Le Muaythai positionne son standing
Woippy le 6 Mars 2004
Par Brice Hoarau le jeudi 18 mars 2004
Le 6 Mars dernier, Gérard Gourvil et le Cobra production, ont réussi le tour de force d’organiser dans une agglomération de moins de 15.000 personnes une soirée de Muaythaï qui aurait pu avoir sa place dans n’importe quel grande ville du pays.En effet, la qualité de l’évènement tant sur le plan du cadre que sur celui du contenu sportif est un modèle qui mérite de devenir un standard de fonctionnement.
L’attention et le respect portés au spectateur, méritent tout simplement d’être soulignés
Farid VILLAUME (France) Vs Youssef AKHNIKH (Pays-Bas)
Le programme du championnat européen a été modifié à la suite du désistement, pour cause de maladie, du Tchèque Matin KARAIVANOV. Les affrontements allaient donc être les suivants :VILLAUME contre AKHNIKH, BARAKAT contre ILIEV et FERNANDES contre MAZUR. Le Slovène CANCAR exempt de combat, pesé à 75 Kilos, n’a évidemment pas participé au Championnat, mais a tout de même effectué une démonstration contre Franck NADJE.
Le combat vedette de la soirée propose un affrontement dur entre deux Nak Muay très puissants avides de conquérir le titre européen. Tout le monde a entendu parlé de la résistance des Hollandais et Youssef AKHNIKH (voir sa fiche), du Matuari Gym d’Amsterdam, ne déroge pas à la règle. Avant le combat il nous confie : « ça sera un combat très dur, difficile. Je peux gagner mais comme Farid est un bon combattant c’est du 50/50. Je devrais donner le meilleur de moi-même. » Bien préparé, comme nous avons pu le voir sur le ring, il nous dit « avoir beaucoup travaillé ses poings. Avant j’étais surtout bon avec mes jambes, depuis un moment je m’entraîne pour avoir de bons poings. »
Dans l’autre vestiaire, Farid VILLAUME (voir sa fiche) du Phénix est très sûr de lui « je sais qu’il frappe des poings et qu’il aime la bagarre. Je vais rester en face de lui et le laisser attaquer. » A entendre les déclarations, d’avant combat de son entraîneur Alassane GAYE (ici en photo), tout le coin français partage le sentiment de Farid : « Nous sommes confiants. Farid a beaucoup de combats dans les jambes. On sait qu’AKHNIKH frappe fort avec ses poings mais Farid a une bonne garde. Nous allons faire un travail de jambe tout en s’assurant d’avoir une garde haute. »
Après la présentation des Nak Muay et les hymnes nationaux, le combat pouvait commencer. Comme il nous l’avait dit, Farid reste devant son adversaire, ne bougeant que pour esquiver. Le premier coup porté est un Tei Kan Kro (high-kick) gauche que Youssef encaisse dans les gants. Durant la majorité du combat, VILLAUME frappe surtout en Tei Khaa (low-kick) avec sa jambe droite (voir photo), exécutant la tactique de son coin. Alternant frappe en haut et en bas, Farid tente de toucher avec ses poings et ses coudes mais la garde du Hollandais reste hermétique.
