ne pouvait pas dire champion de France et à partir de cette année le vainqueur du Championnat de France portera officiellement le titre de champion de France. Avant on va dire que c’était officieux. C’est mieux au niveau de la compétition mais aussi au niveau des stages, des éducateurs. Auparavant c’étaient des instructeurs maintenant se sont des éducateurs, des personnes qui peuvent vivre de leur passion si elles le veulent. La fédération a fait un grand pas et ce n’est pas finit. Ils ont ouvert la porte au changement.
De part ces changements, comment vois-tu la discipline évoluer ?
Comme tout les sports, il doit devenir un moyen d’insertion pour les gens des quartiers difficiles mais aussi un sport à part entière. Qu’on ne dise plus le Muaythaï c’est un sport de délinquants. Le Muaythaï est un art martial et ne doit plus être mis en marge des autres. J’espère qu’avec la nouvelle politique de la fédération il y aura de plus en plus de licenciés.
Pour en revenir à toi, quels ont été tes trois derniers combats ?J’ai combattu deux fois en Hollande plus la finale du championnat de France, il n'y a eu que des victoires à la clé. J’ai affronté Murat KUMAS à Maastricht (voir l’article). En championnat de France 2003 j’ai affronté David DESCAMPS (lire l’article) qui a été deux fois champion de France de la catégorie en – de 81 kgs. Puis il y a eu le Hollandais Aziz JAHJAH (voir l’article) (notre photo), celui qui a battu Aurélien DUARTE le 5 décembre en Thaïlande, que j’ai battu chez lui.
Le prochain gros événement Muaythaï, c’est les demi-finales du championnat de France, le 14 février. Pourquoi n’y participes-tu plus ?
En fait en championnat de France j’ai trois ceintures : en 2001 et 2002 en - de 76,4 kg et en 2003 en – de 81 kg. Il y’a deux ans je disais jamais deux sans trois mais là je n’allais pas faire jamais trois sans quatre. Avoir trois ceintures me convient : j’ai eu ma ceinture ensuite j’ai confirmé et j’ai défié le champion de la catégorie supérieure. J’ai fait mon travail, je ne me vois pas défendre une troisième fois un titre de champion de France, j’ai d’autres objectifs plus importants.
Objectif Europe
Je crois savoir que tu passes ton BP, parle m’en. Je passe mon Brevet Professionnel d’éducateur, activité pugilistique. C’est le premier BP du Muaythaï en tant qu’éducateur sportif (voir l’article). Avant c’était des instructeurs fédéraux mais depuis la délégation le BP s’est mis en place. Il apporte le diplôme qui va me permettre de proposer me services au collectivités ou de monter des associations.
Comment vois-tu ta vie d’après boxeur ?
Je serais toujours dans le milieu du Muay. Pourquoi pas monter un club, en dehors de Paris car ils sont trop regroupés dans la capitale. Favoriser le développement des clubs en périphérie de Paris, transmettre aux pratiquants mon vécu de compétiteur ainsi que les connaissances et les valeurs acquises par cette discipline. Les valeurs sont le respect, l’entraide, la vie dans un groupe, l’entretien du corps…
Pourquoi rester dans le milieu du Muaythaï ?
C’est une grosse passion. Et enseigner me permettra de voir cette discipline autrement, car pour le moment je ne la vois que comme un compétiteur : l’entraînement, la recherche de la performance…Et puis il n’y a pas que la compétition dans ce sport, j’ai envie de partager mas acquis avec des jeunes.
A bientôt 27 ans, combien d’années penses-tu qu’il te reste ?
Il me reste encore trois ans, trois ans et demi. Trois bonnes années pour boxer, passer les trente ans je penserais à la reconversion. Mais d’ici là j’espère remplir mes objectifs. Il y’a trois ans je voulais être champion de France et conserver mon titre, chose que j’ai fait (ici en 2003 aux côté de Jean Mulumba du club d'Angoulême). Maintenant j’aimerais faire un championnat d’Europe et confirmer par une victoire. Ensuite pourquoi ne pas faire un championnat du monde en guise de consécration, de cerise sur le gâteau et dire que j’ai fait une bonne carrière.
Quelle est ta prochaine échéance sportive ?
C’est le 6 mars à Woippy. Cela sera un combat international contre un Portugais. Ensuite j’aimerais ne faire que des combats internationaux en vue d’une chance européenne. Depuis septembre je m’entraîne pour m’entretenir, alors que depuis le début de l’année je suis un entraînement plus spécifique à la préparation d’un combat : beaucoup de sparring, je travaille mes points forts et mes points faibles. Chaque fois que je monte sur un ring je veux montrer une belle boxe. Lors de mon premier championnat de France, je le faisais pour moi, maintenant je me dis que plus tu arrives à conquérir un public mieux c’est. Car même le jour où tu perds il est là pour t’encourager. Je m’entraîne dur à la salle et savoir qu’il y a un public qui te soutient est une motivation supplémentaire comme dans tous les sports, même si je ne dis pas que je ne boxe que pour eux. Ca fait plaisir d’entendre « allez Sidi » avant de monter sur le ring et quand je gagne c’est aussi grâce au public.
Merci Sidi et au 6 mars.
Au 6 mars !
Propos recueillis par Vincent Dao

























