« France is back ! », la France cartonne aux championnats d'Europe IFMA
Par Yann Saulnier le jeudi 12 juillet 2018
« France is back ! », ces mots ont été prononcés par Stefan FOX, secrétaire général de l’IFMA en réunion officielle devant tous les représentants officiels des pays européens, durant les derniers Championnats d’Europe qui se sont déroulés à Prague du 30 Juin au 7 Juillet 2018. Pourquoi un tel enthousiasme ? Tout simplement parce qu’avec 10 médaillés sur 13 athlètes engagés, la France a réussi à se classer en tête de tous les pays en terme de pourcentage de victoires. Qu’on se le dise, après des années d’errance, la France est de retour sur la scène internationale du Muay Thai.
Le travail finit toujours par payer !
Après des années d’errance du fait d’une situation institutionnelle rendue instable, le Muay Thai français avait connu une longue période pendant laquelle les performances sur la scène internationale n’étaient guère brillantes. Mais le travail de fond finit toujours par payer. Ainsi, après avoir reconstruit les bases administratives, organisationnelles et la vie sportive interne, les résultats obtenus sur la scène internationale commencent à s’améliorer significativement.
Le meilleur pourcentage de victoires
En terme de médailles, la France se classe en 3ème position derrière la Russie et la Turquie mais qui ont respectivement engagés 34 et 32 athlètes. Il est donc normal qu’avec un nombre plus important d’athlètes engagés, ces pays obtiennent plus de médailles. Aussi, pour arriver à évaluer objectivement la performance de chaque nation, l’IFMA a mis en place en place un classement intitulé «pourcentage de victoires». Il s’agit en fait du nombre de victoires ramené au nombre d’athlètes engagés par le pays. A ce petit jeu, la France se classe première avec un taux de victoires de 75 %. Rien que ça ! Pour information, beaucoup de pays qui figurent parmi les leaders du Muay Thai européen depuis plusieurs années n’obtiennent pas un tel taux de réussite. Par exemple :
- la Russie obtient un taux de 68 %
- l’Ukraine elle est à 54 %
- la Turquie à 50 %
- la Suède à 41%.
Pas loin du sans faute
Sur une équipe de 13 athlètes, la France comptabilise donc 10 médaillés dont 6 médailles d’or, 3 médailles d’argent et une médaille de Bronze. Même si ce pourcentage est déjà exceptionnellement bon, il aurait pu être bien meilleur car la France n’est pas passée loin du sans faute.
En catégorie junior plus de 91 kg, Kais LAURENT, sans adversaire dans sa catégorie, a accepté avec l’aval de ses parents d’être intégré à la catégorie adulte «competitive» (classe B) pour pouvoir tout de même boxer. Nul doute que s’il avait pu boxer dans sa catégorie, lui qui comptait jusque là-dessus 15 combats pour 15 victoires, il aurait eu de grandes chances de succès.
En catégorie Senior A moins de 81 kg Ramzi NOUAINIA passe à quelques millimètres de la victoire. A vrai dire, plusieurs sources externes à l’équipe de France le voient même gagner son combat. Enfin, en catégorie Senior Elite moins de 67 kg, Aiman AL RADHI, particulièrement performant en combat pro puisqu’il ne compte aucune défaite à son actif depuis 2 ans, certainement peu habitué au format IFMA, passe pour sa première participation, complètement à côté de son entrée dans la compétition.
En Junior 16 -17 Female Elite A Class -51kg : Jade JORAND médaille d’or
Jade, c’est «Docteur Jekyll et Mr Hyde», d’apparence douce et presque précieuse en dehors du ring, elle se transforme complètement en vraie guerrière sur le ring. En finale, elle est allée chercher sa victoire seconde après seconde et coup pour coup. Elle mérite amplement sa médaille d’or.
En Junior 16 -17 Male Elite A Class -48/-51kg : Hakim KOTBI médaille d’or
Hakim «le philosophe» est un jeune homme particulièrement mature pour son âge et doté d’une belle expression orale. Sur le ring en revanche, comme on a ni besoin de philosophie ni besoin de discuter, Hakim possède d’autres capacités dont une qui lui a valu de réussir sa compétition : la détermination. En effet, arrivé sur le ring, Hakim ne s’est pas posé de questions, il a fait son combat et a été présent à 100% en prenant systématiquement l’initiative. Hakim remporte la médaille d’or.
En Junior 16 -17 Male Elite A Class -54kg : Yannis BOUILLER médaille d’argent
Opposé en finale à l’Ukrainien Volodymyr ARTEMENKO, Yanis a livré un bon combat d’un point de vue technique et tactique, mais l’ukrainien était plus fort et certainement plus expérimenté. Yanis gagnerait à augmenter sa fréquence gestuelle et sa vitesse pour pouvoir malgré tout réussir à s’imposer contre ce type d’adversaire. Yanis remporte tout de même une médaille d’argent.
