La vie d'un club de Muay Thaï
Thai Boxing Club Hazebrouckois
En juin dernier, Muaythaitv s'est rendu au Thai Boxing Club Hazebrouckois, dans le département Français du nord.
L'équipe a rencontré l'entraîneur Laurent GHETTAS qui depuis sept ans est à la tête du club. Un homme passionné de sport de combat. L'une de ses première discipline de prédilection fut le karaté, puis très vite le muay thai l'a attrapé. Alors l'idée, l'envie de créer un club exclusif à l'enseignement de notre art l'a motivé.
Le club s'est enrichi dès le départ par la présence des frères WYCKAERT. Stephen et Christopher. D'abord nous vous présentons « Christo », 1m 88 pour – de 67 kilos. Après plusieurs saisons de compétitions en karaté et en full contact, il est arrivé, il y a douze ans, au muay sous l'impulsion de Laurent GHETTAS. À bientôt 25 ans, voici le palmarès de Christopher WYCKAERT :
- Vice champion régional de boxe Américaine en 2009
- Vice champion de France de full contact en 2009
- Vainqueur de la coupe de France de Muay Thaï en 2011
- Champion de France FFSDA Muay Thaï 2012
Christopher WYCKAERT est le CHAMPION DE FRANCE 2012 chez les – de 67 kg FFSCDA . Petite retour en arrière : une finale espoirs et élites des championnats de France 2012 qui s'est déroulée en juin dernier en région parisienne, dans un gymnase malheureusement presque vide avec tout juste quarante spectateurs, pour au moins vingt cinq agents de sécurité.
Pour information, une famille de quatre personnes devaient débourser soixante euros pour venir s'assoir sur du ciment. Quelle dommage, car les combats étaient de très bonnes qualités, comme celui de Malik SENOUCI en – de 60 kg, Vatsana SEDONNE pour les – de 63 kg et bien sûr celui de Christopher WYCKAERT.
Justement revenons à Hazebrouck, où Muaythaitv est allé suivre « Christo » à un entraînement. Christophe est-il la vedette du club ? Non, il donnent son expérience avec générosité aux autres nak muay, ce garçon n'est pas centré sur lui-même. Ce club est avant tout un large groupe dont les membres semblent soudés. Nous l'avons découvert en participant à un entraînement. Trois quart d'heure environ avant le début de la séance, un petit noyau, souvent composé des plus jeunes, part courir avec Laurent GHETTAS autour du centre sportif.
Entre-temps, nous rencontrons les autres adhérents qui arrivent, tout le monde se salue dans une atmosphère franchement conviviale. Sans perdre trop de temps, nous nous dirigeons vers la salle, où l'échauffement est pris en charge par Stephen, le frère cadet de Christopher, un an et demi les sépare. Stephen est arrivé en ¼ de finale au championnat de France de muay thaï cette saison.
Au sein du club, Stephen met en oeuvre un échauffement très au point, avec des étirements, une montée en cardio progressive. Il s'agit de nous faire transpirer, mais avec professionnalisme et c'est réussi.
Puis, le retour des coureurs avec Laurent GHETTAS, débute alors des exercices comme le jeux d'aller chercher à toucher l'épaule de son partenaire.
Ensuite, il est temps de mettre les gants et les protections, avec en premier lieu l'apprentissage par la répétition : s'exercer à différents thèmes comme bien positionner son corps, sa garde, exécuter avec précision ses déplacements, ses esquives, enchaîner une série aux poings, ponctuée par des kicks ou des genoux .
Nous observons un cours dirigé clairement par Laurent, assisté en premier lieu par Stephen, un excellent pédagogue en devenir, mais aussi par Christopher. Également, chaque nak muay corrige les mouvements d'un autre. Chacun fait de son mieux, le cours semble efficace, il est harmonieux à regarder.
Viens le temps du sparring. Chritopher et Stephen, du même poids, s'entraînent souvent dur, sans jamais se blesser. Rivalité ? Pas à proprement dit, c'est une forte complicité fraternelle avant tout qui existe entre eux, où les rôles sont interchangeables.
Durant les corps à corps par exemple, ils vont tenter mutuellement de se débusquer, c'est à dire que l'un va chercher l'autre dans ses retranchements, appuyer aussitôt là où une ouverture se dévoile, puis travailler sans relâche en genoux pour fatiguer son opposant, jusqu'à lui absorber sa dernière goutte d'énergie.
Leur secret ? Peut-être qu'ils ne cherchent pas, ne cherchent plus, à se prouver : «qui est le plus fort des deux ? ». Ils jouent, jouent avec une excellente maîtrise des règles du jeux. Bien sûr les deux frères ne s'entraînent pas qu'entre eux, ils deviennent fairplay avec les autres, des partenaires de sparring éprouvant pour préparer les compétiteur, ou alors de patients pédagogues sachant s'adapter a différents niveaux.
Durant les sparring, les éducatifs n'étaient pas en reste, ils ont déjà construit un intéressant palmarès, nous allons vous les présenter.
