France vs. Radjadamern
La ceinture du Radja trop grande pour PISCITELLO
C'est une sorte de match retour qui s'est tenu hier au Radjadamern, avec la venue de 4 boxeurs français sur le ring du mythique stadium thaïlandais. Un France vs. Lumpinee avait vu le 29 octobre dernier, à Paris, Abdalah MABEL tenter de conquérir la ceinture du Lumpinee contre SAIYOKE et quelques autres boxeurs tricolores affronter leurs homologues thaïlandais.
Cette fois-ci, à Bangkok, les Dieux du Muay Thai semblent avoir appuyé sur « repeat » : la ceinture restera encore une fois sur le sol siamois, et ici aussi, seule une victoire est à créditer au coté français : celle de Rémy PARIOT, le même qui avait rapporté l'unique victoire française il y a 1 mois !
Michael PISCITELLO n'est donc pas devenu le 1er étranger à s'emparer d'une ceinture en Thaïlande. Son adversaire, CHANACHAI, l'a joué vraiment astucieusement, en amenant continuellement PISCITELLO dans un corps à corps où le Thaï est techniquement supérieur. Michael semble pouvoir prendre le dessus à mi-distance, en sortant des enchainements aux poings qui font mouche à chaque fois. Avec des combinaisons de deux coups la plupart du temps, le Français fait parler sa puissance : jab- crochet droit, jab-direct au corps, et surtout jab-uppercut. Mais PISCITELLO travaille trop en ligne droite et le Thaïlandais, qui est plus grand, n'a de cesse d'enserrer son adversaire et de transformer les rounds en de longues minutes de corps à corps où il marque tranquillement ses points.
PISCITELLO semblait plus puissant, avoir plus de cardio, mais il n'a malheureusement pas su se sortir du traquenard de CHANACHAI.
Le combat suivant était celui de Raouf BELIOUZ qui rencontrait LAYMANGKORN Chuwatthana. Raouf se fait ouvrir sérieusement au niveau de l'arcade par un coup de coude dés le 1er round. Il saigne abondamment mais il en a vu d'autres. Il semble bien plus affuté que lors de son combat du France-Lumpinee, mais ici encore il tombe sur tout simplement plus fort que lui. BELIOUZ met du coeur à l'ouvrage mais le Thaïlandais gère tout cela avec beaucoup d'efficacité : il attend, esquive et remise, saisit et remise, bloque et remise. Il utilise souvent aussi les tips pour annihiler les attaques du Français. BELIOUZ trouve peut-être une légère faille chez son adversaire au 4ème round avec son low-kick arrière et martèle donc la jambe du Thaï avec une certain enthousiasme. Mais LAYMANGKORN reste tout de même en avance et laisse même le dernier round se terminer tranquillement.
Raouf BELIOUZ et LAYMANGKORN
C'est ensuite au tour de Rémy PARIOT. Il affronte YODPAWARIT qu'il avait déjà combattu l'été dernier pour l'anniversaire de la Reine. PARIOT prend du plaisir sur ce ring du Radjadamern, cela se voit. Cette petite crevette de 48 kg à une âme de guerrier. Ne lâchant pas sa « proie » du regard il assène chacun de ses coups avec foi en eux; son muay thai est généreux. Le 4ème round fait vibrer les vieux murs du Radja. Rémy passe la vitesse supérieur, il envoie de grosses droites-gauches dans le visage de son adversaire, les goutes de sueur jaillissent de la tête du Thaï lorsque les poings de PARIOT atteignent leur cible. YODPAWARIT n'est pas loin de vaciller mais il tient bon et le Français remporte aux points l'unique victoire du clan tricolore.
Rémy PARIOT vs. YODPAWARIT
Car Xavier BASTARD perd lui aussi son combat contre YODKRIANGKRAI. La victoire lui semblait pourtant à portée de main. Mis à part un high kick dans le 2ème round qui sonne le Français, son adversaire ne l'inquiète jamais franchement. BASTARD boxe à fond, il utilise vraiment toute la panoplie du muay thaï, coup de coude sauté, coup de pied retourné, abusant peut-être même du coup coude retourné (au moins 6 ou 7 dans le combat). Mais il manque la plupart du temps de précision, ses coups sont souvent vains, et manque surtout de puissance. Les juges en Thaïlande ne comptent quasiment jamais les coups qui sont jugés trop légers et sans doute pour cela qu'ils attribuent la victoire au Thaïlandais, peut-être plus incisif.
L'aventure de l'équipe de France en Thaïlande ne s'arrête pas là, et tous les regards sont à présent tournés vers Brice Guidon, Charles FRANCOIS et compagnie, pour leurs combats du 4 décembre à l'anniversaire du Roi.
Xavier BASTARD
photos de Cyril Marcilhacy

























