Le Banner bat Abidi et Schilt remporte le Paris GP
Par Vincent Dao le mardi 31 mai 2005
Pour sa troisième édition à Paris, le K-1 European World Grand Prix aréuni 11 250 fans au Palais Omnisport de Paris Bercy. Jérôme Le Bannera pris le dessus sur Cyril Abidi lors d’un Superfight éreintant. De son côté le pratiquant hollandais de karaté Seidokaikan Semmy Schilt aécarté tous les prétendants pour s’emparer de la couronne de cette épreuve 2005.Le Superfight entre Jérôme Le BANNER et Cyril ABIDI est le combat le plus attendu de la soirée. Le punch et la technique de Le Banner ont fait de lui l’un des boxeurs les plus redoutés du circuit. Et puis il y a Abidi, un kick boxeur dont le style guerrier a offert des combats parmi les plus excitants du K-1 de ces dernières années.
Dès l’introduction des combattants, il est clair que la foule est derrière Le Banner qui reçoit un tonnerre d’applaudissements. A l’inverse, l’entrée d’Abidi est saluée par des « bouh » et des sifflets qui sont tempérés par quelques fans. Peut-on y voir un signe de la rivalité footballistique entre le PSG et l’OM ? Le Banner venant de Normandie (donc proche de Paris) et Abidi de Marseille.
Entre les deux hommes, il n’y a pas le geste sportif avant le début du combat du toucher de gants. L’animosité entre les deux hommes est visible dès le début du combat lorsqu’ils se rentrent dedans dès le coup de gong pour donner lieu à une véritable bagarre de rue. Le manque de style et de grâce est compensé par l’émotion et l’intensité qui se dégagent du ring.
Dans le premier round, Le Banner prend le meilleur avec son bras droit, alors qu’Abidi ne place que rarement ses coups de pieds a travers la garde de son adversaire.
Dans la deuxième reprise, Le Banner inflige un compte à son adversaire à la 28ème seconde grâce à sa droite. A la suite d’un coup de tête accidentelle, le Normand est ouvert à l’arcade droite, mais cela ne l’empêchera pas de continuer le combat.
Dans le troisième round, Le Banner continue de frapper avec ses poings, chargeant sur Abidi tel un tank. Une fois de plus la droite de Le Banner lui permet de provoquer le compte du Marseillais. Au lieu de finir son adversaire qui est « dans les vapes », Le Banner cherche à véritablement le punir. Bloquant son adversaire dans les cordes, il lui inflige une pluie de coups de poings avant de placer un Tei Khan Kro (high kick). Abidi subit mais a le mérite de ne pas abandonner et de continuer à lutter. D’ailleurs dans le quatrième round, Cyril semble reprendre du poil de la bête alors que Jérôme baisse de régime. Mais une fois de plus, et malgré toute son envie Abidi va une nouvelle fois au tapis à la suite d’une puissante droite de Le Banner.
Le cinquième et dernier round voit Le Banner encore dominer grâce à ses poings. Vu les coups qu’il reçoit, il est étonnant de voir Abidi toujours debout. Après le combat, le producteur du K-1 Sadaharu Tanikawa déclara que le combat aurait peut-être pu être arrêté avant, mais l’arbitre a respecté le désir des combattants de se battre jusqu’au bout. Abidi continue de frapper avec ses poings et te tenter des Tei Khan Kro mais tout est bloqué par le Banner. La fin fût confuse, un homme de coin d’Abidi montant sur le ring et provoque la fin du combat alors que les deux combattants semblait se diriger vers la fin du combat.
Jérôme Le Banner remporte donc la victoire par TKO au cinquième round.
Il n’y eut pas d’accolade à la fin du combat, les deux hommes restant sur l’avis qu’ils avaient l’un de l’autre à leur entrée sur le ring. Etant chez le médecin à cause de son œil, Le Banner ne s’est pas rendu à la conférence d’après combat. De son côté Abidi a déclaré : « Je suis de Marseille, et nous n’abandonnons pas. Nous nous battons avec notre cœur. Je n’étais pas à 100 % car je me suis blessé à la jambe lors d’un accident de moto il y a peu de temps. Mais je ne cherche pas d’excuses, j’ai perdu. Mais pour l’instant il est à l’hôpital et pas moi ! Peu importe, je veux dire à mes fans que j’espère ne pas les avoir déçu, j’ai fait de mon mieux mais malheureusement je n’ai pas gagné. Merci pour votre soutient. Je ferais mieux la prochaine fois.
