Portrait : Damien OZENNE
C’est avec les soutiens de Gauvain PAILLAUD pour la Thaïlande et de Guillaume KERNER pour la France, que Damien OZENNE, le 11 mai dernier, a remporté la ceinture européenne WPMF chez les – de 76 kg, une victoire à domicile remportée par KO corps à la 3ème reprise. Où que l’on se trouve, l’amitié, le sérieux et la persévérance mène loin dans le muay. Et Damien OZENNE n’a pas cherché à attraper tous ses rêves à la fois.
Après dix années de pratique de Handball, c’est en 2004 que Damien OZENNE se tourne vers le muay, alors qu’il cherchait un club de karaté. Pourquoi le karaté ? Parce qu’il "kiffait les films de Van Damme" et pensait que c’était le sport qu’il fallait pratiquer pour "faire comme Jean-Claude". La réalité est souvent différente du cinéma. Un nak muay, ami du père de Damien, l’a mené au club Muay Thaï DIVAIS, chez Philippe LEVIVIER. Et l’aventure a commencé.
Rapidement il enchaîne les classes D et C, puis, après trois ans d’arrêt, il reprend la compétition et fait son retour en B en 2009, à vingt-deux ans. Il gagne son premier combat à domicile et décide ensuite de s’engager dans le championnat de France. La saison suivante, il remporte les 1/8, 1/4, 1/2 finale, et gagnera la finale par forfait. Il sera donc sacré champion de France espoir 2010. Heureux, mais à la fois déçu de ne pas avoir combattu en finale, il se réengage en 2011 en élite et perdra en demi-finale face à Sekou DEMBÉLÉ, "un boxeur très compliqué à boxer" affirme Damien. En 2012 il se réinscrit, mais suite à un désaccord avec la fédération concernant les modalités du tirage au sort, Philippe LEVIVIER décide de le retirer de la course. Leur choix futalors de combattre des nak muay titrés. L’un des premiers fut contre le Gabonais Aiello BATONON, champion du monde et d’Europe WPMF. On attendait Damien « avec un fusil », peu l’imaginaient victorieux, pourtant il a battu BATANON par KO à la seconde reprise. Cette opposition lui a incontestablement ouvert la porte de l’Europe. Quelque temps avant cette victoire, OZENNE est parti en Thaïlande s’entraîner, trois semaines au SOR VORAPIN près de Bangkok. Il est revenu en France pour honorer un combat, puis le SOR VORAPIN lui a proposé de revenir pour boxer pour les festivités de l’anniversaire du roi. "Ce qui pour moi était énorme" déclare-t-il. Donc un mois après son premier séjour, il reprend l'avion pour deux semaines d'entraînements et combattre en Thaïlande. Le 5 décembre 2010, ce fut son premier 5x3’ : "Mon premier fight dans les règles de l 'élite, direct dans le Grand Bain !" Son adversaire avait déjà une quinzaine de combats dans cette catégorie à son actif. Damien l’a accepté au-delà de sa catégorie de -75kg habituellement, pour passer à 77kg contre cet Argentin. À la pesée, leurs poids étaient identiques à 76 kg. Par contre, le lendemain lors du combat, son opposant était plus proche des 82kg, "une mule" selon lui. Damien ne se laisse pas impressionner, va au charbon, bien qu’il ressente dès le départ une réelle différence de puissance. Durant le premier round, il est pris en tenaille au corps à corps, son adversaire lui baisse la tète au clinch et lui envoi un coup de genou pleine face. Malgré tout, il affirme ne pas être trop sonné, il ne sera d’ailleurs pas compté, même si le choc le marque physiquement. Voyant le visage de son adversaire tuméfié, l’Argentin revient à la charge en coudes avec la nette volonté d’abréger le combat. Seulement Damien tient le coup, se protège, ce qui lui permet de rester lucide et d’attendre son heure. Il revient très fort durant les deux derniers rounds, pense même avoir pris l’avantage finalement. Non, il est déclaré perdant au terme des cinq rounds. Cinq, le chiffre de la soirée pour Damien qui reviendra avec cinq points de sutures sur tout le côté gauche du visage. Damien nous confie : "ça reste quand même une super expérience." Qu’est-ce qui donne à Damien OZENNE tant d’assurance et de ténacité ?
Son club, le MTD, le Muay Thai Divais.
