La nuit des super fights VIII
Par Gregory Declercq le lundi 25 juin 2007
Détails de l'évènement :
Le Samedi 16 Juin 2007
AccorHotels Arena
8 Boulevard de bercy
75012 Paris
France
8 Boulevard de bercy
75012 Paris
France
Samedi 16 juin dernier, Ali OUAGUENI avait donné rendez-vous à tous les amateurs de Muay Thaï dans la salle mythique de Bercy (Paris, France), pour nous proposer une affiche des plus alléchantes : neuf combats avec quelques-uns des plus grands noms du Muay Thaï français, ainsi que la présence de véritables légendes venues tout droit de Thaïlande et du Cambodge.
Le français, double champion du monde 2002 et 2003, allait avoir fort à faire face au double champion du Cambodge, CHANTA. Ce premier combat fut une superbe entrée en matière.
TOTOF, plus petit, trouve sa distance et sort l’anglaise dans le premier round d’observation. Le français semble « en jambes » et bien préparé pour ce combat.
Dans le round qui suit, il touche durement avec un magnifique enchainement en anglaise : uppercut droit et direct du gauche. Le cambodgien ne se démonte pas, accélère et sort les Tei Lam Toa (middle-kick), puis il touche avec un uppercut gauche. Les deux hommes utilisent parfaitement leurs poings, et c’est au tour de TOTOF de toucher sèchement d’un crochet du gauche.
Dans la troisième reprise, CHANTA tente un Tei Kan Kro (high-kick) sauté, mais qui passe au dessus de la tête de TOTOF. Ce dernier sautille beaucoup pour chercher sa distance et son explosivité.
Il touche à nouveau d’une droite puissante sur le gong.
C’est un combat très propre offert par les deux combattants.
Quatrième reprise, le Cambodgien travaille désormais aussi en corps-à-corps, avec des coups de genoux puissants sur les flancs et sur les cuisses du français pour tenter de casser ses appuis. Il touche TOTOF en anglaise, suivie d’un Tei Lam Toa arrière sauté. Le français enchaîne cinq à six coups avec les poings, CHANTA est touché et se retrouve à terre, mais n’est pas compté.
Dans le dernier round, le cambodgien accentue son travail en cors-à-corps notamment dans les cuisses. TOTOF tente de l’éviter en reculant mais en vain. Il réplique magnifiquement en anglaise à plusieurs reprises, mais CHANTA continue d’avancer sous les coups et empêchera le français de travailler correctement à distance jusqu’à la fin du round.
TOTOF est déclaré vainqueur logique aux points de cette première opposition qui aura tenu toutes ces promesses.
BA, du club de Créteil est une nouvelle fois opposé à TCHETCHE du club « Haute Tension ». C’est en effet la revanche suite à leur opposition à la « Nuit des super fights VI », ou BA avait gagné par KO. La décision avait d’ailleurs été un sujet à polémique, donc ce combat s’annonçait explosif, TCHETCHE ayant certainement à cœur de prendre sa revanche.
Notons que les deux combattants diffèrent par leur physique, BA étant plus grand mais aussi plus fin que TCHETCHE.
Première reprise, les deux hommes entrent dans le combat dès le début, comme on pouvait s'y attendre. On ressent une certaine agressivité de part et d’autre, la tension est palpable.
Les coups sont portés à pleine puissance, principalement en anglaise et en Tei Khaa.
Dans le deuxième round, les deux hommes trouvent enfin leur distance, TCHETCHE travaillant davantage, BA se méfiant de son adversaire.
Tous deux se livrent beaucoup, et le KO peut venir très vite sur un coup. TCHETCHE touche désormais beaucoup en Tei Khaa, alors que BA utilise davantage son anglaise.
Troisième reprise, BA tente plusieurs coups de genou sautés, mais qui ne semblent pas ébranler son adversaire.
Les deux hommes cherchent désormais le KO en anglaise, en envoyant des enchaînements gauche-droite à pleine puissance.
TCHETCHE accélère et touche de plus en plus en Tei Khaa et en anglaise, alors que BA semble chercher un second souffle à cet instant.
TCHETCHE semble d’ailleurs plus rageur que BA, ce qui l'aide certainement à moins ressentir la fatigue.
À l'entame de la quatrième reprise, BA semble désormais plus rageur lui aussi. Mais cela ne dure que quelques instants, ce dernier donnant des signes de fatigue de plus en plus évidents.
