Interview d'Albert Pernet DTN de la FFKMDA
Depuis 7 ans (le 1er janvier 2009), avec une interruption de 5 mois (du 1er janvier au 22 mai 2013) la FFKMDA (Fédération française de Kick Boxing Muay Thai et disciplines associées) dispose de la fameuse "délégation de pouvoir" et par ce moyen l'état Français met à la disposition de la fédération un certain nombre de cadres techniques d'état dont le Directeur Technique National Albert PERNET que nous avons rencontré pour faire le point avec lui et pour qu'il nous en dise plus sur sa mission.
Muaythaitv.com : Bonjour Albert PERNET, pouvez-vous vous présenter aux internautes ?
Bonjour, j'ai 54 ans, côté formation j'ai suivi des études supérieures en technologie et je suis diplômé d'un Master en ingénierie, j'ai aussi un BEES 2° et je suis professeur de sport.
Côté expérience professionnelle j'ai travaillé dans l'industrie, je suis ex-sportif de haut niveau, entraineur olympique, responsable de pôle France, conseiller technique régional, chargé d’études et d’évaluation à la direction des sports : suivi des fédérations, expertise des fédérations étrangères, des parcours d’excellence sportive et des sports de combat.
Quelle est la situation de la FFKMDA aujourd'hui ?
C’est la situation d’une jeune fédération, dans un relativement jeune champ disciplinaire (les boxes pieds-poings) dont le développement n’est pas stabilisé : la structuration par la formation qui a été le premier chantier de la fédération se poursuit et se réforme actuellement, le développement de la pratique sportive en sécurité est dynamique et la structuration des équipes de France se met en place. La pratique sportive pour tous et pour la santé sont actuellement en phase de lancement.
Quelles est l'objet exact de votre mission auprès de la FFKMDA ?
Elle est celle de tous les DTN : comme cadre d’état nommé par le ministre, je suis placé sous la double autorité du ministère des Sports et du président de sa fédération.
C’est donc être au centre d’un système complexe où il faut composer avec des enjeux sportifs, juridiques, médiatiques, sociaux, économiques, humains, politiques et professionnels. Il faut donc être à la fois entraîneur, négociateur, visionnaire, gagneur et communicant. Je dois développer des relations privilégiées avec les élus et en particulier avec le président de la fédération. Je dirige l’ensemble des CTL et le personnel technique mis à ma disposition. Je contribue à la définition de la politique fédérale, en assure l’application et évalue sa portée.
Je suis notamment responsable :
- de l’ensemble des équipes de France et de la politique sportive de haut niveau,
- de la formation et du perfectionnement des cadres,
- de la coordination des actions entre leur fédération et les fédérations sportives affinitaires, le sport scolaire et universitaire et le sport militaire,
- de la cohérence des projets sportifs de la fédération avec les orientations du ministère des sports,
- de la nomination des entraîneurs nationaux (EN), des cadres techniques nationaux (CTN) et régionaux (CTL).
Pouvez vous nous parler des projets et avancement déjà réalisés au sein de la FFKMDA ?
Les grands chantiers de la fédération sont portés par les élus depuis sa création, depuis ma prise de fonction en octobre 2014, un certain nombre d’entre eux ont franchi des étapes significatives.
Au niveau national, la fédération qui a été la première fédération de pieds poings à voir sa délégation renouvelée, est devenu membre permanent du CNOSF en 2015, de plus la FFKMDA s’est dotée d’un projet de développement complet, une convention nationale a été établie avec la FFSU, un projet pour parvenir au même résultat est en cours avec l’UNSS, les équipes de France sont dotées d’un mode de fonctionnement efficace, qui comprend des phases de détection, de sélection, de suivi, et de préparation systématique des objectifs, et les commissions féminines et handicap sont actives.
Au niveau international, la fédération a été reconnue comme seule fédération française reconnue par la WAKO en 2015, elle est également devenue seule membre officiel de l’IFMA en 2016, avec la période probatoire normale d’un an.
Quelle est la place et l'importance du MUAY THAI au sein de la FFKMDA ?
Le Muaythaï est une discipline majeure de la FFKMDA, sur la base de nos données, elle est indiquée comme étant la discipline dominante d’environ 22000 licenciés, et 550 clubs, soit environ la moitié des licenciés et des clubs de la fédération.
Qu'avez-vous déjà mis en place spécifiquement pour le Muay Thai, les clubs, les athlètes etc... ?
Le Muaythaï fait partie des axes de développement de la fédération, il a bénéficié d’un dispositif d’accès au championnat de France qui a permis d’organiser des championnats beaucoup plus importants (effectifs doublés). Par ailleurs, la discipline bénéficie d’une représentation plus élevée que toutes les autres au sein des équipes de France. Enfin, la formation des Juges et arbitres, et leur accompagnement jusqu’au niveau international a été relancé.
Y a t il une volonté du Ministère d'essayer d'uniformiser les disciplines pieds poings dans les règles, le fonctionnement et même au niveau technique dont l'espace d'expression est le ring ?
Pas à ma connaissance, les objectifs du ministère chargé des sports s’articulent autour des objectifs de pratique du plus grand nombre, de réduction des inégalités d’accès à la pratique et de sécurité des pratiquants, dans notre cas les équipes de France ne sont pas un objectif du ministère,
L'adhésion des Nak Muay se fera en grande partie sur le respect que vous témoignerez à l'identité de la discipline. Pouvez vous garantir le respect et l'identité du Muay Thai à savoir le respect du Wai Kruh et du Ram Muay, le port du Monkong et des prajeets, le respect de l'usage des techniques spécifiques au Muay Thai notamment l'utilisation des coudes (avec protection bien sur) et du corps à corps ?
Pour ma part, je peux garantir le respect de l’identité du Muaythaï, de plus, je ne vois pas en quoi l’identité de cette discipline, si on considère qu’elle est définie par cette courte description, pose problème.
Concernant le MUAY THAI quels sont vos projets ?
Concernant le Muaythaï, les objectifs qu’ont validés les élus de la fédération portent sur le rassemblement des clubs et des pratiquants, sur la structuration de l’animation nationale et celle des équipes de France. Un des objectifs est d’obtenir la reconnaissance de haut niveau pour le Muaythaï, cette reconnaissance concerne la pratique amateur internationale telle que développée par l’IFMA. C’est donc cette forme de Muaythaï, et uniquement elle, dont les performances sont recherchées par la fédération.
Voulez rajouter quelque chose ?
l’IFMA a réalisé un travail très important pour obtenir la reconnaissance du CIO, reconnaissance provisoire qui vient d’être obtenue. L’intégration du Muaythaï au programme olympique est dorénavant imaginable, c’est un processus qui peut être long (20 ans pour le Karaté), mais l’échéance de 2024, avec le soutien de la FFKMDA, n’est pas impossible. L’enjeu d’une intégration dans le cercle prestigieux des disciplines olympiques conduira l’IFMA à se plier aux contraintes imposées par le CIO, notamment sur les aspects de durée des épreuves et de sécurité. Ainsi, lors du récent Mondial qui s’est tenu en Suède en mai dernier, que la présence d’émissaires du CIO en ait été la cause ou non, il s’avère que la durée du Wai Kruh et du Ram Muay ont été réduites et, chez les juniors, les coups de coudes et de genoux à la tête ont été interdits.
Le Muaythaï est donc multiple et en évolution, je pense qu’il est de l’intérêt du plus grand nombre d’en tenir compte.
L'équipe de France de Muay Thai lors de l'IFMA World Cup de Kazan en 2016



























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