Massy le 28 février 2004
Ultimate Thaï 2
Par Brice Hoarau le jeudi 11 mars 2004
Guillaume KERNER, Alexandre N’GOM PRISO et Gauvain PAILLAUD (de gauche à droite sur la photo), nous ont présentés le 28 Février dernier une belle soirée de Muaythaï.Pendant quelques mois, nos «trois mousquetaires» ont fournis un travail de fond considérable pour réussir à nous livrer cette soirée.
L’ambition des trois hommes, était de nous replonger dans l’ambiance des grands combats des années 80 en France. Cet objectif fût atteint car nous avons eu le plaisir de retrouver au bord du ring, beaucoup de grands champions qui ont marqués les débuts de l’histoire du Muaythaï en France. Parmi ceux-ci : Jaïd SEDDAK, Joe PRESTIA, ANUKHUN, SOUDARETH, KRONGSAK et bien d’autres encore.
Le point d’orgue de ce flash back fût sans aucun doute la diffusion, sur un écran, d’extraits de certains de ces grands combats qui nous ont fait vibrer quelques années plus tôt.
Quel plaisir de retrouver les High Kick supersoniques du très talentueux SOUDARETH.
Quelle émotion de pouvoir apprécier de nouveau le courage qu’il a fallut à Joe PRESTIA pour faire face à SOMSONG la terreur Thaïlandaise… Et nous nous arrêterons là car les vedettes du jour ne sont pas les aînés mais bel et bien la nouvelle génération !
Le plus jeune de cette nouvelle génération étant sans aucun doute Thomas DUPUY (Toulouse), il était donc légitime qu’il soit le premier à ouvrir le bal.
Sur le papier, Thomas partait en position «d’hyper» favori.
L’influx nerveux qu’il possède lui confère une explosivité naturelle qui lui a permis de récemment réaliser plusieurs bonnes sorties successives.
Avec quelques combats de plus à son actif, nous nous attendions donc à une prestation « haut de gamme» de la part de DUPUY. Pourtant au fil des rounds, il s’avérait que le Toulousain n’arrivait pas à construire tactiquement son match. En fait il n’arrivait pas à se hisser au dessus de son adversaire David BOUILLON (Caen), qui travaillait beaucoup en poings. Au terme des 5 reprises c’est David BOUILLON qui était déclaré vainqueur.
La rencontre suivante allait opposer deux styles bien distincts: d’une part Nicolas BACHIR (Shark boxing, voir photo) sans grande condition physique mais au style relativement fluide et d’autre part Fabrice RICONNEAU (Wiet sport de Nancy) possédant une bonne condition physique, mais évoluant de manière un peu crispée. Dans cette opposition, la fluidité de sa gestuelle allait permettre à Nicholas BACHIR, resté inactif depuis prés de quatre années successives, de «tenir la distance». De son coté, Fabrice RICONNEAU ne put à aucun moment véritablement surclasser son adversaire à cause d’un rigidité excessive. Etant cependant plus actif durant la durée du combat il était tout de même déclaré vainqueur à l’issue des cinq reprises.
Le combat opposant le Parisien Claudius AGAPE (Luangthaï) au Polonais Martin ROZALSKI (Haute Tension) fût incontestablement l’attraction de la soirée. Abordant un look plutôt originale, le polonais se distingua dés la première reprise en administrant une attaque surprise au Français au moment ou celui-ci venait lui signifier conventionnellement le début du combat en lui touchant les gants. Cette attaque complètement déstructurée, orchestrée à partir d’un coup de pied au visage et d’une sorte de coup de poing fit mouche. L’ambiance était lancée ! Plusieurs attaques de ce styles suivirent pour finalement aboutir à la victoire du Polonais (No comment !).
CHALUNLAP au top!
Avec le match opposant le Thaïlandais CHALUNLAP (pensionnaire du Royal Toulouse, récent vainqueur par KO à Helsinki du Lithuanien Lomas THAITANAS) au Portugais REIS, la soirée rentrait tout doucement dans le vif du sujet.Cette opposition n’en fut pas réellement une, car le Portugais pratiquant visiblement le Kick Boxing ne possédait pas de puissance dans les jambes. Et ce soir là, les jambes du Thaï furent véritablement impressionnantes. Chalunlap (en photo) que l’on pensait un peu éteint par manque de combat était de retour ! Si l’on dit souvent qu’il faut être deux pour faire un bon combat, Chalunlap nous démontrait ce soir là qu’il pouvait «régaler » les spectateurs uniquement par son charisme sur le ring et par une approche «féline» de son adversaire.
Arrêté avant la limite par le médecin le Portugais REIS regagnait sagement son coin.
Après ce bon moment de «Muay» passé en compagnie de CHALUNLAP, la soirée ULTIMATE Thaï II s’acheminait tranquillement vers la rencontre nous ayant procuré la plus grande satisfaction et le plus d’émotions.
Cédric MULLER de Mulhouse et le Parisien Mohamed BOURKHIS (Fimeu Gym, en photo) était annoncés sur le ring. Après plusieurs sorties relativement impressionnantes (victoires sur Ludovic Lassue le 22 Mars 2003 et contre Eddy Saban le 25 Octobre 2003) la prestation de Cédric était attendue avec impatience.
N’ayant plus vu une prestation de BOURKHIS depuis un bon moment, nous nous interrogions même sur la tactique qu’il pourrait opposer à MULLER.
Après les habituels Whai Kruh et Ram Muay de Cédric, le combat commençait.