Maintenant place au tournoi du K-1.
Alexey IGNASHOV, qui est considéré comme le favori pour conserver sa couronne du K-1 European Champioship, affronte le Japonais Noburu UCHIDA lors du premier tour. Le Biélorusse possède un avantage de taille (+ 12 cm) et de poids (+ 22 kg). Pour se préparer à ce tournoi, il est allé en Nouvelle Zélande, au club de Ray Sefo. Mais il arrive avec le genou droit bandé.
Dès le coup de gong, on peut voir que le style d’Ignashov a évolué : il travaille avec différents coups de poings et esquive rapidement, mais il n’envoie aucun coups de pieds. Malgré des directs et des crochets, Ignosahov ne pose pas vraiment de problèmes à Uchida qui avance frappant des poings et en Tai Khaa (low kicks).
Dans la deuxième reprise, alors que le manque d’agressivité d’Ignashov commence à énerver
le public, il envoie un direct du droit qu’il suit d’un crochet du gauche. Mais Uchida continue d’avancer usant ses low kicks pour varier ses attaques.
Dans la troisième reprise le Biélorusse n’use toujours pas des ses jambes mais frappe bien des poings. Il est loin de l’explosif combattant qu’il peut être. Le Japonais continue de marquer des points avec ses jambes et ses poings.
Et c’est à la surprise d’Uchida qu’il est déclaré vainqueur.
Le deuxième combat oppose le Belge Aziz KHATTOU au Français Naoufal « Iron Leg » BENAZZOUZ qui remplace Chalid « Die Faust » qui a dû renoncer à cause d’une blessure à la main. Le Français possède un avantage de poids et de taille (+ 11 cm), et Khattou ne semble pas savoir comment aborder la combat. Donc au début du combat, Khattou est principalement dans une posture défensive. Benazzouz trouve rapidement une faille dans cette défense et touche d’un Tei Khan Kro (high kick) qui touche à la tête et inflige un compte au Belge. Ce dernier réussit à se relever avant la fin du compte mais retourne au tapis juste après. En vertu des règles du K-1 avec 2 comptes dans le même round, Naoufal Benazzouz remporte la victoire.
La troisième opposition est Semmy SCHILT (Hollande) face à Petr VONDRACEK (République Tchèque).
Dans ce combat l’avantage de taille est énorme pour le Hollandais (+ 28 cm). Malgré sa taille, ce dernier est rapide est pourchasse son adversaire le frappant de ses poings. Mais pour le bonheur de la foule, Vondracek raccourcit la distance et envoie un grand nombre de crochets courts et d’uppercuts à partir du milieu du round pour enlever cette reprise pour les 3 juges.
Le second round commence bien pour le Tchèque mais Schilt place un Tip (front kick) qui ébranle son adversaire et amène un compte debout car il ne peut maintenir sa garde. A partir de là, le Batave prend le combat en main : frappant en Tei Khan Kro et utilisant son allonge pour frapper à volonté et infliger un second compte à son adversaire à 20 secondes de la fin du round synonyme de victoire.
Vondracek s’est bien battu mais la taille et la puissance de Schilt étaient trop importantes pour être surmontées.
La dernière paire à monter sur le ring est composée du Japonais Nobu HAYASHI et du Français Freddy KEMAYO (à gauceh sur la photo). Ce combat est très excitant : Kemayo étant rapide sur ses appuis et envoyant des coups rapides (low kicks, high kicks, et de puissants coups de poings) au visage et au corps. Hayashi ne démérite pas mais Kemayo lui est supérieur et il contrôle totalement le combat. C’est grâce à ses poings que le français infligera 2 comptes à son adversaire et gagnera le droit le disputer les demi-finales.
