Schilt instoppable lors de la finale du K-1 World GP 05
Par Monty DiPietro le mardi 22 novembre 2005
Le combattant hollandais Semmy Schilt a vaincu trois adversaires pour remporter la finale du World Grand Prix 2005 à Tokyo devant 58 213 personnes. Le karatéka de 32 ans enregistrait une convaincante victoire à l’unanimité des juges contre Ray Sefo avant de battre par KO le tenant du titre Remy Bonjasky en demi finale, puis il s’imposait face à Glaube Feitosa en finale. Les années de karaté de Schilt lui offre vitesse et résistance, il a remporté le WGP à Paris en mai, et avant la finale de samedi il était considéré comme le meilleur combattant du K-1 de grande taille (2,12 mètres pour 121 kg). Schilt devient le quatrième Hollandais à remporter le K-1 World GP et c’est le premier karatéka à être couronné depuis Andy Hug en 1996. Avec cette victoire, Schilt empoche la somme de 400 000 $.
Le tournoi à 8 est le résultat de différents événements ayant eu lieu cette année partout dans le monde. Tous les combats ont eu lieu dans les règles du K-1, 3 rounds de 3 minutes. Les juges venus du Japon, des Etats-Unis, de France et de Hollande, pouvaient avoir recours à un extra round en cas de match nul et un second lors de la finale.
La première opposition met au prise le double tenant du titre Remy BONJASKY (Hollande, à gauche) à Hong-Man CHOI (Corée du Sud).Ancien champion du lutte Silum, Choi a débuté cette année dans le K-1 et est invaincu en 6 combats, utilisant mieux sa taille que beaucoup d’autre « géants » du K-1. Choi est un héros national en Corée et un fort contingent de fans est venu le supporter lors de cette soirée. Le longiligne et dangereux Bonjasky est connu pour ses spectaculaire coup de genoux sautés et ses coups de pieds. Mais ses fans doivent se demander si les 2,18m de Choi n’étaient pas un peu hauts.
Bonjasky évite la fantaisie en favorisant un intelligent et précis travail en low kicks. Dès le coup de gong, le Hollandais est léger sur ses appuis, maintenant sa garde haute et hermétique et frappant avec de puissants low kicks. Avec son direct du gauche, Choi effectue de bons contres et rapidement il enferme Bonjasky dans les cordes le martelant de coups de poings. Aucun des combattants ne domine le round et les trois juges donne match nul.
Lors du deuxième round, Bonjasky effectue un coup de pied sauté auquel Choi répond avec ses poings. Les low kicks de Bonjasky semblent faire leur effet maintenant. Mais le Coréen utilise son allonge pour contrôler la distance et une fois de plus Bonjasky ne peut maintenir la pression.
Dans le troisième round, le Batave est encore l’agresseur avec ses low kicks avant de porter un high kick du droit. Les attaques de Choi sont annihilées.
A la fin du combat, les juges favorisent l‘agressivité de Bonjasky lui accordant d’un faible écart la victoire à l’unanimité.
Le deuxième combat voit Semmy SCHILT gravir la première marche de son succès dans un affrontement face au Néo-Zélandais Ray « Sugarfoot » SEFO. Schilt mesure 28 cm de plus que Sefo mais ce dernier espère rééquilibrer les choses avec des techniques acquises lors d’entraînement avec le grand Jan « The Giant » Nortje.
Dès le début, Schilt prend le combat à son compte et Sefo semble n’être que l’ombre de lui même. Schilt commence par des fronts kicks et des directs pour contrôler la distance et quand Sefo avance avec ses poings, Schilt va au corps à corps pour frapper avec ses genoux. Rien que dans ce round, Sefo recevra 5 coups de genoux à la tête.
Dans la deuxième reprise, Schilt travaille bien en low kicks et même si Sefo touche un peu avec un coup de poing retourné et une droite, il est durement touché par un high kick gauche suivit d’un direct.
Au début du dernier round, Sefo saigne mais il continue de demander à Schilt de venir, espérant lui infliger un compte avec un large crochet. Mais Schilt garde le contrôle avec ses poings et ses jambes. A la fin du round, Sefo est compté jusqu’à huit.
Logiquement, Schilt remporte unanimement la victoire.
Le troisième quart de finale est un affrontement entre deux vétérans du K-1, le Français Jérôme LE BANNER (à droite) et le Hollandais Peter AERTS. Le Banner amène une agressivité naturelle sur le ring, et il est considéré comme le meilleur combattant du K-1 à n’avoir jamais remporté de World Grand Prix.
Aerts est un combattant technique avec des bons coups de pieds et qui a remporté à trois reprises le WGP. Aerts a participé à toutes les éditions du K-1 final (13 consécutives, un record qui ne sera probablement jamais dépassé). Les deux hommes se sont rencontrés 3 fois avec un avantage pour Aerts qui mène 2-1.
Le Banner met le meilleur coup, dans cette première reprise assez calme, avec un direct du droit en pleine tête.
Dans le deuxième round, Le Banner repart avec ses poings, adossant Aerts dans les cordes et touchant avec une terrible précision. Les low kicks et middle de Aerts ne sont pas suffisants alors que Jérôme commence à prendre le contrôle du combat.
Mais Aerts augmente le rythme dans le troisième round et touche avec ses middle. Le Banner envoie quelques coups de pieds mais sans vraiment les porter et il est visiblement plus à l’aise avec ses poings. Le meilleur moment du round survient lorsque les deux combattants se touchent simultanément avec un crochet droit et que le protège dent de Le Banner vole. Aerts remporte le troisième round et comme le combat est serré, les juges demande un extra round.
