Jean Charles SKARBOWSKI
Le club DAUMESNIL
Depuis le début de la saison, Jean Charles SKARBOWSKI est revenu en France après avoir passé 6 ans en Thaïlande. Là bas, il est une véritable star. Il s'est fait un véritable nom en ne refusant aucun combat.
Il a été classé numéro 1 du Radja pendant près de 4 ans d'affilé. C'est le seul « non Thaï » à avoir réussi cet exploit.
Ces nombreux exploits lui ont valu l'honneur de faire des couvertures de magazines, de passer aux infos, d'être invité dans différents « variety show ».
En Thaïlande, Jean Charles est un boxeur reconnu par tous.
Aujourd'hui, il a quitté la Thaïlande pour revenir en France où une autre vie l'attend puisque Jean Charles ne boxe plus. Il a mis fin à sa carrière pour en recommencer une autre mais cette fois si dans l'enseignement…
Muaythaitv.com : Bonjour Jean Charles, tu avais l'air de bien vivre en Thaïlande, d'être bien installé avec ta femme, qu'est ce qui t'as poussé à revenir à Paris ? Pourquoi as-tu dans le même temps stoppé ta carrière ?
Je me plaisais beaucoup en Thaïlande et j'ai boxé le mois de juin dernier contre un thaïlandais BIG BEN KESAGYM (actuellement un des meilleurs nakmuays dans sa catégorie).
Je me suis rendu compte que dans son regard il y avait quelque chose que moi je n'avais plus.
Il avait 23 ans, moi j'en ai 31, dans son regard « il avait faim », contrairement à moi. Il était prés à donner sa peau pour gagner, moi je n'étais plus prés pour cela.

Je n'avais plus le regard de celui qui avait envie de gagner, mais j'ai continué à combattre par feignantise car je ne savais pas quoi faire d'autre. Les combats me rapportaient un peu d'argent et je n'avais pas envie de me fatiguer l'esprit pour autre chose.
Je me suis rendu compte que je prenais la voie de la facilité donc j'ai pensé que c'était le moment d'arrêter. Ce n'était pas une voie facile quand je me suis décidé à faire du Muaythaï. Ce que je veux c'est une vie de combattant. Dans le muaythaï, j'ai fait tous les combats que j'avais à faire.
Avec 17 ans de pratique, je connais tout le monde dans le milieu du Muaythaï, tout le monde m'aime bien, je suis un peu comme dans du coton.
Je veux encore être fier de moi, sentir que je me dépasse, sentir que ce que je vais faire est difficile.
Je pense que dans l'enseignement du Muaythaï j'ai tout à fait trouvé ma place. Il y a un challenge que je ne connaissais pas, c'est de former des gens. Quand je viens à l'entraînement je suis stressé comme à l'époque où j'allais boxer. Je me dis que l'enseignement c'est une superbe continuation.
Je suis également revenu en France pour ma mère à qui j'ai manqué pendant 5 à 6 longues années, pour ma femme, pour mes enfants que j'espère avoir bientôt. Je pense que l'éducation française c'est ce qui leur conviendrai le mieux pour eux.
Muaythaitv : Parles nous maintenant du Club DAUMESNIL que tu vas désormais prendre en charge.
J'ai eu la chance de revenir dans le club où j'y ai fait mes débuts de Muaythaï avec mon professeur de l'époque André ZEITOUN, j'ai pratiqué ici pendant 10 ans avant de partir en Thaïlande.
Quand je suis revenu de Thaïlande, j'avais vraiment à cœur d'entraîner, c'est vraiment ce qui m'intéressait. De plus je reviens dans le club qui m'appartient puisque je l'ai fait connaître à travers le monde. Ce club c'est un peu comme chez moi, je suis heureux de revenir chez moi pour entraîner.
Muaythaitv : Que veux tu transmettre en priorité à tes futurs élèves ?
Je veux communiquer ma passion avec tous ce que j'ai appris en Thaïlande ces 6 dernières années.
Ce n'est qu'au bout de 4 ans en Thaïlande qu'on m'a vraiment appris ce que je considère comme « les secrets du MuayThaï ».
Ce sont des choses qui ne se donnent pas à tout le monde. Le Muaythaï est un art martial et pour cela, il faut avoir un maître.
Le rapport Maître à élève ne se fait pas en un mois, en deux mois, ni même en un an.
Il faut vraiment tisser des liens, il faut que des relations se créent et cela prend plusieurs années. C'est pour cela, que seulement au bout de quatre années, on a commencé à m'apprendre le muaythaï et ses secrets.
