Hong s’impose à Séoul, Fujimoto l’homme qui a remporté le GP d’Asie
K-1 Asia GP
Le K-1 tient une place importante en Corée et le combat de ce soir a été le sujet de toutes les conversations à Séoul tout au long des jours précédents l’évènement. Et pourquoi ne l’aurait il pas été ? Le combat opposait deux des plus grands combattants du K-1 - le champion en titre du GP mondial : Semmy Schilt le Hollandais (212cm / 134kg) et le champion en titre du GP d’Asie : Hong Man Choi (218cm / 163kg)-, ce match était un vrai choc de titans.
Choi est une superstar Coréenne et l’atmosphère était électrique quand le gong retentit et marqua le début du premier round. Choi passa assez tôt une droite et marqua avec une combinaison. Le reste du temps il répondait aux nombreux low kicks de Schilt de façon détendue, en jab. Schilt monta davantage les poings pour commencer le second round. Au-dessus de l’œil gauche de Choi du sang se mit à couler à peu près à la moitié du round ce qui incita le docteur à arrêter le combat et la foule à effectuer une hola avec zèle. Le combat reprend et Choi avance avec des combinaisons mais Schilt les bloque en lançant de dangereux high kick que Choi arrête. Au son du gong Choi lance Schilt dans la course par des coups de poing directs, le percutant alors qu’il était en déséquilibre avec un bon gauche, puis frappa quelques coups supplémentaires qui ont poussé Schilt à reculer. Résistant probablement mieux à la pression du combat, Choi fut agressif tout du long jusqu’au gong marquant la fin du round. Dans le troisième round, Schilt revient en low kicks, mais Choi n’a pas l’air d’être ennuyé par ceux-ci. Le combat ralentit quelque peu avant que Choi ne lance un autre direct du gauche. Schilt répond en rythme. Ce fut un combat disputé, gagné de justesse par Choi.
"Je me sens vraiment bien" déclara Choi après coup, "Je suis très content de ma victoire et du soutien que j’ai reçu ici – un nombre important d’étudiants de mon ancienne université à Busan sont même venus pour m’encourager ! Je voulais utiliser mes genoux et essayer quelques autres techniques mais Semmy est trop grand. Il m’a eu avec ses low kicks et j’ai mal aux jambes ; mais elles ne sont pas sérieusement touchées. Mon visage a été ravagé mais ce n’est pas grave !"
Schilt profita de son interview d’après match pour demander une revanche.
Lors du second superfight l’explosif kick boxer Ruslan Karaev de Russie se mesurera au vétéran K-1 Ray Sefo de Nouvelle Zélande.Sefo mit Karaev KO en seulement 37 secondes. La dernière fois que ces deux combattants se sont rencontrés, ils ont plaisanté lors de la conférence de presse qui avait eu lieu avant le gala en disant que Sefo essaierai de mettre Karaev KO et qu’il s’améliorerait en le mettant KO en 10 secondes cette fois-ci.
Karaev avait l’air fort dès le début, se déplaçant rapidement en lançant une série de trois high kicks. Sefo contra avec ses poing mais Karaev ne recula pas; au contraire il lança deux coups de pied retournés qui surprirent Sefo mais qui ne furent pas comptés. Ces deux hommes sont de bons amis en dehors du ring, mais ce soir ils étaient clairement venus pour se battre et aucun des deux ne se montra clément. Travaillant de façon rapprochée, Karaev monta son genou intelligemment mais Sefo avait lui aussi une surprise, un crochet du droit vicieux qui atteignit le Russe à la lèvre, projetant sa tête en arrière et l’envoyant au tapis durement. Et il y resta.
Ce fut une formidable démonstration de force et un combat intelligent mené par Sefo, qui n’eut besoin que d’une minute quarante-deux secondes – à peine une minute de plus que la dernière fois qu’il affronta Karaev – pour obtenir le KO de la victoire.
"Je suis heureux," dit Sefo après coup, "et maintenant mon objectif est de participer à la finale au dôme de Tokyo!"
Le troisième superfight de la soirée opposa deux kicks boxeurs : le vétéran Peter Aerts de Hollande, le triple champion du GP mondial et un combattant de 12 ans son cadet, Hiraku Hori du Japon.
Ce fut un démarrage élaboré avec Hori qui lança des low kicks et avança avec des coups de poing. Aerts bloquait bien et répondait avec de durs low kicks à sa façon. Le meilleur coup du premier round fut un direct du droit avec lequel Aerts secoua Hori. Cette même droite mit son adversaire à terre dans le deuxième round et à ce moment là Hori tentait désespérement de tenir le coup. Aerts lança un crochet du droit vers Hori alors très près pour marquer en envoyant son adversaire au tapis à nouveau quelques secondes plus tard. Après la reprise, il finit son adversaire en envoyant un puissant high kick au niveau de sa tempe. Hori dut être évacué du ring. Malgré tout ce que peut dire Aerts à propos de sa retraite, il a l’air d’un jeune combattant le jour de sa première.
