Khider en vedette
La nuit des superfights 2005
Par Vincent Dao le mercredi 11 mai 2005
Le 7 mai 2005, Ali Ouagueni et Smaïn Boussif, nous ont proposé un joli gala de Muaythaï à Thiais. L'affichs avaient de quoi attirer du monde et les amateurs de Muay ont répondu présents. Des peoples amateurs de la discipline étaient présents tel que : Jean-Hugues Anglade, Bruno Puzulu…
D’actuels et d’anciens champions étaient également la salle : Guillaume Kerner, Dany Bill, Dida, Joël César, les frères Berbachi, Joe Prestia,Grégory Toni, Medhi Sahnoune…
Mais le 7 mai les vraies vedettes étaient sur le ring...
Le premier combat de la soirée oppose en moins de 74 kg Grégory CHOPLIN (Fimeu Gym) à Frank NADJE (Phénix). Le premier cité est champion de France en titre classe A et a obtenu une médaille de bronze au championnat du monde de Muaythaï en novembre dernier à Bangkok. De son côté Frank a été champion de France classe A en 2001 et 2002.
Le combat démarre par des échanges de Tei Lam Toa (middle) et de Tei Khaa (low kick). Les deux Nak Muay restent l’un en face de l’autre cherchant l’ouverture. C’est Grégory qui a l’initiative avec les poings ou les jambes, Frank réagissant aux attaques de son adversaire. De plus, le pensionnaire du Fimeu Gym réussit à saisir la jambe de Nadje lorsqu’il lance ses Tei Lam toa et le frappe en Tei Khaa.
Dès le début du deuxième round, Frank tente par 2 fois de placer un Tei Khan Kro mais Grégory a une bonne garde. Et ce dernier saisit la jambe de son adversaire et le fait chuter. Choplin sort ses poings et touche avec un enchaînement de crochet qui amène un compte de Nadje.
Le troisième round est toujours dominé par Grégory qui alterne bien travail en ligne basse avec ses jambes et travail aux poings. A plusieurs reprises il saisit la jambe de Frank alors qu’il frappe en Tei Lam Toa (voir photo).
Dans les deux derniers rounds, Frank tente de revenir (il touche d’un direct et d’un Tei Khaa) mais Grégory domine toujours alternant travail au corps et au visage.
Grégory Choplin remporte une victoire logique à l’unanimité des juges.
A l’issue du combat il nous déclare : « Ça c’est bien passé, je suis content, j’ai fait un bon combat. J’ai bien travaillé avec mes jambes puis je l’ai touché avec mes poings. Donc je suis satisfait. »
Le deuxième combat de la soirée oppose en moins de 63 kg, Djamel YACOUBEN (RMB) au Belge Olivier REDIGER. Djamel domine techniquement le combat malgré un net désavantage de taille : il touche avec ses poings (crochets et directs) et frappe en Tei Khaa. Dès la troisième reprise, Olivier tente des coups de genoux sautés qui ne touchent pas leurs cibles. Dans la reprise suivante, le Belge est compté à la suite de douleurs au tibia droit. Dans la dernière reprise, Djamel écourte le combat d’un Tei Khaa qui est bloqué par Olivier, mais la douleur due au blocage lui vaut un compte de 10.
Djamel Yacouben remporte donc le combat par hors-combat corps.
Le combat suivant met au prise Karim SAADA, au Belge Xavier GATEZ, en moins de 66 kg. Le Français domine le combat, étalant sa technique et touchant aussi bien avec ses jambes qu’avec ses poings. Dans la troisième reprise, Xavier est compté à la suite d’un coup de genou. Puis Karim SAADA abrège le combat d’un très joli coup de coude retourné qui amène un deuxième compte dans le même round qui est éliminatoire en France.
Le quatrième combat de la soirée voit s’affronter Michaël LALLEMAND (Bonneuil) à Ylmaz DERMIKAPU (Belgique) en moins de 63 kg.
