La rentrée de Farid et de Bilos
Il y a un an, Farid VILAUME avait choisi de quitter son ancien club pour venir s'entraîner chez son ami de longue date Nicolas SUBILEAU dit « Bilos ». À l'occasion de la rentrée nous leur avons donné la parole pour parler de leur complicité, du « TeamBilos », des prochains challenges mais aussi de s'expliquer sur les résultats des trois derniers combats de Farid.
Muaythaitv.com : Bonjour Farid VILLAUME, bonjour Nicolas SUBILEAU, comment vous vous êtes connu et depuis combien de temps ?
Nicolas SUBILEAU : Farid, ça fait plus de 10 ans qu'on se connaît. Je l'ai rencontré lors d'une formation DIF. On a d'ailleurs passé le diplôme ensemble.
J'étais avec lui en Thaïlande lors de son championnat du monde face à ORONO en 1999 et on a vécu deux mois ensemble dans le même camp d'entraînement : le KIATBANCHONG
Farid VILLAUME : Bilos c'est avant tout la famille, c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. Je suis super content de m'entraîner avec lui en ce moment. On fait des superbes préparations, même si le destin a fait qu'il y a eu des défaites. Bilos c'est comme un petit frère. Au niveau de l'entraînement c'est impeccable, c'est à la mode « Thaï ».
Muaythaitv : Nicolas, comment t'es tu préparé à l'arrivée de Farid dans ton club ? Les jeunes n'ont pas été étonné ou impressionné ?
Bilos : Non, Farid, passait déjà de temps à autre. C'est sur que c'est « un plus » pour les gamins de voir Farid évoluer à la salle. Les jeunes peuvent prendre exemple sur un champion reconnu en s'entraînant avec lui, ça ne peut que les motiver.
Farid : Les Jeunes apprennent en m'observant, je fais également régulièrement du sparring avec eux. Ils me suivent dans les thèmes des entraînements. Ils sont motivés, il y a une bonne ambiance ici.
Muaythaitv : Farid, quels sont les avantages que tu trouves au Team Bilos, après avoir quitté le Phénix Muaythaï de Paris, le club qui t'a formé ?
Farid : Ici à la « Team Bilos », je retrouve l'entraînement que j'ai connu à mes débuts . À la base je m'entraînais au Star Boxing avec des Thaïlandais. Je retrouves le même esprit ici.
Au Phénix avec Hassan GAYE ça se passait bien mais le problème c'est qu'à la salle du treizième arrondissement de Paris; il y a de plus en plus de monde . Hassan commençait je pense à être débordé, il n'avait plus trop le temps de bien me préparer et s'occupait davantage des jeunes. Par conséquent, il y a eu quelques petites conflits (mais rien de grave) lors de mes préparations. Je tiens à préciser aussi que malgré ce que l'on peut croire, je ne suis pas fâché avec mon ancien club.
Muaythaitv : Tu dis avoir trouvé l'entraînement que tu avais avec les thaï au Star Boxing, c'est à dire ?
Farid : C'est à dire que je fait des rounds complets, des thèmes « Dur », du sac et du sparring. Au niveau de l'entraînement je n'ai rien à redire chez Bilos. Il a la même vision que moi de l'entraînement, on se fusionne bien. Il me fait une préparation spécifique et personnalisée. Tout se passe bien.
Muaythaitv : Quelle ta vision de l'entraînement Nicolas ?
Bilos : Ce que dit Farid, cela peut se comprendre. Le Phénix est un peu devenu une « usine ». Là bas, on ne peut pas porter l'attention qu'à un seul boxeur en particulier. Ici, il y a moins de Classe A qu'au Phénix. Donc je peux me concentrer sur la préparation de Farid sachant que j'ai un assistant qui peut gérer le reste du cours.
Je peux me focaliser sur l'entraînement des pro qui ne sont que deux . À l'heure actuelle, il n'y a que Rachid KABBOURI, Farid et Kévin JEAN BAPTISTE (qui est entre le B et le A).
Au phénix, il y a trop de Monde, Hassan ne peut pas être disponible à 100 % pour Farid.