Une grosse résistance
Ce dernier tentera tout le long du combat de répliquer avec des séries de poings et quelques middle sans grand danger pour le Français. Les coups de coudes de VILLAUME pour ouvrir la garde de Youssef resteront vains. Il semble que le Néerlandais cherche plus à se défendre qu’à attaquer, sans doute se méfie-t-il du redoutable crochet gauche de son adversaire. Autant la garde d’AKHNIKH est efficace en haut, autant il ne bloque quasiment aucuns des Tei Khaa (low-kick), mais cela ne l’empêche pas de rester debout. Dominé durant le combat, il n’abdique pas encaissant les coups sans broncher (voir photo). Il reste moins d’une minute dans la dernière reprise lorsque Youssef acculé dans les cordes, est arrêté par l’arbitre. C’est l’incompréhension dans le coin hollandais : le boxeur est visiblement lucide et même si Farid a donné beaucoup de coups au visage de son adversaire, la plupart sont arrivés dans les gants. Les Hollandais prennent à partie l’arbitre qui garde son calme, sûr de sa décision. De retour dans les vestiaires, et une fois les esprits calmés, c’est un AKHNIKH boitant de la jambe gauche qui nous confie ses impressions sur l’affrontement. Au sujet de sa façon de combattre, il nous avoue « avoir eu un problème de confiance. J’aurais dû avoir plus confiance dans mes poings, ma technique. Si j’avais été plus fort dans ma tête j’aurais mieux combattu. Je n’ai pas boxé comme d’habitude et cela en grande partie car Farid a bien combattu. » D’apparence plus calme que son coin, il nous explique sa position vis-à-vis de l’arbitrage : « Je ne suis pas d’accord avec la décision de l’arbitre, car Farid ne m’a pas touché durement, tout était dans mes bras. Il ne restait que 40 secondes, j’aurais pu aller au bout. J’aurais perdu mais pas comme ça. Dans ce combat il a été meilleur, il a gagné ses points. Mais nous sommes des athlètes, des professionnels. Nous combattons beaucoup, et c’était un combat pour le titre européen j’aurais dû finir le combat. »
Cet avis est partagé par son adversaire du soir : « Mon adversaire est très courageux, très valeureux et je le respecte pour ça. Je pense qu’il méritait d’aller au bout des cinq rounds. Cela aurait été plus honorable pour lui de finir le combat. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver et l’arbitre a voulu prévenir tout risque car Youssef n’entreprenait plus rien. » Pour revenir sur le combat à proprement parlé, Farid (en photo) nous prouve que sa confiance d’avant combat était justifiée : « Le combat s’est bien passé. Il ne m’a pas inquiété, j’ai boxé tranquillement comme à mon habitude. J’ai travaillé avec mes poings, mes jambes, les coudes et les genoux et comme me le conseillait mon coin j’ai cassé sa jambe durant tout le combat. » Alassane GAYE rajoute « Farid a fait ce qu’il faut pour gagner. Je pense que Youssef s’attendait à un combat dur avec Farid. On voit qu’il a un peu changé sa boxe en utilisant pas mal ses jambes en plus de ses poings. Il attendait pour contrer Farid. Il était très résistant, je pense donc, qu’il s’est bien préparé. »Farid VILLAUME conquiert ainsi un troisième titre de champion d’Europe consécutif et le défendra le 24 avril à Paris contre le vainqueur du combat BARAKAT-ILIEV.
Baker BARAKAT (Allemagne) Vs Dimitar ILIEV (Bulgarie)
Cette rencontre promet une belle opposition entre deux Nak Muay motivés par l'obtention d'une chance pour le titre européen à Carpentier en avril prochain. D’un côté l’Allemand Baker BARAKAT (voir sa fiche), numéro 2 du classement, au palmarès impressionnant pour son jeune âge : 45 combats, 39 victoires à 22 ans. De l’autre un Bulgare, Dimitar ILIEV (en photo, voir sa fiche), moins expérimenté (20 combats pour 15 victoires) mais possédant 12 cm de plus que son adversaire. « Ayant vu mon adversaire évoluer à Paris et Aubagne, je sais que c’est un bon Nak Muay » nous déclare-t-il dans le vestiaire. Vladimir KONDOV, son entraîneur et président de la fédération Bulgare de Muaythaï depuis 13 ans, pense « que chacun a ses chances de gagner. J’espère que ce sera mon boxeur. Il a un grand cœur et est fort psychologiquement. Je l’entraîne depuis 2 ans et Nikkis KIPARNOV (sacré meilleur entraîneur de Bulgarie l’année dernière) qui l’a eu au début de sa carrière lui a donné de bonnes bases. Je pense qu’un jour Dimitar sera champion d’Europe voire du monde. »
Vladimir qui, a bien étudié BARAKAT le décrit comme : « quelqu’un de complet, possédant toutes les techniques traditionnelles du Muay et dangereux avec ses poings. »Baker BARAKAT ne cache pas sa « volonté de gagner pour affronter Farid à Paris. » Son frère et entraîneur Ibrahim BARAKAT (voir photo), voit en lui « un Nak Muay agressif avec un style atypique, maîtrisant toutes les techniques de la discipline. » Il nous prédit même que le « combat n’ira pas au bout. Il y aura un KO d’un côté ou de l’autre. »
Dès le début du combat, nous pouvons voir deux Nak Muay calmes, s’observant l’un et l’autre. Leur affrontement débute par des échanges de Tip (front-kick). Bizarrement, BARAKAT pourtant beaucoup plus petit n’a aucun problème de distance et parvient à toucher le Bulgare avec un enchaînement de poings suivi d’un Tei Khaa (low-kick) jambe droite. Il utilisera cette combinaison durant tout le combat.Le second round démarre fort avec un coup de pied retourné de l’Allemand qui atteint ILIEV au visage (voir photo). Au milieu du round, les deux adversaires se portent successivement un enchaînement de coups de poings qui les affaiblit mutuellement.
