Myriame DJEDIDI, interview « sans chipoter »
Par Laetitia Bakissy le mardi 29 janvier 2019
Myriame DJEDIDI va disputer une ceinture intercontinentale WMC samedi au MUAY THAI ATTITUDE 7. Nous en avons donc profité pour lui poser quelques questions sur cet important rendez-vous ainsi que sur son actualité fournie. Nouvelle vie en Suède, nomination au Muaythaitv Awards, rivalité avec Fanny RAMOS, carrière dans le MMA... Myriame nous parle de tout avec le franc-parler qui la caractérise.
MUAYTHAITV : Myriame, après avoir défendu victorieusement ta ceinture WMC Europe -53,8kg, l'année dernière, tu vas disputer cette fois-ci la ceinture WMC intercontinentale en -50,8kg. Pourquoi ce changement de catégorie ?
Myriame DJEDIDI : Pour mes ceintures en -53,8kg, j’ai toujours été pesée plus légère, c’est pour cette raison que j’ai voulu changer de catégorie de poids. J’ai souvent boxer pour des combats en -54kg et j’étais bien en dessous de cette catégorie. Par exemple, le dernier combat que j’ai fait en -53 kg contre Maria LOBO, je pesais 49 kg tandis qu’elle pesait 53 kg. Cela n’étant pas à mon avantage (même si je ne perdais pas forcément mes combats), nous avons décidé avec mes coachs de changer de catégorie. J’ai également changé de catégorie de poids pour mes sorties en équipe de France. J’ai fait trois compétitions en -48kg en 2018. Nous sommes pesés tous les matins, c’est une catégorie de poids qui me convient parfaitement. Je suis puissante et plus rapide dans mes actions.
Quelle importance a cette ceinture pour toi ?
Tout d’abord, je tiens à remercier Rudy NUNEZ, organisateur du Muay Thai Attitude, de m’avoir offert l’opportunité de boxer pour une ceinture WMC. C’est la troisième année consécutive que nous travaillons ensemble et dans de bonnes conditions. J’ai un profond respect pour Rudy et beaucoup de sympathie envers lui. Les ceintures WMC étant reconnues dans le circuit de la Boxe Thaï, il était essentiel que je dispute ce titre pour ma carrière en Muay.
N’attendais-tu pas plutôt une opportunité de ceinture mondiale WMC ?
Non, étant donné que c’est la suite logique. J’ai d’abord disputé un titre WMC européen, puis je l’ai défendu. Cette année je dispute une ceinture WMC intercontinentale pour l’année prochaine boxer pour une ceinture mondiale WMC.
On pensait te voir face à une Vietnamienne, finalement il s'agira d'une Canadienne. Comment s’est fait le choix de la WMC finalement ?
Le choix de la WMC se base sur une liste des meilleurs au monde. Puis une sélection se fait à partir de cette liste. Malheureusement, la Vietnamienne n’a pu obtenir le visa, c’est pour cette raison que pour ce titre je rencontrerai finalement la Canadienne Yumiko KAWANO. En fin de compte la ceinture se fera en 52,1kg car la WMC, suite à plusieurs démarches, n’a trouvé personne répondant présente en 50,8 kg. Je devais, dans un premier temps, boxer Lui Buy VIEN, puis Janet TODD et Huynh Ha Huu HIEU. Le combat ne pouvant se faire, j’ai accepté de boxer dans une catégorie de poids au dessus la Canadienne et cela sans chipoter contrairement à certaines.
Que peux-tu nous dire sur cette adversaire ?
Yumiko KAWANO est une bonne boxeuse qui a déjà affronté de grands noms. Nous avons observé, avec mes coachs, sa façon de boxer. Je sais exactement quelle stratégie mettre en place pour sortir victorieuse de ce combat.
Tu es en ce moment en Thaïlande, peux-tu nous en dire quelques mots ?
J’ai tout simplement suivi mes coachs en Thaïlande. J’ai déjà boxé en Thaïlande mais c’est la première fois que je vais dans un camp d’entraînement. Je m’entraîne dans un pur camp de boxe thaï sans touristes. On s’occupe bien de moi, je suis ravie. De plus, j’ai à mes côtés une grande championne, l’une des plus titrées de France, Ielö PAGE. Que demander de mieux ?!
On vient d'apprendre que tu t’es installée en Suède. Tu as définitivement quitté ton club de Toulouse pour signer dans ton nouveau club. Comment cela s’est-il fait ?
