Résultats de la Nuit des Supers Fights 3
Une soirée qui a tenu toutes ses promesses…
Par Thibaut Machu le mercredi 18 janvier 2006
Le premier combat du gala opposait en classe B, SAAD BELAMINE au jeune BRAHIM YOUSSEF.L’anxiété de ce dernier et de ses coachs était palpable : protège dent oublié au vestiaire, tension au coin du ring..
Le premier round est crispé et tendu pour Youssef, alors que Belamine montre une bonne maîtrise technique de ses enchaînements pieds-poings.
Au second round Youssef se ressaisi, travaille des combinaisons de jabs, de crochets et de middles. Il déstabilise Belamine qui prend mal ses distances et se retrouve plusieurs fois au tapis durant cette reprise.Le troisième et le quatrième round sont marqués par de nombreux corps à corps et de magnifiques high kick de Saad Belamine.
Les deux nak muay ont offert au public un premier combat intense et respectueux de l’art du muaythai. Belamine a été déclaré vainqueur à juste titre, mais Youssef s’est honorablement défendu.
Le second combat de la soirée : MOUNIR BOUTI contre ALBERT CHEY, en classe A.Dans un premier temps, les deux Nak Muay nous offrent un Ramuay gracieux et apprécié des spectateurs. Un calme et une certaine sérénité envahit la salle. Le gong du premier round retentit. Chey adopte une stratégie totalement française, pas de round d’observation, il enchaîne directement ses combinaisons, place d’abord deux coups, recule, puis replace un enchaînement de trois coups, ses uppercuts sont efficaces et pourraient se révéler dévastateurs. Il déstabilise Bouti qui est souvent projeté au sol et dépense bien plus d’énergie que son adversaire pour cette première reprise.
Au second round, Bouti écoute à la lettre les conseils de son entraîneur Guillaume Kerner. Il est plus détendu, plus rapide, place de superbes « high kick », enchaîne à la suite ses « low kick » et ses middles, il travaille à chaque corps à corps, ne cherche plus à projeter au sol Albert Chey à chacun de ses accrochages. Ce round est largement dominé par Bouti.
Le troisième round tourne court, après une superbe droite suivi d’un coup de coude, Albert Chey a l’arcade sourcilière ouverte, le médecin décide d’arrêter le combat. Spontanément, avec beaucoup de respect, Mounir Bouti vient embrasser son adversaire. Le jeune Mounir est d’un fair-play remarquable, à la fois sur le plan humain, comme dans sa boxe. Une vraie personnalité. Ces deux nak muays nous ont offert un combat bien trop court.
Le troisième combat opposait MOURAD KHIDER à AMADOU BA.De suite, les combattants sont partis « à la bagarre ». Malgré de belles démonstrations de high kick retourné de Mourad Khider, l’ensemble de ce match a semblé confus dans les stratégies adoptées par les deux boxeurs. Au vu et au son de la force de leurs coups, on s’imaginait qu’ils cherchaient respectivement le KO. Pourtant, avec énormément de projections au sol, de coups de coude ne déstabilisant ni l’un, ni l’autre, les deux nak muay sont allés avec courage au bout des cinq rounds. Mourad Khider a été déclaré vainqueur.
Le quatrième combat a opposé pour la seconde fois TOTOF à FABIO PINCA. La moitié du premier round est dans « l’observation », jabs, middles, blocages, esquives… Un échange presque courtois. Puis Pinca passe à l’offensive, accélère ses combinaisons. Lors du second round, nous avons le droit à un superbe balayage de Totof, Nak Muay fréquentant les rings depuis de nombreuses années et qui n’a pas perdu sa rapidité. Les troisième et quatrième rounds sont des échanges intenses coups pour coups dans un beau style muay thai. Pour la dernière reprise Pinca cherche clairement le KO, ses poings et ses jambes sont rapides, cassant, toujours dans la tradition de style muay.
Totof ne fait pas qu’encaisser les bombardements de Pinca, il réplique par des enchaînements précis pour déstabiliser ou prendre son adversaire à son propre piège. Fin de la rencontre, Pinca est déclaré vainqueur. Au grand étonnement de tous, il prend le micro et s’adresse à la salle. Le gagnant conteste la décision des juges ! Il estime que c’est un match nul et rend hommage à son adversaire. Avec calme et sincérité, Fabio Pinca nous a donné ce qu’il avait sur le cœur. Il est évident que ce fut un beau combat, intense et respectueux des traditions, avec un Totof en fin tacticien expérimenté et un Pinca en véritable artisan du muay.
