Hommage à Redouane BOUGARA
Le 26 avril prochain Rédouane BOUGARA aurait eu 36 ans
Par Yann Saulnier le mardi 24 avril 2007
Redouane BOUGARA nous a quitté le 7 janvier 1998, suite à de graves lésions cérébrales après un combat. Il n’avait que 25 ans lorsqu’il est décédé.
Contacté par les membres de sa famille pour qui la blessure n’est évidemment pas refermée malgré les années qui ont
passées, nous avons voulu à l’occasion de ses 36 ans à titre posthume lui rendre hommage et lui signifier que son nom perdure dans le milieu des sports pieds poings.
« Hard road to glory »
Il débuta par la pratique du kick-boxing en 1990 au Cobra Boxing de Cergy-Pontoise.
En 1993, il devient champion de France amateur chez les – de 70 kg dans cette discipline, il devient vice champion du critérium des Aiglons à Paris.
En 1994, il est champion de France semi professionnel de kick-boxing, toujours chez les – de 70 kg.
En 1995, il est champion de France professionnel en kick, cette fois-ci, chez les moins de 72,5 kg. Il commence la boxe Thaïlandaise.
En 1996, il devient Champion de France, puis d’Europe en Muay Thaï. Cette année, il participe également aux championnats du monde à Bangkok. Quelques mois plus tard, il est demi-finaliste au championnat du monde individuel de Muay Thaï à Tokyo.
En 1997 il est de nouveau Champion d’Europe en Muay Thaï et lauréat du championnat nord-américain en kick Boxing. Quelques mois plus tard, il est Champion du monde de kick Boxing à Los-Angeles.
1998 : le 7 janvier, après un combat, c’est le drame. Redouane décède.
Une personnalité équilibrée et stable dans la vie quotidienne.
Avant de revenir sur ce drame et sur les enseignements de ce drame revenons quelques instants sur la personnalité de Redouane.
Redouane BOUGARA est né le 26 avril 1972. Il à grandit dans le quartier des Louvrais à Pontoise, un quartier populaire, calme et agréable. Entre 8 et 17 ans, il pratique le football. Puis il est attiré par les arts martiaux et il évolue comme beaucoup vers les sports de ring.
Ses parents lui ont transmis des valeurs acquises sur leur terre natale du Maroc.
Des valeurs de respect et de tolérance.
Sa scolarité se déroule bien.
Au début de sa vie d’adulte, il s’oriente professionnellement vers les arts graphiques dans lesquels il obtient rapidement un diplôme.
En nous rendant à Pontoise, l’équipe de Muaythaitv.com a constaté qu’une avenue porte son nom. « Avenue Redouane BOUGARRA ».
Sur le mur de la maison de jeune, sur une surface d’environ 15 mètres carrés, un immense graphe a été créé. La couleur dominante est le vert, il est dédié à Redouane. Ce garçon était sincèrement apprécié dans son quartier, également éducateur sportif à Pontoise, il cherchait toujours à mettre en avant le côté humain de ses proches ou des gens qu’il encadrait, ceci sans frontière sociale ou communautaire.
Pour autant Rédouane est passionné par les sports pieds poings.
Une soif l’animait, il cita régulièrement Mohamed ALI : la dure route vers la gloire. Dès ses débuts, il semble, avoir été, propulsé « dans le grand bain ». Bien entendu, ses qualités physiques devaient être exceptionnelles.
On se rappelle d’un combat légendaire livré contre l’un de ses amis de l’époque : Pascal LAFLEUR. Un combat de toute beauté ou aussi bien Redouane que Pascal ont livrés un spectacle de haute volée, maîtrisant tous les deux tour à tour, la rapidité, la fluidité, la précision de leurs enchaînements technique… le tout avec une prestance et un charisme unique.
Bref du grand art !
On ne peut pas le contester, Rédouane était un champion et sa passion était débordante.
Les limites de la passion.
Cette épisode dramatique de l’histoire des pieds poings doit nous rappeler à tous : Fédérations, organisateurs, Manager, entraîneurs et bien évidemment boxeurs que nous pratiquons et nous aimons un sport qui met en péril l’intégrité physique de l’individu.
Au delà de la victoire ou de la défaite lors de la rencontre, c’est avant tout la santé de l’individu qui est exposé. Et pour prévenir et anticiper les accidents il y à comme dans toutes les disciplines de ce type quelques règles fondamentales (souvent de bon sens) à respecter bien en amont du combat afin d’écarter 95% des dangers.
Celles ci sont dispensées dans toutes les formations. Nous pouvons notamment en rappeler quelques unes ci après.
Respecter le principe de la progression :
On ne devient pas classe A du jour au lendemain.