"J’ai toujoursrs été au MTD et pour rien au monde je ne voudrais changé." Le club est réputé en Normandie pour être un lieu ou règne une excellente ambiance, où les valeurs de solidarité sont exemplaires. Que ce soit chez les adultes comme chez les petits tout le monde s'entraide. Les proches des boxeurs s’investissent aussi beaucoup dans le club, ce qui crée une atmosphère familiale, où toutes et tous donnent bénévolement de leur temps. Une véritable noblesse, allie force et sensibilité lorsque Damien parle de Philippe LEVIVIER : "Mon entraîneur, je n’aurais jamais assez de mots pour le décrire. Un homme qui compte beaucoup dans ma vie, comme un deuxième papa. Il est l’exemple parfait de l'entraîneur. Il est au club depuis sa création en 1985 et entraîne depuis dix-huit ans maintenant. Il donne énormément sans attendre en retour. Avec ces années d'expérience, il pourrait passer un diplôme par équivalence et se faire un peu rémunérer, mais NON, pour lui il en est hors de question. Il me répète que le muay c’est sa passion et que le faire à but lucratif n’aurait plus le même intérêt dans sa vie."
Damien se décrit comme quelqu’un de calme et paradoxalement assez impulsif à la fois. Dives Sur Mer est une petite ville de six mille habitants et les résultats de l’enfant du pays suscitent un certain engouement de la part des Divais. Une petite notoriété qui ne le laisse pas insensible, un public qui le suis dans pratiquement toutes ses compétitions, ce qui le pousse à aller plus loin. Il garde la tête froide et ne se comporte pas en "star". Au club, il transmet ce qu’il est aux futurs compétiteurs et demeure très prévenant avec les plus jeunes. Les jeunes du club qu’il accompagne et soutient aussi souvent que possible, même pour leurs premiers assauts.
Le premier boxeur que cite Damien est Ramon DEKKERS, dont la subite disparition l’a vraiment ému. Ensuite, il pense à Danny BILL, avec son impressionnant coup d'oeil qui le rend intouchable. Viens aussi Joe PRESTIA, un vrai clou de cercueil, "d’ailleurs ces combats contre DEKKERS sont anthologiques", affirme-t-il. Pour les combattants actuels, il affectionne plus particulièrement YODSANKLAI pour sa jambe arrière, ou encore SUDSAKORN pour son coup d’oeil et son style. Son préféré est YOD PASK, parce qu’il "ne se la pète pas, ne fait pas de fioritures, mais quand il envoie.... il revient vraiment en force et boxer un mec comme ça sa serait un vrai rêve !"
Le défi est-il lancé ?
Le MTD compte aussi Maxime CORBON qui évolue dans la catégorie des -de 53 et -57 kg. Un nak muay laborieux, au sens noble du terme. Jeune artisan qualifié dans la vie, Maxime se donne les moyens de s’entraîner régulièrement en véritable passionné de muay thaï. Très appliqué, il a su acquérir un style, développé une boxe fimeu. Il a appris de ses défaites face à Thibault DUPHIL ou Jimmy CHOQUART. Aujourd’hui le travail paie, c’est avec brio qu’il a gagné face à l’expérimenté Mathias BACH le 11 mai dernier, en classe espoir. C’est avec des nak muay persévérants comme Maxime que notre discipline avance.
Damien OZENNE a gagné son combat et est devenu champion d'Europe WPMF.
La Fédération mondiale professionnelle MuayThai (WPMF) a été créée en Février 2004 par l'Association professionnelle de boxe de la Thaïlande (PAT). Le PAT est la seule organisation officiellement reconnue par le gouvernement thaïlandais. La WPMF est l'un des principaux organismes reconnus dans le monde entier. Donc "notre ZEZENNE national a décroché un vrai titre pour un vrai champion", selon les propos de son entraîneur. Lors de la présentation du combat à Dives le 11 mai dernier, le gymnase était plein à craquer, rempli d'environ mille personnes qui se sont mises debout et ont chanté la Marseillaise avec le camp Français pour cette ceinture, absolument pas par nationalisme, mais par fraternité, avec un réel respect pour toutes les autres nationalités qui étaient présentes ce soir là. Nous laisserons la conclusion à Philippe LEVIVIER :
"Damien OZENNE est devenu champion d'Europe WPMF et il est maintenant reconnu par le gouvernement Thaïlandais, c'est cela le principal car d'autres ont un titre similaire mais reconnu par le gouvernement français, américain ..... il ne faut pas oublier le nom de notre discipline "le muaythaï " et non "le muayfranc" ou "le muayricain"... Je remercie Gauvain PAILLAUD et Guillaume KERNER qui m’ont permis de réaliser un véritable projet sportif, avant un projet d’argent."



























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