Ylmaz effectue une entrée très remarquée avec des pas de danse avant sa montée sur le ring. Il provoquera à de nombreuses reprises son adversaire durant le combat s’attirant les sifflets du public et méritant son surnom de « Bad Boy ».
Dès le début du combat, Ylmaz réussit à toucher d’un Tei Khan Kro retourné et travaille ensuite avec de lourdes frappes ses poings, notamment son crochet gauche. Durant le combat on verra le poids de ses frappes aux réactions de Michaël. De son côté, ce dernier travaille surtout en ligne basse avec ses jambes.
Le round suivant est à l’avantage du Français qui effectue un bon travail avec ses jambes et avec ses genoux qu’ils soient directs (voir photo) ou en corps à corps.
Dans la troisième reprise, les deux hommes repartent de plus belle, usant chacun de leur tactique de combat : les poings et les jambes pour Ylmaz, les genoux et les jambes pour Michaël.
Durant le combat les hommes restent l’un en face de l’autre cherchant l’ouverture.
Dans la quatrième reprise, Lallemand place un genou direct après avoir frappé des poings, alors que Ylmaz place un High kick retourné, qui est partiellement bloqué. Les deux Nak Muay restent fidèle à leur tactique même si le pensionnaire de Bonneuil se sert de plus en plus de ses poings.
A l’appel de la dernière reprise, les deux hommes savent que personne n’est assuré de la victoire et qu’ils devront tout donner. Nous assistons donc à des échanges de coups de pieds et de coups de poings. Michaël réussit à placer un coup de genou direct et tente un coup de genou sauté. Les deux hommes appuient leur coup à l’image du crochet d’Ylmaz ou des Tei Lam Toa de Lallemand. Ce dernier touche d’un direct du droit en contre qui fait tomber son adversaire.
A la fin du combat, les deux hommes se congratulent et font le tour du ring ensemble. Cela fait penser qu’Ylmaz joue son rôle de « Bad Boy » sur le ring mais qu’il est différent en réalité. Cela sera confirmé lors de l'interview d’après combat.
A l’unanimité des juges, Michaël Lallemand est donné vainqueur.
Dans le vestiaire belge, Ylmaz nous confie : « C’était un bon combat, j’ai été prévenu en début de semaine, donc je n’ai pas pu bien me préparer, sinon j’aurais gagné. Mais je suis un homme de défi donc j’ai accepté ce combat. En plus j’ai rapidement été blessé en bas du tibia, ce qui m’a handicapé. Je suis prêt à affronter n’importe qui dans ma catégorie : Villaume, Djemel…Je suis ouvert à toute proposition de combat. »
Du côté de Lallemand la joie est présente mais elle est mesurée : « je suis satisfait de ma victoire face à un adversaire difficile à manœuvrer. Mais j’aurais dû plus écouter mon coin et j’aurais peut être fait un meilleur combat. Il fallait que je me méfie de lui car ses coups étaient portés avec puissance. Ses provocations m’ont motivé encore plus et m’ont poussé à faire encore mieux. J’espère avoir fait plaisir aux organisateurs et s’ils veulent me refaire combattre l’année prochaine je suis partant. »
Dans le combat qui suit, Mounir BOUTI (Kerner Team) fait face à Hadi BAMOULA en moins de 60 kg. Même s’il a été prévenu la veille du combat, Mounir a livré un bon combat dominant techniquement son adversaire. Le protégé de Guillaume Kerner marque ses points grâce à ses Tei Khaa et Tei Lam Toa. En corps à corps il domine allégrement aussi son adversaire, lui plaçant des coups de genoux et le projetant.
A l’unanimité, Mounir Bouti remporte une victoire logique et rebondit après le KO lourdement encaissé face à Pascal Benmati en demi-finale du championnat de France.
En moins de 70 kg, Yacine BENHADJ (Fimeu Gym) est opposé à Cédric MULLER (RMB).