Ma nouvelle team est la meilleure des teams que l’on puisse avoir. Cela fait maintenant trois ans que je fais toutes mes préparations dans ce club, il était donc logique pour moi de rejoindre le club. J’ai un suivi professionnel et personnalisé. Nous avons également un kiné à disposition ce qui est plutôt important pour moi étant donné mes antécédents médicaux.
L’adaptation n'est pas difficile ? Comment se passe ta vie là-bas ?
Mon père étant diplomate, j’ai été habituée dès mon plus jeune âge à déménager et vivre dans d’autres pays. J’ai déjà vécu deux ans à Stockholm pour le travail de mon père lorsque j’étais petite. C’est une ville que j’apprécie beaucoup et je m’y sens vraiment bien. Mon club est génial et le fait de m’entraîner avec des grands champions comme Alexander GUSTAFSON, Gökhan SAKI, Ilir LATIFI, Reza MADIDI, Josefine LINDGREN KNUTSSON, etc. me motive énormément et me pousse à donner le meilleur de moi-même.
Tu es en lice pour les Muaythaitv Awards, dans la catégorie "Boxeuse de l'année". Penses-tu mériter ce prix ?
Je pense avoir fait de bons résultats cette année en Muay avec plusieurs titres en poche. Je laisse place au jury pour prendre cette décision !
Pour cette récompense tu es en compétition avec deux autres boxeuses, dont Fanny Ramos, nakmuaying de ta catégorie qui vient aussi de décrocher une ceinture européenne WMC. Quelles sont vos relations aujourd’hui ?
Fanny a refusé à plusieurs reprises de me boxer en prétendant que si je l’avais battu en 2015, c’était uniquement parce qu’elle s’était pesée plus légère que la catégorie de poids qui était prévu. A savoir qu’elle faisait uniquement 1,5 kg de moins que moi. Ce qui ne compte pas vraiment à ce stade là. Pour ma défense, je lui ai donc proposé, en passant par les réseaux sociaux, de me combattre dans la catégorie de poids qu’elle souhaitait afin de mettre un terme à ces balivernes. Fanny est loin d’être la meilleure française et par cette opposition, je le prouverais clairement !
Est-ce qu'un éventuel combat pourrait avoir lieu un jour entre vous ?
Nous devions nous boxer à la Nuit de l’Impact organisée par Brahim HANNAFI le 15 juin à Saintes, mais Fanny RAMOS a fait en sorte de poser des conditions extrêmement laborieuses à l’organisateur pour que ce combat ne se fasse pas. Elle a, par exemple, demandé à ce que l’on me fasse passer un test anti-dopage, c’est pitoyable. J’ai plusieurs fois fait des contrôles anti-dopage, je n’ai jamais été contrôlée positif, cela est absurde ! Bref, pour faire court, Fanny RAMOS a peur de m’affronter, elle sait ce qui l’attend. J’ai eu plusieurs échos qui confirmaient sa crainte, provenant même de son propre club ! Ce n’est vraiment pas digne d’une boxeuse.
Cela ne m’empêchera pas de boxer à cet événement, Brahim recherche une autre boxeuse pour m’affronter. Si vous avez des suggestions en 48/50 kg nous sommes preneurs !
On a entendu que tu souhaiterais te lancer dans le MMA. Pourquoi la suite de ta carrière se dirige plutôt vers cette discipline ?
Je souhaite clairement me mettre au MMA. Il y a deux ans, au All Stars Training Center, on m’a nettement poussée à me diriger vers cette discipline. D’après les coachs, j’avais tous les atouts pour entrer à l’UFC. À l’époque, je n’étais pas du tout intéressée. Puis, après avoir fait le tour en Muay, j’ai fini par accepter cette proposition. Ne pouvant m’entraîner au sol lorsque j’ai des combats en Muay, nous avons pris la décision avec mes coachs de ne plus faire de boxe thaï la saison prochaine pour pouvoir évoluer en MMA. Le seul gala que je ferais en 2020 sera sûrement au Muay Thai Attitude 8 pour une ceinture mondiale WMC. Cependant, je continuerai mes sorties en équipe de France. Cela me permettra de me concentrer sur les entraînements afin de progresser en MMA. Ce qui est bien dans mon club, c’est que nous avons également des sessions de jujitsu, de grappling et de lutte en complément de la boxe thaï et du MMA. Je ne me précipite pas non plus, il faut d’abord que je vois comment je m’adapte à cette discipline mais j’avoue que j’aimerais finir ma carrière en MMA.























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