Hicham MOUJTAHID, un mental de gagnant
Par Caroline Bertrand le mercredi 11 janvier 2017
Le Belge Hicham MOUJTAHID, pensionnaire du Valon Team depuis 5 ans, a un joli palmarès professionnel. Il s'était distingué en septembre dernier lors de l'Enfusion live à Anvers et vient de remporter deux victoires en Chine au WLF, en novembre et décembre. Il s'apprête à repartir dans ce circuit. On devrait aussi le voir prochainement en France. Avant d'aller au devant de ces nouveaux défis, il a bien voulu nous raconter son parcours et son appétit pour la vie.
Hicham MOUJTAHID a 25 ans et des journées bien remplies : il travaille à plein temps en orthopédie et s’entraine au quotidien. Cela correspond bien à son tempérament, Hicham n’a pas peur du trop. Multi-passionné, il aime le cyclisme, la natation, la boxe anglaise, Floyd MAYWEATHER et Conor MAC GREGOR, les voyages, les découvertes, les spécialités culinaires des quatre coins du monde… Il veut multiplier les expériences, connaître les gens, profiter de la vie....
Grand bien lui en a pris ! "Après quelques semaines, j’étais amoureux de ce sport, les différentes techniques m’ont séduit, je trouvais ça tellement complet ! Et surtout, je m’en sortais bien, je faisais des sparring avec des gars qui avait bien plus d’expérience que moi." Hicham a alors 13 ans et se fait repérer par Kim MYNY qui s’entrainait dans cette salle et qui lui a demandé s’il avait envie de combattre, avant même que notre boxeur ne se pose la question. A 14 ans, il fait et gagne son premier combat en Hollande. Dès lors, il boxe de plus en plus souvent, muaythai, K1, c'est pareil pour lui, il s'adapte et monte vite classe C.
"Il me fallait plus de partenaires pour faire des sparring, apprendre de nouvelles choses et atteindre un autre niveau. Kim m’a pris chez un ami à lui, Christo DIMITRAKAKIS, à Genk. Dans ce club, je suis monté classe A, en 2010." Mais les entrainements sont compliqués pour Hicham, alors étudiant, sans permis, et habitant à 70 km de la salle.
"En 2011, j’ai déménagé près de Bruxelles, j’en ai profité pour chercher un club à proximité. J’ai fait quelques entrainements au Queensbury et au Valon team. Le style de Valon était exactement ce que je cherchais." Plus qu’un club, c’est une deuxième famille qu’Hicham a trouvée. "Ce n’était pas facile pour moi parce que je ne parlais pas un mot de français mais ils m’ont tous accepté les bras grands ouverts. Chez Basha, je boxe avec tout le monde, nous sommes beaucoup de classes A (Arman HAMBARYAN, Araik SARGSIAN, Alban BAKIJA, Yassine YOUSFI, Oussama MEKKI, Dino KACAR…) C’est un avantage pour nous, nous avons tous des styles différents, on apprend à s’adapter les uns avec les autres, comme en combat. Et lors des combats, ils me soutiennent, quelque soit mon stress ou ma pression, lorsque je regarde dans mon coin, tout part ! J’ai confiance, on boxe ensemble."
Hicham accorde beaucoup d’importance à sa préparation : "Je fais tout ce qu'il faut pour être au top : j’écoute mon entraîneur, je soigne mon corps, je manger sain, je vais chez le kiné etc. Mais surtout je m'entraine six jours sur sept, trois fois boxe, deux fois course à pied ou musculation, et une fois grande séance de sparring. A cette préparation physique intense, Hicham ajoute une certaine réflexion : "Le sport que je pratique est si complet qu’il y a matière à apprendre chaque jour, je cherche à apprendre de mes expériences et à boxer plus intelligemment avec le temps."
Un programme qui lui réussit plutôt bien, le palmarès d’Hicham est riche en victoires. Parmi elles, certaines ont une saveur toute particulière pour lui. Le souvenir de son titre mondial WCSF en 2013, contre le brésilien Manoel FONSECA qu’il a battu par KO au 4e round est une de celle-ci. "J’étais l’homme le plus heureux au monde. Pas juste pour le titre, mais pour les 200 personnes qui étaient là pour moi, pour tous ceux que j’aime, qui veulent mon bien et qui m’ont toujours soutenu."
Son combat contre Madani BELHADDAD en 2014 est aussi un merveilleux souvenir. Il s’agissait d’une revanche. Hicham avait déjà battu ce boxeur un an auparavant. "On a fait une guerre que je n’oublierai jamais. Je l’ai fait compter trois fois, il m’a fait compter une fois. Aucun de nous ne voulait abandonner. C’est comme dans la vie, quelque soit le coup, quelque soit le moment, il ne faut jamais lâcher, c’est quelque chose que j’ai appris et que j’associe à ce combat."
Hicham compte aussi une victoire d’une toute autre profondeur et portée émotionnelle, celle contre le Thaïlandais RITTIDET en mars 2016. Il portait le deuil de son oncle HOUARI, victime d’un cancer très agressif. "C’était mon plus grand fan, mon supporter, mon deuxième père. Le monde a changé pour moi depuis ce jour. Je suis devenu encore plus motivé. Il me soutenait tellement. Il ne dormait pas quand j’avais un combat, il attendait les résultats pour pouvoir sortir dans la rue, en Algérie, avec son téléphone en l’air, ma photo sur l’écran et il criait « Il a gagné » avec fierté ! J’étais un fils pour lui, un fils aimé. Il m’a appris beaucoup de choses, il m’a éduqué, il a fait l’homme que je suis aujourd’hui. Depuis sa mort, tous mes combats sont pour lui. J’aurais pu arrêter, mais j’ai continué pour le rendre encore plus fier de moi et j’ai gagné."
Hicham pense avoir boxé tout le monde dans sa catégorie en Belgique, il lui semble ne plus rien avoir à prouver ici, même si une revanche contre Olivier DE FEYTER lui serait agréable. Sa défaite contre lui (TKO au 1er round) est toujours sensible, Hicham sait qu’il est plus fort mais les deux boxeurs ne sont plus dans la même catégorie pour le vérifier. "Pour l’instant, je vise la Chine et le Japon, je veux participer au K-1 GP et au KUNLUN FIGHT, ce sont des organisations qui ont les meilleurs boxeurs mondiaux dans ma catégorie. Je les veux parce que je veux prouver ma place. Il me faut juste des opportunités comme mes deux derniers combats en Chine que j’ai eu grâce à Dennis KRAUWEEL, l’entraineur de Rico VERHOEVEN."
"J’aimerais remercier tous les gens qui me soutiennent et me suivent, mes sponsors, Booster et Protech, mon entraineur Basha VALON pour tout, mon manager Dennis KRAUWEEL, la Valon team, ma famille et mes amis. Vous me donnez la force de continuer. Je vous aime !"























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