L'arbitrage
Par Michel Lecorre le lundi 03 septembre 2007
La rédaction de Muaythaitv.com vous propose de nous intéresser à une fonction essentielle à la pratique de tout sport : l’arbitrage. Avant de vous présentez Philippe RAUDIN arbitre international auprès de la FFMDA, rappelons quelques grandes lignes en vigueur au sein de cette fédération :Tout compétiteur doit être en possession de sa licence de l’année en cours, du timbre, de son passeport sportif, du livret médical dûment remplie par : un médecin, et pour les combats dès la classe D également par un ophtalmologiste.
Assauts techniques et éducatifs
Souvent frustrant pour les novices, ils sont néanmoins très formateurs pour l’apprentissage de la technique muay, ils permettent aux jeunes de « respirer » le fumet du combat, d’aller en compétition, à connaître les joies de la victoire, et ceci en toutes sécurités. - Educatif = moins de 16 ans (minimes, cadets et benjamins)
- Techniques = de 16 à 43 ans (juniors et seniors)
Protections obligatoires : casque, plastron, protège tibia, coudières, protège dents, gants.
Combats Classe D et C
Cette fois ci, ce n’est plus que l’odeur du combat, mais on y est. Toutefois, au vu des protections requises et du système d’arbitrage, les risques de blessure sont faibles.Il n’est pas obligatoire d’avoir fait auparavant des assauts techniques pour effectuer son premier combat en classe D. Ce dernier se déroule en trois rounds : 3 fois 2 minutes. Pour les C, c’est 4 fois 2 minutes. Lorsqu’il y a saisie de jambe, le défenseur peut effectuer UN pas au maximum avant de devoir lâcher son adversaire. Si un combattant ne démontre pas un minimum de savoir-faire technique, il peut être rapidement déclaré en insuffisance technique (Out-class). Les techniques de genoux au visage et l’amené de tête vers le bas sont autorisés.
C’est également l’aspect technique qui est jugé en premier pour ces deux catégories, mais les coups entre boxeurs sont portés. Il faut avoir au minimum 18 ans (possibilité de sur classement à partir de 16 ans sous conditions) et on peut combattre jusqu’à 35 ans maximum.
Les compétiteurs se rencontrent dans la même catégorie de poids officielle.
Le barème de points applicable est :
- 4 points pour une victoire.
- 2 points pour un nul.
- 1 point pour une défaite.
Protections obligatoires : casque, plastron, protège tibia, coudières, protège dents, gants. Un nak muay peut disputer plusieurs combats sur une même journée lors des championnats par exemple.
Combats Classe B et A
Atteindre ce niveau est difficile, on est déjà un nak muay bien aguerri. Pour accéder à la classe B, il faut avoir comptabilisé 24 points en classe C.
Uniquement réservé aux seniors.
- Classe B : 4 reprises de 3 minutes Féminin et Masculin avec 2 minutes de repos.
- Classe A : 5 reprises de 3 minutes Masculin uniquement avec 2 minutes de repos.
Le rôle de l’arbitre
Philippe RAUDIN a aujourd’hui 45 ans, père de trois enfants, c’est à partir de 1983 qu’il a commencé à s’impliquer dans les arts martiaux. Après voir pratiqué le kick boxing jusqu’en 1990 auprès de Joël CONCALVES, puis le muay avec KRONGSAK, un très grand technicien du muay Thaï avec qui il a énormément appris. C’est en 1999, avec Eric EKAMBI, Patrice NEUBOU, Brice HOARAU qu’il s’est formé à l’arbitrage.
Pour Philippe l’arbitrage n’est pas une passion, mais une vocation. Même si lors des combats, l’arbitre n’est pas la personne qu’on observe, il en reste néanmoins très regardé. Les nak muay sont des garçons et des filles pleins d’entrain, le ring est un temps très particulier, une sorte de « bulle » où nous nous sommes vidés l’esprit. Quoi qu’il arrive, on continue le combat, nous voulons la victoire. « Je préfère arrêter un match 2 minutes avant, que 2 secondes trop tard. » La phrase de Philippe, à elle seule, nous donne le ton. Bien encadré notre sport est épanouissant, mal encadré il peut porter gravement atteinte à notre intégrité physique. L’arbitre est là pour nous laisser nous exprimer et nous protéger à la fois. Ainsi, il doit impérativement connaître le règlement sur le bout de ses doigts, être présent, être tout le temps vigilant, car les enchaînements entre boxeurs sont vifs. Il doit tenir compte de la surface de combat, vérifier le matériel pour éviter les basculements hors des cordes par exemple. L’arbitre a besoin de se faire « connaître » afin d’être respecté. Les nak muay doivent savoir à qui ils ont « affaire », c’est à dire savoir que tout se passera dans les règles et uniquement dans le cadre de celles-ci, qu’il sera intransigeant, mais juste. Pour que cela fonctionne, une grande unité, une réelle cohésion entre arbitre est nécessaire.Dans les compétitions « élites », les étrangers sont nos invités, systématiquement, on leur rappelle et présente les règles. La FFMDA suit celles de la WMC, EMF amateur, IMFA.
L’avenir
Aujourd’hui, en Europe, l’expansion du Muay Thaï est très importante, nous avons des champions reconnus et confirmés et les générations se renouvellent bien. Mais en France, nous avons un déficit d’arbitres internationaux. D’ailleurs, ces derniers se doivent d’aller finaliser leur formation en allant régulièrement arbitrer au Lumpini ou au Raja, c’est une question de crédibilité. Devenir arbitre ?
Dans un premier temps, pour la FFMDA, il existe une « certification assauts », c’est le pré requis. Ensuite, il existe un premier diplôme pour l’arbitrage régional, puis sur le même modèle que les brevets d’états sportifs :- Diplôme national niveau 1
- Diplôme national niveau 2
Remercions pour son amabilité et sa disponibilité Philippe RAUDIN qui consacre beaucoup de ses week-ends à sa fonction d’arbitre. Nous espérons que cet article a pu éclairer les internautes et mettre en avant la fonction d’arbitre essentiel à notre sport.

