TCHETCHE continue de travailler notamment en corps à corps, avec des coups de genou directs puis en anglaise et Tei Khaa. BA sera finalement compté dans ce round.
Le dernier round débute par un magnifique enchaînement en anglaise de TCHETCHE, d'au moins sept ou huit coups qui touchent. C'est le moment choisi par l'arbitre pour arrêter le combat. Sans doute sent-il à cet instant que BA n'est plus dans le combat, cette décision est certainement la plus sage.
C'est donc une victoire de TCHETCHE par arrêt de l'arbitre dans la dernière reprise.
Aurons-nous le droit d’assister à une belle ?
À noter une différence d'expérience non négligeable entre FAUVEAU totalisant 15 combats (pour 15 victoires) et KABBOURI qui a à son actif 46 combats (pour 41 victoires).
Le temps des consignes de l'arbitre et même au moment de taper dans les gants, FAUVEAU lève les yeux au ciel et se refuse à croiser le regard de KABBOURI. Le décor est planté.
Pas de round d'observation là encore, les coups sont explosifs dès le début. On assiste dès les premiers instants à de très beaux échanges en Tei Lam Toa, anglaise, Tei Khaa.
KABBOURI débute très bien la deuxième reprise en enchaînant trois Tei Lam Toa puissants à la suite. Il passe désormais à la vitesse supérieure, notamment en anglaise.
C'est lui qui avance désormais sur FAUVEAU, dominé dans ce début de reprise, par les enchaînements gauche droite en ligne et les Tei Lam Toa de son adversaire.
Mais FAUVEAU ne tarde pas à retrouver sa boxe, et s'exprime à nouveau pleinement.
KABBOURI débute la reprise suivante comme la précédente, en lançant plusieurs Tei Lam Toa puissants à la suite. FAUVEAU réplique bien, en tournant sur le ring, avec de beaux enchaînements en anglaise et en Tei Khaa qui touchent bien.
Quatrième round, FAUVEAU continue de travailler en anglaise, puis en Tei Lam Toa. C'est à son tour de prendre l’ascendant dans cette reprise. On assiste à de nombreux échanges en anglaise entre les deux hommes, qui semblent faire très mal des deux côtés. KABBOURI touche à plusieurs reprises avec des coups de genoux directs au corps, mais qui ne semblent pas ébranler plus que cela FAUVEAU, dont la résistance physique est réellement étonnante à cet instant du combat.
On notera d'ailleurs de manière générale une remarquable endurance des deux Nak Muay qui, malgré l'intensité des échanges, ne donnent aucun signe de fatigue.
Dans la dernière reprise, FAUVEAU se montrera plus entreprenant de manière générale et la remportera en toute logique.
FAUVEAU est finalement déclaré vainqueur aux points dans cette confrontation, impressionnante de par l'intensité des échanges et l’endurance des deux hommes qu'on espère revoir très vite sur les rings.
Là encore, les deux hommes entrent dans le vif du sujet dès le début, mais de manière un peu plus brouillonne que pour les combats précédents.
BENSIMEL tourne beaucoup autour du ring en sautillant, KHIDER lui, essaie de le cadrer en avançant dessus. A noter une très belle illustration de l'efficacité du Tip (front-kick) par KHIDER, stoppant net son adversaire sur une tentative de droite sautée de la part de BENSIMEL.
Dans la deuxième reprise, KHIDER décide d'employer des coups typiquement empruntés à la boxe française qui semblent perturber son adversaire. Il domine d’ailleurs nettement cette reprise ainsi que la suivante.
KHIDER maîtrise de plus en plus son sujet, BENSIMEL est contraint de reculer.
Les quatrième et cinquième reprises sont à l'image de la précédente, avec un KHIDER plus entreprenant et plus efficace.
Il est logiquement déclaré vainqueur aux points à l'unanimité des juges, pour un combat moins palpitant que les précédents, mais nous pouvons rendre hommage aux deux hommes qui se sont livrés pleinement pendant cinq rounds, notamment pour BENSIMEL prévenu en remplacement 48h seulement avant la rencontre.
Place désormais au traditionnel combat « poids lourds ».
NASH, 38 ans, installé en Thaïlande depuis 3 ans, pesé à 98 kilos pour 1,83 m a accepté de relever le défi face à l’espoir montant dans cette catégorie, Patrice QUARTERON. A 27 ans, du haut de ses 1,98 m pour 119 kilos, ce dernier totalise 16 victoires dont 15 obtenues avant la limite. Evidemment, la différence de gabarit est visuellement impressionnante.