Légèrement plus grand que son adversaire Yacine touche en direct et en Tei Khaa. Dans la deuxième reprise, le combat s’emballe : Cédric frappe avec ses poings et en Tei Khaa alors que Yacine utilise son direct et ses genoux. A partir de la troisième reprise on sent un Müller essoufflé (il déclarera après le combat être atteint d’une grippe depuis le début de semaine). Cédric tente des enchaînements de poings alors que Yacine travaille sur des coups plus isolés mais également plus puissants.
A l’unanimité, Yacine est déclaré vainqueur.
Le combat suivant oppose Sofiane ALLOUACHE à Mohamed BOURKIS en moins de 71 kg.
Le style des hommes est opposé : Sofiane sautille alors que Mohamed est campé sur ses appuis. Dès que Mohamed frappe, Sofiane remise en Tei Khaa. En corps à corps Mohamed a l’avantage et projette à de nombreuses reprises Allouache qui fera d’innombrables voyages au tapis, ce qui finira visiblement par atteindre son moral. Sofiane tente de trouver l’ouverture avec ses poings mais son adversaire a une bonne garde. Dans la troisième reprise, Bourkis touche d’un Tei Khan Kro, puis martèle son adversaire de coups de genoux en corps à corps.
En avance Mohamed laisse Sofiane avancer dans les deux derniers rounds pour le frapper de puissants Tei Lam Toa.
Mohamed Bourkis remporte une victoire logique à l’unanimité des juges.
Comme la Fédération a fixé la limite d’âge à 34 ans, Aurélien DUARTE effectue son dernier combat en France face au Yougoslave Hersum MIKI en moins de 80 kg.
Le combat débute lentement, les deux adversaires s’observant et échangeant des Tei khaa et des Tei Lam Toa. Puis Aurélien place une accélération avec ses poings qui sont en partie bloqués par Hersum.
Dans la deuxième reprise, Aurélien envoie un Tei Khan Kro et continue à frapper avec ses jambes profitant d’un allonge légèrement supérieure. Il tente de placer un High kick suivit d’un High kick retourné qui sont esquivés par Miki. Ce dernier répond par des Tei Khaa et des directs mais il ne fait que répondre, Aurélien gardant l’initiative.
Dans la troisième reprise, Hersum se montre plus entreprenant frappant en Tei Lam Toa alors que Duarte alterne frappe en haut et en bas avec ses jambes. Un coup de genou dans les parties d’Aurélien vaudra un point de pénalité à Miki. Les Tei Khaa d’Aurélien commencent à marquer la jambe gauche de son adversaire qui finira le combat avec la cuisse bleuie.
En fin de round, Aurélien place un Tei Khan Kro alors qu’il a bloqué Hersum dans le coin.
Au début de la quatrième reprise, Miki saisie la jambe d’Aurélien et le fait chuter d’un Tei Khaa. Le Français avance sur son adversaire et le touche d’un direct du droit. Les deux hommes utilisent beaucoup leurs poings et touchent. Aurélien va de nouveau à terre à la suite d’un Tei Khaa.
Dans la cinquième et dernière reprise, Aurélien continue de marquer ses points avec des Tei Khaa. Même s’il chute suite à un Tei Khaa en contre, il continue d’avancer sur Miki. Il tente même de placer des coups de genoux sautés. De son côté Miki alterne le travaille en Tei Khaa et avec ses poings.
A l’issue du combat, Aurélien Duarte remporte le combat par décision partagée. Ce résultat sera sifflé par le public alors que le vainqueur a géré son combat, prenant l’initiative du début à la fin.
C’est un Aurélien amer que nous retrouvons dans le vestiaire et qui nous confie : « Je suis déçu de l’attitude du public. Ce sont les juges qui connaissent la discipline et qui décident. Ils m’ont donné vainqueur, j’ai marqué mes points. Maintenant je suis un peu amère de finir là dessus. Mais bon ils ne méritent pas de beau gala comme celui-là, et comme ils ne veulent plus de moi, ils ne me verront plus. Depuis le temps que je boxe ce sont toujours les mêmes écervelés dans les tribunes, ce n’est pas comme ça qu’on donnera une meilleure image de notre sport. »
Même si nous ne le reverrons plus sur des rings français, nous souhaitons à Aurélien d’effectuer encore de beaux combats.
