Les demi-finales se dessinent
Championnat de France 2003/2004
Par Brice Hoarau le mercredi 21 janvier 2004
Les quarts de finale du championnat de France de Muaythaï disputés le 17 janvier 2004 au Gymnase Japy à Paris, nous ont proposé de belles confrontations en classe B comme en classe A. Le meilleur étant, comme souvent gardé pour la fin, deux très beaux combats en classe A en moins de 67 kgs ont clôturés cette soirée : Steeve VALENTE (notre photo) du club de Strasbourg était opposé à Ifig GUILLEMAIN de Rennes et Régis DEKERPEL de Savigny sur Orge rencontrait Amadou BA de Bonneuil.
Si ces deux affrontements nous ont fournit un beau spectacle, l’issue du deuxième, a visiblement laissé une impression d’inachevé tant aux Nak Muay qu’au public.
Il est plus de 23h lorsque Steeve VALENTE du Strasbourg Thaï Boxing et son adversaire Ifig GUILLEMAIN du Kaï Muaythaï de Rennes se retrouvent sur le ring.Steeve VALENTE, n’est pas un inconnu, puisqu’il avait déjà disputé la finale du Championnat de France lors de la saison 2000/2001. A cette époque, il s’était alors incliné devant Faycal AKHALAFA (voir l’article). Quant à son adversaire, Ifig GUILLEMAIN, nous avions eu l’occasion de le voir évoluer contre un autre Champion de France (Xavier BIRUKOFF) le 25 Octobre 2003 à Saint Ouen (voir l’article).
Dés le coup de gong VALENTE opte pour un rythme de combat soutenu.
Il se positionne au centre du ring, et distribue ses coups avec une grande fluidité.
D’ailleurs, avant le combat, son entraîneur Antonio DELFIM (notre photo), nous déclarait : « Ce qui est important ce soir, c’est qu’il impose sa boxe ».
Cette tactique, promettait une belle opposition de style, puisque de son coté Norbert BOUVIER, entraîneur breton, nous confiait : « Ifig boxe souvent en contre et surprend ses adversaires avec ses coups de genoux directs ! ». Ifig plus grand que Steeve, devait donc tirer parti de sa taille.Alors que le boxeur breton s’attendait à un premier round d’observation, il est surpris et dépassé par l’engagement de son adversaire : « un combat qui démarre aussi vite, ça chamboule toujours un peu, surtout moi qui suit un diesel ». Malgré son étonnement, il tente de ne pas laisser toute l’initiative à son adversaire et «de rentrer dans son jeu ».
Au milieu de la première reprise, Steeve le pique d’une droite au sternum qui déterminera l’issue du combat. Dès la réception du coup, GUILLEMAIN (voir photo) tombe le souffle coupé. « Pendant la minute de repos, je n’ai pas réussit à retrouver mon souffle. Ensuite, j’étais plus préoccupé par le fait de me protéger pour récupérer mon souffle qu’à marquer des points. J’avais beau le voir venir, préparer son coup au ventre et au foie, je ne pouvais rien faire car j’étais concentré sur ma récupération ».
"Qu'il ne tienne pas plus longtemps"
Dès lors, VALENTE (notre photo) n’avait plus qu’à continuer son travail de sape en alternant coup de poings, coup de genoux, coup de coudes. Sa confiance s’est accrue à la suite de ce coup au sternum : « quand j’ai mis la première droite au corps et que je l’ai vu touché et à court de souffle, je savais qu’il fallait que j’accélère que je ne le lâche plus pour qu’il tombe et qu’il ne tienne pas plus longtemps ». Au bout de plusieurs voyages au tapis, Ifig est arrêté par l’arbitre à la seconde reprise à la suite d’un Tei Kan Kro (high kick) qui provoqua son troisième compte du combat. Arrêté un peu tôt à son goût, Ifig admet lucide qu’il « n’aurait pas tenu les cinq rounds. Reprendre des coups m’a encore plus coupé le souffle ». De son côté Steeve est très heureux d’autant plus qu’il n’a pas l’habitude d’être le plus petit lors d’un combat.
Son entraîneur n’est pas tout à fait satisfait car « il a confondu vitesse et précipitation, du coup il a voulu trop bien faire. De ce fait il s’est fatigué et a pris des risques en cherchant trop le K.O sur un coup ». Du côté breton, Norbert BOUVIER (voir photo) prend les choses avec philosophie « y’a des jours avec et des jours sans. Son adversaire a beaucoup plus d’expérience dans le domaine du combat que lui et mon boxeur n’a pas à rougir de cette défaite. Faut pas s’arrêter là-dessus, il a encore le temps de boxer et d’aller plus loin ».Steeve VALENTE accède donc ainsi aux demi-finales du championnat de France où il retrouvera peut être le vainqueur du combat DEKERPEL contre BA.
