Nancy Joseph
Portrait de champion
Par Michel Themates le mardi 28 janvier 2003
Depuis quelques mois, Nancy Joseph est venue renforcer l'encadrement de l'équipe de France de Muaythaï.Nous avons souhaité en savoir plus sur elle et sur son parcours.
Nom : JOSEPH
Prénom : Nancy
Née le : 7 mars 1967
Taille : 1,65 m
Poids : 54 kg
Club : Ring Athlétic Valentinois
PALMARES :
Boxe Française / Savate : 11 fois championne de France, 1 fois Championne d’Europe, 1 fois Championne du Monde.
Kick Boxing
Titres : 4 titres mondiaux
Muaythaï
Titres : 2 titres mondiaux
Boxe Anglaise Professionnelle
Combats : 7 pour 7 victoires (3 KO)
Titres : je prépare le Championnat d’Europe d’Anglaise qui aura lieu le 14 mars à Tain-l’Ermitage (Drôme).
Avant toutes choses, félicitations pour ta victoire du 30 novembre 2002 à Alberville. A 35 ans, envisage-tu un titre européen de boxe anglaise ?
Le Championnat d’Europe est un jeu et un challenge personnel, une première dans l’histoire de la boxe féminine “la première femme française à livrer un combat professionnel en France”. Ce qui prime aujourd’hui : la carrière professionnelle et non les combats de boxe.
Pourtant, la discipline dans laquelle tu viens d’obtenir ce succès, n’est pas celle pour laquelle tu viens d’être nommée Entraîneur National (le Muaythaï) ?
Quand on connaît des personnages comme Hervé Bruandet (Directeur Technique National), Eric Ekambi et Patrice Nebout (cadres au sein de la Fédération) qui priviligient avant tout l’individu et veillent à la sécurité des pratiquants avant la surenchère, je ne pouvais qu’accepter avec enthousiasme. J’ai l’opportunité et la chance de travailler à leurs côtés, cela est un véritable enrichissement.
Comment passe-t-on d’une discipline à une autre ?
Pour basculer d’une discipline à une autre, cela semble toujours très complexe dans la tête des gens. Cela n’a jamais été compliqué pour moi, j’ai toujours eu une grande curiosité et l’envie d’apprendre pour passer d’une spécificité à l’autre.
De part mon expérience dans les différentes disciplines (22 ans) il m’est assez facile de faire le transfert de mes acquis tout en respectant les règles qui appartiennent à chacune.
Le Championnat d’Europe est un jeu et un challenge personnel, une première dans l’histoire de la boxe féminine “la première femme française à livrer un combat professionnel en France”. Ce qui prime aujourd’hui : la carrière professionnelle et non les combats de boxe.
Pourtant, la discipline dans laquelle tu viens d’obtenir ce succès, n’est pas celle pour laquelle tu viens d’être nommée Entraîneur National (le Muaythaï) ?
Quand on connaît des personnages comme Hervé Bruandet (Directeur Technique National), Eric Ekambi et Patrice Nebout (cadres au sein de la Fédération) qui priviligient avant tout l’individu et veillent à la sécurité des pratiquants avant la surenchère, je ne pouvais qu’accepter avec enthousiasme. J’ai l’opportunité et la chance de travailler à leurs côtés, cela est un véritable enrichissement.
Comment passe-t-on d’une discipline à une autre ?
Pour basculer d’une discipline à une autre, cela semble toujours très complexe dans la tête des gens. Cela n’a jamais été compliqué pour moi, j’ai toujours eu une grande curiosité et l’envie d’apprendre pour passer d’une spécificité à l’autre.
De part mon expérience dans les différentes disciplines (22 ans) il m’est assez facile de faire le transfert de mes acquis tout en respectant les règles qui appartiennent à chacune.
Les filles ont obtenues trois médailles pour trois participantes à la dernière Coupe d’Europe Amateur à Lille début novembre. Cela prouve-t-il qu’il y a une forte potentialité en France ? Oui. pour une première, une équipe féminine, trois filles – trois médailles : je regrette seulement que la représentation de celles-ci ne fut qu’au nombre de trois, je reste persuadée qu’il y a une progression importante chez les féminines dans la pratique du Muay en France.