Durant tout le combat, contrairement à ce que nous pourrions à priori penser, c’est BARAKAT qui use le plus du front kick pour repousser son adversaire avant d’avancer dessus.
« Farid j’arrive »
Au troisième round, Dimitar se fait compter à la suite d’un enchaînement de crochets et d’uppercuts qui font mouche. Visiblement mis en confiance, Baker repart de plus belle avec ses poings et retentera un coup de pied retourné qui sera bloqué par son adversaire.Durant le reste du combat ILIEV tente de réagir avec ses genoux et quelques Tip (front kick). Mais cela n’empêchera nullement BARAKAT de continuer d’avancer sur lui en le touchant avec ses poings (uppercuts et crochets), et des coups de pieds retournés atteignant la ventre du Bulgare.
L’Allemand est logiquement déclaré vainqueur du combat à l’issue des cinq rounds tant il a dominé son adversaire du soir.
Après le combat, BARAKAT (en photo) nous donne ses impressions sur le combat : « L’adversaire était dur, mais je sentais qu’il n’avait pas de condition. Il possède une bonne technique, c’est un adversaire que je respecte. » Au sujet des coups de pied retournés (il en a tenté 1 ou 2 par round), il nous confie « ne pas s’entraîner pour en faire. Mais ce sont des acquis résultant de 2 ans de pratique du Tae kwon do. » Pour finir il lançait, le sourire au lèvre : « Farid j’arrive. »
Dans le vestiaire bulgare, Vladimir KONDOV (en photo ci contre) analyse avec justesse la prestation de son Nak Muay : « Nous avons perdu cette fois. Nous savions que Baker BARAKAT avait de bons poings mais cette fois, il à eu de bonnes jambes également. Il a vraiment été supérieur durant 2 rounds. Nous devons travailler davantage pour que Dimitar maintienne la distance. Il l’a un peu fait durant les deux premières reprises. En maintenant la distance, il se serait mieux servi de ses jambes et de ses poings. Je pense que dans un futur proche nous aurons une revanche et je suis sûr que le résultat sera différent. Ce soir, il n’aurait pas pu gagner car il n’avait pas assez de puissance et ne gérait pas la distance. De plus BARAKAT était en bonne forme. » Le clan Bulgare a passé 45 heures dans un bus pour arriver à Woippy, mais Vladimir n’y voit pas « une raison sérieuse pour expliquer la défaite. Nous avons passé deux nuits ici c’est assez pour se remettre. BARAKAT a tout simplement été le meilleur. » L’Allemand aura donc une nouvelle chance de décrocher le titre européen, après celle d’Aubagne en juin 2003, en affrontant Farid VILLAUME.Dans le dernier combat du championnat d'Europe, le Portugais FERNANDES a battu aux points le Slovaque MAZUR.
Avant le championnat d’Europe, la soirée avait débuté par deux combats classe B suivis de deux combats internationaux classe A : TCHÉTCHÉ-RIAHI et KONÉ-LOPES.
Foued RIAHI (Belgique) Vs Olivier TCHÉTCHÉ (France)
Le premier affrontement classe A de la soirée, sera selon Foued RIAHI (voir photo) une opposition de style.Le pensionnaire du Tiger Gym de Peruwelz déclare : « J’ai vu TCHÉTCHÉ contre Ilmas DERMIKAPU. C’est un bon Nak Muay, je sais ce qu’il m’attend. Il est technique donc je vais y aller au physique. » Ces propos sont soulignés par son entraîneur Jean-Luc COLLOT : « C’est un adversaire coriace, doué, donc cela ne sera pas aisé pour Foued. Mais il est entraîné en conséquence. TCHETCHE travaille de manière très technique donc nous aurons une rigueur par rapport à cela en misant beaucoup sur la puissance. » La puissance semble d’ailleurs être le maître mot de leur stratégie car RIAHI déclare : « Je vais travailler et tenter de mettre un coup qui passe en force. » Autrement dit il cherchera le KO.
