Le sacre des champions
Finales du championnat de France 2004
Par Vincent Dao le vendredi 30 avril 2004
Le samedi 24 avril 2004 à la halle Carpentier aboutissait la fin de la saison nationale. Après une année d’efforts et de sueur, les titres tant convoités par les Nak Muay allaient enfin être décernés. Plus de 3.500 personnes ont assisté à cet événement, qui devient désormais le rendez vous annuel du Muaythaï parisien.Les finales classe B
En classe B, nous retiendrons plus particulièrement les prestations du jeune Mounir BOUTY du Luang Thaï et de Mamadou DIABIRA du Phénix Muay Thaï.MALKI vs BOUTY
La journée débuta donc à 14h10 par le combat opposant Mounir BOUTY (Luang Thaï 75, en photo) à Kamel MALKI (Lens 62, voir sa fiche) en moins de 57 kg. Disputant son dernier combat avant de passer en classe A, Mounir nous déclare avoir à cœur « de connaître une bonne fin de saison en classe B. »
Comme à son habitude, le Parisien, protégé de Guillaume KERNER, « shoot » beaucoup en Tei Khaa alternant jambe gauche et droite et variant les zones de frappe (intérieur et extérieur de la jambe adverse, voir photo) avant de remonter au visage. Le Lensois ne démérite pas par sa volonté et les techniques qu’il déploie, mais Mounir reste maître du centre du ring et projette son adversaire à chaque corps à corps. Malheureusement le combat n’aura pas la meilleure des issues : Kamel se blesse à la cheville, lorsqu’un de ses Tei Khaa est bloqué par le tibia de Mounir.
C'est une déception pour le nouveau champion de France : « C’est dommage que cela se soit arrêté sur une blessure ». Au niveau technique il se reproche « des transitions bras-pieds pas toujours parfaites ». Du côté nordiste, Kamel (en photo)déclare : « Il n’y a rien à dire, il a gagné. Il est bon et c’est à moi de progresser et de travailler. Je retenterai ma chance l’année prochaine ».SOUNDRON vs DIABIRA
En moins de 63,5 kg, Mamadou DIABIRA, du Phénix de Paris, affronte Jacky SOUNDRON (en photo), du club St Anne (de l’association ACLTB) de l’île de la Réunion.« Cette année, faut pas que je me rate ! », lance Mamadou qui avait raté l’année dernière la finale.
Les adversaires ne se connaissent pas. Le parisien, visiblement à l’aise dans les jambes, se voit pourtant déstabilisé, dès la première minute, par un Tei Tat (coup de tibia intérieur).
A la minute d’après, Mamadou touche d’un Khao Trong (coup de genou) droit, la tête de Jacky, qui reste un peu sonné. Peu de corps à corps finalement, les deux Nak Muay semblent préférer boxer à distance.
Le second round démarre très fort : enchaînement rapides de jambes, puis de poings. Le Parisien reprend le dessus et touche à chaque fois avec ses genoux (voir photo). Jacky recule, acculé dans les cordes une fois…puis deux…puis trois ! « un », « deux » ponctue la foule : coup de genou à la poitrine et au visage, Mamadou abrége le combat. L’arbitre déclare la victoire par KO de Mamadou DIABIRA sur Jacky SOUNDRON.
Jacky est déconfit : « il a fait une bonne accélération au second round, et m’a pris de court » surpris par la rapidité du parisien. Un combat d’un tel niveau nécessitait « aussi » de bonnes qualités physiques et techniques, laissant entendre qu’il ne s’était pas suffisamment préparé.
Son entraîneur lui, ne comprend pas, dit avoir tout préparé, « en contre, sur la puissance » : « c’est quand même un puncheur, il l’a touché et envoyé au tapis au premier round ! » Tout s’est passé trop vite... blocage psychologique peut-être : « on est seul et on vient de loin, c’était beaucoup de pression ».
« C’est l’arrêt de ma carrière! » conclue le réunionnais, déjà assez « âgé ».
Du côté du vainqueur, son entraîneur Alassane GAYE reste mitigé : premier round, « pas terrible » parce qu’il n’a pas adopté la stratégie voulue. « Il s’est quand même pris un coup au foie et un direct au visage ! » L’adversaire a déployé toute sa boxe, et Alassane GAYE ne s’y attendait pas. Mamadou (ici en photo) non plus, lui qui est arrivé peut-être « trop à l’aise » sur le ring. Du coup Mamadou est déçu d’avoir raté son entame : « normalement, je place un bon middle, histoire de ne pas laisser l’adversaire prendre confiance. » Raté. Un écart certes, mais une victoire tout de même !(par Cassandre Chelle)
Les autres résultats de l’après midi
En moins de 60 kg, Fabio PINCA (St Fons 69) affronte Tarik BENSHIMED (Lestrem 59). A l’issue des 5 reprises, Fabio est déclaré vainqueur.En moins de 67 kg, Grégory MASCARENHAS (Champol 28) est opposé à Redwan AMEUR (voir sa fiche) (Suresnes 92). Ce dernier est déclaré vainqueur et décroche le titre de la catégorie pour le plus grand bonheur des supporteurs venus l’encourager.