Comme on pouvait s’y attendre, QUARTERON se rue sur son adversaire et l’asphyxie rapidement à l’aide de son anglaise et de ses multiples coups de genoux directs.
Le combat est arrêté avant la fin de la première reprise en faveur de QUARTERON.
A noter que ce dernier semble bien progresser techniquement au fur et à mesure des rencontres.
Nous souhaitons aussi rendre hommage à NASH qui a accepté de relever ce défi difficile.
A la fin du combat, QUARTERON prend la parole et déclare qu’il veut combattre les meilleurs de la catégorie (LE BANNER, CHEICK CONGO, ...) et qu’il en a assez des « faire-valoir ». CONGO, alors présent dans la salle, n’hésite pas à monter sur le ring pour prendre le micro et déclarer vouloir relever le défi, en fixant QUARTERON droit dans les yeux.
Nul doute que si ce combat se met en place un jour, des moments riches en émotion nous attendent. Avis aux promoteurs !
L’expérience du double champion du monde amateur, SAADA, face à l’une des stars montantes du Muay Thaï en France, PINCA.
Ce combat promettait sur le papier, les spectateurs ne furent pas déçus.
Dès la première seconde, SAADA lance un explosif Tei Kan Kro arrière qui touche.
Même si la première reprise est marquée par l’observation, le combat s’annonce très technique, ce qui est peu étonnant, considérant les deux champions présents sur le ring.
A noter que SAADA, du haut de ses 31 ans, n’a rien perdu de sa superbe.
Les deux décident d’accélérer dans le deuxième round et nous assistons à de magnifiques échanges en anglaise en ligne et en Tei Lam Toa notamment. SAADA n’hésite pas à sortir les coups de genoux directs.
PINCA tente à plusieurs reprises des Tei Kan Kro jambe arrière, mais esquivés par SAADA. En revanche, les projections de PINCA passent parfaitement, de même que les gauches en ligne de SAADA (son poing fort puisqu’il boxe en fausse garde).
Dans la troisième reprise, ce dernier continue de toucher avec son anglaise en ligne, alors que les échanges de part et d’autre en corps-à-corps sont très vifs. Les échanges en Tei Khaa (low-kick) sont aussi nombreux, les deux maîtrisent parfaitement leur distance de frappe.
PINCA avance sur son adversaire en enchaînant Tei Khaa et Tei Lam Toa, alors que SAADA réplique avec ses coups de genoux directs. C’est un combat intense et d’une très haute technicité. Tout l’arsenal du Muay y passe, excepté les coudes, interdits.
Le festival continue dans le quatrième round, qui verra une légère domination de SAADA, plus incisif de manière générale.
Dans la dernière reprise, les deux hommes se livrent totalement, les échanges fusent et la majeure partie des coups livrés sont d’une redoutable efficacité. PINCA semble accuser légèrement la fatigue en fin de combat, SAADA continuant lui de travailler avec ses poings, puis en Tei Kan Kro jambe arrière, ce jusqu’à la fin de la rencontre.
SAADA est finalement déclaré vainqueur aux points.
Ce combat aura marqué les esprits et restera certainement comme le combat le plus palpitant et le plus technique de la soirée.
Deux très grands champions face à face, là encore une superbe affiche sur le papier.
Il restait à savoir si SAMKOR allait « faire le poids » face à un français en pleine confiance notamment depuis son combat réussi face à la star YODSENKLAI il y a quelques semaines à Levallois.
Après une première reprise d’observation, VILLAUME accélère progressivement dans le deuxième round avec les poings, en touchant notamment à plusieurs reprises sèchement en uppercut. Il est clairement le plus entreprenant, c’est d’ailleurs lui qui avance en permanence sur le thaïlandais. SAMKOR cherche lui le corps-à-corps et les coups de genoux directs.
Le français continue son travail en anglaise notamment, de façon très efficace et avec peu de déchets comme à son habitude. SAMKOR ne semble pas trouver de solutions et est contraint de reculer.
La troisième reprise est à l’image de la précédente, VILLAUME continuant d’avancer et de mettre la pression sur son adversaire avec ses poings et ses Tei Lam Toa, et en nous gratifiant au passage de magnifiques retraits de buste.
Dans le quatrième round, c’est sur un énième crochet du gauche puis gauche en ligne que SAMKOR est compté une première fois.