"Hori est bon," dit Aerts après le combat, "mais il est devenu passif donc j’ai saisi ma chance, j’ai été agressif et ça a marché !"
Dans le tournoi du GP d’Asie 2006 :
Le premier combat opposa le Japonais venant du Karaté Yusuke Fujimoto à l’ancien lutteur de Sumo, le coréen Dong Wook Kim.
Fujimoto a de l’expérience, il a combattu les membres les plus prestigieux du K-1 (plus récemment Gary Goodridge et Carter Williams); alors que Kim faisait ses débuts dans le K-1 ce jour-là. Le puissant coréen a une taille substantielle qui l’avantage sur le ring – il mesure 17cm de plus que Fujimoto et pèse un bon 67 kg.
Ce combat manqua hélas de panache. Aucun des deux combattants ne s’est engagé pendant le premier round; Fujimoto testa son adversaire avec des low kicks, Kim répondit nonchalamment avec son poing droit. Le second round se déroula plus ou moins de la même façon, bien que Fujimoto toucha son adversaire avec deux coups de poing. Dans le troisième round, Fujimoto fut meilleur avec ses poings, marquant assez de points pour arracher une victoire par décision et avance ainsi vers les demi-finales.
Dans le second combat il y avait le Thaïlandais Kaoklai Kaennorsing et le karatéka Japonais Tsuyoshi Nakasako. Tous les deux connaissent des moments difficiles, tous les deux n’ont obtenu aucune victoire lors de leurs trois matchs précédents. Kaoklai lança des coups de pied dès le début, géra bien la distance à l’aide de front kicks et montra des techniques d’évasion supérieures, des blocages et des contres. Mais les blocages de Nakasako n’étaient pas mal non plus et très tôt dans la seconde reprise le Japonais assomma son adversaire avec un crochet du droit serré et marqua en envoyant ainsi son adversaire au sol. Un Kaoklai plus vivace s’efforça de donner des coups de poings lors de la troisième reprise mais cela se terminait trop souvent par un corps à corps quand les deux combattants étaient trop proches. Un high kick rebondit contre la tête de Nakasako mais Kaoklai ne put obtenir la mise au tapis dont il avait besoin pour égaliser. La victoire revint donc à Nakasako.
Le combattant Muay Thai Mourad Bouzidi de Hollande rencontra l'Iranien Mehdi Mirdavoudi au cours du troisième match des quarts de finale.
Le plus jeune participant au tournoi, Bouzidi, a tout juste 21 ans. Il passa deux ans sous la tutelle de Peter Aerts, et semblait confiant. Au son du gong, Mirdavoudi chargea avec ses poings mais les systèmes de défense de Bouzidi étaient plutôt bons et il commença à attaquer avec ses low kicks et ses genoux. Un high kick de Bouzidi provoqua un contact partiel au cours du premier round et à la fin de ce round Mirdavoudi avait l’air fatigué. Lors du second round Mirdavoudi resta presque inanimé mais le dansant Bouzidi ne réussit pas à le toucher. Les deux hommes faisaient des efforts pour tenir. Lors de la troisième reprise Bouzidi lança un second high kick, et pénétra la garde de son adversaire en attaquant avec un coup de poing volant, mais aucun de ces deux combattants n’avait d’attaques puissantes. Cependant, Bouzidi a sûrement été le plus agressif des deux sur le ring et remporta la victoire.
Min Soo Kim, un combattant Coréen dont le style est un mélange entre une base de Judo et différents art martiaux rencontra son compatriote Kyoung Suk Kim, un ancien lutteur de Sumo faisant ses début dans le K-1, lors du dernier combat de ce premier tiers.
Avec 180 kg, Kyoung Suk était l’homme le plus imposant du tournoi. Il commença avec une feinte en coup de pied retourné, qui, chose assez comique, loupa largement sa cible. Kyoung Suk se rattrapa plus tard, en faisant reculer son adversaire grâce à ses coups de poing. Dans le second round, Kyoung Suk fit barrière aux attaques de Min Soo, qui répondait en corps à corps, les bras autour des hanches de son adversaire, le visage enfoui dans les bourlets de graisse. Pour essayer de se délivrer, Kyoung Suk tambourina l’arrière de la tête de Min Soo de la même manière que King-Kong se frapperait le torse. Mais Min Soo continuait à avancer, bien que Kyoung Suk fut doué pour le maintenir éloigné. Lors du troisième round, quand Min Soo se rapprocha, Kyoung Suk le poussa à terre et bondit sur lui, ce qui n’est pas autorisé d’après les lois du K-1. Après cela il y eut un contact partiel par high kick et Min Soo s’effondra. Kyoung Suk prêt à le frapper du pied, s’arrêta seulement au dernier moment. Oups ! Ca non plus ce n’est pas en phase avec les règles. Kyoung Suk a donc vu les juges déduire un point de son score pour son attitude peu sportive.
Il y avait peu de grâce dans cette danse, mais c’était divertissant. Min Soo, ayant prouvé avec ses attaques qu’il avait un style plus conventionnel gagna par décision contre son adversaire pénalisé.
