Le gala du CHOK MUAY THAI
Le 29 octobre 2011 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), organisé par Xavier LLORCA, un gala 100% Muay Thaï s’est déroulé dans une excellente atmosphère, grâce à une organisation bien préparée. Revivez en vidéo et en images les meilleurs moments de cette soirée !
Combats "ELITE"
- de 67 kg : Bobo SACKO (Team Bilos) bat Lahoucine IDOUCHE (Beuvrage Muaythaï) aux points (à l'unanimité).
La rencontre la plus attendue de la soirée, le retour du prodige du Team BILOS, l’invaincu Bobo SACKO. Dans son coin, nous retrouvons Nicolas SUBILEAU et Farid VILLAUME. Après plusieurs mois d’absence, le champion de France Elite 2010 n’avait pas accepté un adversaire au rabais en la personne de Lahoucine IDOUCHE du BEUVRAGE MUAY THAI. En effet, IDOUCHE se défend bien. Le premier round, il faut en tenir cinq, est d’observation, mais déjà les coups sont cinglants, ils sont bien montés sur le ring pour s’affronter. Tout au long de l’opposition Bobo SACKO restera prudent, tout en se montrant offensif. Il ne semble pas avoir douté, mais il savait IDOUCHE potentiellement dangereux. La boxe de SACKO est un régal pour les spectateurs, une maîtrise des techniques pieds poings, un coup d’œil exceptionnel. Il est aussi productif en anglaise ou au corps à corps. Néanmoins, même si sa supériorité est incontestable, il prend des coups, beaucoup de middle, des contres en crochet, il ne parvient pas à percer durablement la garde de son adversaire qui varie sa boxe. Le combat est intéressant, chacun produit les efforts nécessaires et importants pour tenter de se surprendre par ses attaques ou remises, de montrer sa résistance.
Il s’agit bien d’un combat, les tentatives de mise au tapis sont de plus en plus nombreuses au fil du temps. SACKO s’amuse franchement plus qu’IDOUCHE qui se protège, ne marque pas assez de points, malgré ses nombreux assauts. Courageux, IDOUCHE semble apprendre tout en combattant, il est plein d’entrain, d’audace, résiste aux coups, mais parvient aussi à esquiver, se protéger, remiser, puis surprendre SACKO en anglaise à plusieurs reprises, une preuve de maturité pour IDOUCHE. Mais SACKO prend naturellement le dessus, il sape les jambes, en middle, puis attaque régulièrement en coup de genoux. Il offre, donne sa boxe, le public est ravi et l’acclame. Une victoire incontestable pour le pensionnaire de Nicolas SUBILEAU, mais Lahoucine IDOUCHE un bon combattant en devenir.
- de 75 kg : Damien OZENNE (Muaythaï Divais) bat Benoit BINOVSKY (Team Vieng) par KO deuxième round .
La rencontre commence bien pour Benoît BONOVSKY, malgré la résistance de son opposant par des tips et de puissant middle au corps, il arrive à cadrer son adversaire et lui porter des coups douloureux. Damien est touché au nez, compté, un peu sonné. Puis le médecin monte, l’ausculte, semble indécis, il laissera Damien OZENNE continuer à se battre. La santé du boxeur était-elle engagé ? Paradoxalement de loin oui, de près peut-être pas, alors OZENNE lors de la seconde reprise remonte de manière fulgurante, un impressionnant moment de boxe, le meilleur de la soirée, il va purement et simplement chercher sa victoire avec une force et une précision remarquables. La tête de BINOVSKY dessine des allers-retours vers la droite, puis vers la gauche sous les poings d’OZENNE, puis en quelques secondes, le nak muay du Team VIENG s’écroule KO au sol, alors qu’on le voyait gagnant deux minutes auparavant.
"Je n’avais pas le choix d’abréger ou je perdais à coup sûr ce combat", selon les propres dires de Damien OZENNE, car son nez le piquait de plus en plus, il sentait qu’il avait, et cela s’est confirmé par la suite, une légère fracture. Le médecin aurait visiblement arrêté le combat à la fin du deuxième rounds de toutes manières.
Combats "Espoir"
- de 56 kg : Jimmy CHOQUART (Team Deroy) bat Maxime CORBON (Muay Thaï Divais) aux points (à l'unanimité).
Cette opposition a été l’une des meilleure de la soirée. Maxime CORBON, vice champion de France Espoir 2010, est un nak muay bien aguerri, sérieux. Très respectueux des autres à la salle de boxe et dans la vie, il est cependant très combatif sur le ring. Sa catégorie de poids ne lui donne malheureusement pas suffisamment l’occasion de monter sur le ring, et c’est un peu au pied levé, moins de dix jours avant le 29 octobre, que ce combat lui a été proposé. Après un an de recul, c’est un retour pour Jimmy CHOQUART, en très grande forme qui a su mettre les bouchés doubles pour se préparer. Dans un premier temps, il devait combattre à Lièges contre le Belge Olivier ESPOSITO qui a dû déclarer forfait. Les difficultés pour les poids plumes, légers, mouches à trouver des adversaires sont importantes. Un remerciement particulier à Xavier LLORCA qui a inclus dans son gala ce combat.
