Mohamed JARRAYA, le jeune star de l'Enfusion
Interview
Par Marco Sterringa le mercredi 09 novembre 2016
A 19 ans, le Hollandais d'origine marocaine Mohamed JARAYA est un phénomène. Avec des combats spectaculaires, il est devenu l'une des stars du circuit ENFUSION dont il avait décroché la ceinture mondiale à seulement 17 ans. Notre correspondant néerlandais est allé à sa rencontre, voici l'interview de Mohamed JARAYA.
Mohamed JARAYA : J'ai d'abord fait du foot de 7 à 13 ans. Après ça j'ai découvert le kickboxing. Un jour j'ai accompagné mon oncle qui rendait visite à l'un de ses amis qui était entraineur. Je suis direct tombé amoureux de ce sport !
Tu es toujours étudiant à côté ?
Je n'ai pas encore fini le lycée. J'ai essayé de combiner le sport de haut niveau avec mes études mais j'étais super fatigué pendant les cours et ça me perturbait au quotidien. Heureusement j'ai pu signer un contrat professionnel donc je me suis concentré à plein temps sur le sport.
Tu as déjà combattu en muaythai ?
Je n'ai encore jamais eu l'opportunité de boxer en muaythai mais j'aimerais bien essayer. Mais avant que je fasse un combat il faudrait que je me penche un peu sur les règles vu qu'il y a une grosse différence, pas seulement sur la façon de combattre mais aussi sur la façon de compter les points. Je me suis entrainé en Thaïlande quelques fois au Superpro Samui. C'était une super expérience, complètement différente de la Hollande.
Tu es d'origine marocaine. Quel relation as-tu avec ce pays ?
J'ai un lien très fort avec le Maroc. Quand j'étais petit, c'était le pays où l'on allait pour les vacances. A présent, j'y vais encore pour voir de la famille et on a même un camp d'entrainement là-bas avec ma team Fighting Talents.
Comment as-tu rejoint l'Enfusion ?
J'ai été repéré grâce à mes résultats qui étaient très bons, ils ne pouvaient plus m'ignorer. Voilà pourquoi ils m'ont offert un contrat. Actuellement je participe à l'Enfusion League, avec une belle bourse à l'arrivée pour le vainqueur. Je suis sûr que je serai le grand gagnant, même si le niveau est très haut.
En septembre, tu as fait ton premier combat dans cette Enfusion League.
Oui, et j'ai perdu. C'était contre Tayfun OZCAN. La défaite fait partie du sport, mais je n'aime pas ça, personne n'aime ça. En tout cas, une défaite me motive encore plus et elle me rend meilleur vu que je ne ferai pas la même erreur. L'Enfusion League est vraiment relevée, chaque boxeur est très doué comme Nordin BEN MOH que j'affronterai à nouveau le 18 février à Eindhoven. Mon prochain combat sera le 20 novembre contre Jonay RISCO, un boxeur talentueux qui a battu récemment Andy SOUWER. Il y a aussi un Français, Crice BOUSSOUKOU, et un autre boxeur d'Amsterdam, Serginio KANTERS. Un sacré groupe comme je l'ai dit, mais à la fin, ce sera moi le vainqueur.
Tu te souviens de ton tout premier combat ?
Oui, très bien ! C'était mon premier combat professionnel, contre un adversaire qui avait 10 ans de plus que moi. J'étais assez nerveux vu que c'était mon tout premier combat. Ça n'a pas duré plus d'une minute, j'ai gagné avec un coup de pied retourné, parfaitement placé.
Il y a un combat que tu n'oublieras jamais ?
Celui contre Nordin BEN MOH, un boxeur que je respecte beaucoup. C'était le plus dur de ma carrière. Pas seulement physiquement mais mentalement. Ça ne m'était jamais arrivé avant, je me suis fait compter deux fois. C'était tout nouveau pour moi. A ce moment là, tu es tout seul, personne ne peut t'aider. C'est impossible de s'entrainer en vue de ce genre de situation, il faut juste compter sur ses propres facultés. A côté de ça, Nordin est un ami, ce qui rendait le combat encore plus intéressant. La question qu'on m'a le plus posée c'était "Est-ce que c'est compliqué de boxer contre un ami", mais pour moi c'est juste du business, après le combat on peut recommencer à blaguer et boire des coups ensemble.
Quel combat a été le plus important de ta carrière ?
Celui contre l'adversaire qui avait 10 ans de plus que moi. Après ce combat, j'ai su ce que je voulais et je n'ai plus cessé alors de devenir plus fort physiquement et mentalement. Battre Tayfun OZCAN a aussi été un des moments qui a prouvé mes capacités dans ce sport alors que je n'avais que 18 ans. Ce combat m'a vraiment ouvert des portes. Bien sûr, le combat contre Nordin BEN MOH est déjà un classique et je vous promets les amis qu'il y en aura encore beaucoup à venir.
Tu n'es pas trop sujet à la pression ?
La pression peut faire consumer beaucoup d'énergie. Pour mon combat contre Nordin BEN MOH, l'événement avait fait le buzz, toutes les places avaient été vendues. Il y a alors beaucoup de poids sur les épaules des boxeurs pour qu'il y ait un grand spectacle. Mais de toute façon, moi je sais que je me suis bien entrainé et j'ai confiance en mes capacités. Le tout est de rester calme, lever la garde et aller vers l'avant.
Tu deviens de plus en plus connu. Comment réagis-tu à cela ?
Être reconnu dans la rue, je vois ça comme une reconnaissance de mes bons résultats. Ça me donne encore plus la sensation d'être sur le bon chemin.
Comment décrirais-tu ton style ?
J'essaye toujours de mettre la pression sur mes adversaires en avançant. J'empêche celui que j'affronte de rentrer dans le combat.
Et tes points faibles ?
(Long silence) Je pourrais m'entrainer plus dur...
Parle nous un peu de ta team “Fighting Talents” ?
Fighting talents c'est ma deuxième maison. J'ai appris mes premières techniques ici à 13 ans. Je doit beaucoup à mes entraineurs, j'ai une confiance totale en eux.
As-tu une idole dans ce sport ?
Oui, mon héros c'est Badr HARI. Il est Marocain et j'aimerai connaitre la même réussite. C'est vraiment incomparable ce qu'il a réussi dans sa carrière. Je comprends qu'il y ait beaucoup de gens qui ne l'aiment pas mais c'est principalement à cause de ce qui a pu se passer en dehors du ring (ce que je n'approuve pas, attention). En décembre, il va combattre après une petite période sans avoir boxé et je suis sûr que qu'il va encore surprendre la planète.
Toi, qui aimerais-tu affronter ?
Tous ceux qui sont dans ma catégorie. J'ai défié tous les grands noms déjà mais ils ont peur ou alors leur contrat ne leur permet pas de relever le défi. Quand j'aurai remporté l'Enfusion League, ils devront prendre note de cette victoire et commencer à organiser quelque chose, sinon une organisation comme Glory et ses boxeurs ne seront plus qu'une blague.
Dernière question. Qu'aurais-tu fait si tu n'avais pas été boxeur ?
J'aurais surement étudié un peu plus sérieusement et choisi une vie de famille ordinaire. Une chose est sure, je n'aurais pas pu travailler dans un bureau avec un chef. Ça, ce n'est pas mon truc.


























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