Olivier TCHÉTCHÉ (en photo, voir sa fiche), du club Haute Tension à Vitry, compte observer durant le premier round et voir par la suite ce que cela donne. Dans ce vestiaire, l’atmosphère est à la rigolade pour le moment, car le staff du club de Haute Tension côtoie celui de leurs amis du Phénix et les discussions vont bon train entre Krim HAMITECHE, Farid VILLAUME, Alassane GAYE… Jean-Marie MERCHET, l’entraîneur d’Olivier, décrit ce dernier comme « un boxeur ayant passé tranquillement toutes les étapes en classe C, classe B. Maintenant, il est en train de s’imposer comme un très bon classe A. Nous avons beaucoup d’espoirs dans son avenir. Il est surtout très technique, il arrive à s’adapter à pas mal de ses adversaires et à imposer sa boxe. Il est assez complet. » Ne connaissant pas l’adversaire du soir, la clé du combat est : « qu’Olivier soit capable de résoudre les problèmes qui lui sont posés. Nous devrons, lui donner les solutions pour s’imposer » conclut-il.
Les deux Nak Muay commencent l’affrontement par des échanges de poings. Nous remarquons que dès qu’il en a la possibilité, Olivier cherche le corps à corps pour asséner des coups de genoux (comme sur la photo) et de coudes à son adversaire. De plus, à chaque fois que Foued prend l’initiative avec ses poings, TCHÉTHÉ se réfugie derrière une garde hermétique. La raison nous est donnée après le combat par Jean-Marie MERCHET : « On a vite vu que le seul danger venait du crochet de son adversaire et donc on lui a demandé de bien lever sa garde pour ne pas s’exposer. » « Un boxeur intelligent »
Tout au long du combat, nous sentons que RIAHI n’est pas à l’aise dans les corps à corps où TCHÉTCHÉ a toujours le dessus. Notamment, lors du troisième round. Après avoir donné deux coups de genou dans les cuisses de Foued, Olivier projette ce dernier au moment où il arme son coup. Durant toute la durée de l’affrontement, Olivier reste maître du centre du ring et garde l’initiative, avançant sur RIAHI qui malgré ses efforts et quelques enchaînements d’anglaise ne trouve pas la solution pour renverser la vapeur. Au bout des cinq rounds, le licencié du club Haute Tension est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.
De retour dans le vestiaire belge, Jean-Luc COLLOT (en photo) nous fournit son analyse du combat : « Nous avons vu deux adversaires valeureux, dans le sens où ils se sont donnés jusqu’au bout durant 5 reprises. Il y avait une supériorité technique de TCHÉTCHÉ. C’était un véritable challenge de l’affronter puisque Foued a stoppé la compétition depuis 1 an. » Il en profite aussi pour revenir sur la stratégie mise en place : « Nous avions principalement misés sur l’anglaise et on s’est retrouvé face à une garde hermétique de la part de TCHÉTCHÉ qui a boxé intelligemment. C’était un beau combat pour moi. La stratégie était d’avancer sur lui et de le contrer avec les poings afin de pouvoir le cueillir. Dans un premier temps on voulait l’installer dans une confiance et après mettre le turbo. TCHÉTCHÉ n’est pas tombé dans le piège. A l’avenir, à nous de travailler pour trouver d’autres failles. » Le son de cloche est sensiblement le même du côté de son Nak Muay : « C’est un combattant intelligent. Il m’a attrapé dans mes faiblesses c’est à dire le corps à corps. J’ai bien commencé le combat, mais au bout du deuxième round, il a vu que j’étais un peu faible au corps à corps. Il m’a donc épuisé dans ce round et j’ai eu du mal à finir le combat. »
Du côté vitriote, c’est le sentiment du travail accompli qui prédomine : « C’était un combat très sérieux. L’adversaire d’Olivier était dangereux sur le large crochet. Donc on lui a demandé de se méfier. Comme ses derniers combats ont été assez durs, c’était un bon combat pour se remettre au travail techniquement. Il a fait 5 round en boxant sérieusement en passant une palette de techniques intéressantes. C’est ce genre de combat qui est bien pour faire travailler et progresser. Je suis content de son travail. » Au sujet des conseils donnés par le coin, Jean-Marie MERCHET (en photo) rajoute : « On lui a surtout demandé de bien travailler techniquement, d’être le premier à démarrer. Tout en se méfiant car en boxe le danger est présent jusqu’au bout. Il a travaillé, essayé de passer ses coudes, il a passé ses genoux, ses middle (Tae Lam Toa) , un peu son anglaise dont son direct en rentrant. On voulait qu’il mette en place toute sa palette technique. »Les réactions des deux camps nous le rappellent : le Muaythaï est un sport et quelque soit l’issue du combat, l’important est de donner son maximum.
