MCFT : portrait de Mathis DJANOYAN
Par Julien LANCHAS le lundi 18 juin 2018
A l’affiche du MONTE CARLO FIGHTING TROPHY le 30 juin, Mathis DJANOYAN y fera, face à Loïc CAHUZAC, l’unique combat en muaythai de la soirée. Une opportunité précieuse car rare pour ce Marseillais : combattre dans sa discipline de coeur, dans le Sud de la France, dans un très gros événement. Car Mathis se sent fondamentalement un nak muay. Voici son portrait.
Avant d’être un nak muay, Mathis DJANOYAN a d’abord été… un skateur. Cet as du ollie, du backside ou du varial flip avait un petit nom dans sa région. Il se trouve qu’un jour, un de ses amis skateur s’est mis à la boxe thaïlandaise, ce qui a beaucoup intrigué Mathis. « Je voyais mon pote prendre énormément en muscle. Alors je me suis dit pourquoi pas essayer… » A 16 ans, Mathis part alors dans les quartiers Nord de Marseille, à la team Tachouaft. Il assiste à un entrainement et est tout de suite impressionné par les percussions aux paos. Il a immédiatement une certitude : c’est ça qu’il veut faire ! Et il le fait alors plutôt bien : 23 assauts, 23 victoires.
A 17 ans, avec un autre jeune du club et leur coach Alain PARLANTI, ils partent trois mois en Thaïlande, dans le camp Sititisukato où ils sont les seuls farangs. Mathis se montre extrêmement convaincant à l’entraînement et il se voit alors offrir l’opportunité de combattre pour la toute première fois de sa vie sans protections… au MAX MUAY THAI. Il gagne par KO au premier round face au Thaïlandais SOLAR Lukkaokhvang. « Ce n’était pas une foudre de guerre mais c’était un bon test pour moi. Et c’était surtout un petit rêve de jeunesse qui s’accomplissait. Il y avait en plus SUDSAKORN et YODSANKLAI dans la salle… un vrai kiff ! »
Un accident de moto et une blessure au pied empêchent Mathis de faire un deuxième combat en Thaïlande. Il rentre au bercail et fait peu de temps après ses premiers pas professionnels en France, au TK2 WORLD MAX, dans le tournoi à 4 des -57kg. Mathis bat Mohamed BEN MENDIL puis François THIEL et remporte donc le tournoi.
C’est bien connu, la Provence et la Côte d’Azur ne sont pas vraiment des terres de muaythai. Il se passe ainsi six mois sans que Mathis ait la moindre proposition de combat. Alors K1 ! « Je n’avais jamais combattu dans cette discipline, ce n’est pas quelque chose qui me plait mais j’y suis allé parce que je n’avais rien d’autre. J’ai affronté alors Antonin BOHBOT. Je gagne les deux premiers rounds mais manque de cardio dans la troisième reprise. Il était chez lui, a proposé aussi plus de débit, alors ils l’ont mis gagnant. »
Mathis ne retrouvera le muay en France qu’une seule fois. Quelques mois plus tard, toujours au TK2, il fait face à Djany FIORENTI pour son premier 5x3. Il perd aux points et reconnait qu’il a fait face à plus fort que lui, à un très très bon boxeur, peut-être même le meilleur qu’il ait affronté jusque là.
