Jean-Marie MERCHET, le « Samouraï » s'en est allé
Par Brice Hoarau le lundi 08 mars 2021
De nos jours, on apprend souvent le décès d'un ami par le biais d'un message sur les réseaux sociaux, dans un flux d'autres messages qui n'ont que bien peu d'importance ou par un sms froid et glacial. En l’occurrence, ce mercredi 3 Mars, sur ce sms il était écrit : « Jean-Marie MERCHET est décédé ». On n'est jamais complètement préparé à ce type de nouvelle.
« Tu aurais pu attendre encore un peu quand même... »
Comme l'avait dit Michel Drucker les yeux larmoyants à la mort de son ami Johnny HALLYDAY : « Tu aurais pu attendre encore un peu quand même... ». Oui, tu aurais pu attendre encore un peu Jean-Marie... On n'avait pas fini... on devait se voir... parler Muay, refaire le monde, partager un bon repas dans le 13eme (lorsque les restaurants allaient rouvrir).
« Jean-Marie MERCHET est décédé à l'âge de 68 ans »
La nouvelle s'est répandue à la vitesse du numérique, à l'intérieur de la communauté des sports de combats et des arts martiaux.
Un « Samourai » urbain
Car oui, lorsque l'on évoque le parcours de Jean-Marie MERCHET, il ne s'agit pas d'évoquer une discipline mais bien plusieurs.
Mais avant d'en venir à son approche des sports de combat et des arts martiaux, il est important de noter que Jean-Marie n'est pas arrivé dans ce monde par défaut. Diplômé de l'enseignement supérieur, notre homme aurait pu suivre un cheminement classique qui l'aurait amené à occuper une fonction de cadre en entreprise. Mais le destin ou plus exactement sa vocation l'a conduit aux dojos, aux tatamis et aux rings.
Cette orientation, il fallait être capable de l'assumer économiquement à une époque où ces disciplines n'étaient pas aussi populaires qu'aujourd'hui. Ce choix a conduit Jean-Marie à se lancer dans plusieurs voix dont le cinéma en s'essayant notamment en tant que cascadeur et figurant.
Puis ce fut « le monde de la nuit ». Ses amis, ses élèves et connaissances des années « arapaho » et « factory » pourront d’ailleurs témoigner de ce jonglage permanent entre les boites de nuit et celui des sports de combat pendant plusieurs années. Il fallait sans aucun doute avoir une force de caractère particulière pour s'imposer malgré sa petite taille comme portier à ses débuts et plus généralement dans le monde mouvementé de la nuit par la suite.
Jean -Marie MERCHET étaient de ceux là : oui Jean-Marie était un Samourai, « un Samourai urbain » qui très tôt avait fait le choix de consacrer sa vie aux arts martiaux et aux sports de combat.
« Haute tension a marqué une époque du Muythai Français »
Venu tout d'abord au karaté, il s'était très vite intéressé à cette nouvelle forme de combat venue de Thaïlande : le Muaythai. Il avait également enseigné le kick boxing. Puis, toujours à l'affût en terme de curiosité, il s'était mis dernièrement au MMA.
Jean-Marie s'est toujours intéressé à toutes les formes de combat. Comme s'il était en recherche permanente. Son « labo », si l'on pouvait se permettre une comparaison avec le monde des chercheurs en science, il l'avait nommé « Haute Tension ».
Le club « Haute Tension », créé en 1985 au début des années « Muaythai » en France, est pour ainsi dire devenu une sorte d'institution des sports de combat. On y pratique toutes les disciplines dans lesquelles Jean Marie est devenu un expert. « Haute tension » a marqué une époque du Muythai français. Ses combattants ont glané des titres de Champions d'Europe et du Monde par dizaines. Plusieurs générations de champions sont sortis durant cette période : Aurélien DUARTE, Cyril DIABATE, Pascal LAFLEUR, Olivier TCHETCHE, Alexandre N'GOM PRISO, Gilbert CHILLON, Mickael LALLEMAND, Laetitia LAMBERT, Remy PARIOT et bien d'autres encore... Sans oublier bien sûr celui que l'on pourrait surnommer son fils spirituel : Krim HAMITECHE.
La communauté des arts martiaux et des sports de combat te saluent l'ami. Nous adressons à ton fils de 15 ans Jean Huan notre plus chaleureux réconfort en lui disant combien son papa a marqué le monde des arts martiaux et des sports de combat en France et combien il peut en être fier. A vous, sa famille, ses élèves, Krim nous vous adressons nos plus sincères condoléances.
A toi Jean-Marie, qui a rejoint ton ami Philippe GONZALES, ton élève Gilbert CHILLON, nous t'accompagnons dans la poursuite de ton voyage par nos prières et nos pensées.
Repose en paix Jean-Marie.
Brice Hoarau





