Mohamed adoptait tout de suite une attitude très Muay. De son coté, MULLER que l’on pouvait s’attendre à voir évoluer de façon très mobile, tonique et en enchaînements pieds-poings comme à son habitude ne le fit pas. Il restait devant Mohamed qui s’en accommodait bien. Tactiquement, le combat se présentait donc très bien pour Mohamed qui commençait à lancer les «Tae Lam Toa » d’une manière très convaincante.
Mohamed faisait plaisir à voir, ses jambes partaient à merveille, ses poings suivaient, ses genoux piquaient en contre un Cédric quelque peu désorganisé. Il faut dire que son adversaire Mohamed BOURKHIS lui opposait un véritable mur.
Que pouvait il faire ? Qu’aurait dû-t-il faire ? Peut être qu’en étant fidèle à son propre style, en adoptant une plus grande mobilité et en distribuant d’avantage de coups, il aurait empêché Mohamed de prendre ses marques et ainsi de dérouler son jeu. Car pour développer sa boxe, Mohamed avait besoin d’appuis. Et s’il avait été forcé à la mobilité, il aurait été moins efficace.
Peut être … mais rien n’est moins sûr !
Toujours est il que c’est le contraire qui se passa. Cédric s’exposait en essayant de faire face à Mohamed. Cette passe difficile qu’il rencontrait allait nous permettre d’apprécier ses ressources morales et sa combativité. Cédric souffrait, mais malgré cela il s’accrocha avec courage, détermination et pugnacité.
Il allait ainsi atteindre la fin du combat non sans efforts. A la fin de celui-ci, Mohamed BOURKHIS était logiquement déclaré vainqueur après avoir fait un grand combat tactique et technique.
De son coté, Cedric MULLER forçait le respect et l’admiration de tous pour la force morale dont il fit preuve.
Le combat suivant annonçait encore une opposition de style : le Français Farid KHIDER transfuge de la Boxe Française qui s’est déjà fait remarqué plusieurs fois dans le monde du Muaythaï en battant Karim SOUDA et Moussa KONATE, allait être opposé à THEPPARIT qui comme son nom l’indique possède un style plutôt «Thai».Autant le dire de suite, au sujet de la décision finale, ce combat est l’un des deux affrontements de la soirée sur lequel les «spécialistes» ont eu le plus à discuter. En effet, si les juges ont donné la victoire au Thailandais, beaucoup pensent que la victoire de Farid KHIDER (Fight Athis) est acquise sans aucune discussion possible. Pour notre part, nous pensons que même si Farid n’a pas développé un style purement Muaythaï, il a en revanche touché à plusieurs reprises le Thaïlandais (voir photo ci-contre). Nous avons même trouvé que le Thaïlandais, en petite forme physique, fut quelque peu «dépassé» par les évènements.
La décision concernant le combat entre Karim SAADA (Fimeu Gym) et le Thaïlandais PRATHED Sor Thanikul allait malheureusement être aussi très discuté par les afficionados.
Durant les deux premières reprises, le Français et le Thaïlandais faisaient jeu égal. Mais de l’avis de certains spécialistes, le Thaïlandais se détachait quelque peu durant la troisième et quatrième reprise, et nettement durant la cinquième.
Les juges allaient pourtant donner la victoire à Karim SAADA…
Cette décision ne semblait visiblement pas être celle de l’intéressé puisque Karim lui-même signifiait son désaccord par un geste de négation et remit la coupe du gagnant à son adversaire.
A travers ce geste, nous tenons à saluer ici le fair-play et l’objectivité exemplaire dont le Parisien fit preuve.
Il commençait à être très tard lorsqu’Aurélien DUARTE (Châtillon) et le Thaïlandais dénommé KAI faisait leur entrée sur le ring. Aurélien avait visiblement à cœur de rentrer rapidement chez lui.
Aussi c’est avec beaucoup de méthode que le Français étudia son adversaire durant la première reprise. Durant cette période, il se contenta de répondre aux attaques du Thaïlandais par une droite et un coup de genou.
La deuxième reprise se déroulait un peu de la même manière à l’exception prés qu’Aurélien ajustait si bien sa contre attaque que le Thaïlandais ne se relevait qu’après le compte fatidique de l’arbitre. Aurélien DUARTE était donc déclaré vainqueur du combat.
C’est sur ce combat que se clôturait cette soirée baptisée ULTIMATE Thaï II par ses organisateurs.
Remarque
Nous ne tenterons pas d’expliquer la défaite de tel Nak Muay ou de tel autre qui sur le papier aurait du gagné.Nous voulons juste profiter de cette situation pour rappeler que certains facteurs non connus du public au moment du combat, peuvent parfois influencer voir justifier grandement l’incapacité de tel Nak Muay ou de tel autre devant un adversaire ou une situation qu’il se devait de dominer sur le papier.
Exemple : parfois un empêchement de s’entraîner, une très grosse contrariété, ou une blessure, survient quelques jours avant le combat. Dans cette situation, le Nak Muay qui par «sens de l’engagement» livre sa prestation le jour «J» est souvent très en dessous de son potentiel physique et/ou mental. Cela explique les contre performances. Malheureusement le public et les différents observateurs ne le savent pas toujours. Cela nous rappelle la nécessité de modérer notre jugement et de relativiser la déception que l’on peut avoir sur tel ou tel athlète à un instant donné.
Photos prises par Philippe Gonzalez (à l'exception de la première)





