Le combat reprend, le thaïlandais décide alors de sortir les poings. Mais il ne parvient toujours pas à trouver la solution pour autant, et il sera compté une deuxième fois sur une puissante gauche de VILLAUME.
Le thaïlandais veut repartir mais il titube et a visiblement du mal à garder l’équilibre, l’arbitre décide finalement d’arrêter le combat.
C’est une victoire relativement facile de VILLAUME par arrêt de l’arbitre dans la quatrième reprise, encourageante avant son prochain rendez-vous au K1 World Max dans quelques jours.
L’organisateur nous proposait avec ce combat une véritable opposition de style, entre la star thaïlandaise du Fairtex et le français issu de la boxe française.
KHIDER, dont on connaît l’efficacité redoutable sur le ring de par son style emprunté aux différentes boxes pieds-poings (française, full, kick et thai), est connu pour donner du fil à retordre aux plus grands champions, même dans les règles Muay Thaï. Qu’allait-il en être face à un pur « produit » du Muay, champion de Thaïlande ?
Comme on pouvait s’y attendre, KHIDER profite de son style atypique (dans cette discipline) pour désorienter le thaïlandais au début du combat. Passé la surprise des premiers instants, ATTACHAI commence à sortir les Tei Lam Toa jambe arrière pour contrer la boxe du français.
Le français tourne beaucoup sur le ring, alors que ATTACHAI continue d’envoyer un nombre impressionnant de Tei Lam Toa dans le deuxième round. KHIDER ne semble pas à cet instant pouvoir trouver la solution face à la haute technicité de son adversaire, qui n’hésite pas désormais à venir toucher avec son anglaise malgré sa plus petite taille.
A partir de la troisième reprise, c’est à un tout autre KHIDER auquel nous avons affaire, plus percutant, plus efficace, preuve en est son anglaise en ligne qui touche durement, ainsi que ses multiples Tip au visage.
Mais ATTACHAI avance de nouveau dans le quatrième round en utilisant ses Tei Lam Toa face au français qui semble légèrement accuser la fatigue à cet instant, même s’il continue de toucher en anglaise.
Notons au passage que la puissance qui se dégage des projections du thaïlandais est tout bonnement impressionnante.
ATTACHAI sera plus attentiste dans la dernière reprise face à un français semblant retrouver un second souffle, mais cela ne suffira pas et ATTACHAI sera déclaré vainqueur aux points.
Ce thaïlandais nous avait déjà impressionné à Levallois il y a quelques semaines, ce combat illustre une nouvelle fois son immense talent. Nous espérons le revoir très vite boxer sur nos terres.
Pour ce dernier combat de la soirée, l’utilisation des coudes était autorisée (avec les coudières).
A noter que le français est plus grand, ce qui va lui permettre de profiter de son allonge, et ce dès la première reprise en envoyant notamment de puissants jabs.
Le deuxième round lance pleinement le combat. Le cambodgien a un très bon coup d’œil, et n’hésite pas à faire des retraits de buste sur l’anglaise de DUARTE, qui cherche à cadrer son adversaire. A cet instant le combat est assez équilibré, les deux hommes trouvent bien leur distance de frappe, et on note peu de corps-à-corps.
Mais à partir de la troisième reprise, DUARTE va clairement prendre l’ascendant, en mettant la pression en permanence sur son adversaire, contraint de reculer. Le français utilise toute la panoplie : anglaise, Tei Lam Toa, Tei Kan Kro, coups de genoux directs, coups de poings et coudes retournés, tout y passe. Le cambodgien tient bon et réplique, principalement en Tei Lam Toa puissants.
La dernière reprise est à sens unique, DUARTE continue de marquer ses points et touche notamment avec deux Tei Kan Kro arrière, puis un coup de genou arrière sauté en pleine tête. La résistance de PUTHONG est impressionnante sous les coups terribles du français, preuve en est cette puissante droite sur laquelle la tête du cambodgien part littéralement en arrière.
C’est une démonstration technique de DUARTE sur les dernières minutes. PUTHONG tiendra debout jusqu’au gong final, le français est déclaré vainqueur sans surprise aux points à l’unanimité des juges.
Ce samedi 16 juin, Ali OUAGUENI nous proposait une affiche exceptionnelle, nous n’avons pas été déçus. La majeure partie des combats ont tenu toutes leurs promesses, le tout dans une chaude ambiance, grâce notamment à la présence remarquée de la communauté cambodgienne venue en nombre soutenir ses compatriotes.