J'ai vraiment envie d'enseigner tout cela à mes élèves. Ces années passées en Thaïlande m'ont été profitables, j'ai vraiment compris ce qu'était le Muaythaï. Je suis vraiment impatient de l'enseigner aux autres.
Je reviens en France après 6 ans et je constate que malheureusement le niveau n'a pas progressé. Je compte justement apporter « ma petite pierre à l'édifice ».
Avec ce que j'ai appris en Thaïlande, j'ai une chance de faire rehausser le niveau en France.
Muaythaitv : Voudrai tu former des champions, as-tu des challenges à ce niveau ?
Mon challenge, c'est à chaque fois que j'arrive au cours « qu'est ce que je vais leur apprendre, qu'est ce que je vais leur enseigner ? »
C'est un stress que je ressens exactement comme quand j'avais un combat qui approchait.
Je retrouve les émotions du début qui m'ont fait aimer la boxe.
La peur, le challenge, vouloir mieux faire, ces émotions je pensais les avoir perdues à la fin de ma carrière mais je les retrouve en débutant l'enseignement.
La seule chose que je peux faire c'est de montrer l'exemple. Je vais essayer de leur enseigner le respect en montrant l'exemple. Je n'insulte pas les gens, le respect c'est d'aller vers les gens, essayer de les connaître, savoir ce qu'on peut faire pour les aider.
Le Muaythaï c'est également se dépasser, pour être fier de soi, pour ne pas avoir peur, croire en soi et devenir la personne qu'on a envie d'être.
Il faut s'entraîner, être sérieux, respecter le maître. Le Muay thaï est un art martial, s'il n'y a pas de respect du maître, ce n'est pas un art martial.
Muaythaitv : Justement, toi, qu'est ce qui te motivait à monter sur le ring ?
Toujours la peur, c'est quelque chose que je ne supporte pas. A la fin je n'avais plus peur car je savais comment faire un combat sans me prendre des coups et même sans m'entraîner…
A partir du moment où je n'avais plus peur de monter sur le ring, plus rien à prouver, c'était fini pour moi…
Muaythaitv : Parles nous de ta technique favorite.
A la base je misais tout sur ma droite, c'est pour ça que lorsque que je me suis cassé la main je me suis senti « tout nu ».
Je n'avais plus ma droite, le reste ne suffisait pas pour mettre K.O. et je ne connaissais pas bien le Muaythaï.
En France, nous connaissons que très peu la discipline. C'est un sport récent contrairement en Thaïlande.
Au Muaythaï, le principal c'est de ne pas prendre de coups. En France, on ne m'avait jamais dit cela. Je pensais qu'il fallait taper jusqu'à que le mec tombe…
Quand j'ai perdu ma droite, je me suis senti sans aucune force, j'ai cru que je devais arrêter le Muaythaï.
J'ai repris le Muaythai en essayant d'axer mon travail plus sur les jambes, les coudes, les genoux.
Comme je l'ai dis précédemment c'est dans mes dernières années en Thaïlande que j'ai vraiment appris la discipline. Au début je savais juste mettre des coups, de temps en temps ça passait…d'autre fois non…
Muaythaitv : As-tu des regrets par rapport à ta carrière ?
J'ai apprécié chaque moment. La seule chose que je regrette à la limite, c'était le manque d'argent.
Mais sinon, j'ai voyagé, j'ai pris confiance en moi, les gens s'intéressent à moi, je suis vraiment satisfait de ce que j'ai vécu grâce au Muaythaï.
Muaythaitv : As-tu un message pour les internautes de Muaythaitv.com ?
Oui, voici les informations pour venir vous inscrire au club.
Club DAUMESNIL :
8 rue de Prague
75012 PARIS
Tel : 01 43 44 22 11
Les horaires :
- Lundi : 18h30 à 20h00
- Mardi : 15h00 à 16h30 - 20h30 à 22h00
- Mercredi : 17h30 à 19h00
- Jeudi : 15h00 à 16h30 - 20h30 à 22h00
- Samedi : 15h00 à 17h00
Palmarès du professeur : Jean-charles SKARBOWSKY
Poids : 63/67 Kg 70/72 Kg
Taille : 1m73
Nombre de combats : 97 Combats, 75 victoires, 20 défaites, 2 nul, 50 KO !
Titres : 3 fois Champion d'Europe, 2 fois vainqueur de la Coupe du Roi à Bangkok, Classé numéro 1 au stadium Radjadamnoem de BANGKOK en 2003 et 2006, et numéro 4 en 2005.
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