L’Affiche de la soirée oppose Farid KHIDER à Jean-Charles SKARBOWSKI en moins de 65 kg. L’opposition entre un combattant multi-boxes et un purNak Muay s’annonce intéressante.
Dès le début du combat et comme à son habitude, Khider adopte une posture de savate, la jambe avant levée. Il frappe avec la plante du pied et place un coup de pied retourné. Jean-Charles qui est habitué à des premiers rounds d’observation semble dépassé par la vitesse de son adversaire même s’il réussit à bloquer la plupart des attaques de Farid. Bougeant sans cesse, ce dernier ne laisse pas l’occasion à Jean-Charles de le cadrer. Puis en fin de round Khider place un coup de coude retourné (voir photos) qui ouvre le dessus du crâne de Jean-Charles, ce qui amène la fin du combat.
Farid Khider remporte le combat par blessure tête à la première reprise.
Dans les vestiaires, Jean-Charles nous déclare : « ça a été vite. Je suis déçu car en Thaïlande je n’aurais pas été arrêté pour une blessure comme ça. Mais faire face à Farid Khider était intéressant, le défi était là d’affronter quelqu’un qui n’était pas un pur Nak Muay. »
De son côté Khider nous confie : « Je suis content de ma victoire face à une référence du Muaythaï. J’avais prévu de ne surtout pas rester devant lui et de bouger. Je l’ai touché sur un coup de coude. » Quand on lui demande pourquoi il garde cette attitude de savate, il répond : « Je suis trop vieux pour apprendre une autre manière de boxer, donc je garde mon style et j’ajoute les techniques des disciplines où je me produis. Je m’adapte à mon adversaire : s’il commence lentement moi aussi avant de passer la vitesse supérieur, et s’il commence vite je suis. »
La soirée a été un succès tant au niveau des combats que de l’affluence. Nous espérons que les organisateurs nous proposerons de nombreux autres galas de qualité.
Vincent Dao
D’actuels et d’anciens champions étaient également la salle : Guillaume Kerner, Dany Bill, Dida, Joël César, les frères Berbachi, Joe Prestia,Grégory Toni, Medhi Sahnoune…
Mais le 7 mai les vraies vedettes étaient sur le ring...
Le premier combat de la soirée oppose en moins de 74 kg Grégory CHOPLIN (Fimeu Gym) à Frank NADJE (Phénix). Le premier cité est champion de France en titre classe A et a obtenu une médaille de bronze au championnat du monde de Muaythaï en novembre dernier à Bangkok. De son côté Frank a été champion de France classe A en 2001 et 2002. Le combat démarre par des échanges de Tei Lam Toa (middle) et de Tei Khaa (low kick). Les deux Nak Muay restent l’un en face de l’autre cherchant l’ouverture. C’est Grégory qui a l’initiative avec les poings ou les jambes, Frank réagissant aux attaques de son adversaire. De plus, le pensionnaire du Fimeu Gym réussit à saisir la jambe de Nadje lorsqu’il lance ses Tei Lam toa et le frappe en Tei Khaa.
Dès le début du deuxième round, Frank tente par 2 fois de placer un Tei Khan Kro mais Grégory a une bonne garde. Et ce dernier saisit la jambe de son adversaire et le fait chuter. Choplin sort ses poings et touche avec un enchaînement de crochet qui amène un compte de Nadje.
Le troisième round est toujours dominé par Grégory qui alterne bien travail en ligne basse avec ses jambes et travail aux poings. A plusieurs reprises il saisit la jambe de Frank alors qu’il frappe en Tei Lam Toa (voir photo).
Dans les deux derniers rounds, Frank tente de revenir (il touche d’un direct et d’un Tei Khaa) mais Grégory domine toujours alternant travail au corps et au visage.