Dès les coulisses, les nak muay sont concentrés, le visage de Maxime se ferme, tandis que le regard de Jimmy est impressionnant, perçant, droit, une totale détermination à vaincre. CHOQUART a compris les leçons des précédents combats, sait ne pas être attentiste ou s’engager dans la colère qui le mènerait à l’épuisement et vers un vain affrontement. Dès le premier round, il démontre son savoir faire, bloque les attaques, répliquent : deux jambes pour un middle, un enchaînement aux poings pour un seul jab, des coups de coude qui occasionnent d’emblé une petite ouverture sur le crâne de CORBON qui sent de suite que le combat sera difficile. Alors Maxime écoute, applique rigoureusement les conseils venant de son coin, place des uppercuts qui touchent, mais CHOQUART varie sa boxe et rend les automatismes de son adversaire inefficace. Maxime le saisit pour des corps à corps virils pour le contrer, et aussitôt les genoux claquent contre les côtes de Jimmy, mais il est dur ce garçon du Team DEROY, et parvient à décaler, puis projeter Maxime au sol. Durant les reprises suivantes, Maxime trouve l’énergie nécessaire pour toucher aux poings, placer des middles, des coups de coude, marquer progressivement la peau de son adversaire qui reste en garde, concentré. CHOQUART rencontre donc de la résistance, mais sa préparation fait la différence, son style Fimeu est joli, mais pas uniquement, sans cesse Jimmy rend deux coups pour un coup.
La salle vibre pour ce combat, une véritable clameur sort du public. Les supporters de Maxime CORBON venus nombreux de Dives-sur-mer sont un exemple de fair-play, ils encouragent avec véhémence leur nak muay, mais savent respecter et reconnaître les qualités de son opposant, de véritables amateurs de muay thai. CHOQUART écoute ses hommes de coin, il semble n’entendre que leur voix, et touche par un high kick le visage de CORBON, puis place de jolis coups de genou sauté, une boxe qui se libère au fil des reprises. Maxime réussit à ruser, attaque au visage pour obliger son adversaire à monter, un peu trop, sa garde et dégager son ventre, il y parvient, mais ses attaques ne sont pas assez fulgurantes, manque de tonus. Jimmy évite les crochets au foie, par des esquives rapides, notamment des coups de coude retournés, directs, bien maîtrisés et placés. Depuis le début du combat, il a su éviter les mauvais coups pour rester lucide jusqu’à la fin, et marquer des points jusqu’à la dernière seconde.
CORBON n’était pas du tout à son meilleur niveau ce soir-là, mais il ne s’est pas défaussé et a combattu vaillamment pour sa passion du muay, par respect pour le public et du nak muay qui était face à lui.
C’est donc à l’unanimité que Jimmy CHOQUART est déclaré vainqueur. Nous attendons de voir ces deux boxeurs plus souvent sur un ring.
- de 67 kg : Sambou FOFANA (AFC 78) bat Thibaut LAUGEOIS (MTC Lisieux) aux points (décision partagée).
Très agacé par la boxe de son adversaire, Sambou FOFANA a été très agressif dès le premier round. Ecoutant son coin, il ne s’est pas laissé aller « à la bagarre », en effet nous n’étions pas dans la rue, mais dans un combat de muay thaï avec des règles dixit son propre entraîneur (AFC 78). Règles qui d’ailleurs étaient parfaitement respectées par Thibaut LAUGEOIS, champion de France Espoir 2010. Le nak muay du MTC Lisieux prend plaisir à boxer avec jeux, autant qu’avec force, une mentalité sportive, comme on en rencontre régulièrement en Thaïlande. Ensuite c’est un combat à niveau égal qui s’est déroulé, LAUGEOIS ne s’est pas laissé impressionner, il combattait, variant sa boxe dans un style fimeu, mais un peu trop de prudence par des retraits, tous très courts, lui ont fait rater des occasions de marquer des points. FOFANA était plus dans un style guerrier, K-1, il cherchait à puncher, à obtenir le KO. Il arrive à force d’acharnement à s’imposer par une courte victoire aux points.
Combat "Honneur 2"
- de 63,5 kg : Kévin FLEURY (LGMT) bat John CHAT (Sor SAKSRI) aux points (à l'unanimité).
Une opposition un peu déséquilibrée, où Kévin FLEURY a montré une supériorité évidente dès le début, face à un John CHAT attentiste, mais qui a su néanmoins se protéger et terminer honorablement ce combat. Notons une belle démonstration de middle de la part de Kévin FLEURY, avec une boxe efficace et esthétique.