Muaythaitv : Nicolas, les gens ont tendance à faire l'amalgame entre le fait que Farid quitte le Phénix et ses trois défaites. Pour toi est ce une coïncidence ou est ce que c'est lié ?
Bilos : Non, c'est comme ça...
La première défaite face à Yod, Farid a été prévenu au dernier moment dans les vestiaires pour monter sur le ring. Il est monté à froid. Je ne lui cherche pas des excuses, mais il n'était pas assez échauffé. Une fois sur le ring, il n'était pas dans le combat.
Pour Ali GUNYAR, il n'aurai certainement pas du faire ce combat. Il avait une déchirure musculaire au niveau du mollet une semaine avant. C'était sa première au SLAMM en hollande, il ne pouvait pas refuser cette invitation et a fait le choix de faire le combat avec la blessure.
Sur les deux premiers rounds, Farid a été hésitant, il remonte au troisième mais bon ça ne suffisait pas pour faire la différence. Ali était « dans le rouge » à la troisième reprise.
Nous pensions que le combat se déroulerait en cinq reprises de trois minutes, arrivé là bas, on nous annonce trois reprises de trois minutes...
Deux rounds de plus et Ali GUNYAR n'était plus là...Mais bon, c'est encore une coïncidence.
Muaythaitv : Et concernant Lamsongkram CHUWATTANA ?
Bilos : Concernant Lamsongrkram, je n'étais pas en Jamaïque. J'ai vu le combat en direct, Farid ne boxait pas dans sa catégorie. Le thaïlandais a usé du vice, ça n'a rien à voir avec sa préparation.
Farid était prêt, entraîné et sans blessure. Lamsonngkram est très dur à boxer, il esquivait beaucoup et endormait le combat.
Muaythaitv : Et toi Farid peux tu revenir sur tes trois derniers combats ?
Farid : Avant de commencer, je tiens à dire que j' étais super bien préparé pour ces trois derniers combats, malgré les critiques qu'il y a pu avoir.
Ce qui s'est passé avec Yod : effectivement je suis monté « à froid ». Kamel JEMEL boxait avant moi ce soir là à la salle Coubertin de Paris (novembre 2007). Il s'est fait ouvrir par un coup coude dès la première reprise. Je devais monter à 9 h20. J'ai du faire mon apparition sur le ring plus tôt.
Avec Yod, on a commencé tout de suite « la bagarre ». J'étais à plat, complètement vidé et impossible de revenir. J'avais aucune puissance dans mes coups. Yod m'a mis une pression, j'ai été touché au plexus. J'ai également été touché une fois à la tête et la rencontre a été arrêté...j'étais super dégouté pour ce combat.
Pour Ali , 8 jours avant, j'ai eu une déchirure musculaire. Donc j'avais pas beaucoup d'appuis ni beaucoup d'assises . Prévu en 5x3, le combat s'est déroulé en 3x3. Mais ce fut une bonne expérience quand même, j'aimerai boxer une nouvelle fois au SLAMM. Mais cette fois-ci, j'aimerai y aller frais et sans « pépins » physique.
Ensuite, Lamsongkram, est un boxeur qui attend. Au deuxième round, il me rentre un genoux et me casse une côte . Je termine le combat dans ces conditions. Je n'avais pas de convictions dans mes coups, car j'avais mal à chaque mouvement de rotation ou de torsion. Il attendait, faisant juste le nécessaire, il n'a pas cherché à accélérer. Il ne "se prenait pas la tête", se méfiait, et ne s'est pas jeté une seule fois. Il a plus d'une centaine de combats, il a utilisé son expérience pour terminer ce duel tranquillement.
Muaythaitv : Farid, La boxe est un sport et un métier pas facile. Les gens sont habitués à te voir gagner et par conséquent tu suscites beaucoup d'admiration, mais après ces trois contre-performances, il y a eu beaucoup de critiques à ton égard. Comment as tu ressenti cela ?