Grégory Choplin remporte une victoire logique à l’unanimité des juges.
A l’issue du combat il nous déclare : « Ça c’est bien passé, je suis content, j’ai fait un bon combat. J’ai bien travaillé avec mes jambes puis je l’ai touché avec mes poings. Donc je suis satisfait. »
Le deuxième combat de la soirée oppose en moins de 63 kg, Djamel YACOUBEN (RMB) au Belge Olivier REDIGER. Djamel domine techniquement le combat malgré un net désavantage de taille : il touche avec ses poings (crochets et directs) et frappe en Tei Khaa. Dès la troisième reprise, Olivier tente des coups de genoux sautés qui ne touchent pas leurs cibles. Dans la reprise suivante, le Belge est compté à la suite de douleurs au tibia droit. Dans la dernière reprise, Djamel écourte le combat d’un Tei Khaa qui est bloqué par Olivier, mais la douleur due au blocage lui vaut un compte de 10.
Djamel Yacouben remporte donc le combat par hors-combat corps.
Le combat suivant met au prise Karim SAADA, au Belge Xavier GATEZ, en moins de 66 kg. Le Français domine le combat, étalant sa technique et touchant aussi bien avec ses jambes qu’avec ses poings. Dans la troisième reprise, Xavier est compté à la suite d’un coup de genou. Puis Karim SAADA abrège le combat d’un très joli coup de coude retourné qui amène un deuxième compte dans le même round qui est éliminatoire en France.
Le quatrième combat de la soirée voit s’affronter Michaël LALLEMAND (Bonneuil) à Ylmaz DERMIKAPU (Belgique) en moins de 63 kg.Ylmaz effectue une entrée très remarquée avec des pas de danse avant sa montée sur le ring. Il provoquera à de nombreuses reprises son adversaire durant le combat s’attirant les sifflets du public et méritant son surnom de « Bad Boy ».
Dès le début du combat, Ylmaz réussit à toucher d’un Tei Khan Kro retourné et travaille ensuite avec de lourdes frappes ses poings, notamment son crochet gauche. Durant le combat on verra le poids de ses frappes aux réactions de Michaël. De son côté, ce dernier travaille surtout en ligne basse avec ses jambes.
Le round suivant est à l’avantage du Français qui effectue un bon travail avec ses jambes et avec ses genoux qu’ils soient directs (voir photo) ou en corps à corps.
Dans la troisième reprise, les deux hommes repartent de plus belle, usant chacun de leur tactique de combat : les poings et les jambes pour Ylmaz, les genoux et les jambes pour Michaël.
Durant le combat les hommes restent l’un en face de l’autre cherchant l’ouverture.
Dans la quatrième reprise, Lallemand place un genou direct après avoir frappé des poings, alors que Ylmaz place un High kick retourné, qui est partiellement bloqué. Les deux Nak Muay restent fidèle à leur tactique même si le pensionnaire de Bonneuil se sert de plus en plus de ses poings.
A l’appel de la dernière reprise, les deux hommes savent que personne n’est assuré de la victoire et qu’ils devront tout donner. Nous assistons donc à des échanges de coups de pieds et de coups de poings. Michaël réussit à placer un coup de genou direct et tente un coup de genou sauté. Les deux hommes appuient leur coup à l’image du crochet d’Ylmaz ou des Tei Lam Toa de Lallemand. Ce dernier touche d’un direct du droit en contre qui fait tomber son adversaire.
A la fin du combat, les deux hommes se congratulent et font le tour du ring ensemble. Cela fait penser qu’Ylmaz joue son rôle de « Bad Boy » sur le ring mais qu’il est différent en réalité. Cela sera confirmé lors de l'interview d’après combat.
A l’unanimité des juges, Michaël Lallemand est donné vainqueur.
