Les chocs de légende 2
Résultats du 9 février
Le 9 Février 2008 au Palais des sports de l'île des vannes à Saint-Ouen (Seine Saint Denis, France), avait lieu le Choc des légendes II. Les meilleurs nakmuays du moment ont été rassemblé par Rachid SAADI et le RM Boxing pour un gala très attendu, avec des rencontres de haut niveau internationales et franco-françaises.
Voici les résultats et quelques commentaires :
- Lotfi BENKRIM (Lumpini) vs Lyes SENANE (RM boxing)
Ce fut leur premier classe A.
Une bonne résistance physique pour les deux nak muays, ils semblent s’être bien préparés. Ils ne vont pas à la « bagarre », ils boxent avec intelligence. Un combat qui monte en puissance et qui va à son terme. De bons jeux de jambes avec du corps à corps ont été montrés. Souhaitons une bonne continuation à ses garçons.
Lotfi BENKRIM bat Lyes SENANE aux points.
- Olivier TCHETCHE (Haute Tension) vs Mickael LALLEMAND (Konateam)
Un combat qui démarre vite, LALLEMAND déclenche les hostilités. Dans un bon style Muay, il part à l’assaut de son adversaire. Il domine le premier round, voir le second, TCHETCHE semble en difficulté. Mais à la manière d’un thaï, ce dernier persévère, trouve les ouvertures et atteint LALLEMAND. C’est essentiellement sur l’anglaise, de très bons crochets et des coups de genoux que TCHETCHE fait la différence. Son adversaire est au tapis au 3ème rounds.
Victoire par KO de TCHETCHE.
- Salahdine AIT NACEUR (RM Boxing) vs Moussa KONATE (Konateam)
Une opposition équilibrée, mais AIT NACEUR domine dans l’ensemble. KONATE est un peu irrégulier, il montait parfois en puissance et rapidité, mais finalement n’allait pas entièrement au bout de ses actions. C’est donc en toute logique que son adversaire a accumulé ses points par de très bons jeux de jambes, notamment des low et middle.
Vainqueur aux points: Salahdine AIT NACEUR.
- Yetkin OZKUL (RM Boxing) vs Mounir BOUTI (Kerner Team)
Après l’opposition CAMARA vs BAKKOURI, ce combat fut le plus intéressant de la soirée. Deux jeunes boxeurs confirmés dans une belle catégorie de poids, les – de 63,5 kg. C’est donc un BOUTI au style Muay qui n’est plus à démontrer, contre OZKUL un nakmuay qui a fait ses armes dans le kick. Les deux écoles, les différences se sont fait sentir.
Comme à son habitude, Mounir est resté prudent lors du premier round, il a jaugé son adversaire. Il sait qu’il est vif, un excellent puncheur, il se méfie. À raison, car OZKUL arrive à placer son terrible crochet gauche, mais BOUTI encaisse, il a accompagné le coup, sans l’avoir totalement évité néanmoins.
Ensuite, OZKUL nous offre des coups de pieds retournés spectaculaires, son sens de l’équilibre est très bon, il retombe sur ses pieds comme un jeune loup agile, mais cela n’impressionne pas Mounir, sa garde reste haute, ses gants le protègent.
Petit à petit, BOUTI développe le panel de sa boxe, les high kicks, les coups de coudes, les coups de genoux sautés, ses superbes uppercuts larges sortent, chaque minute apporte un mouvement différent, tandis qu’ OZKUL à une boxe linéaire.
Les grandes forces du Turc sont : ses kick, son crochet gauche, une bonne garde et la rapidité de ses coups, mais son combat a un style trop impersonnel, face à un BOUTI qui a acquit une solide connaissance technique.
On penserait que « l’instinct » de l’élève de KERNER exulterait sur le ring, pourtant instinct n’est pas le terme juste. Ce qui semble être des impulsions a été en réalité longuement travaillée en amont à l’entraînement, et sur le ring elles s’expriment naturellement, rapidement.
Le public vibre, il vit ce combat de seconde en seconde avec les combattants. Mounir aurait pu aller « à la bagarre » sur la fin du cinquième round, tenter le KO à tout prix. Il ne l’a pas fait. D’abord parce que son adversaire était vaillant et ne se laissait pas dominer, ensuite parce que l’échange entre les deux nak muay devait aller à son terme, on sentait le plaisir, l’appréhension, l’engagement chez ces deux hommes.
Pour conclure, OZQUL est un guerrier, il nous l’a prouvé ce soir et de futures victoires l’attendent sûrement. Mais aujourd’hui, malgré son courage et sa volonté, il doit s’incliner. Très justement, BOUTI est déclaré vainqueur aux points.
- Cédric MÜLLER (RM Boxing) vs SUDSAKORN (Thaïlande)
Globalement de bons échanges. Le français a un très bon niveau, il a su faire face à un jeune thaï montant, ce dernier a un réel avantage sur lui grâce au nombre déjà impressionnant de ses combats disputés. MÜLLER a un bon style Muay, il ne s’est pas comporté « à l’européenne » c'est-à-dire en allant tout de suite à l’abordage de son adversaire.
