Lorenzo SAMMARTINO, le stoppeur d'invincibilité ?
Par Julien LANCHAS le mercredi 27 novembre 2019
Lorenzo SAMMARTINO, 20 ans, est un de nos plus sérieux espoirs français. Ce champion de France des 63,5 kg va défier l'invaincu Prince JUNIOR samedi au gala de Steeve VALENTE. Pour ce combat, Lorenzo est confiant, il faut dire qu'il a derrière lui un parcours, qui passe notamment par la Thaïlande, empreint de réussite. C'est ce que nous allons découvrir dans cette interview.
MUAYTHAITV : Alors Lorenzo, c'est toi qui va enfin stopper l'invincibilité de Prince JUNIOR ?
Oui.
Qu'as-tu pu à analyser de ce boxeur ?
Que quand il est perturbé, il perd ses moyens. Il ne faut pas que je lui laisse imposer son style, je dois réussir à le cintrer quand il faut et le perturber sur ses déplacements.
Qu'est-ce que ce combat représente pour toi ?
Pour moi c'est une grosse opportunité pour que je grimpe et que je prouve au monde que je peux faire partie du haut niveau et que les promoteurs m'appellent beaucoup plus pour d'autres galas, pourquoi pas même pour une ceinture WBC si je bats le champion WBC.
Qu'est-ce qui t'a amené au Muaythai ?
J'ai commencé le pieds-poings très tôt, j'avais 6 ans, c'était tout simplement l’âge pour pratiquer un sport et il y avait du kickboxing juste à coté de chez moi. J'ai essayé et ça m'a plu, j'ai direct accroché et j'ai fait champion de France en éducatif à 10 ans. Mon père m’a toujours poussé dans ce sport malgré qu’il n'en ait jamais fait. Etant admiratif du Muaythai, j'ai toujours voulu en faire et c'est à partir de mes 14 ans que je me suis lancé dans cette discipline quand à côté de chez moi une salle s'est ouverte. Et là c'était partie, au bout d'un an j'ai pu réaliser mon rêve de partir en Thaïlande et combattre là bas, du coup ça m'a encore plus donné l'amour du Muay.
Comment ça s'est passé exactement cette première expérience en Thaïlande ?
A la base, c'était pour faire un stage de deux semaines juste pour de l'entraînement au camp du Sit Ja Vien à Patong. Mais dès les premières semaines, on m’a direct proposé un combat. J'ai refusé parce que pour moi je n'étais pas encore prêt à combattre, surtout que je n'étais encore qu'en éducatif à cet âge. Au bout de la deuxième semaine, j'ai réfléchi, je me suis dit "Je suis boxeur donc il faut prendre des risques pour réussir". Alors j'ai dit "go" et j'ai fait un combat au Bangla Stadium contre un Thaïlandais. J'y suis allé avec beaucoup de stress mais finalement j'ai réussi à mettre mon adversaire KO au deuxième round.
Quelle a été la suite pour toi ?
J'ai continué en éducatif, j'ai fait champion du monde WFC en Italie et ensuite je suis passé en plein contact. J'ai fait champion de France deux années puis j'ai été repéré par l'équipe de France en K-1 (je faisais K1 et Muay en même temps). J'ai fait les championnats du monde WAKO et après trois combats (contre un Ukrainien, un Russe et un Israélien), je suis devenu champion du monde.
Je suis parti une deuxième fois en Thaïlande, dans le même camp, j'ai refait un combat au Bangla et j'ai mis mon adversaire KO au deuxième round.
Une fois en semi-pro, à 18 ans, j'ai fait champion de France en Muaythai, on m'a sélectionné pour l'IFMA pendant plusieurs années, j'ai décroché deux médailles d’argent et deux médailles de bronze.
Je suis passé en pro à 19 ans et j'ai fait champion de France de Muaythai après avoir battu Alexis SAUTRON, très bon boxeur, puis Sofiane EL KAID par KO. La finale, malheureusement le boxeur ne s'était pas présenté à la pesée, du coup j'ai été déclaré champion de France.
Ensuite j'ai boxé à Fréjus, à l'ARENA BOXING, en juin dernier. C'était un combat qui se déroulait chez moi et c'était donc impossible de perdre. Mon adversaire thaïlandais était un très bon combattant qui était très performant. J'ai gagné aux points.
Et j'ai fait un combat le mois dernier au SUPER CHAMP, à Bangkok. C'était un très gros combat, en plus c'était la première fois que je me faisais ouvrir ! Mais le retournement de situation était magique avec une victoire par KO.
Pourquoi ne pars-tu plus avec l'équipe de France pour l'IFMA ?
Il y a eu quelques différends quand j'ai boxé à un gala AFMT. J'ai dû faire un choix et j'ai choisi le gala, ça ne leur a pas plu et ils n'ont plus voulu me prendre.
Ca te manque ?
Oui, un peu, parce qu'il y avait du gros niveau, du coup j'y avais beaucoup progressé.
Que club t'a formé ?
Je suis passé par la Team Contact, puis le Blackside et le Boxing Club Barjolais. Beaucoup de loisirs dans ces clubs donc c'était difficile de progresser. J'ai toujours été en contact avec Baptiste FILLELA du Ben Nam 2, on s'envoyait souvent des messages, je venais temps en temps au Ben Nam pour faire des entraînements et c'est quand je suis passé en semi-pro que j'ai commencé à y aller de plus en plus souvent. Et c'est là qu’on a décidé que j'allais faire partie du Ben Nam. Je suis aussi dans un club d'anglaise depuis 4 ans à Villeneuve où il y a Karim GUERFI, quatre fois champion d'Europe.
Comment décrirais-tu ton style ?
J'aime beaucoup les contre-attaques. Mes points forts, pour moi, se sont mes poings et mes low kicks. Après mon style varie selon l'adversaire. Je pense que je suis un technicien car j'arrive à m’adapter à beaucoup de boxes et à réussir à contrer. Je dois encore améliorer mon corps à corps, je pense, et avoir plus de physique. Le coup d'oeil, pour moi, doit aussi toujours être en progression.
Y a-t-il un boxeur que tu as toujours admiré ?
Ramon DEKKERS. Pour moi c'est une légende, il est vraiment fort, puissant de fou, et quand j'étais petit j'ai toujours regardé ses vidéos.
Tu fais quoi à côté de la boxe ?
Je suis intermittent du spectacle, je travaille dans le théâtre national de Marseille comme machiniste, ça va faire deux ans. Le régisseur du théâtre amenait son fils à la boxe et on a bien sympathisé alors il m’a dit "Tu veux essayer ?" et j'ai accepté.
Qui aimerais-tu affronter par la suite ?
Les meilleurs de ma catégorie.
C'est à dire ?
Les meilleurs en France comme Adam LARFI, Mehdi ZEGHDANE, Youssouf BINATE. Après, il y a l'international.
Quel serait ton rêve en Muaythai ?
D'être le numéro 1, prendre toutes les ceintures possibles et combattre au ONE.
Au ONE, tu aimerais affronter qui ?
RODTANG, parce que lui, si je le bats, je gagne contre le meilleur.
Quelle ceinture te fait le plus envie ?
Celle du Lumpini.

























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