Farid : Chacun a sa propre opinion, moi je respecte tout ce que les gens pensent. Ça ne m'atteint pas, ça ne m'empêche pas de vivre. Ce qu'il y a le plus important pour moi c'est ma famille et mes proches.
Quand on est plus ou moins connu, il y a des gens qui t'aiment et d'autre pas, il faut faire avec.
Dans ma tête je suis bien. Je fait ce que j'aime et je suis motivé pour faire pleins d'autres combats. Je ne m'arrête pas sur une défaite, ça fait parti de la vie, ce n'est rien.
Muaythaitv : Bilos, quelles sont les prochaines échéances de Farid VILLAUME ?
Bilos : Le 12 octobre, Farid participera à un gala en Guinée organisé par Samy KEBCHI.
À cette occasion, il se prépare pour un tournoi de 8 combattants qui se déroulera en moins de 72 kg avec des rencontres en 3x3.
Fin novembre, nous sommes en pourparlers avec l'organisation néerlandaise : le SLAMM où Farid devrait rencontrer Nicky HOLZKEN.
Ou alors, une autre possibilité verra Farid faire un combat en Thaïlande le 5 décembre à l'occasion de l'anniversaire du Roi.
le Contender
c'est quelque chose qu'il aimerai faire
Muaythaitv : Y aurait-il une possible participation à la deuxième saison du Contender Asia pour Farid ?
Bilos : C'est aussi en pourparlers, le Contender c'est quelque chose qu'il aimerai faire et que nous aimerions qu'il fasse pour terminer en beauté. Rien n'est encore signer là aussi.
Muaythaitv : Farid, il me semble que tu t'es mis à enseigner ?
Farid : Oui, j'ai travaillé avec la mairie de Vaires sur Marne (Seine et Marne, France), Nicolas m'a présenté la responsable du service jeunesse et sport.
J'y ai entrainé les jeunes, puis après j'ai fait de l'animation dans un espace loisir. Mais ce n'était juste que pour l'été.
Muaythaitv : Farid, où en est tu de ta motivation aujourd'hui ?
Farid : La motivation est toujours là, j'ai toujours aussi envie de boxer, je ne compte pas m'arrêter maintenant.
J'ai envie de faire des gros combats, il y a encore beaucoup de gros challenges à relever.
Ensuite, il est vrai, un combat soit tu le gagnes soit tu le perds. Ce n'est pas parce que tu perds, que tu dois te rabaisser pour autant.
Muaythaitv : Nicolas, tu viens de faire ta rentrée, quelle est l'actualité de la « Team Bilos » qui fête ses huit ans d'existence cette année?
Bilos : De saison en saison, le club s'accroît. On a démarré à une trentaine d'élèves. 8 ans après, nous avons plus de 80 élèves à l'année. Nous avions débutés avec 3 créneaux par semaine, désormais nous en avons 5 du lundi au vendredi. Il y a de plus en plus de jeunes qui s'investissent, certains se forment et passent leur Diplôme d'Instructeur Fédéral. Le club progresse et le tout dans une très bonne ambiance.
Les boxeurs font des choix que nous devons
respecter
Muaythaitv : Pour terminer cette interview, quel est le message que vous voulez faire passer aux internautes de notre site?
Bilos : Que tous ceux qui critiquent prennent le temps de venir voir à la salle pour y voir ce qui s'y passe réellement. Les boxeurs s'entrainent dur, parler mal d'eux est facile et ces sportifs ne méritent pas cela à leur niveau . Il n'y a déjà pas de grande reconnaissance de la discipline, si en plus nous nous mettons à casser nos meilleurs boxeurs nous n'y arriverons jamais...
Il faut laisser les boxeurs faire ce qu'ils ont envie de faire. Les boxeurs font des choix que nous devons respecter.
Pour terminer je souhaite un bon mois de Ramadan à tous les internautes concernés.
Farid : Je vous souhaite à tous une bonne saison 2008-2009 de muay, j'espère voir des bons combats en tant que spectateur et en faire d'excellents en tant que boxeur.
Bonne continuation à muaythaitv.


