Je souhaite que sur les prochains regroupements, elles soient beaucoup plus nombreuses à vouloir être sélectionnées tout en ayant le pré-requis (junior, sénior…. ). Pour cela il nous faudra améliorer la communication et l’information : travail important de notre part ainsi que des responsables de ligues et entraîneurs.
Les Finlandaises pour leur part, trustent 4 or et une argent pour cinq combattantes. Quelles différences principales vois-tu à cette réussite et quel est ton plan pour amener les Françaises au même niveau ? Y a-t-il des échéances imposées ?
Je suis très contente du résultat qu’elles ont obtenues. Maintenant elles doivent encore gagner quelques marches pour arriver au même niveau, si ce n’est encore plus haut que les autres nations...
La différence se fait dans le manque de combat, je suis convaincu que les mises en situations réelles restent très importantes pour elles : cela leur permettrai d’acquérir une plus grande confiance et sérénité au plan physique et psychologique.
On en revient toujours aux mots (communiquer - informer). Le rôle de l’entraîneur est très important, inscrire les féminines à un minimum de compétitions.
Le plan serait de mettre en place un minimum de regroupement sur la saison, en instaurant une progression technique et un travail sur le mental de chacune.
La France finie première nation sur l’ensemble des catégories durant cette compétition (juniors / féminines / séniors) et l’ambiance qui y régnait semble en avoir été le moteur. La cohésion est-elle la principale raison de cette réussite ?
En effet, l’ambiance était au rendez-vous et j’ai pu constater que la force venait de chaque athlète, c’est une grande fierté de prouver aux autres et à eux-mêmes, qu’ils ou qu’elles pouvaient réussir.
Il y a eu aussi une véritable cohésion au sein de notre équipe de Coach, tous étions capable d’anticiper face aux différentes situations . « Cela a été notre force ».
Une autre combattante évolue avec réussite dans les sports pieds/poings en la personne de Valérie Hénin. Vous connaissez-vous ? Avez-vous des contacts ? Que t’inspire-t-elle ?
Je connais Valérie Hénin, nous avons fait nos débuts dans les années 1980 et nous nous croisions régulièrement au moment des compétitions, pour ensuite évoluer chacune de notre côté dans les différents sports de combats.
Aujourd’hui nous avons peu de contact, mais avons toujours su garder un grand respect l’une envers l’autre.
Quel est le niveau actuel de tes connaissances dans le Muay et quels différences y vois-tu par rapport à tes expériences précédentes en pieds/poings notamment ?
J’ai été la première française à combattre en Muay-thaï dans les années 1980 et j’ai fait mes débuts au « Brizongym » avec à mes côtés Martial Malié (mon entraîneur de l’époque décédé en 1994).
Aujourd’hui le Muay a évolué de façon exemplaire et il s’est enrichi dans sa technicité. De part mon "grand" âge, je ne pratique plus, donc ne maîtrise pas la technique, mais je suis à même de l’enseigner dans son approche ou dans les stratégies à mettre en place auprès des compétiteurs (trices).
La différence du Muay-thaï par rapport à mes expériences précédentes en pieds/poings, va se faire dans l’approche du combat et du haut niveau, du fait que le Muay détient une palette de technique très élaborées.
Dans le magazine Punchmag de décembre 2002, tu dis que les "protections étaient une condition sine qua non à ta venue à la FMDA". Considères-tu ce sport comme trop violent ou dangereux ?
Ce n’était pas ma condition, celle-ci a été mise en place bien, bien avant que je sois nommée Entraîneur National de l’Equipe Féminine.
Ce sport n’est pas du tout dangereux à partir du moment ou les personnes qui l’enseigne ou l’arbitre, se soient formés et qu’elles prennent conscience des normes de sécurité (protections, certificats médicaux etc…).
Quel message adresserais-tu aux jeunes filles tentées par une expérience pieds/poings et notamment Muaythaï ?
Si vous êtes tentées par le Muaythaï et que cela vous passionne, ne vous préoccupez pas des dires (c’est plus masculin que féminin) car les moments sont tellement beaux, tellement forts que cela vaut la peine d’être vécu : je vous l’assure.






