Lors de la première demi-finale, Benazzouz domine Uchida dès le début pour le plus grand plaisir de la foule. Dans le premier round, Benazzouz ( à gauche) frappe en Tei Khaa (low kicks) et bloque bien lorsque Uchida tente de contrer. Dans la deuxième reprise, le Français contrôle la distance et le tempo usant de Tei Khaa et Tei Kha Kro (high kicks) et étant également supérieur avec ses poings.
Dans la reprise suivante, Benazzouz tente des coups de pieds retournés mais ne touchant pas la cible il adopte de nouveau sa tactique des rounds précédents.
Benzzouz remporte la victoire à l’unanimité des juges.
Il rencontrera le vainqueur du combat entre Schilt et Kemayo. L’avantage de taille de Schilt lui permet de laisser son adversaire sur la défensive, frapper en Tei Khaa avant de remonter à la tête. Kemyo l’apprend dès le premier round : les puissants Tei Khha de son adversaire lui font mal. Et à chaque fois que le Français tente de raccourcir al distance, Schilt le saisit. A cause de ces saisis il recevra un carton jaune dans le premier round et un rouge dans le deuxième. Malgré les encouragements de la foule, Kemayo ne semble pas capable de battre son adversaire.
Dans la troisième reprise, après avoir reçu une pluie de coups, Kemayo reçoit deux coups de pieds à la tête qui le laisse groggy. L’arbitre commence un compte debout mais juste après le Français retombe contre les cordes et le combat est arrêté.
Schilt atteint donc la finale.
Il reste donc un espoir pour le public français de voir un combattant local remporté cette épreuve. Mais Benazzouz sera-t-il capable d’abattre cette montagne qu’est Schilt ?
Le Français donne du fil à retordre à Schilt : il est concentré et grâce à de rapides déplacements reste hors de portée des coups de son adversaire durant la première reprise.
Benzzouz est rapide et précis, il touche en Tei Khaa (low kicks) et avec des combinaisons pieds-poings. De son côté, Schilt semble moins agressif et retissant à avancer sur son adversaire pour subir les coups de son adversaire.
Mais tous les fans de boxe le savent, un coup suffit à tout changer et c’est ce qui se passe. Benazzouz touche de sa droite et vient de toucher d’un Tei Khaa lorsque Schilt voit l’ouverture et touche d’un direct du droit qui amène le compte du Français. Ce dernier réussit de justesse à se relever avant la fin du compte. Mais lorsque l’arbitre lui demande s’il va bien il répond « Non ».
Benazzouz a jusque là bien géré son combat mais c’est Semmy Schilt qui remporte le K-1 European Grand Prix 2005. Il se qualifie donc pour le World Grand Prix Final Elimination à l’Osaka Dome en septembre.
Lors de l’interview d’après combat, c’est un Schilt rayonnant qui déclare : « Je me sens très bien. » Le Hollandais rend rapidement hommage à ses adversaires « Le premier combat contre Petr Vondracek fût très dur. Il a été agressif et au début je continuais de vouloir placer les genoux tout le temps. Je me suis adapté après. Je ne connaissais pas Freddy Kemayo, mais je dirais qu’il est l’un des bons Français. Et j’ai été également surpris par Naoufal Benazzouz, il avait beaucoup de bonnes attaques. Mais maintenant je me suis qualifié pour l’événement de septembre au Japon. Je sais qu’il y aura un tas de bons combattants que je devrais affronter, mais je n’ai peur de personnes, je suis confiant, je peux gagner ! »
Les autres superfigts de la soirée :
- Nobuaki KAKUDA (Japon) bat Maverick (Allemagne) par KO à la suite d’un crochet droit lors de la première reprise.
- En moins de 71 kg : Samir BERBACHI (France) bat Karim MAHRI (France) à l’unanimité des juges après avoir infligé un compte à son adversaire sur un direct du droit lors de la troisième reprise.
- Pour le combat réserve Gregory TONY (France) bat son ami Petar MAJSTOROVIC (Suisse) par décision unanime.
Crédit photos : K-1
























