Patrice Quarteron : un nouveau grand poids lourd Français ?
Le 19 août dernier, Patrice Quarteron (26 ans) a été battu de peu par Attila KARACS en finale du K-1 Hongrie. Même s’il pratique le Muaythaï depuis 12 ans, il est encore méconnu du grand public puisqu’il ne fait de la compétition que depuis 1 an. Muaythaitv vous propose donc de le connaître au travers de cette interview.
Muaythaïtv : Bonjour Patrice, pourrais tu te présenter aux internautes, et notamment ton parcours sportif depuis tes débuts ?
J’ai commencé la boxe thaïe à 14 ans, je m’entraînais avec Nilar Win, c’était pour moi un moyen très peu onéreux de m’amuser. A l’époque il était très difficile de trouver des combats, dans la mesure où lors des compétitions il n’y avait jamais d’adversaire à mon poids, je ne pesais pourtant à l’époque que 75 kgs ! Par la suite, j’ai pratiqué différentes sortes de boxes (kick-boxing, boxe anglaise) mais également de la lutte libre à titre de loisirs car je n’avais pas connaissance des possibilités qui m’étaient offertes.
L’année dernière (enfin !), un de mes entraîneurs m’a proposé le championnat d’Europe WMF (World Muaythaï Federation, ce championnat a eu lieu en octobre dernier) de boxe thaïlandaise, que je gagne ! Je remporte la finale par KO en moins de 2 min. Je suis le premier Français à devenir champion d’Europe en poids lourds en Muaythaï. Les choses se sont par la suite accélérées, des agents m’ont contactés et j’ai participé à différentes manifestations, compétitions en boxe thaïe, kick-boxing (il a battu le Belge Diego MASSIMONGO en 30 secondes) et savate (il a battu le vice champion de France élite des mi-lourds Mousa SISSOKO).
Ce qui est marrant c’est que j’ai participé au championnat de France en classe D et qu’on se demandait d’où je sortais avec ce titre de champion d’Europe alors que personne ne me connaissait. Puis après mes combats on m’a dit que je n’avais rien à faire en classe D et que j’étais un classe A. Or n’ayant pas les points suffisants je ne pouvais être qu’un classe D. En tout cas ceux qui étaient là savent qui je suis maintenant.
Depuis mes débuts, j’ai connu plusieurs entraîneurs : outre Nilar WIN, il y a eu Jean-Marie MERCHET et Freddy LEPINE en boxe thaïe et Alain ZANKIFO en kick-boxing et savate.
Tu viens de combattre dans le cadre du K1 en Hongrie. Peux-tu nous raconter ?
C’est impressionnant plus de 6000 personnes, une ambiance et une organisation de dingue, nous avons été accueillis comme des stars (hôtel quatre étoiles, réunion avant les combats, fiche détaillée sur tous les boxeurs du tournoi…)
Concernant les combats, en quart de final face à Kiss SANDOR, je gagne par KO en une minute après deux comptes de l’arbitre, les Hongrois sont stupéfaits par la vitesse à laquelle les choses se sont déroulées. En demi-finale, mon adversaire (Zilai SANDOR) choqué déclare forfait !!!

Je me retrouve donc directement qualifié en finale et là je frappe Attila KARACS (à droite ci-contre) d’un coup de genou au visage, il est sonné mais pas compté, il repart à la charge, je lui mets un coup de genou au foie, il est compté huit, il boite et est manifestement blessé trop fougueux je ne gère pas mon avance et lors d’une intervention de l’arbitre je prends un crochet du droit qui m’envoie au tapis, je n’arrive pas à me lever, la salle exulte les 6000 supporters sont déchaînés, le héros du pays m’a vaincu de justesse ! Une rencontre saluée par la presse nationale, qui a reçu cinq étoiles pour le show du combat. Incroyable moment, j’ai été félicité par Ernesto Hoost. Si j’ai perdu ce combat c’est par manque d’expérience. Le lendemain, jour de la fête nationale, les gens me demandaient des autographes et me photographiaient.
Comment es-tu rentré dans le circuit ?
Grâce à Igor Jusko, mon manager. Ce sont mes victoires dans les différentes disciplines (dont celle contre Brummer THIAMER) qui ont attiré l’intérêt des managers du K-1. D’ailleurs les règles du K-1 conviennent plus au Nak Muay car on peut se servir des genoux, nous avons plus d’avantages que les « kickers ». En France, les règles du K-1 sont pénalisantes pour nous car nous n’avons pas les genoux justement, et apprendre le corps à corps avec les poings comme en anglaise ou en kick boxing.
Quelle est ta prochaine actualité ?
Je boxe le 22 octobre aux arènes de l’agora à Evry (chez moi !) en kickboxing. Le gala sera retransmis sur Eurosport et Eurosport 2.
J’affronterai un pensionnaire du faucon gym de Villepinte.
Dans ta catégorie de poids quelques champions français sont médiatiquement connus : Le Banner, Abidi, Caron. Les connais tu ? Sont-ils des exemples ?
Non personnellement je ne les connais pas, et je ne fais pas partis de leur fan club, dans la mesure où ils sont pour moi, de potentiels adversaires. Si l’un d’eux acceptaient de me rencontrer dans les règles de la boxe thaïlandaise je monterai sur le ring tout de suite.
Qui aimerais-tu affronter à court terme ?
Je me verrais bien contre Cheick KONGO, parce qu’il brille et que nous ne sommes pas nombreux en lourds. De plus, je pense pouvoir le battre, je veux montrer mon niveau.
Que penses tu de l’évolution du muaythaï en France ?
Le muaythaï est sur la bonne voie, avant n’importe qui pouvait jouer les entraîneurs, il n’y avait pas de protection pour les classe C, pas d’équipe de France. En un mot c’était le bordel. Là ça va mieux même s’il faudrait que les deux « fédés » s’entendent pour que l’on arrête de perdre du temps. A la base pour moi le Muay c’était : la Thaïlande, la Hollande et la France. Maintenant, nous sommes rattrapés par les Pays de l’Est. J’aimerais aussi qu’il y ait de plus grands contrôles anti-dopage dans notre sport.
Tu combats en kick, en Muay… Quelle est ta discipline préférée ?
Je préfère la thaïe, mais on a peu de combats donc je suis obligé de faire de tout. Je n’ai pas le choix mais je suis un Nak Muay. S’il y avait assez de combats, je ne ferai que du Muaythaï. D'ailleurs j'aime beaucoup les coups de genoux et les coups de coudes.
Veux-tu adresser des remerciements ou un bonjour particulier ?
Merci à Nasser, Freddy Lepine, Jean-Marie Merchet, Greg Huau, et bien sur Alain Zankifo mon entraîneur actuel. Grâce à lui je me suis adapté à tous les styles de boxe, il sait expliquer les choses qui apportent les plus. En 1 mois avec lui, j’ai gagné 10 ans, c’est vraiment un bon.
Propos recueillis par Vincent Dao





