Dans le vestiaire belge, Ylmaz nous confie : « C’était un bon combat, j’ai été prévenu en début de semaine, donc je n’ai pas pu bien me préparer, sinon j’aurais gagné. Mais je suis un homme de défi donc j’ai accepté ce combat. En plus j’ai rapidement été blessé en bas du tibia, ce qui m’a handicapé. Je suis prêt à affronter n’importe qui dans ma catégorie : Villaume, Djemel…Je suis ouvert à toute proposition de combat. »
Du côté de Lallemand la joie est présente mais elle est mesurée : « je suis satisfait de ma victoire face à un adversaire difficile à manœuvrer. Mais j’aurais dû plus écouter mon coin et j’aurais peut être fait un meilleur combat. Il fallait que je me méfie de lui car ses coups étaient portés avec puissance. Ses provocations m’ont motivé encore plus et m’ont poussé à faire encore mieux. J’espère avoir fait plaisir aux organisateurs et s’ils veulent me refaire combattre l’année prochaine je suis partant. »
Dans le combat qui suit, Mounir BOUTI (Kerner Team) fait face à Hadi BAMOULA en moins de 60 kg. Même s’il a été prévenu la veille du combat, Mounir a livré un bon combat dominant techniquement son adversaire. Le protégé de Guillaume Kerner marque ses points grâce à ses Tei Khaa et Tei Lam Toa. En corps à corps il domine allégrement aussi son adversaire, lui plaçant des coups de genoux et le projetant.
A l’unanimité, Mounir Bouti remporte une victoire logique et rebondit après le KO lourdement encaissé face à Pascal Benmati en demi-finale du championnat de France.
En moins de 70 kg, Yacine BENHADJ (Fimeu Gym) est opposé à Cédric MULLER (RMB).
Légèrement plus grand que son adversaire Yacine touche en direct et en Tei Khaa. Dans la deuxième reprise, le combat s’emballe : Cédric frappe avec ses poings et en Tei Khaa alors que Yacine utilise son direct et ses genoux. A partir de la troisième reprise on sent un Müller essoufflé (il déclarera après le combat être atteint d’une grippe depuis le début de semaine). Cédric tente des enchaînements de poings alors que Yacine travaille sur des coups plus isolés mais également plus puissants.
A l’unanimité, Yacine est déclaré vainqueur.
Le combat suivant oppose Sofiane ALLOUACHE à Mohamed BOURKIS en moins de 71 kg.
Le style des hommes est opposé : Sofiane sautille alors que Mohamed est campé sur ses appuis. Dès que Mohamed frappe, Sofiane remise en Tei Khaa. En corps à corps Mohamed a l’avantage et projette à de nombreuses reprises Allouache qui fera d’innombrables voyages au tapis, ce qui finira visiblement par atteindre son moral. Sofiane tente de trouver l’ouverture avec ses poings mais son adversaire a une bonne garde. Dans la troisième reprise, Bourkis touche d’un Tei Khan Kro, puis martèle son adversaire de coups de genoux en corps à corps.
En avance Mohamed laisse Sofiane avancer dans les deux derniers rounds pour le frapper de puissants Tei Lam Toa.
Mohamed Bourkis remporte une victoire logique à l’unanimité des juges.
Comme la Fédération a fixé la limite d’âge à 34 ans, Aurélien DUARTE effectue son dernier combat en France face au Yougoslave Hersum MIKI en moins de 80 kg.Le combat débute lentement, les deux adversaires s’observant et échangeant des Tei khaa et des Tei Lam Toa. Puis Aurélien place une accélération avec ses poings qui sont en partie bloqués par Hersum.
Dans la deuxième reprise, Aurélien envoie un Tei Khan Kro et continue à frapper avec ses jambes profitant d’un allonge légèrement supérieure. Il tente de placer un High kick suivit d’un High kick retourné qui sont esquivés par Miki. Ce dernier répond par des Tei Khaa et des directs mais il ne fait que répondre, Aurélien gardant l’initiative.