Nous attendons la 9e nuit avec impatience…
Photos : Jean-Marc ALEXIA et de Michel LECORRE
TOTOF vs Meas CHANTA
Le français, double champion du monde 2002 et 2003, allait avoir fort à faire face au double champion du Cambodge, CHANTA. Ce premier combat fut une superbe entrée en matière.
TOTOF, plus petit, trouve sa distance et sort l’anglaise dans le premier round d’observation. Le français semble « en jambes » et bien préparé pour ce combat.
Dans le round qui suit, il touche durement avec un magnifique enchainement en anglaise : uppercut droit et direct du gauche. Le cambodgien ne se démonte pas, accélère et sort les Tei Lam Toa (middle-kick), puis il touche avec un uppercut gauche. Les deux hommes utilisent parfaitement leurs poings, et c’est au tour de TOTOF de toucher sèchement d’un crochet du gauche.
Dans la troisième reprise, CHANTA tente un Tei Kan Kro (high-kick) sauté, mais qui passe au dessus de la tête de TOTOF. Ce dernier sautille beaucoup pour chercher sa distance et son explosivité.
Il touche à nouveau d’une droite puissante sur le gong.
C’est un combat très propre offert par les deux combattants.
Quatrième reprise, le Cambodgien travaille désormais aussi en corps-à-corps, avec des coups de genoux puissants sur les flancs et sur les cuisses du français pour tenter de casser ses appuis. Il touche TOTOF en anglaise, suivie d’un Tei Lam Toa arrière sauté. Le français enchaîne cinq à six coups avec les poings, CHANTA est touché et se retrouve à terre, mais n’est pas compté.
Dans le dernier round, le cambodgien accentue son travail en cors-à-corps notamment dans les cuisses. TOTOF tente de l’éviter en reculant mais en vain. Il réplique magnifiquement en anglaise à plusieurs reprises, mais CHANTA continue d’avancer sous les coups et empêchera le français de travailler correctement à distance jusqu’à la fin du round.
TOTOF est déclaré vainqueur logique aux points de cette première opposition qui aura tenu toutes ces promesses.
Amadou BA vs Olivier TCHETCHE
BA, du club de Créteil est une nouvelle fois opposé à TCHETCHE du club « Haute Tension ». C’est en effet la revanche suite à leur opposition à la « Nuit des super fights VI », ou BA avait gagné par KO. La décision avait d’ailleurs été un sujet à polémique, donc ce combat s’annonçait explosif, TCHETCHE ayant certainement à cœur de prendre sa revanche.
Notons que les deux combattants diffèrent par leur physique, BA étant plus grand mais aussi plus fin que TCHETCHE.
Première reprise, les deux hommes entrent dans le combat dès le début, comme on pouvait s'y attendre. On ressent une certaine agressivité de part et d’autre, la tension est palpable.
Les coups sont portés à pleine puissance, principalement en anglaise et en Tei Khaa.
Dans le deuxième round, les deux hommes trouvent enfin leur distance, TCHETCHE travaillant davantage, BA se méfiant de son adversaire.
Tous deux se livrent beaucoup, et le KO peut venir très vite sur un coup. TCHETCHE touche désormais beaucoup en Tei Khaa, alors que BA utilise davantage son anglaise.
Troisième reprise, BA tente plusieurs coups de genou sautés, mais qui ne semblent pas ébranler son adversaire.
Les deux hommes cherchent désormais le KO en anglaise, en envoyant des enchaînements gauche-droite à pleine puissance.
TCHETCHE accélère et touche de plus en plus en Tei Khaa et en anglaise, alors que BA semble chercher un second souffle à cet instant.
TCHETCHE semble d’ailleurs plus rageur que BA, ce qui l'aide certainement à moins ressentir la fatigue.
À l'entame de la quatrième reprise, BA semble désormais plus rageur lui aussi. Mais cela ne dure que quelques instants, ce dernier donnant des signes de fatigue de plus en plus évidents.
TCHETCHE continue de travailler notamment en corps à corps, avec des coups de genou directs puis en anglaise et Tei Khaa. BA sera finalement compté dans ce round.
Le dernier round débute par un magnifique enchaînement en anglaise de TCHETCHE, d'au moins sept ou huit coups qui touchent. C'est le moment choisi par l'arbitre pour arrêter le combat. Sans doute sent-il à cet instant que BA n'est plus dans le combat, cette décision est certainement la plus sage.