Sidi KONÉ (France) Vs Mauro LOPES (Portugal)
Cela faisait huit mois que nous n’avions pas vu le triple champion de France (2001 à 2003) Sidi KONÉ (Phénix, voir sa fiche) sur un ring. Son retour s’effectue contre un Portugais de 26 ans, qui est plutôt un spécialiste expérimenté du kick-boxing. Vu le gabarit des Nak Muay (pesés à 77 kg), un combat en puissance se profile. Cela pour le plaisir d’un public de plus en plus nombreux.
« N’étant pas un pro du Muaythaï, je ferais très attention » nous confie Mauro LOPES (Nevershake, en photo) durant les combats classe B qui ouvraient le gala. « Ce n’est pas mon sport de prédilection. Malgré tout je pense avoir de bons poings, dont mes crochets, et de bonnes jambes. » Son entraîneur, Nelson GOMES lui conseille « de combattre en gardant la distance, d’être le premier à frapper. Contre un boxeur au style typiquement Muaythaï, il devra se méfier des ses genoux et de ses coudes en évitant le corps à corps ouvert. »Après sa longue absence, Sidi va « boxer comme d’habitude : Muay Tae (techniques de jambe), Muay Mat (technique de poing), Muay Kao (technique de genou). Je vais travailler différents styles pour voir où il y a une faille. » Alassane GAYE, son entraîneur, confiant dans son protégé déclare : « C’est un boxeur qui travaille dur. Il ne va pas se laisser faire, surtout qu’il a fait des progrès avec ses poings et sa jambe avant. »
Ses dires allaient se confirmer. Après le Wai Khru des deux Nak Muay, le combat commence. Le rythme est assez calme, avec quelques échanges de Tae Khaa et Tei Lam Toa (low kick et middle). Malgré tout nous voyons que KONÉ avance alors que LOPES recule. Les deux Nak Muay sont surtout axés sur leurs jambes avec un avantage pour le Parisien au niveau du nombre de touches, principalement avec sa jambe avant (voir photo). Dès le « chok » du deuxième round, Sidi réattaque avec sa jambe gauche avant de se lancer dans un corps à corps où ses genoux heurtent sans difficulté les côtes de son adversaire. Il a senti la faille car peu après il revient au corps à corps et cela se répètera durant le reste de l’affrontement. Nous pouvons observer que le Portugais n’a pas la technique d’un Nak Muay dans ce style d’exercice, ses coups de genoux sont portés sans puissance. A l’appel de la troisième reprise, le rythme est plus emballé, le pensionnaire du Phénix se jetant littéralement sur Mauro. Ce dernier se fait enfermer dans le coin, et sera compté après avoir reçu un enchaînement de poings. Ayant de nouveau pris son adversaire dans les cordes, Sidi tente un coup de coude retourné que LOPES esquive de justesse. Le Portugais se fera arrêter dans ce round après avoir reçu plusieurs coups de genoux dont un à la tête.Une décision controversée
A la suite de cette décision les sentiments dans le camp Portugais sont mitigés. Preuve en est la déclaration de Nelson GOMES (en photo) : « le combat m’a plu. C’est dommage que Mauro ne soit pas rentré dans ce combat. Je ne sais pas pourquoi mais il avait un peu peur. Il avait un bon adversaire. » Celui qui est également Responsable de l’arbitrage dans son pays rajoute : « Je ne remets pas en question la victoire de Sidi mais je mets en doute la compétence de l’arbitre car 2 comptes n’étaient pas nécessaires et lorsque mon athlète en a eu besoin, il ne l’a pas fait. Ce que je n’ai pas aimé dans ce combat c’est l’arbitrage. C’était un bon combat, mais il aurait été meilleur si on l’avait laissé continuer. Il y aura d’autres occasions pour Mauro de prouver sa valeur et pour Sidi de prouver s’il est meilleur que cela soit au point ou par KO. Aujourd’hui je doute qu’il ait pu battre Sidi. Vu la manière dont il boxait c’est impossible. Mais dans un autre jour il aurait pu être bien meilleur. Si le parti adverse est d’accord, la possibilité qu’il y ait une revanche est grande. » L’analyse de LOPES est dans la même lignée : « Je suis frustré. Je pense que j’aurais pu beaucoup mieux faire, mais c’est comme ça. J’étais contre un bon boxeur. Je pense que l’arrêt du combat était précipité. Sidi m’a donné des coups mais je n’étais pas durement touché. Il a gagné c’est tout » conclut-il déçu.