La rencontre entre Régis DEKERPEL, pensionnaire du Kronk, et Amadou BA (notre photo)de Bonneuil promet un affrontement âpre et dur tant les deux boxeurs ont la volonté de se qualifier.Après avoir été champion de France classe B en 2003, Régis aimerait le devenir en classe A, et «avoir la ceinture, car en classe B c’est une coupe, et ça n’a pas la même symbolique ». De son coté, Amadou a une revanche à prendre sur les championnats de France : « pour mes premiers championnats de France je n’avais pas d’adversaire et la deuxième fois je me suis gravement blessé 1 mois avant la finale. Donc cette année j’espère prendre la ceinture ».
Le premier round tourne rapidement à l’avantage de BA qui attaque par une série de poings et surprend DEKERPEL qui ne contre attaque pas.
Le sociétaire de Bonneuil prend ensuite le contrôle du combat grâce notamment à une certaine efficacité en corps à corps. Ses coups de genoux percutent à plusieurs reprises le corps de Regis.Le deuxième round est sensiblement le même. A cet instant, tout laisse donc penser qu’Amadou BA s’achemine tranquillement vers la victoire.
Boris BONA (voir photo) entraîneur de Régis, regrettera cette entrée en matière assez lente de son boxeur qui contrairement à la volonté de son coin « a trop géré le premier round en laissant son adversaire venir et travailler en marquant des points. Régis a donc perdu les deux premiers rounds en lui laissant du champ ». Durant ces deux rounds, Amadou est surpris par la résistance de son adversaire : « durant la première reprise je le touche plusieurs fois, et il ne tombe même pas ! ».
"Je commence à revenir"
Lors de la troisième reprise, Régis (notre photo) se sachant en retard augmente le rythme et trouve les ouvertures. Il opte pour un travail des poings avec notamment en ouverture, un direct du bras avant gauche, souvent suivi d’une droite qui touche. Ce travail efficace lui fera dire dans les vestiaires : « je commence à revenir dans le combat, je vois qu’il accuse un peu le coup ». Cette accélération de son adversaire fera regretter à Amadou sa mauvaise préparation, « j’étais vraiment pas à 100 %, j’avais pas très bien préparé le combat même si j’étais présent ».A coup sûr il ne fera pas la même erreur le 14 février pour les demi-finales.
C’est au cours de la quatrième reprise que l’incident survient : DEKERPEL effectue un enchaînement droite-gauche suivit d’un coup de genou qui étourdit son adversaire. Le sociétaire du club de Bonneuil tombe à terre. Dans la continuité de son enchaînement, Régis touche d’un Tei Khaa (low kick) le nez d’Amadou lorsque ce dernier en train de tomber se retrouve temporairement assis sur la dernière corde. Après de longues minutes durant lesquelles l’arbitre aura demandé l’avis des juges, il déclare la fin du combat avec la disqualification de Régis DEKERPEL pour coup interdit. Cette annonce est accueillie par les sifflets du public ne comprenant pas bien les raisons de cette décision. Il faut dire, que les spectateurs ont toujours une petite préférence, pour les combattants qui arrivent à renverser la situation lorsqu’ils sont en train de subir le combat.Même si les deux camps savent que ce coup n’est pas volontaire, ils connaissent la sanction pour un coup à terre : la disqualification.
A la fin du combat Amadou déclare « je sais que c’était dans l’enchaînement, ce n’est pas un mauvais garçon », propos repris par son entraîneur Nordine MAHMOUDI (notre photo) « on sait que ce n’est pas volontaire mais le règlement c’est le règlement ! ». De son côté Boris BONA admet que : « c’est un geste anti-sportif même s’il est dans l’action. Le corps d’arbitrage a raison car il peut y avoir un accident grave quand le boxeur est par terre surtout quand il est déjà touché. Je regrette ce geste car je pense que Régis pouvait gagner dans ce round ».Amadou Ba accède donc au prochain tour.
Une revanche hors championnat de France semble envisageable et envisagée entre les deux boxeurs. Amadou BA est déçu d’avoir gagné de cette façon : « je n’aime pas gagner comme ça, j’aurai préféré que ça aille jusqu’au bout. C’est un combat qu’on refera de toute façon ». Même son de cloche pour Régis : « il n’y a pas de problème si Amadou veut qu’on se rencontre de nouveau ».
Apparemment il ne reste plus qu’à fixer une date pour une revanche qui s’annonce explosive…
V.D

