Les quatre derniers combats sont des rencontres internationales.
Le premier de cette série oppose SOFIANE ALLOUACHE au Belge DAVE DELMINE.Le premier round commence douloureusement pour Allouache, il a prit un coup dans les parties, il doit être compté. Une fois remis, le combat reprend. Fort de sa grande taille et de son allonge Allouache tient à distance Delmine sans difficulté, évitant ainsi le corps à corps. Le combat est assez classique, le Belge Delmine essaie de trouver les failles de son adversaire, mais sa garde fait défaut et au troisième round il est KO par un coup de genoux bien placé de Sofiane...
Le sixieme combat oppose le français MOHAMED BOURKIS à l’arménien GEVORG PETROSIAN.Pour ce combat non plus, pas de premier round d’observation, c’est directement coup pour coup. Par sa boxe offensive, Petrosian montre qu’il n’est pas impressionné de combattre à l’étranger, dans une salle où le public ne lui est pas acquis. Il donne beaucoup, dès le premier round. Le style muay est totalement présent dès les premières secondes chez les deux nak muay, de bon « front Kick » sont envoyés de part et d’autre, ainsi que des corps à corps avec des coups de genoux. Durant les deuxièmes et troisième rounds Bourkis se déplace beaucoup sur le ring, Petrosian ne se fatigue pas à « aller le chercher », il le laisse revenir sur lui et esquive parfaitement les « high kick » du français. Au quatrième round Bourkis est très offensif, il arrive à placer de bons coups de genoux, des jabs et des crochets, il semble que son adversaire soit fatigué. Bourkis a remporté visiblement ce round. Petrosian s’est ressaisi, donne tout ce qu’il a pour les trois dernières minutes du match, marque des points, ne néglige pas sa garde et évite ainsi les uppercuts de Bourkis. Fin du combat, l’arménien est déclaré vainqueur. Pourtant, il ne semble pas satisfait de lui, il s’est dit fatigué, avoir eu des difficultés pour dormir la veille.
Malgré cela, Petrosian et Bourkis nous ont donné un bon combat. Nous espérons revoir prochainement ces Nak Muay sur un ring français...
Le septième combat nous propose le thaïlandais TONGCHAILEK contre le français KARIM SAADA. Après un appréciable Ramuay, le début du combat surprend Saada, Tongchailek attaque directement. Les coups pleuvent, le français est surpris, mais esquive, encaisse, se déplace. Au troisième round, il reprend le dessus, place un magnifique « high kick » au visage de Tongchailek. Mais le thaïlandais est très solide, ce dernier est secoué, mais pas KO pour autant. Au quatrième round Saada maîtrise son anglaise, son adversaire décide d’aller au corps à corps. Le combat est intense jusqu’au bout, ni le français, ni le thaïlandais ne s'avoue vaincu. Tongchailek est déclaré vainqueur de ce combat qui a fait vibrer la salle entière.
Dernier combat de la soirée, le plus attendu, celui de FARID VILLAUME contre OLE LAURSEN. Leur ramuay est impécable, la salle fait silence, une vraie communion s’installe entre les spectateurs et les Nak Muay. Le premier round est propre, technique, dit d’observation. Villaume est totalement serein. Laursen se défend bien, cherche à feindre ses coups, mais on sent qu’il se méfie de son adversaire. Au deuxième round, les événements s’accélèrent, les poings de Villaume sont de vrais pistons qui marquent fortement à chaque fois le visage de Laursen. Ce dernier arrive à rentrer en corps à corps, à projeter Villaume au sol qui se relève de suite. C’est alors que Farid commence un impressionnant travaille de sape avec les jambes , il réussi à placer un puissant coup de genoux à Laursen qui tombe à terre, c’est déjà le KO. La salle est en liesse et cela se comprend. Villaume est un maître dans l’art du Muay Thai, c’est incontestable. Sa boxe a du style. Sans aller une seule seconde « à la bagarre », il croit en tout ses coups, rien n’est à jeter, c’est purement exceptionnel. C’est un grand combattant qui domine sa discipline depuis presque dix ans…
Cette Nuit des superfight III fut donc très riche, le public venu nombreux n’a pas été déçu de cette soirée.
Rendez-vous le 8 avril prochain à Bercy pour un prochain gala prometteur, toujours organisés par Ali Ouagueni et Smaïl Boussif.
Michel Lecorre
Ben Pontier Photography























