Mohamed HENDOUF, made in Bruxelles
Par Caroline Bertrand le mercredi 06 avril 2016
Mohamed HENDOUF est un boxeur belgo-marocain discret mais efficace. Ses récentes performances (victoire contre Aydin TUNCAY à la 12 EME NUIT DES CHAMPIONS par exemple), nous a donné envie d'aller à sa rencontre, au Queensbury à Schaerbeek (Bruxelles) où il s'entraîne depuis le départ avec Samir MAHJOUBI.
Le départ, c'était il y a cinq ans, Mohamed avait déjà 20 ans lorsqu'il décide de s'intéresser au pieds-poings. Il commence l'entraînement avec l'idée de faire rapidement de la compétition et il s'en donne les moyens. Six mois après il monte sur le ring. Deux ans plus tard il entre chez les pros et gagne son premier combat contre Soufaine MOUELHI par KO sur un joli high kick. Il est vite conquis par le milieu, la salle déjà, "une grande famille", les compétitions ensuite, qui sont toujours pour lui l'occasion de "belles rencontres". Et même si par deux fois il s'est senti volé lors de ses défaites contre Jérémy RAGAZZACCI et Edouard BERNADOU, rien n'entache son enthousiasme et sa ténacité, ni le profond respect qu'il a pour chacun des adversaires. Cette ligne de conduite l'a bien aidé, notamment à remporter la finale du PARTOUCHE KICKBOXING TOUR contre Christophe PRUVOST au terme d'un combat intense en avril 2015.
Ses yeux pétillent dès qu'il se met à parler de boxe, de la salle, et tous les prétextes sont bons puisqu'il a même réussi à lier ses études d'informatique à sa passion. Son mémoire de fin d'étude, qu'il vient de défendre avec succès, portait sur l'élaboration d'un site dédié au club que l'on attend de voir en ligne : calendrier des événements, séances d'entraînements avec descriptions des exercices en 3D et bien sûr, portraits des combattants. Les compétiteurs sont nombreux au Queensbury et les pros au nombre de 5. Si Mohamed est le seul à s'être illustré dans un événement médiatisé comme le PARTOUCHE, il considère que c'est juste une question de chance et il ne manque pas d'attirer l'attention sur ses compères pros du Queensbury : Eduard MIRCEA, Omar YECH-CHOU, Rafik GOUMRY et Yannick MERTENS.
Samir, Eduard et Mohamed
Mais le nom qui revient le plus souvent est celui de son coach. "C'est Samir qui tient les manettes de la Playstation, il voit les choses, il ordonne et moi j'applique à la lettre." Il est quasiment présent à chaque combat malgré le planning fort chargé du club en terme de compétitions mais d'après Mohamed, son pouvoir est tel qu'il peut commander même à distance. De son côté, Samir ne tarit pas d'éloge sur son boxeur, Il le considère comme "un exemple pour les jeunes, un excellent détonateur au sein du groupe par sa personne et par sa progression" et il conclue sur sa fierté d'avoir un pareil "diamant" dans son club.
Pour autant, le coach est objectif et place la progression de son boxeur avant sa fierté. A propos de la dernière victoire de Mohamed samedi dernier au WARRIORS en Corse contre Julien SOUVE, il précise bien qu'il l'a acquise "sans briller" et prend note de ce qu'il va falloir travailler lors des prochains entraînements. Et ça tombe bien parce que Mohamed aussi aspire à être tiré vers le haut, il n'a pas de volonté particulière concernant ses prochains adversaires, il veut juste rencontrer plus fort que lui !
La fin de saison de Mohamed HENDOUF est à suivre le 13 mai au PARTOUCHE KICKBOXING TOUR et le 3 juin à la 4ème édition du PHENIX BOXING ONLY face au français Geoffrey MOCCI
Entre temps, la capitale belge a été propulsée sur le devant de l'actualité par de tragiques événements. Certaines des communes qui la composent sont pointées du doigt comme des repères de djihadistes. S'il est besoin de le préciser, une minorité haineuse ne peut pas être représentative de la population de quelque quartier que ce soit à Bruxelles. C'est de cette ville cosmopolite même que nous avons détaché un portrait, un parcours individuel, celui d'un boxeur pacifiste qui a le coeur assez large pour aimer son pays d'origine et celui qui l'a vu grandir, qui se montre exigeant avec lui-même et respectueux vis à vis des autres. "Je suis choqué par ces événements, nous dit Mohamed. Malheureusement c'est de pire en pire, on doit rester solidaires et montrer au monde que l'amour est plus fort que la terreur et la haine. Toutes mes condoléances aux familles des victimes."






