Après un premier round d’observation où quelques coups cinglants ont été portés de part et d’autre, durant le reste du combat, les échanges se sont alternés entre le corps à corps et les jeux de jambe, notons aussi de bons Jabs de MÜLLER.
C'est un SUDSAKORN en pleine forme qui remporte ce combat aux points. Une bonne opposition.
- Karim ALIOUANE (RM Boxing) vs Pethnamek SOR.SIRIWAT (Thaïlande)
Une opposition bien inopportune !
Mais le Thaï a cassé durablement la distance et ses middles ont percutés trois fois les parties de ALIOUANE. Le combat a été à de nombreuses fois interrompu, une grande confusion qui a totalement déstabilisé le français. Le Thaï a continué son travaille de sape, David contre Goliath. Le pensionnaire de RMB s’est à de nombreuse fois retrouvé à terre, à genoux. Malgré toutes ses qualités, sa préparation évidente, il lui a été impossible de revenir dans son combat. Les chocs qu’il s’est pris auparavant dans les testicules l’ont achevé. SIRIWAT ne nous a pas offert une belle boxe, il est passé en force, il a cherché à liquider son adversaire au plus vite et il y est arrivé. La fin a justifié les moyens. Le français a tenu jusqu’au bout. L’arbitre international Sam BERANDOU a vraiment attendu les dernières limites du français avant d’arrêter le combat, espérons que la santé d’ ALIOUANE n’a pas été sérieusement altérée ! Un combat pénible pour le public.
- Sekou DEMBELE vs Ismaël DOMBIA
Un combat équilibré. DEMBELE est chez lui, à Saint-Ouen, il est très soutenu par les jeunes de son quartier et du RMB. Mais DOMBIA ne se laisse pas impressionner, il frappe aussi fort que son adversaire, des low kick, mais malgré leur grande taille les high kick ne sortiront qu’à la cinquième reprise.
Sinon, Beaucoup de corps à corps, une boxe avec peu de style dans l’ensemble, mais avec un vrai engagement de part et d’autre. Les deux nakmuays feront ensemble une chute spectaculaire derrière les cordes en atterrissant sur la table des officiels.
DEMBELE bat DOMBIA aux points.
- Jonathan CAMARA (Athis-Mons) vs Rafik BAKKOURI (Franthaifull)
Le meilleur pour la fin.
Pour cette première reprise CAMARA observe, BAKKOURI essaie de rentrer en force. Très vite il est repoussé par des Tip qui lui mettent les quatre fers en l’air systématiquement. Pourtant CAMARA ne refusera pas le corps à corps, mais dès que celui-ci est terminé, il reprend dans la seconde la distance.
Alors, il est difficile à BAKKOURI de l’atteindre.
Le pensionnaire du Franthaifull est un guerrier, il est résistant, mais il a face a lui un adversaire à la hauteur qui le sape, lui donne moins de coups que lui, mais avec plus de précision, il est atteint sur chacun d’eux pratiquement. Le médecin monte sur le ring,
BAKKOURI saigne faiblement de l’arcade droite, le combat reprend. Quelques instants plus tard, BAKKOURI est marqué à l’œil gauche après une droite directe de CAMARA.
Les deux hommes restent en garde haute, ils ne faiblissent pas.
Jusqu’à la moitié du troisième round, le pensionnaire d’Athis-Mons est à son avantage très clairement, une belle boxe dans un style FIMEU, on se croirait à Bangkok !
Du coin VIP, Guillaume KERNER crie à BAKKOURI : « casse la distance Rafik ! Casse la distance ! ». Ce dernier lui répond à l’affirmatif par un signe de tête.
Les conseils de « l’ange blond » sont précieux. En effet, c’était la stratégie à adopter, une avalanche de crochets au corps et CAMARA se retrouve en difficulté, sa boxe est contrariée, BAKKOURI revient sur lui et ses coups l’atteignent.
Cependant CAMARA encaisse, c’est très dur, on le sent souffrir, mais il prend sur lui, ne désarme pas, remise en high kicks, travaille au corps à corps, maintenant c’est à son tour de se fatiguer.
Malgré son ardeur, BAKKOURI ne fait pas plier son adversaire, nous assistons à un combat d’une grande qualité servi par des nakmuays remarquables.
C’est la fin de l’opposition, les juges ne les départagent pas, ce sera un match nul.
La revanche est déjà programmée, elle se déroulera le 8 mars prochain au gala de Moussa KONATE à Villiers sur Marne. Gala qui sera retransmit dans son intégralité sur Muaythaitv
Pour conclure, malgré une organisation regrettable, les combats opposant OZKUL/BOUTI et CAMARA/BAKKOURI valaient le déplacement.

