- de 67 kg : Anael MANCHON (Chok Muay Thaï) bat Seif BERGHOUT (Sor Saksri) aux points (à l'unanimité).
Une opposition où Seif BERGHOUT a été compté dès la première reprise et n’a pas su, pas pu, rentrer dans son combat par la suite. Anaël MANCHON a su faire honneur à son club, il boxait à domicile. Néanmoins, il ne s’est pas contenté de cet avantage, il a exprimé une boxe thaïe très complète, enchaînant les jambes, le corps à corps, les coups de genoux efficaces au ventre et une anglaise bien variée, sur trois à quatre enchaînements consécutifs. C’était un plaisir de le regarder combattre, très observateur et rapide, il plaçait ses coups, donc ses points, qui passaient et marquaient son adversaire, au visage notamment. Anaël a eu un comportement de nak muay sachant associer une boxe puissante et tacticienne.
- de 68 kg : Naka YORO (Team Bilos) bat Anthony RONDEAU (Chok Muay Thaï) par KO premier round.
Une maîtrise et une puissance remarquables de Naka YORO, soutenu dans son coin par Nicolas SUBILEAU et le champion Farid VILLAUME. Anthony RONDEAU, nak muay au club organisateur, présenté comme un redoutable puncheur s’était pourtant bien mis en condition dans les vestiaires, en arrivant tôt, en se concentrant sur son combat, mais une demi-seconde d’inattention sur le ring à laisser une ouverture dans la garde. Alors, un coup d’œil, et un seul mot, un seul de Farid VILLAUME a suffi pour qu’un coup unique de YORA, un high kick fatal, provoque le KO. Une revanche sûrement à venir.
- de 75 kg : Gaétan DAMBO (Chok Muay Thaï) bat Naïm BOUAHADI (AFC 78) aux points (à l'unanimité).
Gaétan DAMBO, surnommé KIRIKOU par la foule venue le soutenir, s’est imposé par sa combativité, d’abord un peu brouillons dans sa boxe, il a eu besoin de jauger, comprendre la boxe de son opposant, puis écoutant les conseils de Xavier LLORCA, KIRIKOU s’est appliqué. Très fort en jambe, il a su saper les tibias de Naïm BOUAHADI d’abord, lui faire baisser a garde, pour enfin le toucher à plusieurs reprises au visage et prendre nettement le dessus pour la quasi-totalité du combat. Une volonté de fer.
Combat Honneur 1
- de 63,5 kg : Christopher SINGAL (Muaythaï Divais) bat Jérémy TEBANY (AAC Boxing) aux points (à l'unanimité).
Christopher SINGAL, un jeune nak muay décidé et très combatif qui a largement dominé cette rencontre, on peut déjà remarquer un boxeur assez Fimeu. Un style qui reste à affiner, mais avec déjà une réelle maîtrise des enchaînements pieds poings, avec une bonne garde et des jabs parfaitement vissés. Dès qu’il est sur le ring, le corps de Christopher s’arrondit naturellement comme un félin en position d’attaque. Nous devrions entendre parler de ce garçon. Quant à Jérémy TEBANY, il ne démérite pas. Il a dédié son combat à ses deux enfants et est allé jusqu’au bout dans un très bon esprit sportif.
- de 69 kg : Cyril LAURENT (Radja Thaï) bat Paul DEBOOSER (Chok Muay Thaï) aux points (décision partagée).
De suite, nous observons un Paul DEBOOSER très nerveux qui ne veut en aucun cas d’un round « d’observation » et montrer de suite qu’il sera le patron sur le ring. Mais Cyril LAURENT ne se laisse pas impressionner, malgré la pluie de Jabs sur son casque et les nombreux middle qui ont cogné avec fracas contre le plastron. Rapidement, il parvient à éviter les coups puissants de son adversaire, en imposant le corps à corps. Mais DEBOOSER se ressaisit dès le début de la deuxième reprise, cherche à être plus précis, tout en restant combatif. Pourtant, il restera gêner par le corps à corps que lui impose LAURENT. DEBOOSER s’était visiblement bien préparé, son physique tient bon, on ressent chez lui une envie de gagner, une combativité qui ravit le public, mais LAURENT a su marquer des points, moins puissant que son adversaire, mais en plus grand nombres, il a boxé avec tactique, utilisé parfaitement le temps, les 3 X 2 minutes, et remporter avec brio, même d’un cheveu, cette victoire.
C’est donc une excellente soirée de Muay Thai, à laquelle Xavier LLORCA a convié le public. Ces initiatives permettent aux nak muay d’affiner leur boxe, simplement de combattre, afin de se préparer aux échéances nationales et internationales à venir.


























