Gala du Tréport
11 juin 2005
Par Vincent Dao le mercredi 15 juin 2005
Le 11 juin, le Muaythaï 80 et Rodolphe Cocher ont organisé un gala au Tréport. Les deux combats phares n’ont pas déçu les spectateurs présents. Les deux vainqueurs de ces combats ont montré une bonne boxe et un sens tactique aiguisé. Retour sur cette soirée.Le combat phare de la soirée oppose en moins de 60 kg, Ronald CHEDAL (Bonneuil) à Pascal BENMATI (Phénix Paris). Le premier cité a échoué en finale du championnat de France moins de 57 kg face à Mhand Boukédim alors que le second a remporté la ceinture des moins de 60 kg face à Jacob Vanmeenen.
Au début du combat, les Nak Muay sont campés sur leurs appuis. Ils s’échangent des coups uniques : jab, Tei Khaa (low kick), Tei Lam Toa (middle). Pascal est le premier à enchaîner avec les poings mais la garde de Ronald le protège. Puis ce dernier enchaîne gauche-droite-Tei Khaa, le combat débute vraiment à partir de là. Plus grand que son adversaire, le pensionnaire de Bonneuil se sert de son jab pour être à bonne distance avant de lancer sa jambe en Tei Khaa ou en Tei Khan Kro (high kick). Pascal tente principalement de toucher avec ses poings mais il ne trouve pas l’ouverture pour toucher avec efficacité.
Dans le deuxième round, Chedal frappe en Tei Lam Toa et en Tip (front kick) ne laissant pas Benmati se rapprocher de lui et marquant des points. Lors des corps à corps personne ne prend vraiment l’ascendant.
Dès le coup de gong de la troisième reprise, Pascal se montre plus agressif avançant sur son adversaire et frappant avec ses poings qu’il suit parfois de Tei Khaa. Son adversaire recule devant cette avancée mais tente toujours de contrôler la distance avec ses poings (gauche-droite, variant les frappes au corps et au visage) et ses pieds (Tip, Tei Lam Toa). De plus, il saisit à de nombreuses reprises la jambe de son adversaire remisant ensuite.Dans la reprise suivante, Pascal continue ses enchaînements poings-pieds mais semble à court d’énergie pour suivre derrière. Alors que Chedal alterne les phases où il esquive et tourne autour de son adversaire et celles où il avance frappant avec ses poings et ses jambes voire ses coudes.
Durant le dernier round, Ronald continue de marquer ses points tout en se méfiant des coups de poings de son adversaire.
A l’issue des cinq reprises, Ronald Chedal est déclaré vainqueur à l’unanimité des juges.
Satisfait de son combat, il nous confie : « Je me suis basé sur une nouvelle boxe. Lors de la finale du championnat de France, j’avais toujours mon ancienne boxe et comme j’ai perdu j’ai changé ma boxe et cela a porté ses fruits. J’ai surtout changé au niveau de ma garde : avant j’étais surtout axé sur les esquives et là j’avais une meilleure garde comme je savais qu’il cognait. C’est la 4ème fois que l’on se rencontre donc je le connaissais et j’ai élaboré une technique. Je suis d’autant plus satisfait que nous en sommes à 2 victoires partout. C’est une deuxième finale pour moi : j’ai perdu en finale des moins de 57 kg et là je bats le champion en moins de 60 kg. »
L'autre combat classe A oppose Redwan AMEUR (Suresnes) à Régis DEKERPEL (Kronk).
Les deux hommes ont participé au championnat de France en moins de 67 kg et ont été vaincu par le même adversaire Amadou Ba. Redwan a été éliminé en demi finale alors que Régis s’est incliné en finale.
Dès le "chok" de l'arbitre, Redwan commence par un enchaînement gauche-droite-Tei Khaa. Durant le round, le pensionnaire de Suresnes utilise beaucoup cet enchaînement, tournant autour de Régis. Ce dernier avance et frappe avec son jab ou en Tei Lam Toa mais un coup à la fois. Puis Ameur varie son enchaînement remplaçant le tei Khaa par un coup de genou direct, puis il lance un g-d Tei Lam Toa. Dekerpel réplique par un coup de genou direct. En corps à corps, Régis est plus actif avec ses genoux mais il est rapidement bloqué par son adversaire.
