Les enfants, le Muaythaï et la Thaïlande.
Reportage
Par Michel Themates le vendredi 03 janvier 2003
Les observateurs occidentaux insinuent souvent beaucoup de choses sur les enfants du Muaythaï en Thaïlande, laissant ainsi croire que ces enfants sont des enjeux convoités pour le seul aspect financier.Certains médias utilisent très volontiers ce cliché et se font par la même occasion le relais de visions alarmantes voir révoltantes sur le sujet.
Dans ce contexte, MUAYTHAITV a souhaité apporter un témoignage et un éclairage différent.
Le Sor Ploenchit pour exemple
Nous ne pensons nullement détenir la vérité absolue sur la question et nous sommes conscients que le cas que nous avons observé n’est peut être pas une généralité et qu’il existe certainement des contre exemples, cependant ce que nous avons pu observer repose sur des faits et des actes concrets. Cette observation s’est déroulée dans le camp du SOR PLOENCHIT qui accueille depuis plus de vingt ans de jeunes enfants.
Ce camp est tenu par « Khun Satien », Directeur du camp.
Ce monsieur est un notable de la ville de Bangkok. Il possède un des plus grands hôtels de la ville, de plus c’est un riche propriétaire foncier.
Il n’a donc, à priori, pas besoin de l’argent du Muaythaï. En revanche, il est passionné par cette discipline comme nombre de ses concitoyens et depuis plus de vingt ans à ouvert avec sa femme (une bouddhiste très pratiquante) son propre camp : le SOR PLOENCHIT.
Des conditions d'entraînement optimales
Dés le début, le camp a accueilli beaucoup d’enfants. Le fondement de son approche réside dans la volonté de contribuer à l’avenir des enfants abandonnés ou dont les parents sont très démunis.
« Oui, mais les enfants combattent pour de l’argent, et en plus des paris sont faits sur eux ! » diront certains ! Et cela est exact.
C’est cet aspect des choses qui nous met (nous observateurs occidentaux) particulièrement mal à l’aise.
Cependant, à supposer que l’on puisse se permettre de porter un jugement sur un contexte que l’on ne connaît pas, ce n’est pas le Muaythaï qu’il faut juger mais bel et bien la société thaïlandaise dans son ensemble. Car, rappelons-le, la population ne semble pas choquée, les autorités n’interdisent rien en la matière, les enfants (que nous avons vu) n’ont pas l’air malheureux du tout et les parents sont plutôt heureux de pouvoir offrir des perspectives d’avenir à leurs enfants.
Un cadre exceptionnel
D’ailleurs, à leur tour les Thaïlandais ne pourraient-ils pas s’offusquer, eux aussi par exemple, du fait que nos gouvernements admettent l’utilisation des OGM dans nos cultures, alors que l’absence d’effets nocifs sur notre santé et celle de nos enfants n’est pas prouvée ? Laquelle de ces deux situations est la moins respectable ?
Question embarrassante n’est-ce pas ?
Pour en revenir au Muaythaï et au SOR PLOENCHIT, les enfants du camp disposent d’une subsistance quotidienne qu’ils n’auraient pas forcément dans la rue.
Ils sont logés, habillés et surtout instruits puisqu’ils vont à l’école tous les jours. Si l’on rajoute les heures d’entraînement (sans les combats) cela revient en somme à une sorte de cursus « sport étude ».
Un cursus idéal
S’ils deviennent un jour de grands boxeurs, voir Championd de Thaïlande, ils laisseront certes une partie de leurs bourses au camp, mais ils pourront également acheter une maison à leur parent et accéder à un niveau de vie qui, à priori, leur était initialement difficile d’accès.SAÏMAÏ, au sortir de sa victoire du tournoi des 50.000 dollars ne disait-il pas d’ailleurs : « Je vais acheter une maison à Ubon Raja Ratchani, en Issan, dans le Nord-Est de la Thaïlande » (source Punch-Mag N°36 – Décembre 1997)
D’ailleurs n’oublions pas non plus que tous les grands champions thaïlandais (KRONGSAK, SAMATH, KITTI SOR THANIKUL, YOUSOP SOR THANIKUL, LAMKHONG, ANUKHUN, LOM ISARN, SINGPHAYBOUN, SOUDARETH etc..) qui nous ont fait vibrés ces dernières années, sont tous issus de ce type de cursus.
Méditons donc sagement ces quelques lignes avant de nous laisser aller à un quelconque jugement.

