C'est donc une victoire de TCHETCHE par arrêt de l'arbitre dans la dernière reprise.
Aurons-nous le droit d’assister à une belle ?
Johann FAUVEAU vs Rachid KABBOURI
À noter une différence d'expérience non négligeable entre FAUVEAU totalisant 15 combats (pour 15 victoires) et KABBOURI qui a à son actif 46 combats (pour 41 victoires).
Le temps des consignes de l'arbitre et même au moment de taper dans les gants, FAUVEAU lève les yeux au ciel et se refuse à croiser le regard de KABBOURI. Le décor est planté.
Pas de round d'observation là encore, les coups sont explosifs dès le début. On assiste dès les premiers instants à de très beaux échanges en Tei Lam Toa, anglaise, Tei Khaa.
KABBOURI débute très bien la deuxième reprise en enchaînant trois Tei Lam Toa puissants à la suite. Il passe désormais à la vitesse supérieure, notamment en anglaise.
C'est lui qui avance désormais sur FAUVEAU, dominé dans ce début de reprise, par les enchaînements gauche droite en ligne et les Tei Lam Toa de son adversaire.
Mais FAUVEAU ne tarde pas à retrouver sa boxe, et s'exprime à nouveau pleinement.
KABBOURI débute la reprise suivante comme la précédente, en lançant plusieurs Tei Lam Toa puissants à la suite. FAUVEAU réplique bien, en tournant sur le ring, avec de beaux enchaînements en anglaise et en Tei Khaa qui touchent bien.
Quatrième round, FAUVEAU continue de travailler en anglaise, puis en Tei Lam Toa. C'est à son tour de prendre l’ascendant dans cette reprise. On assiste à de nombreux échanges en anglaise entre les deux hommes, qui semblent faire très mal des deux côtés. KABBOURI touche à plusieurs reprises avec des coups de genoux directs au corps, mais qui ne semblent pas ébranler plus que cela FAUVEAU, dont la résistance physique est réellement étonnante à cet instant du combat.
On notera d'ailleurs de manière générale une remarquable endurance des deux Nak Muay qui, malgré l'intensité des échanges, ne donnent aucun signe de fatigue.
Dans la dernière reprise, FAUVEAU se montrera plus entreprenant de manière générale et la remportera en toute logique.
FAUVEAU est finalement déclaré vainqueur aux points dans cette confrontation, impressionnante de par l'intensité des échanges et l’endurance des deux hommes qu'on espère revoir très vite sur les rings.
Moustafa BENSIMEL vs Mourad KHIDER
Là encore, les deux hommes entrent dans le vif du sujet dès le début, mais de manière un peu plus brouillonne que pour les combats précédents.
BENSIMEL tourne beaucoup autour du ring en sautillant, KHIDER lui, essaie de le cadrer en avançant dessus. A noter une très belle illustration de l'efficacité du Tip (front-kick) par KHIDER, stoppant net son adversaire sur une tentative de droite sautée de la part de BENSIMEL.
Dans la deuxième reprise, KHIDER décide d'employer des coups typiquement empruntés à la boxe française qui semblent perturber son adversaire. Il domine d’ailleurs nettement cette reprise ainsi que la suivante.
KHIDER maîtrise de plus en plus son sujet, BENSIMEL est contraint de reculer.
Il est logiquement déclaré vainqueur aux points à l'unanimité des juges, pour un combat moins palpitant que les précédents, mais nous pouvons rendre hommage aux deux hommes qui se sont livrés pleinement pendant cinq rounds, notamment pour BENSIMEL prévenu en remplacement 48h seulement avant la rencontre.
NASH vs Patrice QUARTERON
Place désormais au traditionnel combat « poids lourds ».
NASH, 38 ans, installé en Thaïlande depuis 3 ans, pesé à 98 kilos pour 1,83 m a accepté de relever le défi face à l’espoir montant dans cette catégorie, Patrice QUARTERON. A 27 ans, du haut de ses 1,98 m pour 119 kilos, ce dernier totalise 16 victoires dont 15 obtenues avant la limite. Evidemment, la différence de gabarit est visuellement impressionnante.
Comme on pouvait s’y attendre, QUARTERON se rue sur son adversaire et l’asphyxie rapidement à l’aide de son anglaise et de ses multiples coups de genoux directs.
Le combat est arrêté avant la fin de la première reprise en faveur de QUARTERON.
A noter que ce dernier semble bien progresser techniquement au fur et à mesure des rencontres.
