L'enseignement traditionnel du Givry Boxe Thai Boran.
Par Caroline Bertrand le lundi 03 octobre 2016
En Saône et Loire, il n'existe qu'un club 100% muaythai, c'est le Givry Boxe Thai Boran qui, comme son nom l'indique, est en plus tourné vers l'enseignement traditionnel, le Muay Boran. Pour autant, ce club familial et mixte fait la part belle aux autres disciplines, pourvu qu'elles servent le muay.
Le fondateur du Givry Boxe Thai Boran, Guy BOULLY, grand passionné des sports de contacts, avait crée ce club avec le désir de mettre à l'honneur l'enseignement du Muay traditionnel, le Muay Boran, auquel il avait été formé dans un temple thaïlandais et dont il était resté très marqué, dans le sens d'un véritable choc qui avait fait vaciller sa vie et le regard qu'il portait sur la discipline du combattant. Dans les débuts du club, on y portait d'ailleurs la sobre et traditionnelle tenue noire. Huit ans plus tard, son successeur à la présidence du club, Ludovic TRUCHOT, veut conserver cette spécificité, mais aussi en assouplir le cadre.
Le Muay Boran est une forme ancienne du muaythai dont les coups étaient donnés pour neutraliser ou tuer l'adversaire, ramené à une discipline, cela fait un moyen de self-défense extrêmement efficace, qui se pratique sans gants. Son apprentissage repose sur le principe que chaque technique doit être maitrisé et intégré à la précédente avant de passer à la suivante. Il accorde donc une place plus importante au rituel, en témoigne les katas, comme au karaté.
La principale difficulté que rencontre ce club est d'arriver à concilier le Muay Boran et la particularité d'un public sans cesse renouvelé car Givry est une petite commune dont les jeunes s'éloignent pour faire leur études. Le Muay Boran, s'il séduit au cinéma avec des films comme Ong-Bak, est un enseignement extrêmement rigoureux qui s'inscrit dans la durée. Il demande une discipline accrue -notamment pour l'apprentissage des déplacements- et une grande concentration qui ne sont pas toujours compatibles avec la fougue et l'énergie des adolescents qui viennent avant tout pour se défouler au cours de boxe.
Alors le club s'adapte. Après divers essais, il semble avoir trouvé un point d'équilibre entre le désir de maintenir la Boran et celui de contenter son public :on réserve dans les cours un temps limité pour pratiquer le Boran. Les boxeurs commencent avec du muaythai, finissent sur du muaythai mais entre les deux ils bénéficient des fondamentaux sans avoir le temps de trouver ça rébarbatif. D'une manière plus globale, le club y encre ses valeurs, notamment dans l'idée qu'un boxeur ça se forme, au Givry Boran, même si les jeunes sont pressés, pas question de brûler les étapes, ni techniques, ni psychologiques. La maitrise et la connaissance de soi, le sens de l'effort, la ténacité, l'humilité, sont une quête de longue haleine. Et, de même que pour le Boran, on distille à Givry des disciplines complémentaires.
L'ouverture à d'autres disciplines est un des moyens mis en place pour optimiser l'apprentissage du muaythai et les techniques des compétiteurs. L'entraineur monodisciplinaire, n'est pas concevable ici où l'on recherche au contraire le travail d'équipe et le mélange de compétences. Thierry NIVET, un des entraineurs de ce club est diplômé en yoseikan budo. Il a aussi longtemps pratiqué la boxe américaine et le karaté contact. Son collègue, Fabrice BROCHIERO, est également formé au jiu jitsu et au Kempo. dont la variété technique couvre le combat à distance, au corps à corps et au sol. En septembre prochain, des cours de Kempo seront d'ailleurs proposés.
Des stages peuvent aussi être organisés afin de répondre à la curiosité et l'intérêt des jeunes comme le stage de MMA, lutte et grappling de la saison dernière avec Audrey PIETRO et le champion brésilien Diego Rodrigo DA SILVA. Les compétiteurs sont également encouragés à aller travailler leur anglaise dans d'autres clubs. C'est à travers cette quête de complémentarité que cherche à se structurer le club afin de former des nakmuay complet, particulièrement mobiles, avec une maitrise égale des pieds et des poings, capable de saisir et de projeter et d'honorer la discipline dans son entièreté.
Le Givry Boxe Thai Boran est riche de 85 adhérents et propose des cours aux enfants, aux loisirs et aux compétiteurs. Les filles y sont particulièrement bienvenues car elles apportent une autre pratique de la boxe thaï, très centrée sur la technique. Depuis deux ans, une poignée de boxeurs participent au championnat de France organisé par la FSGT et ces compétiteurs ont eu la fierté de monter sur le podium. Le club compte sur la progression de son niveau d'année en année mais aussi sur un changement d'image véhiculée par ce sport, jugé violent alors même qu'il n'est plus à démontrer les qualités éducatives du muaythai. En tout cas, Ludovic TRUCHOT y croit et ne raterait aucune occasion pour promouvoir sa passion et ses convictions, c'est lors d'une journée de stage de découverte pour les jeunes à Autun que nous l'avons rencontré, en plein coeur de l'été.






