Mathis va ensuite enchainer les combats en K1 et s’offre tout de même une victoire face à une référence de la catégorie dans cette discipline : Franck GROSS. « Franck faisait son retour. Mais moi j’avais été appelé deux semaines avant et avait dû perdre 5 kg en deux semaines ! Cette victoire me fait penser que, même si je veux surtout boxer en muay, j'ai peut-être malgré tout quelque chose à faire aussi en K1, il ne faiut donc pas pas que je ferme la porte à cette discipline... »
Après deux autres combats en K1 (défaite contre Manuel VUILLAMY et victoire contre Yoan LOISEAU), Mathis repart en Thaïlande pour cinq mois avec Thibaut ARIAS. Après un retour au Sititisukato, il rejoint ensuite le Max Sport Gym. Son premier combat, au SUPER MUAY THAI est très dur. Il perd aux points contre le Thaïlandais THANYONLEK. « Le combat le plus dur de ma carrière ! Je venais en plus de me faire larguer par la copine quatre jours avant (rires). Le Thaï m’avait laminé la jambe ! Et j’avais pris un coup de coude plein nez ! »
Mais la suite est plus souriante pour Mathis, il enchaîne deux victoires par KO au MAX MUAY THAi puis à Koh Lanta. « Celle au MAX était magique parce que j’avais mis un beau KO par coup de genou. »
Retour en France. Mathis n’a à nouveau pas d’autre choix que de combattre en K1. La transition n’est pas évidente, d’autant qu’il fait face à deux gros clients : Dany FIORENTI pour la revanche en K1 puis le Belge Demiz DEMIKARPU. « Pas facile de passer du muay en Thaïlande à des gens qui débitent, qui ont des bons déplacements, qui boxent sur les deux gardes. »
Une autre défaite ensuite, contre Luc GENIEYS, est la goutte de sueur qui fait déborder le vase. « Je ne me voyais vraiment pas perdant mais c’est vrai que je m’étais mal préparé. J’en ai eu ras le bol. Après ce combat, je me suis dit : j’arrête de me gâcher, je redescends dans ma vraie catégorie, 57-58kg, j’arrête de monter à 60kg. J’ai alors arrêté de boxer pendant un moment, pour bien me remettre en question. »
Mathis décide aussi de changer de club. S’il songe d’abord à partir à Paris, il réalise vite que ça ne sera pas évident de tout recommencer à zéro, de laisser son travail à la Mairie de Marseille (il y est est éco-ambassadeur : il fait de la sensibilisation auprès des habitants à propos du tri sélectif, du recyclage). Il choisit alors de rejoindre la team Payan de Tristan BENARD et Djany FIORENTI. « J’ai là des sparring partners de qualité, vraiment ! Tous les deux boxent à 60kg, moi à 57. »
Mathis a décidé de faire les championnats de France de Muaythai la saison prochaine, à 57kg, « pour essayer de se faire un nom et être ensuite contacté régulièrement dans les gros galas, à Paris par exemple. »
Dans un gros gala, Mathis y sera le 30 juin, au MONTE CARLO FIGHTING TROPHY. Pour le coup, il a même accepté de boxer à 60kg car la pesée se fera le matin même. Son adversaire sera l’Auvergnat Loïc CAHUZAC. « Ça a l’air d’être un guerrier, dur au mal. J’ai vu aussi qu’il a l’habitude de boxer à 63,5kg donc il aura surement un petit avantage de taille ou de gabarit. »
Mathis aussi peut se targuer d’avoir un style guerrier. « Quand j’étais jeune, j’étais plutôt fimeu, mais avec le temps, je suis devenu muay bouk et aussi muay khao. J’aime beaucoup les genoux, les jambes également. Mes lacunes se situent au niveau de l’anglaise et des déplacements. »
En gros passionné de muaythai qu’il est, Mathis possède une sacrée liste de boxeurs comme modèles. Il cite de but en blanc SATANMUANGLEK, puis évoque RITTEWADA, MUANGTHAI et « tous les boxeurs du Petchyindee, pas très imposants visuellement mais très très forts, comme PETMORAKOT. »
Le but de Mathis, arriver dans le top 3 national, voire même sur le trône de la catégorie. Mais il sait que pour l’instant les places sont solidement occupées. Il pense à Hakim HAMECH, Elias MAHMOUDI, Akram HAMIDI ou Daren ROLLAND. Même si à 23 ans, il est plus âgé que les trois derniers, Mathis a le temps. Il doit et veut faire ses preuves. Et ça, ça commence le 30 juin à Monaco.






