Nous souhaitons aussi rendre hommage à NASH qui a accepté de relever ce défi difficile.
A la fin du combat, QUARTERON prend la parole et déclare qu’il veut combattre les meilleurs de la catégorie (LE BANNER, CHEICK CONGO, ...) et qu’il en a assez des « faire-valoir ». CONGO, alors présent dans la salle, n’hésite pas à monter sur le ring pour prendre le micro et déclarer vouloir relever le défi, en fixant QUARTERON droit dans les yeux.
Nul doute que si ce combat se met en place un jour, des moments riches en émotion nous attendent. Avis aux promoteurs !
Fabio PINCA vs Karim SAADA
L’expérience du double champion du monde amateur, SAADA, face à l’une des stars montantes du Muay Thaï en France, PINCA.
Ce combat promettait sur le papier, les spectateurs ne furent pas déçus.
Dès la première seconde, SAADA lance un explosif Tei Kan Kro arrière qui touche.
Même si la première reprise est marquée par l’observation, le combat s’annonce très technique, ce qui est peu étonnant, considérant les deux champions présents sur le ring.
A noter que SAADA, du haut de ses 31 ans, n’a rien perdu de sa superbe.
Les deux décident d’accélérer dans le deuxième round et nous assistons à de magnifiques échanges en anglaise en ligne et en Tei Lam Toa notamment. SAADA n’hésite pas à sortir les coups de genoux directs.
PINCA tente à plusieurs reprises des Tei Kan Kro jambe arrière, mais esquivés par SAADA. En revanche, les projections de PINCA passent parfaitement, de même que les gauches en ligne de SAADA (son poing fort puisqu’il boxe en fausse garde).
Dans la troisième reprise, ce dernier continue de toucher avec son anglaise en ligne, alors que les échanges de part et d’autre en corps-à-corps sont très vifs. Les échanges en Tei Khaa (low-kick) sont aussi nombreux, les deux maîtrisent parfaitement leur distance de frappe.
PINCA avance sur son adversaire en enchaînant Tei Khaa et Tei Lam Toa, alors que SAADA réplique avec ses coups de genoux directs. C’est un combat intense et d’une très haute technicité. Tout l’arsenal du Muay y passe, excepté les coudes, interdits.
Le festival continue dans le quatrième round, qui verra une légère domination de SAADA, plus incisif de manière générale.
Dans la dernière reprise, les deux hommes se livrent totalement, les échanges fusent et la majeure partie des coups livrés sont d’une redoutable efficacité. PINCA semble accuser légèrement la fatigue en fin de combat, SAADA continuant lui de travailler avec ses poings, puis en Tei Kan Kro jambe arrière, ce jusqu’à la fin de la rencontre.
SAADA est finalement déclaré vainqueur aux points.
Ce combat aura marqué les esprits et restera certainement comme le combat le plus palpitant et le plus technique de la soirée.
SAMKOR vs Farid VILLAUME
Deux très grands champions face à face, là encore une superbe affiche sur le papier.
Il restait à savoir si SAMKOR allait « faire le poids » face à un français en pleine confiance notamment depuis son combat réussi face à la star YODSENKLAI il y a quelques semaines à Levallois.
Après une première reprise d’observation, VILLAUME accélère progressivement dans le deuxième round avec les poings, en touchant notamment à plusieurs reprises sèchement en uppercut. Il est clairement le plus entreprenant, c’est d’ailleurs lui qui avance en permanence sur le thaïlandais. SAMKOR cherche lui le corps-à-corps et les coups de genoux directs.
Le français continue son travail en anglaise notamment, de façon très efficace et avec peu de déchets comme à son habitude. SAMKOR ne semble pas trouver de solutions et est contraint de reculer.
La troisième reprise est à l’image de la précédente, VILLAUME continuant d’avancer et de mettre la pression sur son adversaire avec ses poings et ses Tei Lam Toa, et en nous gratifiant au passage de magnifiques retraits de buste.
Dans le quatrième round, c’est sur un énième crochet du gauche puis gauche en ligne que SAMKOR est compté une première fois.
Le combat reprend, le thaïlandais décide alors de sortir les poings. Mais il ne parvient toujours pas à trouver la solution pour autant, et il sera compté une deuxième fois sur une puissante gauche de VILLAUME.
Le thaïlandais veut repartir mais il titube et a visiblement du mal à garder l’équilibre, l’arbitre décide finalement d’arrêter le combat.