En moins de 71 kg Arnold GOND (IKC 69) est sacré champion de France, à la majorité des juges, à l’issue d’un combat disputé contre François BRASSELET (Beuvrage 59).
Le dernier combat de l’après-midi voit la victoire de Mickael CROSTA (Vincey 88) contre JP COIQUE (Phénix 75).
Les finales classe A
Il est un peu plus de 20h lorsque le premier combat débute. Il oppose, en – de 60 kg, David BOUILLON (MT Caen) à Thomas DUPUIS (Toulouse). Il s’agit d’une finale nationale certes, mais il s’agit aussi d’un match retour entre les deux athlètes (lire l’article). Le Normand confirme donc sa supériorité et s’impose encore aux points. Il devient champion de France classe A après l’avoir été en classe B l’année dernière.BA vs PASTOR
La seconde finale oppose deux Nak Muay que nous avons suivit lors des précédents tours : Olivier PASTOR (Crayons de Couleur de Rennes 35, voir sa fiche et lire l’article de sa demi-finale) et Amadou BA (Bonneuil 94, lire l’article de son quart de finale).Dans les vestiaires, Olivier nous confie être « un peu tendu avant cette finale, et s’attend à affronter un adversaire technique qui shoot. » Sa stratégie est de : « tourner sans rentrer dans son jeu lors des deux premiers rounds avant de commencer à travailler. » De son côté Amadou (ici en photo) déclare « rêver d’être champion car c’est le meilleur moyen d’être reconnu en France », et s’attend « à un combat dur face à un boxeur expérimenté qui cherchera l’affrontement physique. »
Il est 20h35 lorsque les Nak Muay se présentent sur le ring. Comme prévu, et même s’il frappe, Olivier laisse les deux premières reprises à Amadou qui utilise ses jambes en Tei Khaa et en Tei Lam Toa (middle). Dès l’entame de la troisième reprise le Rennais se montre plus entreprenant, utilisant ses jambes (principalement en Tei Khaa) en enchaînement avec ses poings. Cela n’empêche pas Amadou de continuer à « shooter ». Lors des deux dernières reprises, les Nak Muay s’échangent beaucoup de coups déployant les techniques du Muay : corps à corps, jambes, poings, genoux. Durant le cinquième round, Amadou lance beaucoup de coups de coude au visage d’Olivier sans réussir à le toucher durement.
Le résultat, accueillit par les sifflets du public donne Olivier PASTOR vainqueur à la majorité des juges. De retour aux vestiaires la déception domine chez Amadou BA : « PASTOR lui-même est étonné lors de la décision, je domine les deux premières reprises. Le troisième est serré, je reprend le quatrième et dans le cinquième je lui fais la totale. On va poser une réclamation mais même s’ils voient que je gagne le combat, il y a peu de chance qu’ils désavouent leurs arbitres. Dans le milieu de la boxe, on appelle ça un hold-up.» Quant à une nouvelle participation au championnat de France il reste mitigé : « une partie de moi me dit d’aller chercher la ceinture. On verra après. » Le Rennais (en photo) semble amer et note « la supériorité technique de son adversaire. Je ne gagne pas haut la main. J’ai la ceinture tant mieux pour moi et désolé pour lui. C’était serré, il a « shooté », m’a touché en coude. S’il avait gagné je n’aurais pas été étonné. En gala cela aurait été match nul. »En moins de 71 kg, Raffik BAKKOURI (sur notre première photo en haut de la page, du FTF 75, voir sa fiche) a été aussi expéditif que l’année précédente (lire l’article), en battant Franck QUEMENEUR (KO Brest 29) au premier round. Après avoir reçu une série de coups de coudes au visage, le Breton est arrêté sur blessure par l’arbitre.
CHOPLIN vs LOUAIL
Pour la quatrième rencontre de la soirée en catégorie classe A, le combat pour le titre de Champion de France des moins de 75 Kg, oppose Adel LOUAÏL (voir fiche) du Siam Thaï Boxing (Montbéliard) à Grégory CHOPLIN (en photo) du Fimeu Gym 93.Adel LOUAÏL, 24 ans, entraîné par Kader CHERFAOUI a déjà l’expérience des championnats de France et pratique la discipline depuis 9 ans. Il est déjà double Champion de France classe B (et a déjà été demi-finaliste en classe A). Son adversaire, Grégory CHOPLIN, 23 ans, entraîné par Yazid BENAMES pratique également depuis 9 ans. Mais contrairement à Adel, c’est ce soir sa première finale de Championnat de France. N’ayant jusqu’ici effectué que des combats lors de galas, c’est l’obtention d’une ceinture qui le motive.