Il est donc nécessaire de « faire ses classes » et de respecter la progression qui a lieu dans les sports de combats. Un pratiquant débutant commencera par les assauts avant de faire des combats. Ensuite il devra respecter les étapes de niveau couramment dénommées classes D, classes C, classes B et enfin classe A ou il y à lieu de distinguer les combattants de niveau national et les combattants de niveau international.
Le principe du respect du niveau :
N’a t on pas idée de rencontrer un autre combattant beaucoup plus réputé et au palmarès clairement plus chargé que soi ? Ces combats sont souvent réalisé par pur esprit de défi qui malheureusement sont des raccourcis qui peuvent s’avérer dangereux pour l’athlète, et qui en cas de victoires expose encore plus l’athlète qui se croit du coup du même niveau que son adversaire d’un soir qui par le fruit d’un concours de circonstance peu s’incliner.
Disposer d’un encadrement :
Un boxeur ne doit jamais, JAMAIS, être livré à lui même. Il évolue dans un club ou il est au moins suivi par un entraîneur et parfois même par un manager. Le jour du combat, la rencontre doit être encadrée par un staff de juge arbitre, un médecin de réunion et bien sur par l’environnement du boxeur qui doit savoir jusqu’ou ne pas aller sur le ring.
L’entraîneur est donc un personnage essentiel, il doit connaître l’état physique et psychique de son boxeur, savoir l’arrêté, jeter l’éponge, refuser un combat si ce n’est pas le moment, le mettre au repos s’il le faut. Au pire, arrêter la collaboration.
Répétons le, un boxeur seul, ça n’existe pas !
Le ring n’autorise aucun relâchement, aucun défaut d’appréciation, car la sanction peut être grave.
Le strict respect des formalités médicales :
- faire effectuer en début de saison un électro encéphalogramme, un électro cardiogramme, un fond d’œil, un contrôle médical général.
Ces contrôles effectués en amont peuvent parfois détecter des anomalies ou de signes qui interpellent le pratiquant, son encadrant, son médecin.
Epilogue
Selon son frère, Abderahmane, c’est une phrase qu’il aurait citée quelques mois avant son décès.
Redouane s’en est allé, plusieurs années après, ses parents, ses frères et sœurs sont toujours inconsolables.
Son histoire doit nous servir à tous et à toutes d’enseignement.
Ne l’oublions pas…
Pour plus d’information sur Redouane BOUGARA : http://redouanebougara.com/
Contacté par les membres de sa famille pour qui la blessure n’est évidemment pas refermée malgré les années qui ont
passées, nous avons voulu à l’occasion de ses 36 ans à titre posthume lui rendre hommage et lui signifier que son nom perdure dans le milieu des sports pieds poings.« Hard road to glory »
Il débuta par la pratique du kick-boxing en 1990 au Cobra Boxing de Cergy-Pontoise.
En 1993, il devient champion de France amateur chez les – de 70 kg dans cette discipline, il devient vice champion du critérium des Aiglons à Paris.
En 1994, il est champion de France semi professionnel de kick-boxing, toujours chez les – de 70 kg.
En 1995, il est champion de France professionnel en kick, cette fois-ci, chez les moins de 72,5 kg. Il commence la boxe Thaïlandaise.
En 1996, il devient Champion de France, puis d’Europe en Muay Thaï. Cette année, il participe également aux championnats du monde à Bangkok. Quelques mois plus tard, il est demi-finaliste au championnat du monde individuel de Muay Thaï à Tokyo.
En 1997 il est de nouveau Champion d’Europe en Muay Thaï et lauréat du championnat nord-américain en kick Boxing. Quelques mois plus tard, il est Champion du monde de kick Boxing à Los-Angeles.
1998 : le 7 janvier, après un combat, c’est le drame. Redouane décède.
Une personnalité équilibrée et stable dans la vie quotidienne.
Avant de revenir sur ce drame et sur les enseignements de ce drame revenons quelques instants sur la personnalité de Redouane.
Redouane BOUGARA est né le 26 avril 1972. Il à grandit dans le quartier des Louvrais à Pontoise, un quartier populaire, calme et agréable. Entre 8 et 17 ans, il pratique le football. Puis il est attiré par les arts martiaux et il évolue comme beaucoup vers les sports de ring.
Ses parents lui ont transmis des valeurs acquises sur leur terre natale du Maroc.
Des valeurs de respect et de tolérance.
Sa scolarité se déroule bien.
Au début de sa vie d’adulte, il s’oriente professionnellement vers les arts graphiques dans lesquels il obtient rapidement un diplôme.
En nous rendant à Pontoise, l’équipe de Muaythaitv.com a constaté qu’une avenue porte son nom. « Avenue Redouane BOUGARRA ».