En Senior Female Elite A Class -48kg : Myriame DJEDIDI médaille d’or
Revenue du championnat du Monde de Cancun avec une médaille d’argent, cette fois Myriame s’empare de l’or. En net progrès technique et tactique, on aimerait maintenant la voir gagner un peu en impact sur ses coups.
En Senior Female Elite A Class -51kg : Juliette LACROIX médaille d’argent
Présente aussi à CANCUN lors des championnats du Monde, Juliette avait ramené le bronze précédemment. Toujours aussi vaillante et volontaire cette fois elle va plus loin dans la compétition et ramène une médaille d’argent.
En Senior Female Elite A Class -57kg : Anaëlle ANGERVILLE médaille d’or
Anaelle faisait aussi partie du collectif France lors des récents championnats du Monde au Mexique. A cette occasion, elle avait ramené une médaille d’argent. Pour ce championnat d’Europe, Anaëlle a livré une véritable performance en faisant preuve d’un mental particulièrement impressionnant. Avec son cœur, avec ses tripes, elle a été impressionnante et est allée chercher la rage au ventre cette médaille d’or bien méritée.
En Senior Male Elite A Class -57kg : Quentin ALHAMDOU médaille d’or
Quentin est l’exemple même de ce que l’on nomme un «diesel». Il monte en régime progressivement dans chaque combat et de combat en combat. La différence d’intensité entre le premier round de son premier combat et le dernier round de son dernier combat est assez impressionnante. Lors de son dernier combat pour la finale, il est opposé au Russe Armen SIMONYAN. Athlétique, fort et plus puissant que le Français, SIMONYAN semble avoir pris une option sur la médaille d’or dès le premier round. C’est sans compter sur la volonté et la ténacité de Quentin qui va prendre l’initiative et réussir à dicter sa loi au Russe qui petit à petit va se faire de plus en plus discret dans ce combat. A la fin des 3 rounds, Quentin ALHAMDOU est déclaré vainqueur et médaille d’or.
En Senior Male Elite A Class -60kg : Sofiane MEDDAR médaille d’argent
Sofiane MEDDAR est une personnalité. Doté d’un certain charisme et d’une riche tournure d’esprit, on sent chez lui beaucoup de qualités et aptitudes mentales. Pourtant, d’une certaine façon, un peu comme Aiman AL RADHI, on sent qu’il n’a pas pu livrer 100% de son potentiel. Il remporte quand même une médaille d’argent après s’être imposé lors de son premier combat. Sofiane fait partie des boxeurs que l’on aimerait revoir dans la compétition à 100% de leur potentiel. Il améliorera sans doute sa performance en connaissant mieux le format de cette compétition.
En Senior Male Competitive B Class -63.5kg : Lorenzo SAMMARTINO médaille de bronze
Médaillé de Bronze au Mexique, Lorenzo avait fait preuve d’une grande combativité. A Prague, il a encore convaincu. Auteur d’une belle prestation, beaucoup d’observateurs neutres (autres que Français) l’ont donné vainqueur à l’issue de son combat. Il finit cependant avec la médaille de bronze.
En Senior Male Elite A Class -75kg : Jimmy VIENOT médaille d'or
Jimmy a une personnalité attachante. Malgré sa grande classe sur le ring, il reste modeste, respectueux et à sa place dans le groupe. Sur le ring, c’est un régal pour les puristes du vrai Muay Thai. Auteur du parcours le plus long (4 combats en 7 jours), on en aurait redemandé tant ses combats respirent le Muay Thai. Mis à part la demi finale contre le Stanislav PERZHANOVSKYI qui lui a opposé une résistance durant la première et une partie de la deuxième reprise, Jimmy a survolé ses adversaires avec classe, élégance, technique et puissance. En finale, il s'impose face à la star Vitaly GURKOV (multilple champion dIFMA, auteur dans le passé de victoires sur KEM Sitsongpeenong, SUPER-X, Enriko GOGOKHIA, Mickael PISCITELLO,...). Cerise sur le gateau, Jimmy est même désigné meilleur boxeur du tournoi.
On peut retenir que cette équipe de France est en nette progression en terme de performance. Si l’on recherche les facteurs décisifs qui ont contribué à ce succès, on pourrait notamment citer en désordre : la prise en compte de critères technico-tactiques lors des phases de détection, la confiance des entraîneurs de clubs envers les encadrants de l’équipe de France, l’habitude qu’ont certains athlètes de ce type de format de compétition mais aussi un facteur plus subjectif qui est celui de l’ambiance. Il est effectivement important de noter que tous les athlètes semblent avoir pris du plaisir à évoluer dans ce groupe. Les échanges chaleureux, la solidarité, la joie, l’enthousiasme partagé et les encouragements ont sans doute largement contribué à installer les athlètes dans un climat de confiance. Confiance qui est souvent l’ingrédient préalable indispensable à la réussite.
Merci à Daniel pour les photos
































