Marc Gostio
son portrait
La passion pour le Muay Thaï est loin de fléchir vers le bas dans le monde entier, pour preuve le nombre important de blog (les journaux intimes sur Internet) que des jeunes consacrent quasi uniquement à ce sport.
En surfant sur le réseau, je suis tombé sur l’un d’eux, celui de Marco, Marc Gostio.
C’est un jeune taillé comme une armoire en chêne massif, visiblement violent, une vraie terreur dans son école et son quartier. Les seules photos qu’il laisse voir de lui, son celles sur le ring, où il détruit et met en morceaux ses adversaires. Pas un brin d’émotion ne sort de ce jeune là… Un vrai guerrier Thaï ?
Beaucoup de détracteurs de notre sport aimeraient que ce portrait soit authentique. Le blog de Marc est aux antipodes de la caricature que vous venez de lire. Ce jeune Valenciennois de bientôt 17 ans, avec ses 57 kilos pour 1 m 72, a débuté la boxe il y a tout juste un an. Il était attiré par le sport de combat, mais avait des réticences face à la réputation de violence faite à la boxe en général. Il a tout de même osé pousser la porte d’une salle d’entraînement, et pour l’instant, grand bien lui en a pris. L’accueil au club le Team D’Anzin fut respectueux, puis Marc y a de suite constaté que personne n’était là pour se taper dessus comme des brutes.
La grande rigueur de notre sport et le sérieux de l’entraîneur Jamal Aït Naceur l’ont convaincu en moins d’une semaine.
Malgré tout, les premiers mois ont été difficiles, Marc a dû s’accrocher, travailler autant l'endurance, la technique et la résistance. Le club commence toujours par un échauffement complet, puis selon les jours, corde à sauter pour au moins un bon quart d’heure, ensuite l’entraîneur du club montre des techniques simples, puis de plus en plus complexes que les Nak Muay doivent reproduirent. Le lundi est un entraînement plus dédié aux compétiteurs, avec beaucoup de « sparring », de travail aux sacs et aux paos. Les pompes, les abdos, et les assouplissements clôturent la séance.
Marc s’est avoué lui-même avoir été dans les premiers temps un garçon frêle, pas bien rapide et peu puissant, seulement il n’a pas décroché, assidu, il ne ratait quasiment aucun entraînement. Lors de ses « sparring », il fait attention aux autres et à lui, car une bonne blessure a pour conséquence de ne plus pouvoir venir s’entraîner durant plusieurs jours, voir des semaines et c’est un combat qui peu tomber à l’eau pour forfait !
Semaines après semaines, faisant très vite confiance en son entraîneur, et en adoptant une hygiène de vie en conséquence, le sérieux de Marc semble avoir payé... 
Par rapport à Paris, la possibilité de faire des assauts est plus restreinte en province, donc Marc a plongé dans le grand bain rapidement et a déjà quatre combats en classe D à son actif. Cela semble être allé un peu trop vite au premier abord, mais ce jeune a développé très rapidement une réelle capacité qu’a su détecter Jamal Aït Naceur. Sans avoir été envoyé à l’abattoir, Marc a gagné trois combats cette année, deux en Belgique et un en France (Auquel il faut rajouter un match nul). En effet, étant frontalier, il lui est plus facile logistiquement parlant d’aller combattre dans ce pays, malgré un public supportant largement les Nak Muay Belges. Aux vues des images, ce jeune essaie de développer une boxe intelligente, avec l’objectif de recevoir le moins de coups possibles, mais d’en donner de bien efficace à son adversaire. Sa garde est haute, il regarde où placer ses poings, sa droite sonne au menton ou à la face, le corps à corps est une de ses spécialités, ses décalages déstabilisent, ses genoux piques où il se doit : au foie ! Chez ce jeune, avant ses combats, la pression, et le trac sont là, mais aussi l'envie de gagner, l'envie d'être le meilleur, l'envie de dépasser ses limites, de vouloir mettre en oeuvre tout le travail fait aux entraînements. Pendant le combat, il ressent beaucoup de plaisir, de rage, de fatigue, tant pis pour la sueur de l’autre qu’il se prend dans les dents, mais il a toujours l'envie de gagner. Marc précise : « tout cela dans un esprit sportif et non pas de haine. Après les combats, lors d'une victoire beaucoup de joie, je suis fier de moi, et je suis fier d'avoir honoré mon club et surtout mon entraîneur. Lors d'un match nul, il y a un peu de déception surtout quand on méritait la victoire, mais bon cela arrive partout. Je ne peux pas vous parler de ce que l'on ressent lors d'une défaite car je n'y ai encore jamais goûté et j'espère ne jamais y goûter. C'est pour cela que je suis toujours assidu aux entraînements, que je m'investis au maximum, que je fais preuve d'humilité. J'accepte les remarques des autres, j'écoute mon entraîneur, je regarde les autres nak muay boxer pour apprendre... à chaque entraînement j'apprends beaucoup, et j'apprends aussi beaucoup sur moi-même. »
Le club de Marc se situe exactement à Anzin dans le Nord. En lisant son blog, on s’aperçoit que Marc est un adolescent plein de vie, il nous montre ses amis, ses frères, nous parle de ses coups de blues.
Nul ne peut prédire quel chemin fera ce jeune en Muay Thai, mais à la lecture de son blog, ce sport l’épanouie et semble l’aider à grandir sereinement, sans piétiner son enfance.
Son club est pour lui aussi un lieu de fraternité, où il retrouve ses amis.
Durant ses combats ses parents sont très présents, pas physiquement pour sa mère qui ne veut pas le voir combattre, mais mentalement elle l’accompagne, c'est important pour lui.
En conclusion, même sans devenir compétiteur, tout le monde est respecté pour ses efforts, selon ses capacités dans un bon club de boxe. Alors, même si vous ne désirez pas devenir compétiteur, mais que l’envie de pratiquer la boxe vous habite, n’ayez plus peur de venir dans une salle de boxe et entraînez-vous !
Voir le blog : http://guerrierthai.skyblog.com/18.html





