Dans la troisième reprise, Hersum se montre plus entreprenant frappant en Tei Lam Toa alors que Duarte alterne frappe en haut et en bas avec ses jambes. Un coup de genou dans les parties d’Aurélien vaudra un point de pénalité à Miki. Les Tei Khaa d’Aurélien commencent à marquer la jambe gauche de son adversaire qui finira le combat avec la cuisse bleuie.
En fin de round, Aurélien place un Tei Khan Kro alors qu’il a bloqué Hersum dans le coin.
Au début de la quatrième reprise, Miki saisie la jambe d’Aurélien et le fait chuter d’un Tei Khaa. Le Français avance sur son adversaire et le touche d’un direct du droit. Les deux hommes utilisent beaucoup leurs poings et touchent. Aurélien va de nouveau à terre à la suite d’un Tei Khaa.
Dans la cinquième et dernière reprise, Aurélien continue de marquer ses points avec des Tei Khaa. Même s’il chute suite à un Tei Khaa en contre, il continue d’avancer sur Miki. Il tente même de placer des coups de genoux sautés. De son côté Miki alterne le travaille en Tei Khaa et avec ses poings.
A l’issue du combat, Aurélien Duarte remporte le combat par décision partagée. Ce résultat sera sifflé par le public alors que le vainqueur a géré son combat, prenant l’initiative du début à la fin.
C’est un Aurélien amer que nous retrouvons dans le vestiaire et qui nous confie : « Je suis déçu de l’attitude du public. Ce sont les juges qui connaissent la discipline et qui décident. Ils m’ont donné vainqueur, j’ai marqué mes points. Maintenant je suis un peu amère de finir là dessus. Mais bon ils ne méritent pas de beau gala comme celui-là, et comme ils ne veulent plus de moi, ils ne me verront plus. Depuis le temps que je boxe ce sont toujours les mêmes écervelés dans les tribunes, ce n’est pas comme ça qu’on donnera une meilleure image de notre sport. »
Même si nous ne le reverrons plus sur des rings français, nous souhaitons à Aurélien d’effectuer encore de beaux combats.
L’Affiche de la soirée oppose Farid KHIDER à Jean-Charles SKARBOWSKI en moins de 65 kg. L’opposition entre un combattant multi-boxes et un purNak Muay s’annonce intéressante.
Dès le début du combat et comme à son habitude, Khider adopte une posture de savate, la jambe avant levée. Il frappe avec la plante du pied et place un coup de pied retourné. Jean-Charles qui est habitué à des premiers rounds d’observation semble dépassé par la vitesse de son adversaire même s’il réussit à bloquer la plupart des attaques de Farid. Bougeant sans cesse, ce dernier ne laisse pas l’occasion à Jean-Charles de le cadrer. Puis en fin de round Khider place un coup de coude retourné (voir photos) qui ouvre le dessus du crâne de Jean-Charles, ce qui amène la fin du combat.
Farid Khider remporte le combat par blessure tête à la première reprise.
Dans les vestiaires, Jean-Charles nous déclare : « ça a été vite. Je suis déçu car en Thaïlande je n’aurais pas été arrêté pour une blessure comme ça. Mais faire face à Farid Khider était intéressant, le défi était là d’affronter quelqu’un qui n’était pas un pur Nak Muay. »
De son côté Khider nous confie : « Je suis content de ma victoire face à une référence du Muaythaï. J’avais prévu de ne surtout pas rester devant lui et de bouger. Je l’ai touché sur un coup de coude. » Quand on lui demande pourquoi il garde cette attitude de savate, il répond : « Je suis trop vieux pour apprendre une autre manière de boxer, donc je garde mon style et j’ajoute les techniques des disciplines où je me produis. Je m’adapte à mon adversaire : s’il commence lentement moi aussi avant de passer la vitesse supérieur, et s’il commence vite je suis. »
La soirée a été un succès tant au niveau des combats que de l’affluence. Nous espérons que les organisateurs nous proposerons de nombreux autres galas de qualité.
Vincent Dao



























