Jamal WAHIB et Patrick DJANANG reviennent sur leur départ du TIGER’S DEN
Par Le Bien Public le vendredi 25 octobre 2013
Tête d’affiche du Tigers’s Den depuis plusieurs saisons, Patrick Djanang et Jamal Wahib évoquent les raisons qui les ont poussés à quitter leur club formateur.
Source : "Le Bien Public" (journal régional de Bourgogne)
Depuis plus de cinq ans, Patrick Djanang et Jamal Wahib étaient les vitrines de la boxe thaï dijonnaise. Purs produits du Tiger’s Den, les deux garçons ont quasiment tout raflé sur la scène européenne, chez les amateurs comme chez les professionnels. Cet été, ils ont pourtant décidé de tourner la page en quittant la structure créée il y a maintenant dix ans par Philippe Gerbet (président) et Mokhtar Rouji (entraîneur).
Des accusations très dures
Une rupture surprenante que les deux boxeurs expliquent par un malaise profond entre eux et leurs dirigeants depuis plusieurs mois. « Nous ne pouvions plus continuer à travailler ensemble dans ces conditions », confie Jamal Wahib. « Je reconnais tout ce que le club nous a apporté depuis des années. Sans eux, nous n’aurions pas le palmarès que nous avons aujourd’hui. Mais ces derniers temps, c’est allé beaucoup trop loin. » Il poursuit : « Aujourd’hui, le coach crie sur tous les toits que c’est lui qui souhaitait prendre ses distances avec nous. Mais c’est totalement faux. A plusieurs reprises, nous avons été contraints de boxer malgré des blessures, au bras, au nez, au tibia… Tout ça pour ne quasiment rien toucher. Ils nous ont même demandé de leur verser une partie de la subvention que nous touchons chaque année, à titre individuel, de la part de l’OMS. Et aujourd’hui, ils font tout pour nous griller auprès des différents promoteurs que nous contactons. Cela ne pouvait plus durer. »
Des accusations très dures, auxquelles le Tiger’s Den répond lui aussi avec fermeté, par la voix de son président Philippe Gerbet. « Effectivement nous leur demandions une partie de cette subvention. Mais c’est tout à fait normal. C’est nous qui remplissions leur dossier auprès de l’OMS. Et encadrer des boxeurs de haut niveau demande énormément d’investissement et d’argent au quotidien. »
Et l’entraîneur du club basé à Saint-Apollinaire de renchérir. « Cela fait des années que je leur consacre tout mon temps libre. Entre nous, c’était fusionnel. Mais je n’en pouvais plus. Je suis usé physiquement et aujourd’hui, je souhaite uniquement m’occuper des jeunes », confie, très amer, Mokhtar Rouji. « Humainement, ce qui se passe actuellement me fait beaucoup de mal et je n’arrive pas à me l’expliquer. On nous accuse de fonctionner comme une secte, dont je serai le supposé gourou… Sincèrement, je ne pense pas que les institutions locales, ou encore l’Acodège – avec qui nous venons de nouer un partenariat – continueraient de nous faire confiance si toutes ces accusations étaient fondées. Nous venons de créer une école de boxe, nous avons plus de 200 licenciés chaque semaine à l’entraînement et même sans Patrick et Jamal, nous continuerons d’avancer. »
Au final, il semble bien difficile de démêler le vrai du faux dans cette histoire qui fait surtout du tort à une discipline pourtant en quête de reconnaissance. Quant à Patrick Djanang (27 ans) et Jamal Wahib (28 ans), ils souhaitent désormais poursuivre leur carrière sous d’autres cieux.
Deux boxeurs qui veulent vite rebondir
« Depuis septembre, je me suis engagé auprès d’un nouveau club à Dijon (Savate Originz, ndlr). Je me sens vraiment bien là-bas et j’ai tourné la page avec le passé. Je regarde devant et j’ai de nombreux projets, car ma carrière est loin d’être terminée », explique Patrick Djanang. Même son de cloche chez son compère Jamal Wahib, qui hésite quant à lui à reprendre une licence en boxe thaï dans l’immédiat. « Pour l’instant, je souhaite surtout que le Tiger’s Den nous laisse tranquille. Ensuite, je vais certainement prendre une licence dans un club de boxe anglaise. Puis j’étudierai les propositions qui s’offrent à moi. J’en ai reçu plusieurs en provenance de pays étrangers. J’ai bien l’intention de retrouver mon meilleur niveau le plus vite possible. »





