Dans ce dernier, les deux hommes semblent fatigués, et c’est Aerts (le plus âgé de tous les participants avec ses 35 ans) qui porte le plus d’attaques : frappes avec les jambes et les genoux. Le Banner essoufflé, n’a plus d’énergie et cela se ressent dans la notation des juges qui donnent Aerts vainqueurs, ce qui permet à la Hollande qualifier ses 3 combattants pour les demi-finales.
Dans le dernier quart de finale, l’enfant chéri des Japonais MUSASHI est opposé au prodige Russe Ruslan KARAEV.
Les puissants coups de pieds de Musashi lui ont valu d’être deux fois de suite finaliste lors des deux derniers WGP Finals alors que Karaev a accablé ses adversaires cette année avec ses rapides attaques continues. Karaev s’est entraîné en haute altitude à Karuizawa pour préparer ce combat avec en tête d’améliorer son souffle et sa résistance.
La dynamo russe démarre le combat sur les chapeaux de roue, bombardant Musashi de coups de pieds. Karaev maintient la pression avec des attaques variées (dont des coups de pieds retournés) et de puissantes combinaisons pieds/poings. Musashi bloque et esquive bien, frappant en low kicks.
Dans le deuxième round, Musashi est plus confiant, solide sur ses appuis touchant en contre avec un crochet du droit et, avec ses low kicks et middle kicks. De son côté, Karaev touche d’un uppercut du droit et coup de poing retourné.
La troisième reprise suit le même schema : Karaev avance avec ses poings alors que Musashi bloque et contre en low kicks. Dans les dernières secondes, le combat s’emballe les deux hommes échangeant les coups de poings. A ce jeu là, c’est Karaev qui a l’avantage.
Comme les juges n’arrivent pas à les départager, ils demandent un extra round. Musashi pique avec ses low kicks. Accidentellement, Karaev donne un coup de tête à son adversaire. Ce round finit comme le précédent, de manière frénétique : Karaev touche d’un direct du gauche et d’un coup de pied retourné alors que Musashi continue son travail avec ses jambes.
Musashi remporte ce combat serré aux points.
La première demi-finale voit Bonjasky affronter un opposant de grande taille, encore plus intimidant en la personne de Semmy Schilt.
Ce combat dure à peine deux minutes, Schilt prenant l’initiative dès le coup de gong avec ses coups de poings, de pieds et de genoux. Bonjasky est acculé dans les cordes, contraint à défendre. Grâce à sa puissance, Schilt perce facilement la défense de son adversaire et, après un coup de genou gauche à la tête, suivit de coups de poings et d’un high kick, amène le compte de son compatriote.
30 secondes plus tard, un coup de genou au foie amène le second compte et la fin du combat. Schilt accède donc à la finale.
Avant la seconde demi-finale, on annonce que Peter Aerts souffre de côtes cassées et ne peut continuer le tournoi donc sa place reviendra au vainqueur du premier combat réserve. Ce combat oppose le karatéka brésilien Glaube FEITOSA (à droite) au Trinidadien Gary GOODRIDGE.
Dès le début, ce dernier travaille avec des coups au corps alors que Feitosa se protège bien et contre avec ses coups de pieds.
Dans la deuxième reprise, Feitosa déloge le protège dent de Goodridge à la suite d’un front kick, et frappe avec ses poings. Goodridge, qui saigne du nez et de la bouche, prend peu d’initiative.
Dans le dernier round, Goodridge avance, frappant avec ses poings mais Feitosa se protège est s’assure d‘une victoire à l’unanimité.
Le Brésilien va donc affronter Musashi en demi finale.
Le premier round est équilibré et technique avec deux « kickers » échangeant les coups de pieds. Puis à quelques secondes de la fin du round, Feitosa surprend Musashi d’un rapide direct du droit qui amène un compte.
Conscient de sa chance, Feitosa est très agressif dans la seconde reprise : il avance frappant avec ses poings et ses jambes et obligeant Musashi à reculer avant d’envoyer un coup de genou sauté au nez du Japonais. Totalement KO Musashi ne tente même pas de se relever et Feitosa affrontera Schilt pour le titre.
Cette finale est la revanche d’un combat ayant eu lieu en septembre lors des éliminatoires d’Osaka. Le Brésilien avait perdu ce combat par décision et il n’est pas plus chanceux ce soir lorsqu’un coup de genou met fin à son conte de fée dans la première reprise.
Schilt ne laisse aucune chance à Feitosa, frappant dès le départ avec ses poings et ses genoux. Feitosa cherche à contrer de près mais cela est inutile. Le Hollandais touche d’un coup de genou qui met fin au combat au bout de 48 secondes. Une victoire convaincante pour finir un parcours parfait de Schilt.
Ce dernier rayonnant déclare : « Je veux remercier tous mes fans qui m’ont supporté. J’étais motivé et j’ai gagné. Je suis aussi content de donner de beaux combats aux fans. Mon but est de conservé le titre l’année prochaine.
Le second combat a vu la victoire du Hollandais Badr HARI sur le Croate Stefan LEKO. Hari qui fait ses débuts dans le K-1 gagne par KO à la deuxième reprise grâce à un coup de pied retourné au menton.
Monty Di Pietro/ Vincent Dao
Crédits photos : K-1





