Sur le mur de la maison de jeune, sur une surface d’environ 15 mètres carrés, un immense graphe a été créé. La couleur dominante est le vert, il est dédié à Redouane. Ce garçon était sincèrement apprécié dans son quartier, également éducateur sportif à Pontoise, il cherchait toujours à mettre en avant le côté humain de ses proches ou des gens qu’il encadrait, ceci sans frontière sociale ou communautaire.
Pour autant Rédouane est passionné par les sports pieds poings.
Une soif l’animait, il cita régulièrement Mohamed ALI : la dure route vers la gloire. Dès ses débuts, il semble, avoir été, propulsé « dans le grand bain ». Bien entendu, ses qualités physiques devaient être exceptionnelles.
On se rappelle d’un combat légendaire livré contre l’un de ses amis de l’époque : Pascal LAFLEUR. Un combat de toute beauté ou aussi bien Redouane que Pascal ont livrés un spectacle de haute volée, maîtrisant tous les deux tour à tour, la rapidité, la fluidité, la précision de leurs enchaînements technique… le tout avec une prestance et un charisme unique.
Bref du grand art !
On ne peut pas le contester, Rédouane était un champion et sa passion était débordante.
Les limites de la passion.
Cette épisode dramatique de l’histoire des pieds poings doit nous rappeler à tous : Fédérations, organisateurs, Manager, entraîneurs et bien évidemment boxeurs que nous pratiquons et nous aimons un sport qui met en péril l’intégrité physique de l’individu.
Au delà de la victoire ou de la défaite lors de la rencontre, c’est avant tout la santé de l’individu qui est exposé. Et pour prévenir et anticiper les accidents il y à comme dans toutes les disciplines de ce type quelques règles fondamentales (souvent de bon sens) à respecter bien en amont du combat afin d’écarter 95% des dangers.
Celles ci sont dispensées dans toutes les formations. Nous pouvons notamment en rappeler quelques unes ci après.
Respecter le principe de la progression :
On ne devient pas classe A du jour au lendemain.
Il est donc nécessaire de « faire ses classes » et de respecter la progression qui a lieu dans les sports de combats. Un pratiquant débutant commencera par les assauts avant de faire des combats. Ensuite il devra respecter les étapes de niveau couramment dénommées classes D, classes C, classes B et enfin classe A ou il y à lieu de distinguer les combattants de niveau national et les combattants de niveau international.
Le principe du respect du niveau :
N’a t on pas idée de rencontrer un autre combattant beaucoup plus réputé et au palmarès clairement plus chargé que soi ? Ces combats sont souvent réalisé par pur esprit de défi qui malheureusement sont des raccourcis qui peuvent s’avérer dangereux pour l’athlète, et qui en cas de victoires expose encore plus l’athlète qui se croit du coup du même niveau que son adversaire d’un soir qui par le fruit d’un concours de circonstance peu s’incliner.
Disposer d’un encadrement :
Un boxeur ne doit jamais, JAMAIS, être livré à lui même. Il évolue dans un club ou il est au moins suivi par un entraîneur et parfois même par un manager. Le jour du combat, la rencontre doit être encadrée par un staff de juge arbitre, un médecin de réunion et bien sur par l’environnement du boxeur qui doit savoir jusqu’ou ne pas aller sur le ring.
L’entraîneur est donc un personnage essentiel, il doit connaître l’état physique et psychique de son boxeur, savoir l’arrêté, jeter l’éponge, refuser un combat si ce n’est pas le moment, le mettre au repos s’il le faut. Au pire, arrêter la collaboration.
Répétons le, un boxeur seul, ça n’existe pas !
Le ring n’autorise aucun relâchement, aucun défaut d’appréciation, car la sanction peut être grave.
Le strict respect des formalités médicales :
- faire effectuer en début de saison un électro encéphalogramme, un électro cardiogramme, un fond d’œil, un contrôle médical général.
Ces contrôles effectués en amont peuvent parfois détecter des anomalies ou de signes qui interpellent le pratiquant, son encadrant, son médecin.
Epilogue
"Ils appellent mon nom, c’est l’heure… Je marche le long de ce couloir où il y a tant de visage que je n’avais jamais vu avant… "
Selon son frère, Abderahmane, c’est une phrase qu’il aurait citée quelques mois avant son décès.
Redouane s’en est allé, plusieurs années après, ses parents, ses frères et sœurs sont toujours inconsolables.
Son histoire doit nous servir à tous et à toutes d’enseignement.
Ne l’oublions pas…
Pour plus d’information sur Redouane BOUGARA : http://redouanebougara.com/



