Après un Wai Khru des deux combattants, le premier round commence. On analyse le combat de part et d’autre, quelques Tei Lam Toa (middle-kick), quelques Tei Khaa (low-kick) passent, mais surtout chacun essaie de contenir l’autre en corps à corps. On assiste à quelques projections, mais rien de décisif. Le deuxième round commence, le rythme s’accélère, le combat semble déjà plus engagé. LOUAÏL cherche le KO avec ses poings, alors que CHOPLIN travaille avec technique comme son entraîneur le lui a demandé. Grégory place une gauche suivie d’un Tei Khaa , son adversaire est compté. La tactique d’Adel LOUAÏL était claire il fallait «donner du rythme» et «imposer son style». Au troisième round tout s’accélère et le boxeur du Siam Thaï Boxing semble déterminé.
Ce dernier tente de placer un Tei Kan Kro (high-kick), mais CHOPLIN contre et envoie une belle droite qui touche LOUAÏL. CHOPLIN enchaîne les poings et touche. Son adversaire est compté, l’arbitre arrête le combat. De retour dans les vestiaires, LOUAIL (en photo) déçu, est bien déterminé à remporter la ceinture l’année prochaine. Dans les vestiaires du champion c’est la joie, première finale, et déjà une victoire, un boxeur à suivre…
(Mathieu Dubois)
En moins de 81 kg, Benoit BOURHIS (Montauban) devait affronter David DESCAMPS (Lens 62). David DESCAMPS ne s’étant pas présenté lors du combat a tenu cependant à expliquer les faits par e-mail qu’il nous a fait parvenir :
« Depuis le début de ma préparation, mon club ne s’est pas du tout occupé de moi. J’ai donc décidé de partir m’entraîner en Thaïlande. A mon retour, je n’ai pas non plus été entraîné (je n’ai fait que 4 rounds de pao durant toute l’année 2004). A deux jours du combat mon entraîneur m’annonce qu’il ne pourra être présent. Finalement, le vendredi 23 avril au soir, l’entraîneur adjoint me propose de me coacher le lendemain J’accepte bien sûr. Et le jour du combat, personne n’est venu. Excédé, j’ai donc quitté la Halle Carpentier.
Personnellement je ne sais pas si je remonterais un jour sur un ring mais dans ces moments difficile pour moi, j'ai avant tout une pensée pour mon adversaire qui à coup sur a du être déçu de ne pas boxer ce soir: je lui présente mes plus sincères excuses et j'espère qu'il aura au moins reçu la ceinture, faute d'avoir pu faire un beau combat. »
En moins de 91 kg, David DANCRADE (Bonneuil 94, voir sa fiche) s’adjuge la ceinture à l’issue de cinq rounds face à Daniel LENTI (RMB 93). Mais à l’issue de ce combat le nouveau champion de France devait aller à l’hôpital pour voir si sa main était cassée.
« Depuis le début de ma préparation, mon club ne s’est pas du tout occupé de moi. J’ai donc décidé de partir m’entraîner en Thaïlande. A mon retour, je n’ai pas non plus été entraîné (je n’ai fait que 4 rounds de pao durant toute l’année 2004). A deux jours du combat mon entraîneur m’annonce qu’il ne pourra être présent. Finalement, le vendredi 23 avril au soir, l’entraîneur adjoint me propose de me coacher le lendemain J’accepte bien sûr. Et le jour du combat, personne n’est venu. Excédé, j’ai donc quitté la Halle Carpentier.
Personnellement je ne sais pas si je remonterais un jour sur un ring mais dans ces moments difficile pour moi, j'ai avant tout une pensée pour mon adversaire qui à coup sur a du être déçu de ne pas boxer ce soir: je lui présente mes plus sincères excuses et j'espère qu'il aura au moins reçu la ceinture, faute d'avoir pu faire un beau combat. »
En moins de 91 kg, David DANCRADE (Bonneuil 94, voir sa fiche) s’adjuge la ceinture à l’issue de cinq rounds face à Daniel LENTI (RMB 93). Mais à l’issue de ce combat le nouveau champion de France devait aller à l’hôpital pour voir si sa main était cassée.
Notez que Mickael LALLEMAND, dont nous avions suivi la demi-finale (lire l’article), a été sacré champion sans boxer faute d'adversaire. D'ailleurs le fait de ne pas monter sur le ring lors de la finale l'a beaucoup déçu.
Vincent Dao
Vincent Dao





