C’est une victoire relativement facile de VILLAUME par arrêt de l’arbitre dans la quatrième reprise, encourageante avant son prochain rendez-vous au K1 World Max dans quelques jours.
ATTACHAI vs Farid KHIDER
L’organisateur nous proposait avec ce combat une véritable opposition de style, entre la star thaïlandaise du Fairtex et le français issu de la boxe française.
KHIDER, dont on connaît l’efficacité redoutable sur le ring de par son style emprunté aux différentes boxes pieds-poings (française, full, kick et thai), est connu pour donner du fil à retordre aux plus grands champions, même dans les règles Muay Thaï. Qu’allait-il en être face à un pur « produit » du Muay, champion de Thaïlande ?
Comme on pouvait s’y attendre, KHIDER profite de son style atypique (dans cette discipline) pour désorienter le thaïlandais au début du combat. Passé la surprise des premiers instants, ATTACHAI commence à sortir les Tei Lam Toa jambe arrière pour contrer la boxe du français.Le français tourne beaucoup sur le ring, alors que ATTACHAI continue d’envoyer un nombre impressionnant de Tei Lam Toa dans le deuxième round. KHIDER ne semble pas à cet instant pouvoir trouver la solution face à la haute technicité de son adversaire, qui n’hésite pas désormais à venir toucher avec son anglaise malgré sa plus petite taille.
A partir de la troisième reprise, c’est à un tout autre KHIDER auquel nous avons affaire, plus percutant, plus efficace, preuve en est son anglaise en ligne qui touche durement, ainsi que ses multiples Tip au visage.
Mais ATTACHAI avance de nouveau dans le quatrième round en utilisant ses Tei Lam Toa face au français qui semble légèrement accuser la fatigue à cet instant, même s’il continue de toucher en anglaise.
Notons au passage que la puissance qui se dégage des projections du thaïlandais est tout bonnement impressionnante.
ATTACHAI sera plus attentiste dans la dernière reprise face à un français semblant retrouver un second souffle, mais cela ne suffira pas et ATTACHAI sera déclaré vainqueur aux points.
Ce thaïlandais nous avait déjà impressionné à Levallois il y a quelques semaines, ce combat illustre une nouvelle fois son immense talent. Nous espérons le revoir très vite boxer sur nos terres.
Aurélien DUARTE vs Hey PUTHONG
Pour ce dernier combat de la soirée, l’utilisation des coudes était autorisée (avec les coudières).
A noter que le français est plus grand, ce qui va lui permettre de profiter de son allonge, et ce dès la première reprise en envoyant notamment de puissants jabs.
Le deuxième round lance pleinement le combat. Le cambodgien a un très bon coup d’œil, et n’hésite pas à faire des retraits de buste sur l’anglaise de DUARTE, qui cherche à cadrer son adversaire. A cet instant le combat est assez équilibré, les deux hommes trouvent bien leur distance de frappe, et on note peu de corps-à-corps.Mais à partir de la troisième reprise, DUARTE va clairement prendre l’ascendant, en mettant la pression en permanence sur son adversaire, contraint de reculer. Le français utilise toute la panoplie : anglaise, Tei Lam Toa, Tei Kan Kro, coups de genoux directs, coups de poings et coudes retournés, tout y passe. Le cambodgien tient bon et réplique, principalement en Tei Lam Toa puissants.
La dernière reprise est à sens unique, DUARTE continue de marquer ses points et touche notamment avec deux Tei Kan Kro arrière, puis un coup de genou arrière sauté en pleine tête. La résistance de PUTHONG est impressionnante sous les coups terribles du français, preuve en est cette puissante droite sur laquelle la tête du cambodgien part littéralement en arrière.
C’est une démonstration technique de DUARTE sur les dernières minutes. PUTHONG tiendra debout jusqu’au gong final, le français est déclaré vainqueur sans surprise aux points à l’unanimité des juges.
Ce samedi 16 juin, Ali OUAGUENI nous proposait une affiche exceptionnelle, nous n’avons pas été déçus. La majeure partie des combats ont tenu toutes leurs promesses, le tout dans une chaude ambiance, grâce notamment à la présence remarquée de la communauté cambodgienne venue en nombre soutenir ses compatriotes.
Nous attendons la 9e nuit avec impatience…
Photos : Jean-Marc ALEXIA et de Michel LECORRE




