La première des demi-finales opposa Fujimoto à Nakasako. Fujimoto était parti les poings visant la tête et le corps de son adversaire. Mais Nakasako essuya l’attaque et continua le combat avec Fujimoto. Le second round montra Fujimoto la garde haute en train de choisir ses points cibles, et de mettre la pression avec des combinaisons. Nakasako cependant cherchait à faire des tentatives, incertain quant à la façon de coincer son adversaire. Un évènement étrange survint dans le troisième round quand Fujimoto, bougeant vers l’avant avec sa tête baissée, finit par pousser Nakasako alors en déséquilibre à travers le ring, pour finir dans son coin, le tout à reculons. Un carton jaune pour Fujimoto. Après la reprise le combat fut encore plus confus, Nakasako provoqua un contact partiel avec un high kick, Fujimoto revint en force avec des low kicks. Cet effort valu à Fujimoto de gagner ce combat par une décision à la majorité ainsi qu’un billet pour la finale.
Bouzidi combattit Kim lors la seconde vague de demis. Kim débuta le combat d’une façon incroyablement agressive, en chargeant rapidement avec ses poings au son du gong. Le Coréen réussit à infliger une gauche lors de leur échange et Bouzidi alla au tapis – le juge dit qu’il s’agit en réalité d’une glissade mais la foule ne partageait pas son avis. Le round passa rapidement, Kim mettait la pression, Bouzidi, lui, se débrouillait bien avec ses low kicks mais restait incapable de mettre davantage de puissance dans ses poings. Il y eut beaucoup d’actions lors du second round, Bouzidi marqua sur un envoi au tapis suite à un low kick, Kim se détourna sous la douleur. Plus tard, Kim plaqua le Hollandais contre les cordes et envoya des coups de poing mais il n’y eut pas de mise au tapis.
Bouzidi revint avec des low kicks dans le troisième round et à en juger par ses grimaces, la jambe de Kim devait être dure à encaisser. Mais soudainement le poing gauche du Coréen percuta le visage de Bouzidi et l’envoya au tapis. La foule pour manifester son soutien sautait sur place d’extase. Sous l’effet de l’adrénaline, Kim revint et les deux combattants donnèrent une fin excitante à ce combat. Les juges déclarèrent un match nul et le combat fut rallongé par un round supplémentaire.
Les combattants étaient sous pression. Kim le tie-breaker, penché vers l’avant pour éviter de se faire toucher aux jambes, donnait des coups de poing, Bouzidi technique, manqua sa cible avec ses high kicks. A mi-combat environ, Bouzidi lança un terrible coup bas et le visage de Kim se crispa sous la douleur. Pendant un bon moment, on eut l’impression que Kim ne serait pas capable de continuer, mais soutenu par la foule et d’une force Herculéenne, il rassembla ses forces et le match reprit. Les deux combattants tombèrent dans les bras l’un de l’autre au cours du round restant – ce n’était pas une scène esthétique mais c’étai réel. Kim avait simplement fait dépassé ses limites à son adversaire, et finit par remporter la victoire ainsi qu’un voyage en finale.
En finale, Fujimoto et Kim ont principalement cherché à évaluer leur distance pendant le premier round. Kim est ensuite revenu en force avec ses poings, mais Fujimoto resta à l’extérieur et commença à travailler les low kicks. Cela faisait montre d’une stratégie bien élaborée étant donné que la jambe droite de Kim était en mauvais état. Fujimoto esquiva une dernière et vaillante attaque de Kim avant de l’attaquer deux fois en low kicks. A partir de ce moment ce n’était plus qu’une question de temps. Kim bien qu’il boitât encore se débrouilla pour tenir le coup. Tôt dans la seconde reprise, Fujimoto commença avec un coup de pied suivit d’une droite pour étourdir son adversaire. Une gauche puis une autre droite et Kim était au tapis. Fujimoto se vit ainsi décerner le titre de vainqueur du tournoi – une première pour un combattant Japonais participant à un tournoi de Grand prix en série hors Japon.
Avec cette victoire, Fujimoto avance vers la finale éliminatoire du Grand Prix de K-1 se déroulant au dôme d’Osaka en septembre.
"Je suis heureux d’avoir gagné, le dernier combat contre Min Soo Kim était bien plus dur que ce que j’avais imaginé, j’ai pensé qu’il serait fatigué mais il était plein de ressources. J’ai pris quelques coups et je savais que si l’un d’entre eux m’atteignait, je pourait être en difficulté, je l’ai donc attaqué en low kicks. Il a fait un superbe combat, je respecte l’esprit coréen dont il a fait preuve!"
Dans le tournois de matchs réserves, Myeon Ju Lee de la république de Corée gagna par KO au second round contre le Chinois Kai Li : un high kick percuta son menton. Dans un autre combat, Yong Soo Park le Coréen mit le combattant japonais Rikijyo par KO au premier round.
Le Grand Prix d’Asie 2006 attira une foule de 14 880 personnes au complexe olympique de Séoul.