Dans la deuxième reprise, Redwan continue son travail aux poings alternant les coups au visage et au corps. Régis frappe avec ses poings en crochets ou en directs mais un ou deux maximum à la fois. Alors que Redwan enchaîne 3-4 coups comme ce crochet gauche-crochet droit au corps puis coup de genou ou ce gauche-droit-Tei Khaa qui fait chuter Régis. Ce dernier cherche régulièrement le corps à corps où il a l’ascendant même si Redwan porte aussi quelques coups de genoux.
Le round suivant débute par des échanges de Tei Khaa et Tei Lam Toa. Redwan continue ses frappes en séries, alternant les zones de frappes et utilisant ses poings et ses jambes. De son côté Régis varie également les surfaces de frappe (visage, ligne basse) mais sans enchaîner. En entrée de corps à corps, Redwan réussit à placer 3 coups de genou direct. Dans la quatrième reprise, Régis avance sur son adversaire mais dès qu’il arrive à distance de frappe d’Ameur il reçoit des jabs, des Tei Khaa. De plus Redwan continue ses liaisons poings-pieds. Régis place quelques jabs, crochets et Tei Khaa mais c’est surtout son adversaire qui porte les coups.
Le dernier round garde la même physionomie que les rounds précédents : Ameur frappe et touche alors que Régis avance sans être vraiment dangereux.
A l’unanimité, Redwan Ameur remporte la victoire.
A l’issue du combat, le vainqueur nous explique comment il a construit sa victoire : « Régis est un boxeur dur et j’ai d’abord essayé de rester devant lui mais comme il est assez physique, j’ai été obligé de boxer plus technique en accélérant et en variant les zones de frappes. Au troisième round j’ai un peu baissé de rythme puis après je me suis remis à avancer sur lui car sinon il aurait pris l’ascendant. Mon coin m’a conseillé de travailler en fractionné dur, et de ne pas rester devant lui pour prendre le moins de coups possibles. »
Du côté de Régis c’est la déception qui domine : « Techniquement j’ai essayé de plus m’appliquer mais ça a du mal à rentrer donc il va falloir que je travaille plus. Physiquement je suis au point mais techniquement il y a des lacunes qui ne passent pas en classe A. J’ai du mal à lâcher des coups, travailler fimeu. Je devrais travailler moins puissamment mais sur des enchaînements de plusieurs coups. En plus, plus je le vois fatigué plus je le laisse récupérer alors que j’ai l’impression d’être moins fatigué. Malgré tout je le laisse travailler parce que je n’ai pas le sentiment qu’il me fasse mal mais il marque des points. Et quand je mets la pression, je mets la pression sans mettre de coups. »
Plus tôt dans la soirée deux combats classe B ont eu lieu.
En moins de 64 kg, Raouf Beliouz (Ezzanville, champion de France classe B en moins de 63,5 kg) est opposé à Medhi Zatout (Suresnes). Le combat commence par des échanges de coups de poings. Medhi place un un Tei Khan Kro (high kick) qui amène le compte de Raouf. Le pensionnaire de Suresnes lie bien ses pieds et ses poings.
Medhi Zatout est déclaré vainqueur du combat par arrêt sur blessure au premier round.
Le second combat a opposé Jérôme Delobelle (Muaythaï Vendinois) à Ibrahim Karaboue (Bonneuil) en moins de 75 kg. La morphologie des deux Nak Muay est très différente : Ibrahim est grand et longiligne alors que Jérôme est plus petit et large.
Dès le début du combat Ibrahim se sert de son avantage de taille utilisant son jab, des tips (front kick) et de puissants Tei Lam Toa (middle). Jérôme se prend les Tei Lam Toa de plein fouet se qui amènera 2 comptes et donc son arrêt.
Ibrahim Karaboue remporte donc le combat à la première reprise.
Les autres combats de la soirée :
En classe D :
Moins de 75 kg : Samba Diakhiti (Muaythaï Meru) bat Mohamed El Amri (Muay thaï 80) au premier round par KO.
Moins de 71 kg : Guillaume Martin (Muaythaï 80) bat Jérémy Laurance (Muaythaï Méru) par arrêt de l’arbitre à la troisième reprise.
En classe C :
Moins de 63,5 kg : Sofiane Derdega (Suresnes) bat à la majorité des juges Marc Fortalier (Ezzanville)
Vincent Dao

