YAHIAOUI Valentin chez les – de 68 kg qui, a tout juste 18 ans, est déjà :
- Champion régional de kempo en 2005, 2007, 2009
- Champion du monde de kempo en 2007
- Champion de France de kempo en 2008, 2009
- Vice champion de France de kempo en 2010
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Champion régional de muay thaï en 2011 et 2012
Valentin YAHIAOUI est un garçon peu expressif en apparence, calme.
Il a une très bonne condition physique, il épuise ses adversaires rapidement en ne leur laissant pas une seconde de répit.
Néanmoins ses attaques demeures précises, redoutable en high kick, il marque ses points lors de ses assauts en France et de ses combats en Belgique avec une efficacité redoutable.
La liste ne s'arrête pas là, voici encore une histoire de frangins, les DUCROQUET cette fois. Steven, l'aîné, évolue chez les – de 60 kg.
- Vice champion régional de karaté traditionnel en 2005
- Vice champion de France de karaté contact en 2008
- Vainqueur de l'open international de kempo -55 kg en 2009
- Vice champion régional de kempo en 2009
- Vainqueur de la coupe régionale de muay thai en 2011
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Champion régional de muay thai en 2012.
Ces coups très précis lui ont permis de remporter presque tous ses assauts. Courageux, c'est en Belgique, qu'il s'est confronté en 2012 à l'exercice du ring et du combat sans plastron.
Steven semble être un garçon « réfléchi », observateur. Et une défaite en Belgique face à un adversaire très guerrier lui a permis d'évoluer.
A présent, il s'entraîne dur pour travailler sa rapidité, savoir « calmer » un opposant guerrier, lui imposer aussitôt son rythme à l'avenir. Un garçon qui développe un bon style fimeu.
Enfin, le cadet des DUCROQUET. Jordan, peut-être un futur élite chez les lourds en muay thaï. Rien n'est joué bien sûr. Cette saison, il était en – de 76 kg, mais il grandit encore et va certainement passer en – de 81 kg l'an prochain pour un peu plus de un mètre quatre vingt dix. Regardons son palmarès :
- Vice champion régional de karaté traditionnel en 2007
- Vice champion régional de kempo en 2009
- Vainqueur de l'open international de kempo -60 kg en 2009
- Champion régional de muay thaï en 2011
- Vainqueur de la coupe régionale de muay thaï en 2011
- Champion régional de muay thaï en 2012
A l'entraînement, dès les premières secondes de sparring face à Jordan, la distance s'avère difficile, impossible à casser face à lui. Une excellent allonge, redoutable même.
Il prend bien ses appuies sur ses jambes, sans danser, envoie ses poings sans se courber comme un roseau malgré sa grande taille.
Il est posé, ses coups ne sont pas désordonnés, chaque jap ou crochet est percutant, atteint son but, ils résonnent dans le corps de l'adversaire, souvent les nez de ses opposants saignent en combat, ils cherchent à avancer, mais leur visage se heurte contre le cuir des gants de Jordan qui a la caractéristique des poids lourds, avec l'agilité des nak muay légers.
Ses jeux de jambes sont bons, précis, plus d'une fois ses pieds ont giflé des visages sur un ring. De plus, si l'opposant se jette sur lui pour l'enlacer en corps à corps, il réagit très bien en genou sauté, coup de coude.
Toutes les techniques du muay ne sont pas encore présentes chez Jordan et on peut parfois sentir un jeune homme chercher ses repères sur le ring, néanmoins on le sent très motivé.
Jordan aime apprendre, s'enrichir des expériences, il est aussi très respectueux et mesuré face à des « loisirs ». Un nak muay qui va aller vers des combats à la fois plus excitant et gratifiant, mais aussi beaucoup plus dur pour lui, ce qui implique un entraînement et un mental sans faille.
La boxe reste la boxe. Il en a visiblement les capacités. Les développera-t-il ?
Qu'est ce qui fait que le club de Hazebrouck fonctionne bien, malgré les impondérables tels que : une belle salle de sport récente mis à disposition par la municipalité, mais polyvalente et non dédiée à la boxe, donc sans ring et sans possibilité d'y accrocher des sacs de frappes, avec seulement deux créneaux de deux fois deux heures par semaines, le mardi et le vendredi.
Les avantages du club : une cotisation annuelle à la portée de presque toutes les bourses. Pour parodier une vielle phrase bien connu par tous les présidents de la République Française : personne n'a le monopole du coeur. Pourtant, Laurent Ghettas est un entraîneur disponible autant pour les compétiteurs que pour les loisirs, très apprécié de ses adhérents. Réalité que nous constatons dans des dizaines d'autres clubs en France. De plus au club d'Hazebrouck, il existe un groupe de nak muay de tous âges, très soudé. C'est donc bien un club qui sait accueillir avec « le coeur », chacune et chacun.
Pour conclure, il est intéressant de remarquer que tous les champions du club s'entraînent régulièrement, y compris dans d'autres disciplines martiales. Des nak muay passionnés d'arts martiaux, sérieux, engagés, c'est ce qui explique sûrement en grande partie leur réussite.
Un club de muay thai qui devrait encore faire parler de lui pour cette prochaine saison.


