Bien entendu dans le camp français, l’atmosphère est toute différente « cela faisait 8 mois que je n’avais pas boxé. C’est un combat de reprise. Je suis satisfait d’avoir remporté le combat. Mais je pense mieux m’exprimer lors de mon prochain combat. » Tempéré Sidi (voir photo) continue en disant : « Je pouvais mieux faire. Je n’ai pas sous-estimé mon adversaire car j’ai fait un combat sérieux mais j’aurais pu mieux faire. J’ai cherché la simplicité, il avait un point faible au corps à corps. Alors que j’aurais pu travailler sur les enchaînements, la distance. C’était une cible. » Sur la facilité dans laquelle Sidi est tombée, Alassane commente : « Après coup on dit toujours que l’on peut faire mieux mais il faut voir avec les possibilités qu’on a sur le ring sur le moment. Ça fait longtemps qu’il n’a pas boxé. L’analyse et les réactions ne sont pas les mêmes. Une fois qu’on a fini le combat on peut dire ce qu’on veut. Si pendant le combat il n’a pas pu lancer sa jambe plus vite, plus fort c’est peut-être qu’il n’avait pas encore le potentiel sur le ring pour le faire. Encore deux, trois combats et ça ira mieux. Il faut relancer la machine. Il a fait un très beau combat. Il a essayé de boxer en imposant sa cadence. Je pense que c’est ce qu’il a réussi à faire bien. Il a imposé son style. Je suis content. » Répondant à la question d’une possible revanche il conclut que « les portes sont toujours ouvertes. »Après le dernier combat, les représentants (coachs et certains combattants) des différents pays d’Europe se sont réunis pour l’habituel «debriefing ». Les résultats des combats KONÉ-LOPES et VILLAUME-AKHNIKH ont suscité des discussions. Les parties perdantes ainsi que d’autres, jugeant que les arbitres avaient arrêté sans raisons valables les Nak Muay. Certains arbitres, étaient mis en cause.
Le Team hollandais allait même jusqu’à mettre en doute la partialité de l’arbitre de la rencontre à l’égard des Nak Muay hollandais en général…
La réponse à ces remarques fut que les pays participants au Championnat d’Europe ont tous été invités depuis le début à venir avec un arbitre de leur pays. Or jusqu’à présent, aucun d’entre eux, n’avait fait cet effort…
Du fait du poste occupé par Nelson GOMES (Responsable des arbitres du Portugal), nous pouvons espérer que la Commission Européenne d’Arbitrage puisse prendre forme dés le 24 Avril 2004…
Quoiqu’il en soit on ne peut attendre d’une fédération (l’EMF) et d’une compétition jeunes d’être irréprochables. Même dans celles existantes depuis un siècle comme la FIFA, les polémiques subsistent toujours et des évolutions continuent d’être apportées (CQFD).
Vincent Dao
Le Team hollandais allait même jusqu’à mettre en doute la partialité de l’arbitre de la rencontre à l’égard des Nak Muay hollandais en général…
La réponse à ces remarques fut que les pays participants au Championnat d’Europe ont tous été invités depuis le début à venir avec un arbitre de leur pays. Or jusqu’à présent, aucun d’entre eux, n’avait fait cet effort…
Du fait du poste occupé par Nelson GOMES (Responsable des arbitres du Portugal), nous pouvons espérer que la Commission Européenne d’Arbitrage puisse prendre forme dés le 24 Avril 2004…
Quoiqu’il en soit on ne peut attendre d’une fédération (l’EMF) et d’une compétition jeunes d’être irréprochables. Même dans celles existantes depuis un siècle comme la FIFA, les polémiques subsistent toujours et des évolutions continuent d’être apportées (CQFD).
Vincent Dao

























